{"id":4377,"date":"2009-06-04T13:40:01","date_gmt":"2009-06-04T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/06\/04\/burkina-faso-reconstituer-lintegrite-physique-des-femmes-victimes-de-lexcision\/"},"modified":"2009-06-04T13:40:01","modified_gmt":"2009-06-04T13:40:01","slug":"burkina-faso-reconstituer-lintegrite-physique-des-femmes-victimes-de-lexcision","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/06\/04\/burkina-faso-reconstituer-lintegrite-physique-des-femmes-victimes-de-lexcision\/","title":{"rendered":"BURKINA FASO: Reconstituer l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique des femmes victimes de l\u2019excision"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 4 juin (IPS) &#8211; La construction d\u2019un centre de reconstitution du clitoris permettra aux femmes victimes de l\u2019excision de reconstituer leur int\u00e9grit\u00e9 physique gr\u00e2ce la cr\u00e9ation de la \u00abMaison du plaisir\u00bb \u00e0 Bobo-Dioulasso, dans l\u2019ouest du Burkina Faso, estime l\u2019Association voix des femmes pour l\u2019\u00e9panouissement (AVFE).\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Cette organisation non gouvernementale (ONG) a obtenu, avec l\u2019aide de partenaires \u00e9trangers, la r\u00e9alisation de ce centre en construction, enti\u00e8rement financ\u00e9 \u00e0 quelque 80 millions de francs CFA (environ 160.000 dollars) par l\u2019association \u2018Clitoraid\u2019 bas\u00e9e aux Etats-Unis. Des m\u00e9decins se rendront sur place pour restaurer gratuitement le clitoris amput\u00e9, selon l\u2019AVFE.<\/p>\n<p> \u00abLes femmes de la sous-r\u00e9gion seront trait\u00e9es sur place, surtout les pays environnants o\u00f9 l\u2019excision se poursuit\u00bb, confie \u00e0 IPS, Mariam Banemane la pr\u00e9sidente de AVFE.<\/p>\n<p> Banemane, 54 ans, a \u00e9t\u00e9 excis\u00e9e depuis l\u2019\u00e2ge de 13 ans et a \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9e en 2006 par des gyn\u00e9cologues burkinab\u00e9. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 son t\u00e9moignage ainsi qu\u2019\u00e0 ceux d\u2019autres femmes que l\u2019association Clitoraid a lanc\u00e9 une op\u00e9ration de collecte fonds pour la construction du centre \u00e0 Bobo-Dioulasso.<\/p>\n<p> \u00abQuand on sait que gr\u00e2ce \u00e0 la science on peut recouvrer le clitoris, on est curieux de savoir qu\u2019on peut avoir ce qu\u2019on a perdu depuis l\u2019enfance\u00bb, ajoute Banemane qui affirme d\u00e9couvrir le plaisir qu\u2019elle n\u2019avait jamais connu apr\u00e8s l\u2019excision.  Au Burkina Faso, plus de 200 femmes se sont d\u00e9j\u00e0 fait restaurer le clitoris depuis 2006, selon le professeur Michel Akotionga, l\u2019un des pionniers de la restauration de cet organe f\u00e9minin dans ce pays d\u2019Afrique de l\u2019ouest et dans la sous-r\u00e9gion. Plusieurs patientes venues d\u2019Europe et d\u2019Am\u00e9rique ont m\u00eame d\u00e9j\u00e0 subi l\u2019op\u00e9ration de restauration du clitoris dans des cliniques \u00e0 Ouagadougou, la capitale burkinab\u00e9, indique Akotionga \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> \u00abLes femmes excis\u00e9es ont aujourd\u2019hui de l\u2019espoir car quelle que soit la cruaut\u00e9 de l\u2019excision, on peut retrouver son organe\u00bb, se r\u00e9jouit Abibata Sanou, 37 ans, aujourd\u2019hui restaur\u00e9e apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 excis\u00e9e au septi\u00e8me jour de sa naissance.  Sanou admet avoir senti que quelque chose lui manquait apr\u00e8s des \u00e9changes avec des filles non excis\u00e9es. \u00abMaintenant, j\u2019ai recouvr\u00e9 mon int\u00e9grit\u00e9 physique. J\u2019avoue que je me sens bien et lors des rapports sexuels, je n\u2019ai plus de douleur. Je me suis habitu\u00e9e \u00e0 cela maintenant\u00bb, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p> La restauration consiste \u00e0 rouvrir la cicatrice laiss\u00e9e par l\u2019excision et ressortir le reste du clitoris laiss\u00e9 par l\u2019ablation, l\u2019ext\u00e9rioriser et le fixer. Cette op\u00e9ration se fait sans douleur, affirme Akotionga.<\/p>\n<p> &#8220;Par restauration il faut entendre remettre en place quelque chose qu\u2019on a enlev\u00e9 pendant l\u2019excision. Il n\u2019y a que deux centim\u00e8tres qui sont \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et c\u2019est \u00e7a que les exciseuses enl\u00e8vent et il reste&#8230;huit centim\u00e8tres \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur&#8221;, explique Akotionga \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Les mutilations sexuelles sont pour la plupart pratiqu\u00e9es sur des jeunes filles entre l&#39;enfance et l&#39;\u00e2ge de 15 ans, et \u00e0 l&#39;occasion sur des femmes adultes. En Afrique, elles menacent environ trois millions de jeunes filles par an, selon l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS).  Entre 100 millions et 140 millions de jeunes filles et de femmes dans le monde vivent actuellement avec les s\u00e9quelles de ces mutilations sexuelles. En Afrique, environ 92 millions de jeunes filles \u00e2g\u00e9es de dix ans et plus ont subi cette pratique, selon l\u2019OMS.<\/p>\n<p> Au Burkina, une \u00e9tude men\u00e9e en 2005 par le Comit\u00e9 national de lutte contre la pratique de l\u2019excision (CNLPE), indique que le taux de pr\u00e9valence de l\u2019excision est pass\u00e9 de pr\u00e8s de 77 pour cent au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 \u00e0 49 pour cent aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p> Les complications comprennent des douleurs violentes, des h\u00e9morragies, les infections, le t\u00e9tanos, les fistules et la st\u00e9rilit\u00e9, auxquelles il faut ajouter le VIH\/SIDA.<\/p>\n<p> Selon le professeur Akotionga, 10 pour cent des femmes qui subissent au Burkina le type A de l\u2019excision (ablation du clitoris) connaissent des complications contre 70 pour cent du type B (ablation du clitoris et des petites l\u00e8vres).<\/p>\n<p> Depuis 1989, environ 700 femmes ont pu avoir des r\u00e9parations des s\u00e9quelles de l\u2019excision, qui reste la priorit\u00e9 des associations et du CNLPE.  \u00abNous pensons que ce (la restauration) n\u2019est pas une priorit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tape actuelle de notre lutte. Ce qui nous int\u00e9resse en tant que CNLPE, c\u2019est la r\u00e9paration des s\u00e9quelles de l\u2019excision afin de permettre aux femmes de mener une vie harmonieuse\u00bb, explique \u00e0 IPS, Marie Rose Sawadogo, la secr\u00e9taire permanente du CNLPE.<\/p>\n<p> Selon Sawadogo, le co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 (entre 140 et 400 dollars environ) de la restauration renvoie l\u2019intervention \u00e0 un luxe tout simplement. \u00abC\u2019est un luxe parce qu\u2019il y a combien de femmes au Burkina qui peuvent se payer 150.000 FCFA ou plus (300 dollars ou plus) pour cette chirurgie. Est-ce la priorit\u00e9 absolue dans un pays sous-d\u00e9velopp\u00e9 o\u00f9 les gens ont des probl\u00e8mes de survie, de scolarit\u00e9?\u00bb, demande Sawadogo.<\/p>\n<p> \u00abCe n\u2019est pas la peine de se fatiguer, c\u2019est de la chirurgie, des frais, or l\u2019excision n\u2019\u00f4te pas tout \u00e0 la femme puisqu\u2019elle peut jouir sans probl\u00e8mes\u00bb, affirme, pour sa part, Fati Ma\u00efga, membre de l\u2019ONG \u00abVoix de femmes\u00bb qui lutte contre l\u2019excision au Burkina.<\/p>\n<p> Les critiques de Ma\u00efga sont rejet\u00e9es par le professeur Akotionga, qui est \u00e9galement vice-pr\u00e9sident du Comit\u00e9 national de lutte contre la pratique de l\u2019excision. \u00abLa femme est psychologiquement touch\u00e9e par le fait qu\u2019on lui a enlev\u00e9 son clitoris et retrouve son \u00e9quilibre apr\u00e8s la restauration; ce n\u2019est pas un luxe, c\u2019est plut\u00f4t la r\u00e9paration d\u2019une injustice\u00bb, estime-t-il.<\/p>\n<p> Selon Banemane, la restauration devrait \u00eatre gratuite car, ajoute-t-elle, \u00abon n\u2019a pas demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre excis\u00e9e\u00bb. Elle dit avoir d\u00e9pens\u00e9 quelque 500 dollars pour sa restauration.<\/p>\n<p> Plus de 200 femmes se sont d\u00e9j\u00e0 inscrites pour la restauration gratuite d\u00e8s la fin des travaux de construction du centre, parmi lesquelles une vieille dame de 60 ans, confie Banemane IPS.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 4 juin (IPS) &#8211; La construction d\u2019un centre de reconstitution du clitoris permettra aux femmes victimes de l\u2019excision de reconstituer leur int\u00e9grit\u00e9 physique gr\u00e2ce la cr\u00e9ation de la \u00abMaison du plaisir\u00bb \u00e0 Bobo-Dioulasso, dans l\u2019ouest du Burkina Faso, estime&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/06\/04\/burkina-faso-reconstituer-lintegrite-physique-des-femmes-victimes-de-lexcision\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,13,11,10,1,4,30,29],"tags":[],"class_list":["post-4377","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4377","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4377"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4377\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4377"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4377"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4377"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}