{"id":4366,"date":"2009-05-14T13:40:01","date_gmt":"2009-05-14T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/05\/14\/eau-ghana-il-y-a-quelque-chose-qui-cloche\/"},"modified":"2009-05-14T13:40:01","modified_gmt":"2009-05-14T13:40:01","slug":"eau-ghana-il-y-a-quelque-chose-qui-cloche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/05\/14\/eau-ghana-il-y-a-quelque-chose-qui-cloche\/","title":{"rendered":"EAU-GHANA: Il y a quelque chose qui cloche"},"content":{"rendered":"<p>ACCRA, 14 mai (IPS) &#8211; Il semble que par rapport \u00e0 la r\u00e9alisation des Objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement (OMD) sur la fourniture de l\u2019eau potable, personne ne raconte les choses telles qu\u2019elles sont. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Pendant que des responsables de la Plateforme du suivi de l\u2019eau et de l\u2019assainissement (WSMP) affirment que le Ghana est sur la bonne voie, le ministre en charge des ressources en eau, du travail et de l\u2019urbanisme, Albert Abongo, pense le contraire.  Les chiffres du moniteur des OMD des Nations Unies sont assez encourageants, indiquant que le nombre de Ghan\u00e9ens utilisant des sources d\u2019eau am\u00e9lior\u00e9es est pass\u00e9 de 56 pour cent en 1990 \u00e0 80 pour cent en 2006.  Richard Adjei de la WSMP a d\u00e9clar\u00e9 aux participants \u00e0 l\u2019Exposition de l\u2019eau en Afrique en 2009, \u00e0 Accra, au d\u00e9but d\u2019avril que &#8220;\u00e0 l\u2019allure actuelle de l\u2019augmentation, la tendance pr\u00e9vue indique que le Ghana pourrait atteindre 84 pour cent de l\u2019eau buvable am\u00e9lior\u00e9e d\u2019ici \u00e0 2015 et r\u00e9duire la population qui n\u2019utilisera pas de l\u2019eau buvable am\u00e9lior\u00e9e \u00e0 environ 4,3 millions&#8221;.  Mais le ministre de l\u2019Eau n\u2019a pas m\u00e2ch\u00e9 les mots lorsqu\u2019il s\u2019est adress\u00e9 au m\u00eame auditoire compos\u00e9 de fabricants et de sp\u00e9cialistes du secteur de l\u2019eau venus du monde entier.  &#8220;Pour que le Ghana atteigne l\u2019objectif des 78 pour cent de la couverture de la population, pour l\u2019OMD relatif \u00e0 l\u2019eau potable d\u2019ici \u00e0 2015&#8221;, a indiqu\u00e9 Abongo, &#8220;le gouvernement aura besoin de pas moins de 1,6 milliard de dollars pour r\u00e9habiliter et \u00e9largir ses installations de traitement de l\u2019eau existantes pour l\u2019approvisionnement en eau des zones urbaines, et fournir \u00e9galement des calibres en vue des syst\u00e8mes d\u2019eau des communaut\u00e9s et des petites villes&#8221;.   C\u2019est de l\u2019argent qui ne peut \u00eatre obtenu facilement. Kobbie Kessie, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019eau du Ghana (GWC), qui est responsable de l\u2019approvisionnement en eau des zones urbaines, a affirm\u00e9 que le Fonds de d\u00e9veloppement nordique, la Banque mondiale et le gouvernement du Ghana ont jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent d\u00e9pens\u00e9 87 millions de dollars pour d\u00e9velopper la fourniture d\u2019eau en milieu urbain.  &#8220;Toutefois, il faut 850 millions de dollars suppl\u00e9mentaires pour les cinq prochaines ann\u00e9es&#8221;, a soulign\u00e9 Kessie.  Les chiffres produits par les organes en charge de l\u2019infrastructure de l\u2019eau du Ghana contredisent compl\u00e8tement le tableau rose peint par la WSMP.  Selon l\u2019Agence de l\u2019eau et de l\u2019assainissement communautaires (CWSA), \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2008, seulement 8,4 millions de la population rurale du Ghana, sur les 14,8 millions au total, \u00e9taient convenablement approvisionn\u00e9es en eau potable \u2013 juste plus de 57 pour cent de ces communaut\u00e9s. La GWC affirme qu\u2019elle couvre seulement 58 pour cent de la population urbaine.<\/p>\n<p> &#8220;La production actuelle de la GWC est de 570.000 m\u00e8tres cubes par jour contrairement au volume de 988.900 m\u00e8tres cubes exig\u00e9&#8221;, a ajout\u00e9 Kessie.<\/p>\n<p> Jointe par courrier \u00e9lectronique pour expliquer la contradiction entre les chiffres nationaux et ceux de l\u2019ONU, Sara Duerto Valero, du Service des statistiques du minist\u00e8re de l\u2019Economie et des Affaires sociales, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS : &#8220;Les contradictions entre nos donn\u00e9es et les donn\u00e9es fournies par des organisations nationales sont possibles \u00e0 cause des ajustements men\u00e9s par des agences internationales pour s\u2019assurer de la comparabilit\u00e9 et de la fiabilit\u00e9 des donn\u00e9es&#8221;.   La perception populaire dans les milieux urbains et ruraux du pays sugg\u00e8re qu\u2019il reste beaucoup de travail \u00e0 faire. Comme le montre l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue par beaucoup de Ghan\u00e9ens : dans la semaine avant l\u2019exposition, des milliers de personnes vivant dans les communaut\u00e9s satellites, qui sont n\u00e9es autour d\u2019Accra, ont \u00e9t\u00e9 priv\u00e9es d\u2019eau pendant des jours.  Joanna Lamptey, qui vit \u00e0 Teshie, une banlieue de la capitale, n\u2019a pas pu cacher sa frustration lorsque le troisi\u00e8me jour, l\u2019eau ne coulait toujours pas \u00e0 travers les tuyaux dans sa maison. &#8220;Nous ne sommes pas des animaux pour boire simplement de n\u2019importe quel point d\u2019eau&#8221;, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Le secr\u00e9taire ex\u00e9cutif de la Coalition des ONG dans le secteur de l\u2019eau et de l\u2019assainissement (CONIWAS) au Ghana, Patrick Apoya, rejette cat\u00e9goriquement les d\u00e9clarations d\u2019Adjei faisant \u00e9tat de ce qu\u2019un progr\u00e8s a \u00e9t\u00e9 fait. Apoya a dit \u00e0 IPS que &#8220;le probl\u00e8me de l\u2019eau du pays a \u00e9t\u00e9 une accumulation de plusieurs ann\u00e9es de n\u00e9gligence g\u00e9n\u00e9rale au cours desquelles la population a d\u00e9pass\u00e9 l\u2019infrastructure disponible pour fournir de l\u2019eau potable&#8221;.   Il rejette la responsabilit\u00e9 de cette longue n\u00e9gligence sur la p\u00e9riode du r\u00e8gne militaire au Ghana, de 1981 \u00e0 1992. &#8220;Les militaires ne s\u2019en souciaient pas puisqu\u2019ils ont laiss\u00e9 les citoyens \u00e0 eux-m\u00eames et \u00e0 la merci des bailleurs&#8221;.    &#8220;Plus important, personne n\u2019a reconnu l\u2019eau comme \u00e9tant un droit humain&#8221;. Selon Apoya, ce secteur n\u00e9cessite environ 100 millions de dollars par an. Il recevait seulement trois millions de dollars chaque ann\u00e9e et cela a fait que tr\u00e8s peu est en train d\u2019\u00eatre fait.  Nombre des coll\u00e8gues d\u2019Apoya au sein de la soci\u00e9t\u00e9 civile partagent son point de vue selon lequel les gouvernements pass\u00e9s n\u2019ont pas fait beaucoup pour am\u00e9liorer la situation. Ils disent que l\u2019urbanisation effr\u00e9n\u00e9e, qui s\u2019est produite dans le pays au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, est en train d\u2019exacerber le probl\u00e8me.<\/p>\n<p> &#8220;Les communaut\u00e9s satellites de Nima et de Namprobi, \u00e0 Accra, par exemple, n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 correctement programm\u00e9es. Alors, m\u00eame si le gouvernement fournit les fonds, il ne sera pas facile de poser les tuyaux jusqu\u2019aux maisons&#8221;, a ajout\u00e9 Apoya.   Pendant que la question de l\u2019infrastructure est en train d\u2019\u00eatre d\u00e9battue, la question de la gestion et la protection des ressources en eau s\u2019est \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9e. Le lac Weija, l\u2019une des principales sources d\u2019eau du pays, est confront\u00e9 \u00e0 beaucoup de probl\u00e8mes au nombre desquels &#8220;le niveau \u00e9lev\u00e9 de pollution, des plaintes par rapport \u00e0 l\u2019odeur et la couleur de l\u2019eau trait\u00e9e coulant \u00e0 travers les tuyaux&#8221;, a indiqu\u00e9 Adwoa Painstil, sp\u00e9cialiste de la qualit\u00e9 de l\u2019eau de la Commission des ressources en eau.  Ainsi, le probl\u00e8me de l\u2019eau du pays se complique davantage de jour en jour.<\/p>\n<p> Obtenir l\u2019appui financier des bailleurs ne para\u00eet pas une t\u00e2che facile avec les effets de la r\u00e9cession du cr\u00e9dit mondial pr\u00eats \u00e0 se manifester totalement. Apoya estime que le gouvernement peut localement g\u00e9n\u00e9rer les fonds pour financer un syst\u00e8me d\u2019approvisionnement en eau durable qui correspondrait \u00e0 leur plaidoyer selon lequel &#8220;l\u2019Etat ne peut priver aucun citoyen de la fourniture d\u2019eau \u00e9tant donn\u00e9 que c\u2019est un doit humain&#8221;.  &#8220;Cela peut \u00eatre effectu\u00e9 par une mani\u00e8re innovatrice consistant \u00e0 imposer des taxes sur les utilisateurs urbains pour payer l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019approvisionnement en eau des zones rurales&#8221;, a affirm\u00e9 Apoya.  Il est incertain de dire que cela constitue une alternative viable, mais c\u2019en est une chose, et si le gouvernement \u00e9coutait cette suggestion en est une autre. Jusque-l\u00e0, il devient clair que l\u2019effort du Ghana de r\u00e9aliser cet OMD pourrait devenir un r\u00eave.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ACCRA, 14 mai (IPS) &#8211; Il semble que par rapport \u00e0 la r\u00e9alisation des Objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement (OMD) sur la fourniture de l\u2019eau potable, personne ne raconte les choses telles qu\u2019elles sont.<\/p>\n","protected":false},"author":512,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,1,3,29],"tags":[],"class_list":["post-4366","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4366","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/512"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4366"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4366\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4366"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4366"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4366"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}