{"id":4347,"date":"2009-04-29T13:40:01","date_gmt":"2009-04-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/04\/29\/burkina-faso-enfin-une-loi-sur-les-quotas-en-faveur-des-femmes\/"},"modified":"2009-04-29T13:40:01","modified_gmt":"2009-04-29T13:40:01","slug":"burkina-faso-enfin-une-loi-sur-les-quotas-en-faveur-des-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/04\/29\/burkina-faso-enfin-une-loi-sur-les-quotas-en-faveur-des-femmes\/","title":{"rendered":"BURKINA FASO: Enfin une loi sur les quotas en faveur des femmes!"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 29 avr (IPS) &#8211; Le parlement Burkina Faso a adopt\u00e9 une loi sur les quotas, qui permettra une meilleure repr\u00e9sentation des femmes sur les listes des \u00e9lections locales et l\u00e9gislatives. Selon la loi adopt\u00e9e par la majorit\u00e9 des 111 d\u00e9put\u00e9s, chaque sexe doit avoir au moins 30 pour cent de repr\u00e9sentants sur les listes \u00e9lectorales.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00abJe suis tr\u00e8s heureuse qu\u2019on ait pu enfin adopter cette loi la qui est en chantier depuis six ans\u00bb, se r\u00e9jouit C\u00e9line Yoda, la ministre de la Promotion de la Femme.  \u00abC\u2019est un processus qui est engag\u00e9 \u00e0 partir de ce soir (du vote il y a une dizaine de jours) pour voir comment se fera la mise en \u0153uvre de cette loi\u00bb, r\u00e9agit r\u00e9aliste, Fatou Diend\u00e9r\u00e9, l\u2019une des 17 femmes d\u00e9put\u00e9es de l\u2019Assembl\u00e9e nationale burkinab\u00e8 qui compte 111 si\u00e8ges. Selon le dernier recensement en 2006, la population de sexe f\u00e9minin repr\u00e9sente pourtant 51,7 pour cent des Burkinab\u00e8.<\/p>\n<p> La loi stipule que tout parti ou regroupement de partis politiques doit comporter au moins 30 pour cent de candidatures au profit de l\u2019un ou de l\u2019autre sexe lors des \u00e9lections l\u00e9gislatives et municipales.<\/p>\n<p> \u00abJe pense qu\u2019une page est tourn\u00e9e et nous lan\u00e7ons un appel \u00e0 toutes les associations, formations politiques, associations de la soci\u00e9t\u00e9 civile les mouvements f\u00e9minins pour qu\u2019on voie ensemble comment nous allons d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent, apr\u00e8s la promulgation de cette loi, prendre d\u2019assaut les villes, les campagnes les hameaux de culture pour que les uns et les autres comprennent pour quoi les d\u00e9put\u00e9s ont accept\u00e9 de voter cette loi\u00bb, ajoute Diend\u00e9r\u00e9, membre du Congr\u00e8s pour la d\u00e9mocratie et le progr\u00e8s (CDP), le parti au pouvoir dans ce pays d\u2019Afrique de l\u2019ouest.<\/p>\n<p> Selon la loi, tout parti ou regroupement de partis politiques, dont les listes ne respectent pas les dispositions de la pr\u00e9sente loi, perd 50 pour cent du financement public pour les campagnes \u00e9lectorales.<\/p>\n<p> Depuis 2007, le montant pr\u00e9vu par la loi sur le financement des partis politiques au Burkina est pass\u00e9 \u00e0 500 millions de francs CFA (environ un million de dollars).  Toutefois, Norbert Tiendrebeogo, d\u00e9put\u00e9 du Front des forces sociales (FFS), un parti de l\u2019opposition, se plaint de la loi. \u00abCette loi devrait \u00eatre impersonnelle, ensuite elle devrait tendre \u00e0 enraciner la d\u00e9mocratie dans notre pays alors que nous constatons, avec cette proposition de loi, qu\u2019elle a un caract\u00e8re coercitif tr\u00e8s prononc\u00e9 en ce sens que les partis, qui n\u2019auront pas pu atteindre un certain quota, se verrait retirer la moitie des finances publiques\u00bb.   \u00abPour des partis d\u2019opposition qui n\u2019ont g\u00e9n\u00e9ralement pas d\u2019argent, qui tirent le diable par la queue, aller leur retirer encore la moiti\u00e9 de ce qu\u2019ils avaient, c\u2019est les amener \u00e0 la ruine compl\u00e8te, \u00e0 la disparition\u00bb, ajoute Tiendr\u00e9b\u00e9ogo qui a vot\u00e9 contre la loi.   Pour Tiendr\u00e9b\u00e9ogo, s\u2019il y a des efforts \u00e0 faire, ils devraient \u00eatre faits \u00e0 tous les niveaux, notamment au niveau des nominations, comme l\u2019avait propos\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 civile afin que les quotas des 30 pour cent tiennent compte de postes minist\u00e9riels, de directions g\u00e9n\u00e9rales et autres.  Pour sa part, Nestorine Sangar\u00e9, directrice du Centre de recherche et d\u2019intervention en genre et d\u00e9veloppement (CRIGED), une organisation membre de concertation de la soci\u00e9t\u00e9 civile sur le quota genre, estime que la loi sur les quotas, qui est une mesure l\u00e9gale pour favoriser une meilleure repr\u00e9sentation des cat\u00e9gories sociales marginalis\u00e9es dans les instances de d\u00e9cision, reste n\u00e9anmoins une faiblesse car \u00abavoir 30 pour cent de femmes ou d\u2019hommes sur les listes\u00bb, ne garantit pas 30 pour cent d\u2019\u00e9lus de l\u2019un ou l\u2019autre sexe au sein des instances.  \u00abIl y a certains secteurs comme la d\u00e9fense ou d\u2019autres secteurs tr\u00e8s techniques o\u00f9 les femmes ne sont pas encore tr\u00e8s repr\u00e9sent\u00e9es. On voudrait qu\u2019\u00e0 comp\u00e9tence \u00e9gale, que les quotas jouent pour que les hommes et les femmes puissent \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9s au niveau des postes nominatifs\u00bb, souhaite Sangar\u00e9.<\/p>\n<p> Dans la proposition de loi qui avait \u00e9t\u00e9 faite par les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, les quotas recouvraient les postes nominatifs, et les postes \u00e9lectifs afin qu\u2019on trouve au moins 30 pour cent de l\u2019un ou l\u2019autre sexe.  Mais dans son argumentation, le gouvernement, qui a estim\u00e9 \u00abinopportune\u00bb de prendre en compte les nominations dans les hautes fonctions de l\u2019administration, \u00e0 demand\u00e9 leur retrait pur et simple du projet de loi car selon la constitution burkinnab\u00e9, la nomination \u00e0 certains postes rel\u00e8ve des pr\u00e9rogatives du chef de l\u2019Etat.<\/p>\n<p> La soci\u00e9t\u00e9 civile aurait souhait\u00e9 que la loi comporte une r\u00e9serve excluant les postes qui rel\u00e8vent des pr\u00e9rogatives du chef de l\u2019Etat.  Le gouvernement burkinab\u00e8 compte pr\u00e9sentement sept femmes ministres. Il y a \u00e9galement deux gouverneurs de sexe f\u00e9minin dans les 13 r\u00e9gions que compte le pays et, parmi les 45 hauts commissaires qui dirigent les provinces, cinq sont des femmes.<\/p>\n<p> Le gouvernement pr\u00e9voit en lieu et place des nominations, et pour encourager les partis politiques \u00e0 op\u00e9rer un bon positionnement des femmes sur les listes de candidature &#8211; permettant d\u2019atteindre au moins 30 pour cent d\u2019\u00e9lues &#8211; l\u2019octroi d\u2019un financement suppl\u00e9mentaire en fonction des r\u00e9sultats obtenus aux \u00e9lections.  \u00abEn dehors des nominations faites par le chef de l\u2019Etat, il y a bien d\u2019autres postes dont la nomination revient aux chefs hi\u00e9rarchiques dans l\u2019administration &#8230;car on \u00e9vacue des millions d\u2019autres postes o\u00f9 la repr\u00e9sentation des hommes et des femmes est n\u00e9cessaire\u00bb, regrette Sangar\u00e9 qui souligne que le Burkina a ratifi\u00e9 le Protocole de Maputo sur la parit\u00e9.<\/p>\n<p> Adopt\u00e9 en juillet 2003, lors du second sommet de l&#39;Union africaine \u00e0 Maputo, au Mozambique, le protocole exige des gouvernements africains l&#39;\u00e9limination de toutes les formes de discrimination et de violence \u00e0 l&#39;\u00e9gard des femmes en Afrique, ainsi que la mise en \u0153uvre d&#39;une politique d&#39;\u00e9galit\u00e9 entre hommes et femmes.<\/p>\n<p>   \u00abToute innovation fait peur, celle-l\u00e0 en est une et il faut oser, il faut l\u2019exp\u00e9rimenter; si dans la pratique, il y a des difficult\u00e9s, il y aura des actions pour am\u00e9liorer cette loi en proposant sa relecture\u00bb, sugg\u00e8re la ministre de la Promotion de la Femme.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 29 avr (IPS) &#8211; Le parlement Burkina Faso a adopt\u00e9 une loi sur les quotas, qui permettra une meilleure repr\u00e9sentation des femmes sur les listes des \u00e9lections locales et l\u00e9gislatives. 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