{"id":4346,"date":"2009-04-28T13:40:01","date_gmt":"2009-04-28T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/04\/28\/afrique-developper-une-protection-plus-forte-contre-les-violences-basees-sur-le-genre\/"},"modified":"2009-04-28T13:40:01","modified_gmt":"2009-04-28T13:40:01","slug":"afrique-developper-une-protection-plus-forte-contre-les-violences-basees-sur-le-genre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/04\/28\/afrique-developper-une-protection-plus-forte-contre-les-violences-basees-sur-le-genre\/","title":{"rendered":"AFRIQUE: D\u00e9velopper une protection plus forte contre les violences bas\u00e9es sur le genre"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 28 avr (IPS) &#8211; Quand des chefs de districts qualifient les efforts pour lutter contre les violences sexuelles comme un gaspillage de ressources, cela suscite des questions sur l\u2019engagement des dirigeants de r\u00e9gler le probl\u00e8me.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Telle est la situation au nord de l\u2019Ouganda o\u00f9 des commissaires ont rejet\u00e9 les violences sexuelles et les violences bas\u00e9es sur le genre (SGBV) comme inexistantes, demandant que les fonds des donateurs pour l\u2019appui psychologique aux victimes des SGBV soient orient\u00e9s vers d\u2019autres secteurs.  &#8220;Ils disent que nous gaspillons de l\u2019argent et qu\u2019il devrait aller plut\u00f4t vers la construction des routes, des \u00e9coles d\u00e9truites au cours de la guerre. Ceux-ci sont des repr\u00e9sentants du gouvernement dans les districts. Ce qu\u2019ils nous disent est que les SGBV ne sont pas importantes, alors que des femmes et des filles ont \u00e9t\u00e9 gravement affect\u00e9es par la guerre&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Betty Akulu du R\u00e9seau pour le d\u00e9veloppement de la femme et le d\u00e9veloppement rural (WORUDNET) dans le district de Pader, au nord de l\u2019Ouganda.  Pader est l\u2019un des districts les plus gravement touch\u00e9s par le conflit qui a dur\u00e9 20 ans entre les forces gouvernementales et les rebelles de l\u2019Arm\u00e9e de r\u00e9sistance du seigneur (LRA), o\u00f9 des forces des deux c\u00f4t\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 accus\u00e9es de nombreuses atrocit\u00e9s contre des civiles. Des femmes et des filles ont \u00e9t\u00e9 battues, viol\u00e9es et mutil\u00e9es. &#8220;Vous trouvez beaucoup d\u2019entre elles avec leurs bouches et leurs membres coup\u00e9s, et m\u00eame les yeux arrach\u00e9s&#8221;, a indiqu\u00e9 Akulu.  Bien que des chiffres d\u00e9finitifs sur le nombre des violations n\u2019aient pas \u00e9t\u00e9 collect\u00e9s, Human Rights Watch d\u00e9clare que les abus \u00e9taient r\u00e9pandus, notamment lorsque la guerre a atteint son comble, et se poursuivent m\u00eame apr\u00e8s que la guerre a baiss\u00e9 dans les ann\u00e9es r\u00e9centes.<\/p>\n<p> Un programme r\u00e9gional visant \u00e0 \u00e9laborer des voies pour aborder conjointement les violences de genre dans les situations conflictuelles et post-conflictuelles, dans cinq pays, a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 par l\u2019Agence de coop\u00e9ration et de recherche pour le d\u00e9veloppement (ACORD).  Le Programme r\u00e9gional sur le genre cible cinq pays y compris la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), le Burundi, le Kenya, l\u2019Ouganda et le Rwanda. Des experts de la question de genre et des droits humains, venus de ces pays, se sont r\u00e9unis \u00e0 Nairobi au d\u00e9but du mois sous le th\u00e8me : &#8220;Les crimes de guerre cach\u00e9s : d\u00e9fier l\u2019impunit\u00e9 pour les violences sexuelles et les violences bas\u00e9es sur le genre dans la R\u00e9gion des grands lacs&#8221; en vue d\u2019explorer les voies pour corriger les lacunes dans la lutte contre les SGBV dans la r\u00e9gion.  &#8220;Nous voulons mener un audit afin de savoir l\u00e0 o\u00f9 on en est par rapport \u00e0 la l\u00e9gislation, au secteur de la sant\u00e9, \u00e0 la police, en termes de la ma\u00eetrise des probl\u00e8mes des violences contre les femmes. Nous disons que ceci est une question sociale et nous devons viser tous les secteurs afin de mettre fin \u00e0 ce probl\u00e8me avec succ\u00e8s&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Akoth Aketch, directeur de la th\u00e9matique de genre et de conflit de l\u2019ACORD.<\/p>\n<p> Ce qui est clair est que pendant que certaines de ces nations disposent d\u2019une l\u00e9gislation proscrivant les SGBV, ces lois ne fonctionnent pas. Marie-Jos\u00e9e Bimansha, la seule femme juge pr\u00e9sident \u00e0 la haute Cour de la RDC attribue cela \u00e0 un manque chronique de fonds op\u00e9rationnels.  &#8220;Les tribunaux ne re\u00e7oivent pratiquement aucun budget de l\u2019Etat. Nous ne pouvons pas mener nos propres enqu\u00eates parce que nous n\u2019avons aucun fonds pour faire cela. Nous devons attendre les preuves de la police, et vous savez, la plupart des agents de la police sont des hommes et certains ne croient pas qu\u2019il y a eu un viol&#8221;, a-t-elle confi\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Le viol en RDC est puni pour un maximum de 20 ans d\u2019emprisonnement, et si la victime meurt du fait de ce crime, il devient un crime capital. Mais Bimansha, qui est \u00e9galement la pr\u00e9sidente de l\u2019Association nationale des femmes juristes de la RDC, a indiqu\u00e9 qu\u2019\u00e0 cause du manque de fonds pour des enqu\u00eates et par cons\u00e9quent le manque de preuves de leur part, peu de cas sont d\u00e9clar\u00e9s coupables et condamn\u00e9s. Pire encore, les auteurs sont d\u00e9clar\u00e9s coupables de chefs d\u2019accusation moindres.  Les cas de viol sont r\u00e9pandus dans le pays. Parmi les 10 dossiers qu\u2019elle re\u00e7oit chaque semaine, cinq traitent du viol. Les combats entre les forces gouvernementales et les rebelles s\u2019intensifient dans les provinces instables du Nord et du Sud Kivu, \u00e0 l\u2019est de la RDC, depuis l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, faisant d\u00e9placer plus de 250.000 personnes. En 2008, une enqu\u00eate des Nations Unies indique que 55 pour cent des femmes d\u00e9plac\u00e9es ont v\u00e9cu des violences sexuelles.  En plus de l\u2019\u00e9chec du syst\u00e8me judiciaire \u00e0 prot\u00e9ger les femmes, les victimes de viol b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une faible assistance de la part du syst\u00e8me de sant\u00e9. Nombre de centres de sant\u00e9 publique dans le pays sont mal \u00e9quip\u00e9s en Prophylaxie post-exposition (PEP), un traitement anti-r\u00e9troviral \u00e0 court terme qui r\u00e9duit la possibilit\u00e9 de l\u2019infection au VIH apr\u00e8s une exposition potentielle \u00e0 la maladie. Ceci en d\u00e9pit de l\u2019exigence de l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 que les pays assurent que la PEP constitue une partie d\u2019un plan global de la fourniture des services de sant\u00e9.  Dans le district de Pader, au nord de l\u2019Ouganda, o\u00f9 sur les 412 cas de violences bas\u00e9es sur le genre signal\u00e9s l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, 300 \u00e9taient li\u00e9s au viol, les victimes sont incapables d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la PEP, non pas parce qu\u2019elle est indisponible, mais du fait du manque de personnel m\u00e9dical qualifi\u00e9 pour administrer cette th\u00e9rapie, selon le WORUNDNET.<\/p>\n<p> &#8220;La PEP pourrait \u00eatre disponible au niveau des unit\u00e9s de sant\u00e9, mais lorsque nous renvoyons les victimes l\u00e0-bas pour une m\u00e9dication, elles ne trouvent personne pour les aider. Il y a un manque de m\u00e9decins ici parce que beaucoup d\u2019entre eux ne veulent pas travailler dans des zones recul\u00e9es comme Pader&#8221;, a affirm\u00e9 Akulu.<\/p>\n<p> On craint que le manque de personnel m\u00e9dical qualifi\u00e9 pour examiner et traiter les victimes de viol puisse les priver de pr\u00e9senter leurs cas, preuves \u00e0 l\u2019appui, \u00e0 la cour.<\/p>\n<p> Les experts qui se sont rencontr\u00e9s \u00e0 Nairobi sont en train de documenter ces \u00e9checs g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s et sont en train de compiler des statistiques fiables de leurs pays. Une fois collect\u00e9es, ces informations seront utilis\u00e9es comme un instrument de plaidoyer pour presser les d\u00e9cideurs en vue des r\u00e9formes dans les zones qui sont cl\u00e9 pour lutter contre les SGBV.<\/p>\n<p> L\u2019initiative de l\u2019ACORD vise \u00e9galement un changement \u00e0 la base. Un programme appel\u00e9 \u2018Agents of Change\u2019 (Agents du changement) se concentre sur la transformation des attitudes culturelles au Burundi.<\/p>\n<p> Une guerre civile de 12 ans entre la minorit\u00e9 tutsie et la majorit\u00e9 hutue a occasionn\u00e9 des atrocit\u00e9s, y compris de grands nombres de viols. Lucie Nyamarushwa, a pr\u00e9c\u00e9demment travaill\u00e9 avec l\u2019organisation des droits humains ITEKA (le mot en Kirundi signifiant \u2018dignit\u00e9\u2019). Elle a remarqu\u00e9 que pendant cinq ans de travail avec ITEKA, ils enregistraient plus de 1.500 cas de viol chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p> &#8220;La lutte contre les SGBV commence par le changement des attitudes au niveau du m\u00e9nage. Vous commencez par dire \u00e0 vos propres enfants d\u00e8s le jeune \u00e2ge que la femme et l\u2019homme, les filles et les gar\u00e7ons m\u00e9ritent du respect. Et cet enseignement sera en eux pour toujours&#8221;, a soulign\u00e9 Nyamarushwa, qui est actuellement avec l\u2019ACORD -Burundi.<\/p>\n<p> Le programme des Agents du changement, actuellement un projet-pilote dans cinq provinces du Burundi, implique des couples qui sont form\u00e9s pour faire passer des messages anti-SGBV \u00e0 leurs m\u00e9nages, chaque couple essayant d\u2019atteindre au moins 10 couples, qui vont \u00e0 leur tour agir comme des &#8220;agents du changement&#8221; pour 10 autres couples au sein de la famille \u00e9tendue, faisant passer un message contre les violences de genre \u00e0 travers la communaut\u00e9 dans son ensemble.<\/p>\n<p> En conformit\u00e9 avec toute l\u2019intention de l\u2019ACORD avec le Programme r\u00e9gional sur le genre, le projet des agents enqu\u00eate \u00e9galement sur les pratiques culturelles sp\u00e9cifiques qui font la promotion des violences de genre.<\/p>\n<p> En collectant des donn\u00e9es d\u00e9taill\u00e9es et en menant une recherche sur les SGBV dans ces cinq pays, l\u2019ACORD esp\u00e8re mettre fin \u00e0 l\u2019impunit\u00e9 pour les crimes bas\u00e9s sur le genre et renforcer la protection des femmes et des filles aux niveaux local, national et r\u00e9gional.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 28 avr (IPS) &#8211; Quand des chefs de districts qualifient les efforts pour lutter contre les violences sexuelles comme un gaspillage de ressources, cela suscite des questions sur l\u2019engagement des dirigeants de r\u00e9gler le probl\u00e8me.<\/p>\n","protected":false},"author":215,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,28],"tags":[],"class_list":["post-4346","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-southern-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4346","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/215"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4346"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4346\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4346"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4346"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4346"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}