{"id":4330,"date":"2009-04-09T13:40:01","date_gmt":"2009-04-09T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/04\/09\/environnement-senegal-lextraction-demesuree-du-sable-marin-affecte-malika\/"},"modified":"2009-04-09T13:40:01","modified_gmt":"2009-04-09T13:40:01","slug":"environnement-senegal-lextraction-demesuree-du-sable-marin-affecte-malika","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/04\/09\/environnement-senegal-lextraction-demesuree-du-sable-marin-affecte-malika\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT-SENEGAL: L\u2019extraction d\u00e9mesur\u00e9e du sable marin affecte Malika"},"content":{"rendered":"<p>DAKAR, 9 avr (IPS) &#8211; La commune de Malika, situ\u00e9e sur le littoral au nord de Dakar, dispose d\u2019un cordon de dunes sableuses et d\u2019une bande de filaos lui servant une haie contre l\u2019\u00e9rosion marine. Mais l\u2019extraction d\u00e9mesur\u00e9e du sable marin, depuis plus de 20 ans, fait avancer la mer qui d\u00e9truit en partie la haie de filaos.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Selon Momar Tall Gadiaga, le maire sortant de la commune de Malika, l\u2019Etat du S\u00e9n\u00e9gal est au courant de la destruction de la bande de filaos par l\u2019avanc\u00e9e de la mer qui emporte \u00e9galement de nouvelles constructions le long de la plage, mais il ne r\u00e9agit pas.   \u00abLa commune s\u2019est plaint maintes fois aupr\u00e8s des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes du minist\u00e8re de l\u2019Environnement, des Eaux et For\u00eats et du service des mines, mais c\u2019est comme si la situation les arrangeait. Vu le danger qui menace notre commune, nous allons tout faire pour que l\u2019extraction du sable marin cesse dans notre collectivit\u00e9\u00bb, souligne-t-il.   Au minist\u00e8re de l\u2019Environnement, personne ne veut fournir d\u2019explications sur cette affaire d\u2019extraction du sable marin, mais un fonctionnaire, qui a requis l\u2019anonymat, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS que le Domaine public maritime est viol\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal et reconna\u00eet que l\u2019Etat est en partie responsable de la d\u00e9gradation de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me \u00e0 Malika.   \u00abAu S\u00e9n\u00e9gal, les gens ne respectent plus le domaine public. L\u2019espace est occup\u00e9 de mani\u00e8re anarchique et les constructions sur ces sites ne sont pas r\u00e9glement\u00e9es\u00bb, explique-t-il. \u00abL\u2019Etat a une part de responsabilit\u00e9 dans cette affaire aussi, ce sont les gros bonnets du pays qui sont propri\u00e9taires des camions de ramassage de sable marin, les taxes ne sont plus r\u00e9guli\u00e8rement pay\u00e9es \u00e0 l\u2019Etat qui occasionne une perte de plus de 300 millions de francs CFA (environ 600.000 dollars) par an\u00bb.   Il ajoute que des gens sans autorisation vont nuitamment extraire le sable marin avec des charrettes ce qui, selon lui, contribue \u00e9galement \u00e0 l\u2019envahissement de la commune par l\u2019eau de mer.   IPS a constat\u00e9 vers la fin-mars, sur le site d\u2019extraction de sable marin \u00e0 Malika, que les camionneurs, avant d\u2019arriver, passent au bureau du service des mines pour verser 5.000 FCFA (environ 10 dollars) constituant le droit d\u2019extraction du sable.   \u00abNous versons chaque jour cette somme au poste d\u2019entr\u00e9e du service des mines sans compter 1.000 FCFA (deux dollars) qu\u2019on paie aussi \u00e0 la police\u00bb, explique le camionneur Abdou Thiam \u00e0 IPS.   Des centaines d\u2019ouvriers les pieds dans l\u2019eau sont sur le site, munis de pelle. Chacun dispose d\u2019un tas de sable, tandis qu\u2019une centaine de camions patinent pour \u00eatre remplis.  A une question sur les cons\u00e9quences environnementales caus\u00e9es par l\u2019extraction du sable marin, Nd\u00e9gene S\u00e8ne, un des ouvriers, affirme qu\u2019ils sont sur le site depuis plus de 20 ans et que cela n\u2019a aucun effet sur l\u2019environnement.   Bassirou Diagne, un autre ouvrier indique que l\u2019extraction fait nourrir des centaines de familles. \u00abLes retomb\u00e9es de l\u2019extraction nourrissent des familles, m\u00eame ici \u00e0 Malika. Nous d\u00e9pensons des milliers de francs CFA chaque jour, aussi nous travaillons sous le contr\u00f4le de l\u2019Etat du S\u00e9n\u00e9gal\u00bb, d\u00e9clare-t-il \u00e0 IPS.   Pourtant, selon Libasse Sow, le chef du village de Malika, la mer avance \u00e0 grand pas vers sa commune. \u00abRegardez! Les infrastructures h\u00f4teli\u00e8res sont toutes dans l\u2019eau. Les filaos qui jalonnent la bordure de la mer sont noy\u00e9s. Il y a quelques jours encore, ces arbres se trouvaient loin de la mer\u00bb, explique-t-il \u00e0 IPS.   Selon Sow, sa commune a maintes fois \u00e9crit au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique afin d\u2019attirer son attention sur les risques li\u00e9s \u00e0 l\u2019environnement, mais en vain. \u00abRegardez! M\u00eame l\u2019\u00e9cole n\u2019est pas \u00e9pargn\u00e9e, les fen\u00eatres des classes \u00e9taient en m\u00e9tal, elles sont actuellement d\u00e9truites par l\u2019\u00e9rosion marine\u00bb, dit-il, ajoutant : \u00abL\u2019eau \u00e9tait \u00e0 des centaines de m\u00e8tres de l\u2019\u00e9cole il y a quelques mois, mais actuellement, vous voyez qu\u2019elle est \u00e0 peine \u00e0 30 m\u00e8tres, si rien n\u2019est fait, c\u2019est toute la commune de Malika qui risque de dispara\u00eetre\u00bb.   Dans l\u2019une des maisons en partie ras\u00e9e par la mer, habitent Abdou Seye et sa famille. Selon Seye, ma\u00e7on de profession, toutes ses tentatives pour que les autorit\u00e9s de la commune et du gouvernement l\u2019aident \u00e0 sauver sa maison sont rest\u00e9es vaines.  \u00abPour moi, c\u2019est comme si l\u2019Etat est complice, c\u2019est comme si les 60.000 habitants de Malika n\u2019int\u00e9ressent pas les autorit\u00e9s. Mais avec les derni\u00e8res \u00e9lections locales (22 mars), on nous a demand\u00e9 de voter pour eux, cela ne s\u2019est pas pass\u00e9 comme \u00e7a, c\u2019est parce qu\u2019on est frustr\u00e9, il faut que nos maisons et notre environnement soit s\u00e9curis\u00e9s\u00bb, clame Seye \u00e0 IPS.   Selon l\u2019infirmier du dispensaire de Malika, Abdoulaye Thiam, son service re\u00e7oit en moyenne 15 patients par jour, en majorit\u00e9 des enfants, et les maux sont des probl\u00e8mes respiratoires, la diarrh\u00e9e et des infections aux pieds occasionnant des plaies b\u00e9antes.   \u00abL\u2019extraction du sable marin cause \u00e9norm\u00e9ment de probl\u00e8mes aux enfants de Malika. Ici, les enfants marchent pieds nus dans l\u2019eau, ce qui fait que leurs pieds sont infect\u00e9s. M\u00eame l\u2019air respir\u00e9 est pollu\u00e9, ce qui cause aussi des infections respiratoires\u00bb, d\u00e9clare-t-il. \u00abLes autorit\u00e9s doivent prendre des d\u00e9cisions pour que l\u2019extraction anarchique du sable marin cesse dans la commune, cela va de l\u2019int\u00e9r\u00eat de tous\u00bb.   Thiam reconna\u00eet aussi que l\u2019extraction du sable marin profite \u00e0 la fois aux familles et au service des mines du S\u00e9n\u00e9gal, mais ne comprend pas que l\u2019Etat puisse cautionner, pendant des ann\u00e9es, de tels actes qui d\u00e9truisent graduellement Malika, ses habitants et son environnement.   \u00abL\u2019Etat doit vite r\u00e9agir pour sauver d\u2019abord la bordure du littoral de Malika et replanter les arbres. Cela va limiter l\u2019avanc\u00e9e de la mer, et les maisons ne seront plus envahies par la mer\u00bb, plaide-t-il.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAKAR, 9 avr (IPS) &#8211; La commune de Malika, situ\u00e9e sur le littoral au nord de Dakar, dispose d\u2019un cordon de dunes sableuses et d\u2019une bande de filaos lui servant une haie contre l\u2019\u00e9rosion marine. 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