{"id":4284,"date":"2009-03-05T13:40:01","date_gmt":"2009-03-05T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/03\/05\/transport-zimbabwe-votre-argent-et-votre-vie\/"},"modified":"2009-03-05T13:40:01","modified_gmt":"2009-03-05T13:40:01","slug":"transport-zimbabwe-votre-argent-et-votre-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/03\/05\/transport-zimbabwe-votre-argent-et-votre-vie\/","title":{"rendered":"TRANSPORT-ZIMBABWE: Votre argent et votre vie"},"content":{"rendered":"<p>BULAWAYO, 5 mars (IPS) &#8211; Malgr\u00e9 les crevasses \u00e0 la forme de crat\u00e8re qui jonchent les routes de Bulawayo, Desmond Hikwa ne ralentit pas puisqu\u2019il file \u00e0 travers cette ville de plus de deux millions d\u2019habitants, transportant des banlieusards du lever au coucher du soleil.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Cela fait plus de dix ans maintenant que je conduis sur ces routes&#8221;, d\u00e9clare fi\u00e8rement Hikwa, guidant sa voiture de 16 places autour des crevasses en forme de crat\u00e8re qui remplissent les routes de Bulawayo.  \u00c0 Bulawayo, o\u00f9 la \u2018Zimbabwe United Passenger Company\u2019 (ZUPCO), une soci\u00e9t\u00e9 de transport de l\u2019Etat, a presque disparu dans les rues, Hikwa est devenu l\u2019un des nombreux op\u00e9rateurs qui satisfont les besoins pour le transport du public avec des v\u00e9hicules de 16 places appel\u00e9s \u2018kombis\u2019, bien que des passagers se plaignent de la faiblesse ou de l\u2019inexistence des relations publiques.    &#8220;Nous devons nous battre avec des voies tr\u00e8s mauvaises et bien s\u00fbr des agents de police qui exigent toujours des pots-de-vin quand bien m\u00eame nos papiers sont en r\u00e8gle&#8221;, a confi\u00e9 Hikwa \u00e0 IPS.   Derri\u00e8re lui, une querelle \u00e9clate entre un passager et le contr\u00f4leur.<\/p>\n<p> &#8220;Je suis sur le point de descendre, donnez-moi simplement ma monnaie. Je ne veux pas d\u2019histoires. \u2018Asiyo problem yami ukuthi ngibhadale ngemali yamanye amazwe\u2019. (Ce n\u2019est pas mon probl\u00e8me si j\u2019ai pay\u00e9 en utilisant la monnaie \u00e9trang\u00e8re)&#8221;, d\u00e9clare, furieux, le passager en isiNdebele, une langue du Zimbabwe.<\/p>\n<p> &#8220;Manje mina ufuna ngiyiththathe ngaphi? (O\u00f9 vais-je trouver la monnaie?)&#8221;, r\u00e9plique le contr\u00f4leur. &#8220;Je vous ai d\u00e9j\u00e0 dit que je la donnerai si je la trouve&#8221;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> &#8220;O\u00f9 devons-nous trouver de monnaie pour ce type d\u2019argent?&#8221;, demande Hikwa, et le passager se tait.<\/p>\n<p> La poche \u00e0 tickets du contr\u00f4leur est remplie d\u2019une collection de sales billets de banque \u2013 des rands sud-africains, le pula du Botswana et des dollars US \u2013 qui sont devenus la monnaie quotidienne compliqu\u00e9e au Zimbabwe.  Faire la monnaie est devenu un casse-t\u00eate pour des op\u00e9rateurs de transport public, qui n\u2019acceptent plus le dollar zimbabw\u00e9en \u2013 presque personne ne fait la monnaie dans un pays qui bat le record mondial de l\u2019inflation.  Des historiens locaux estiment que Bulawayo a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des premiers \u00e0 utiliser les v\u00e9hicules de 16 places appel\u00e9s \u2018kombis\u2019 apr\u00e8s que des locaux travaillant en Afrique du Sud voisine ont rapatri\u00e9 ces v\u00e9hicules au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 pour cr\u00e9er un secteur de transport public lucratif.  Le gouvernement a d\u00e9r\u00e9glement\u00e9 le secteur des transports pour autoriser des op\u00e9rateurs priv\u00e9s au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, au moment o\u00f9, sous la direction de la Banque mondiale, le pays a introduit des r\u00e9formes \u00e9conomiques qui ont r\u00e9duit nettement les d\u00e9penses publiques.  Des responsables du secteur de l\u2019industrie et des membres du public estiment qu\u2019avec la lib\u00e9ralisation du secteur des transports, c\u2019est le chaos sur les routes puisque les contr\u00f4leurs et les chauffeurs n\u2019observent plus les soins et la courtoisie auxquels les banlieusards sont habitu\u00e9s depuis les premi\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019ind\u00e9pendance du pays.  Mais Temba Ncube de l\u2019association des propri\u00e9taires des \u2018kombis\u2019, l\u2019Association pour le transport public de Bulawayo (BUPTA), affirme que des normes on commenc\u00e9 simplement par se d\u00e9t\u00e9riorer au d\u00e9but de la r\u00e9cession du pays, il y a plus d\u2019une d\u00e9cennie, lorsque des op\u00e9rateurs n\u2019ont pas pu trouver des pi\u00e8ces de rechange pour leurs v\u00e9hicules vieillissants.  &#8220;Comme vous l\u2019avez constat\u00e9, la plupart de ces v\u00e9hicules ne sont pas conformes aux normes de s\u00e9curit\u00e9 puisque nous ne pouvons pas les entretenir \u00e0 cause des co\u00fbts prohibitifs impliqu\u00e9s&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Ncube \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &#8220;Mais cela ne nous a pas emp\u00each\u00e9 de faire la navette de Bulawayo, puisque les banlieusards n\u2019auraient pas d\u2019autres moyens de voyager comme les bus de l\u2019Etat ne sont plus disponibles&#8221;, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p> Selon les statistiques de la BUPTA, plus d\u2019un millier de \u2018kombis\u2019 faisaient la navette sur les routes \u00e9parpill\u00e9es autour des banlieues \u00e0 faible et forte densit\u00e9 de Bulawayo en 2006, mais Ncube estime que ce nombre a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit du fait de l\u2019incapacit\u00e9 des op\u00e9rateurs \u00e0 maintenir les v\u00e9hicules en bon \u00e9tat.<\/p>\n<p> Des op\u00e9rateurs se battent pour maintenir les v\u00e9hicules sur la route, avec des chauffeurs recourant souvent au paiement de pots-de-vin de taille pour \u00e9viter que leurs v\u00e9hicules soient saisis par le D\u00e9partement du contr\u00f4le des v\u00e9hicules.<\/p>\n<p> &#8220;C\u2019est pourquoi il y a trop de corruption, avec la police prenant des pots-de-vin afin que ces v\u00e9hicules ne soient pas confisqu\u00e9s&#8221;, a indiqu\u00e9 Ncube.<\/p>\n<p> Ainsi, les v\u00e9hicules restent sur les routes, mais l\u2019entretien s\u2019est \u00e9norm\u00e9ment d\u00e9t\u00e9rior\u00e9.  &#8220;Nous avons re\u00e7u plus qu\u2019assez d\u2019injures et d\u2019abus de ces gars&#8221;, a confi\u00e9 \u00e0 IPS, Simon Bhebhe, un passager r\u00e9gulier.<\/p>\n<p> &#8220;Ils n\u2019ont aucun respect pour les a\u00een\u00e9s et le langage qu\u2019ils tiennent n\u2019est pas celui qu\u2019ils utiliseraient envers leurs propres parents&#8221;, se plaint Bhebhe.<\/p>\n<p> En janvier 2009, la police a lanc\u00e9 des mesures \u00e9nerg\u00e9tiques contre les contr\u00f4leurs \u00e0 travers le pays, les accusant de harceler les clients et de facturer les frais de tickets en monnaie \u00e9trang\u00e8re. Mais selon Zenzele Chuma, 24 ans, un contr\u00f4leur qui affirme avoir grandi dans ces rues apr\u00e8s avoir abandonn\u00e9 l\u2019\u00e9cole, la police est en train de livrer une bataille perdue d\u2019avance.  &#8220;Ce sont les passagers eux-m\u00eames qui ont tendance \u00e0 nous st\u00e9r\u00e9otyper&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Chuma, qui travaille comme contr\u00f4leur avec Desmond Hikwa.<\/p>\n<p> &#8220;Il est toujours difficile de travailler avec le public. On nous traite d\u2019impolis seulement parce que nous refusons d\u2019accepter les injures des passagers sans broncher. Ils disent que nous ne sommes pas \u00e9duqu\u00e9s lorsqu\u2019ils se plaignent de notre comportement, et d\u2019autres passagers veulent vraiment amener leurs bureaux dans nos v\u00e9hicules o\u00f9 ils veulent faire les patrons pour nous&#8221;, s\u2019est d\u00e9fendu Chuma.  &#8220;Voyez-vous, nous sommes toujours l\u00e0&#8221;, a-t-il dit pendant qu\u2019il continuait \u00e0 appeler des passagers potentiels juste au c\u0153ur du district central des affaires, une zone anim\u00e9e de la ville.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BULAWAYO, 5 mars (IPS) &#8211; Malgr\u00e9 les crevasses \u00e0 la forme de crat\u00e8re qui jonchent les routes de Bulawayo, Desmond Hikwa ne ralentit pas puisqu\u2019il file \u00e0 travers cette ville de plus de deux millions d\u2019habitants, transportant des banlieusards du&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/03\/05\/transport-zimbabwe-votre-argent-et-votre-vie\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":490,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1,3,28,22],"tags":[],"class_list":["post-4284","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-population-refugies","category-southern-africa","category-transport"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4284","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/490"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4284"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4284\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4284"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4284"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4284"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}