{"id":4275,"date":"2009-02-26T13:40:01","date_gmt":"2009-02-26T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/02\/26\/afrique-encore-une-autre-affaire-de-corruption-avec-un-trafic-darmes-francaises\/"},"modified":"2009-02-26T13:40:01","modified_gmt":"2009-02-26T13:40:01","slug":"afrique-encore-une-autre-affaire-de-corruption-avec-un-trafic-darmes-francaises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/02\/26\/afrique-encore-une-autre-affaire-de-corruption-avec-un-trafic-darmes-francaises\/","title":{"rendered":"AFRIQUE: Encore une autre affaire de corruption avec un trafic d\u2019armes fran\u00e7aises"},"content":{"rendered":"<p>PARIS, 26 f\u00e9v (IPS) &#8211; Il y a une dizaine de jours, Jean-Charles Marchiani, un ancien membre des services secrets fran\u00e7ais, a \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9 de la prison de La Sant\u00e9 \u00e0 Paris, o\u00f9 il \u00e9tait incarc\u00e9r\u00e9 depuis mai 2008. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, un tribunal de Paris a d\u00e9clar\u00e9 Marchiani coupable de trafic d\u2019influence et de corruption impliquant des pays africains.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Marchiani, qui \u00e9tait \u00e9galement un proche collaborateur de l\u2019ancien ministre fran\u00e7ais de l\u2019Int\u00e9rieur, Charles Pasqua, a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 en 2008 \u00e0 trois ans de prison. Il a \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9 t\u00f4t gr\u00e2ce \u00e0 une amnistie sp\u00e9ciale accord\u00e9e par le pr\u00e9sident fran\u00e7ais, Nicolas Sarkozy.<\/p>\n<p> Mais Marchiani pourrait se retrouver encore bient\u00f4t derri\u00e8re les barreaux \u00e0 La Sant\u00e9. Il est confront\u00e9 \u00e0 d\u2019autres accusations de corruption pour sa participation au soi-disant \u2018Angolagate\u2019, un labyrinthe d\u2019affaires louches, trafic ill\u00e9gal d\u2019armes avec l\u2019Angola qui a eu lieu entre 1993 et 1998.  Mais Marchiani est une des nombreuses personnalit\u00e9s fran\u00e7aises politiques et du monde des affaires confront\u00e9es \u00e0 des accusations de trafic d\u2019influence et de corruption, impliqu\u00e9es dans le transfert d\u2019armes en Angola, pour un co\u00fbt de 970 millions de dollars.  A partir de la fin des ann\u00e9es 1970, le gouvernement de gauche d\u2019Angola de Jos\u00e9 Eduardo Dos Santos menait une guerre civile sanglante contre l&#39;Union nationale pour l&#39;ind\u00e9pendance totale de l&#39;Angola (UNITA) de l\u2019aile droite, qui \u00e9tait soutenue par les Etats-Unis, le r\u00e9gime de l\u2019apartheid d\u2019Afrique du Sud et Isra\u00ebl.<\/p>\n<p> Le trafic d\u2019armes s\u2019est produit \u00e0 un moment o\u00f9 le gouvernement fran\u00e7ais, ob\u00e9issant \u00e0 un embargo des Nations Unies contre l\u2019Angola, avait interdit tous les transferts de mat\u00e9riel militaire \u00e0 ce pays d\u2019Afrique australe. Ce trafic a produit un revenu net de quelque 400 millions de dollars pour Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak, les deux hommes d\u2019affaires qui ont dirig\u00e9 le trafic.    La liste de 42 personnalit\u00e9s fran\u00e7aises confront\u00e9es aux accusations de corruption et de trafic d\u2019influence dans \u2018Angolagate\u2019 comprend l\u2019ancien ministre de l\u2019Int\u00e9rieur Pasqua, Jean-Fran\u00e7ois Mitterrand, fils de l\u2019ancien pr\u00e9sident Fran\u00e7ois Mitterrand, ainsi que le conseiller le plus proche du chef d\u2019Etat, Jacques Attali. Mitterrand \u00e9tait pr\u00e9sident au moment o\u00f9 l\u2019affaire avait commenc\u00e9.<\/p>\n<p> Au cours du proc\u00e8s, qui a commenc\u00e9 en octobre dernier, le procureur, Romain Victor a accus\u00e9 les autorit\u00e9s fran\u00e7aises de complicit\u00e9 dans cette affaire d\u2019armes ill\u00e9gale. Des autorit\u00e9s fran\u00e7aises avaient permis au &#8220;trafic illicite&#8221; de prosp\u00e9rer bien qu\u2019elles aient \u00e9t\u00e9 alert\u00e9es par des informations de presse et par des membres de leurs propres services de renseignement.  &#8220;Il ne se passe rien, personne n\u2019entre&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Victor \u00e0 la cour le 11 f\u00e9vrier. &#8220;Seul le minist\u00e8re de la D\u00e9fense intente un proc\u00e8s en 2001, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9cout\u00e9 par un juge d\u2019instruction&#8221;.  &#8220;Les vraies raisons de cette attitude de laissez-faire doivent se trouver dans les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et strat\u00e9giques qui r\u00e9sident \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan&#8221;, a affirm\u00e9 Victor, se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat de la France \u00e0 acc\u00e9der au p\u00e9trole et aux \u00e9normes sommes d\u2019argent impliqu\u00e9es dans ces affaires.    Victor a dit que Falcone ainsi que Gaydamak &#8220;avaient des relations directes avec les services de renseignement fran\u00e7ais et avaient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de puissants contacts au niveau de l\u2019Etat&#8221;.  Ce proc\u00e8s tend vers sa fin. Victor a requis l\u2019emprisonnement et des amendes consid\u00e9rables pour Pasqua et Mitterrand, ainsi que pour Falcone et Gaydamak.  L\u2019Angola, qui poss\u00e8de les deuxi\u00e8mes r\u00e9serves de p\u00e9trole les plus larges en Afrique apr\u00e8s le Nigeria, est un point chaud r\u00e9gulier dans des enqu\u00eates judiciaires sur des affaires de corruption impliquant des personnalit\u00e9s et entreprises politiques fran\u00e7aises.<\/p>\n<p> Au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2000, les tribunaux fran\u00e7ais ont statu\u00e9 sur le scandale d\u2019Elf Aquitaine, connu apr\u00e8s comme celui de la compagnie p\u00e9troli\u00e8re d\u2019Etat qui \u00e9tait impliqu\u00e9e dans une grande affaire de corruption, entre autres pays, en Angola.   A travers Elf Aquitaine, la France a achet\u00e9 l\u2019influence et des contacts en Afrique utilisant des comptes bancaires secrets en Suisse. Le syst\u00e8me a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9 par le chef ex\u00e9cutif d\u2019Elf, Loik Le Floch-Prigent, son bras-droit Alfred Sirven et le soi-disant M. Afrique de l\u2019entreprise, Andr\u00e9 Tarallo.  D\u2019autres pays mentionn\u00e9s dans l\u2019enqu\u00eate sur Elf Aquitaine comprenaient le Cameroun, le Gabon et le Congo Brazzaville. Aucune accusation pour crime n\u2019\u00e9tait port\u00e9e contre les dirigeants de ces pays, qui ont tous rejet\u00e9 tous les torts.<\/p>\n<p> Lors du proc\u00e8s d\u2019Elf Aquitaine, Le Floch-Prigent a franchement reconnu que la corruption pour traiter avec des pays africains avait \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur de l\u2019Etat fran\u00e7ais pendant des ann\u00e9es. La corruption &#8220;n\u2019\u00e9tait pas aussi secr\u00e8te qu\u2019elle \u00e9tait opaque&#8221;, a-t-il affirm\u00e9 devant la cour.  &#8220;En clair, dans la plupart des pays producteurs de p\u00e9trole, c\u2019est le chef de l\u2019Etat ou le roi qui est le vrai b\u00e9n\u00e9ficiaire&#8221;, a ajout\u00e9 Le Floch-Prigent.<\/p>\n<p> Actuellement, des autorit\u00e9s fran\u00e7aises enqu\u00eatent sur les origines de la richesse amass\u00e9e en France par le chef de l\u2019Etat angolais, Dos Santos. Une accusation de d\u00e9tournement de fonds publics a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e par des organisations humanitaires contre les dirigeants de cinq pays africains, et d\u00e9pos\u00e9e encore par Transparency International, l\u2019organisation de lutte contre la corruption.<\/p>\n<p> Selon \u2018Human Rights Watch\u2019 (HRW), le gouvernement de Dos Santos a d\u00e9tourn\u00e9 quelque quatre milliards de dollars des recettes de p\u00e9trole du pays entre 1997 et 2002. HRW est une organisation non gouvernementale internationale.<\/p>\n<p> Les autorit\u00e9s fran\u00e7aises enqu\u00eatent \u00e9galement sur des all\u00e9gations de corruption contre les op\u00e9rations du groupe Thal\u00e8s, l\u2019entreprise militaire la plus grande de la France, en Afrique du Sud.  Selon des procureurs sud-africains, le dirigeant du Congr\u00e8s national africain (ANC), le parti au pouvoir, Jacob Zuma, aurait pris, au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1998, quelque 400.000 dollars en 783 pots-de-vin de \u2018Thint Holdings Southern African Ltd\u2019 et de \u2018Thint Ltd\u2019, deux branches de Thal\u00e8s en Afrique du Sud.<\/p>\n<p> A l\u2019\u00e9poque, Thal\u00e8s \u00e9tait connue sous le nom de Thomson CSF et Zuma \u00e9tait vice-pr\u00e9sident de l\u2019Afrique du Sud.  En 2005, le proche conseiller de Zuma, Schabir Shaik, avait \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9 de corruption et condamn\u00e9 \u00e0 15 ans d\u2019emprisonnement pour son implication dans l\u2019affaire Thomson. La Haute cour de Durban avait statu\u00e9 que Shaik \u00e9tait coupable de corruption et de fraude, et constat\u00e9 qu\u2019il y avait des preuves &#8220;accablantes&#8221; d\u2019une relation corrompue entre Shaik et Zuma.  Cela a conduit \u00e0 la destitution de Zuma par le pr\u00e9sident d\u2019Afrique du Sud d\u2019alors, Thabo Mbeki.  En janvier dernier, la Cour supr\u00eame sud-africaine a valid\u00e9 les accusations de corruption, de racket, de fraude, de blanchiment d\u2019argent et d\u2019\u00e9vasion fiscale contre Zuma. Le proc\u00e8s contre Zuma d\u00e9butera le 25 ao\u00fbt. Il a plaid\u00e9 son innocence.  L\u2019ANC a ordonn\u00e9 \u00e0 Mbeki, qui a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 d\u2019organiser une vendetta politique contre Zuma, de d\u00e9missionner de la pr\u00e9sidence en septembre l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re apr\u00e8s que la Haute cour a annul\u00e9 les accusations contre Zuma.  Des documents internes de Thal\u00e8s, auxquels IPS a eu acc\u00e8s, sugg\u00e8rent que Mbeki \u00e9tait d\u00e8s le d\u00e9but inform\u00e9 de l\u2019implication pr\u00e9sum\u00e9e de Zuma dans la corruption.  Un m\u00e9morandum interne de Thomson dat\u00e9 de novembre 1998, d\u00e9taillant les relations de l\u2019entreprise avec Zuma, comprend \u00e9galement une liste de questions adress\u00e9es \u00e0 Mbeki, sugg\u00e9rant qu\u2019il \u00e9tait inform\u00e9 de l\u2019affaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PARIS, 26 f\u00e9v (IPS) &#8211; Il y a une dizaine de jours, Jean-Charles Marchiani, un ancien membre des services secrets fran\u00e7ais, a \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9 de la prison de La Sant\u00e9 \u00e0 Paris, o\u00f9 il \u00e9tait incarc\u00e9r\u00e9 depuis mai 2008. 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