{"id":4222,"date":"2009-01-21T13:40:01","date_gmt":"2009-01-21T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/01\/21\/developpement-afrique-des-politiciens-accuses-de-bloquer-le-nouveau-pacte-sur-le-nil\/"},"modified":"2009-01-21T13:40:01","modified_gmt":"2009-01-21T13:40:01","slug":"developpement-afrique-des-politiciens-accuses-de-bloquer-le-nouveau-pacte-sur-le-nil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/01\/21\/developpement-afrique-des-politiciens-accuses-de-bloquer-le-nouveau-pacte-sur-le-nil\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-AFRIQUE: Des politiciens accus\u00e9s de bloquer le nouveau Pacte sur le Nil"},"content":{"rendered":"<p>KAMPALA, 21 jan (IPS) &#8211; Dix ans de n\u00e9gociations sur un nouveau protocole r\u00e9gissant une utilisation partag\u00e9e du fleuve Nil sont en suspension dans la balance, avec l\u2019Egypte et le Soudan refusant d\u2019abandonner leur pouvoir actuel sur la quantit\u00e9 d\u2019eau utilis\u00e9e par des pays plus loin en amont.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le pr\u00e9sent accord interdit aux pays en aval d\u2019utiliser les eaux du Nil au-del\u00e0 d\u2019une courbe convenue, et donne \u00e0 l\u2019Egypte des pouvoirs de contr\u00f4ler le courant \u00e0 des points cl\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Les technocrates avaient \u00e9labor\u00e9 tous les papiers administratifs en vue d\u2019un bon protocole, mais les politiciens ont jet\u00e9 un bout de papier sans tache dans la boue&#8221;, affirme le professeur Afuna Aduula, pr\u00e9sident du Forum pour le trait\u00e9 sur le bassin du Nil, un consortium d\u2019organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile examinant des questions le long du plus long fleuve du monde.  La clause dans le nouvel avant-projet qui a caus\u00e9 l\u2019impasse est l\u2019article 14b, concernant la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019eau. L\u2019utilisation de l\u2019eau par des pays en amont a \u00e9t\u00e9 longtemps limit\u00e9e par les termes de l\u2019accord colonial sign\u00e9 en leur nom par la Grande-Bretagne en 1929, et homologu\u00e9 de nouveau en 1954.<\/p>\n<p> Le bassin du Nil compte une population de 160 millions d\u2019habitants dans une r\u00e9gion de 3,1 millions de kilom\u00e8tres carr\u00e9s &#8211; dont 81.500 km2 de lacs et 70.000 km2 de mar\u00e9cages, selon des statistiques de l\u2019Initiative sur le bassin du Nil, un organe cr\u00e9\u00e9 par les Etats riverains du Nil avec un financement de plusieurs donateurs pour harmoniser la politique sur le Nil.<\/p>\n<p> Au cours des ann\u00e9es, les niveaux de l\u2019eau dans le lac Victoria, une source importante en eau pour le Nil, sont en baisse. Les niveaux d\u2019eau en 2008 \u00e9taient 2,5 m\u00e8tres plus bas que trois ann\u00e9es plus t\u00f4t. On croit que cela est d\u00fb \u00e0 une combinaison de facteurs, y compris une pluviom\u00e9trie en baisse et une utilisation accrue &#8211; et cela est en train de causer une panique au sein des Etats qui partagent le Nil.  Les 10 pays partageant le fleuve conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019Initiative sur le basin du Nil sont en train de n\u00e9gocier, au cours des 10 derni\u00e8res ann\u00e9es, un nouvel accord-cadre pour g\u00e9rer l\u2019eau du fleuve. Ces pays sont le Kenya, le Burundi, le Rwanda, la Tanzanie, l\u2019Erythr\u00e9e, l\u2019Ethiopie, le Soudan, l\u2019Egypte, la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) et l\u2019Ouganda.  L\u2019article 6 du Cadre de coop\u00e9ration du bassin du Nil parle de protection et de conservation du bassin et de son \u00e9cosyst\u00e8me. Et des \u00e9cologistes consid\u00e8rent cela comme un \u00e9v\u00e8nement marquant pour maintenir les niveaux de l\u2019eau \u00e0 partir d\u2019un bassin hydraulique plus large alimentant le lac.  Mais Frank Muramuzi, de l\u2019Association nationale des professionnels de l\u2019environnement de l\u2019Ouganda, estime qu\u2019une impasse pourrait saper les activit\u00e9s r\u00e9gionales de conservation et de d\u00e9veloppement conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019Initiative sur le bassin du Nil. Il pense qu\u2019un nouveau protocole garantirait aux pays comme l\u2019Egypte et le Soudan plus de l\u2019eau.<\/p>\n<p> &#8220;Ce protocole \u00e9tablirait un cadre pour une utilisation durable des ressources en eau du fleuve Nil&#8221;, affirme Muramuzi. Mais si le statut quo demeure, les eaux du lac Victoria, le principal r\u00e9servoir pour le Nil, continueront par baisser et des ruptures peuvent donner lieu \u00e0 des conflits, ajoute-t-il.  Le trait\u00e9 en discussion actuellement comprend \u00e9galement cinq autres clauses importantes qui ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 un vif d\u00e9bat dans des n\u00e9gociations pr\u00e9c\u00e9dentes. Il s\u2019agit de l\u2019article 4, qui demande une utilisation \u00e9quitable et raisonnable des eaux du Nil, de l\u2019article 5 (pr\u00e9vention des dommages caus\u00e9s aux eaux), de l\u2019article 6 (protection et conservation du bassin et de son \u00e9cosyst\u00e8me) et de l\u2019article 8 (un consentement pr\u00e9alable clair avant l\u2019utilisation des eaux).   L\u2019Egypte et le Soudan qui ont une terre d\u00e9serte vaste, se sont oppos\u00e9s au trait\u00e9, craignant qu\u2019il les isolerait des eaux du Nil.  Dans le nouveau document, la clause 4b concernant un consentement pr\u00e9alable approfondi a \u00e9t\u00e9 amend\u00e9e apr\u00e8s que le Kenya, la Tanzanie et la RDC ont pouss\u00e9 \u00e0 sa modification en &#8220;informations concernant des mesures planifi\u00e9es&#8221;.<\/p>\n<p> Ce nouveau terme demande une v\u00e9rification du trait\u00e9 de 1929, qui exigeait que les Etats riverains obtiennent une autorisation avant d\u2019utiliser les eaux du Nil. Ce document pr\u00e9voit plus loin la cr\u00e9ation d\u2019une Commission pour le bassin du Nil, avec son si\u00e8ge \u00e0 Entebbe, en Ouganda.   La d\u00e9cision sur la question demeure actuellement en suspens parce que les n\u00e9gociateurs ont renvoy\u00e9 le probl\u00e8me aux 10 chefs d\u2019Etat du bassin du Nil pour conclure.<\/p>\n<p> Callist Tindimugaya, commissaire de l\u2019Ouganda au minist\u00e8re de l\u2019Eau, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS que ce qui peut \u00eatre fait maintenant, c\u2019est de continuer \u00e0 coop\u00e9rer, en attendant la r\u00e9solution de la clause controvers\u00e9e dans le nouveau protocole.  Selon le professeur Patrick Rubaihayo, un expert en d\u00e9veloppement bas\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Makerere \u00e0 Kampala, la plupart des pays en amont risquent de rater les objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement si un nouveau protocole plus \u00e9quitable n\u2019est pas sign\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Une pauvret\u00e9 extr\u00eame continuelle est l\u2019une des cons\u00e9quences si un nouveau protocole n\u2019est pas sign\u00e9&#8221;, a-t-il d\u00e9clar\u00e9.  Un secteur agricole dynamique est vu comme un moteur essential de d\u00e9veloppement, mais Rubaihayo ne peut imaginer ce d\u00e9veloppement sans l\u2019investissement dans des projets d\u2019irrigation massive. L\u2019accord colonial sur le partage des eaux du Nil rend difficiles ces projets parce que l\u2019Egypte et le Soudan doivent approuver des projets d\u2019irrigation, et ils refusent cat\u00e9goriquement.  La ministre ougandaise de l\u2019Eau, Jennifer Namuyangu, estime que la discussion constitue une opportunit\u00e9 pour des pays comme l\u2019Ouganda de corriger une anomalie historique. Elle affirme que l\u2019Ouganda n\u2019acceptera pas un pacte disproportionn\u00e9 sur l\u2019utilisation du Nil.  Le professeur Aduula croit que le refus de l\u2019Egypte de signer un nouveau protocole pourrait \u00eatre bas\u00e9 sur un calcul selon lequel l\u2019un des siens est en voie de devenir le directeur de l\u2019Initiative sur le bassin du Nil et influence donc le processus. Aux termes de la charte qui a cr\u00e9\u00e9 l\u2019initiative, la direction est assum\u00e9e par rotation au sein des pays membres du bassin et le directeur a un mandat de deux ans. L\u2019actuelle directrice est Henrietta Ndombe, une Congolaise qui dirigera l\u2019organisation jusqu\u2019en septembre 2010 au moment o\u00f9 quelqu\u2019un de l\u2019Egypte prendra la rel\u00e8ve.  L\u2019Egypte veut une clause qui stipule que d\u2019autres pays qui partagent le Nil ne devraient pas utiliser l\u2019eau au d\u00e9triment d\u2019un autre pays. D\u2019autres Etats souhaitent que cette clause soit compl\u00e8tement supprim\u00e9e \u00e0 cause de l\u2019implication que les pays en amont devront avoir un consentement pour construire de barrages hydro\u00e9lectriques et des projets d\u2019irrigation.  Mais selon Gordon Mumbo, qui est charg\u00e9 de cr\u00e9er la confiance au sein des Etats membres du bassin du Nil, on pense maintenant que le probl\u00e8me devrait \u00eatre envoy\u00e9 au Conseil des ministres des Affaires \u00e9trang\u00e8res parce que les chefs d\u2019Etat ont exig\u00e9 de se r\u00e9unir ensemble pour une signature.  Il d\u00e9clare que la chance de signer en marge du sommet de l\u2019Union africaine au Caire en Egypte, il y a quelque mois, \u00e9tait rat\u00e9e \u00e0 cause des d\u00e9saccords.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KAMPALA, 21 jan (IPS) &#8211; Dix ans de n\u00e9gociations sur un nouveau protocole r\u00e9gissant une utilisation partag\u00e9e du fleuve Nil sont en suspension dans la balance, avec l\u2019Egypte et le Soudan refusant d\u2019abandonner leur pouvoir actuel sur la quantit\u00e9 d\u2019eau&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/01\/21\/developpement-afrique-des-politiciens-accuses-de-bloquer-le-nouveau-pacte-sur-le-nil\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":613,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,27,12,1,7],"tags":[],"class_list":["post-4222","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-east-africa","category-environnement","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4222","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/613"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4222"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4222\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4222"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4222"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4222"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}