{"id":4199,"date":"2009-01-03T13:40:01","date_gmt":"2009-01-03T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/01\/03\/genre-afrique-du-sud-un-vrai-homme-pourvoit-aux-soins\/"},"modified":"2009-01-03T13:40:01","modified_gmt":"2009-01-03T13:40:01","slug":"genre-afrique-du-sud-un-vrai-homme-pourvoit-aux-soins","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/01\/03\/genre-afrique-du-sud-un-vrai-homme-pourvoit-aux-soins\/","title":{"rendered":"GENRE-AFRIQUE DU SUD: \u2018Un vrai homme pourvoit aux soins\u2019"},"content":{"rendered":"<p>MTHATHA, Afrique du Sud, 3 jan (IPS) &#8211; Sonwabo Qathula porte son tablier et commence par \u00e9plucher une pile de noisettes de beurre, alors qu\u2019une marmite de riz cuit sur le four \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui. L\u2019homme de 50 ans est en train de pr\u00e9parer le d\u00e9jeuner pour des enfants pauvres et orphelins qui fr\u00e9quentent une \u00e9cole rurale au Cap oriental.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Lorsque le repas est pr\u00eat, il sert la nourriture aux gar\u00e7ons et aux filles. Plus tard, il ramasse les plats vides et lave la vaisselle.  Un homme \u00e0 la cuisine suscite un regard \u00e9trange dans la plupart des milieux, urbains ou ruraux, en Afrique du Sud et est souvent accompagn\u00e9 par des commentaires narquois, des rires moqueurs ou par un hochement de t\u00eate en signe de d\u00e9sapprobation &#8212; de la part des hommes ainsi que des femmes. Le patriarcat demeure la norme sociale largement accept\u00e9e et les r\u00f4les de genre sont clairement divis\u00e9s en fonction de comment les hommes sont suppos\u00e9s agir et comment les femmes doivent se comporter.    Cependant, dans une zone rurale au Cap oriental, tout ceci a commenc\u00e9 par changer.<\/p>\n<p> Un groupe de sept hommes travaille comme des pourvoyeurs de soins de m\u00e9nage avec le groupe de soutien au VIH\/SIDA Siyakhanyisa \u00e0 Qumbu, \u00e0 60 kilom\u00e8tres de Mthatha, pour apporter une contribution positive au bien-\u00eatre de leur communaut\u00e9. Initialement tourn\u00e9s en ridicules pour \u00eatre en train de faire un travail traditionnellement r\u00e9serv\u00e9 aux femmes, ils sont devenus rapidement des mod\u00e8les de r\u00f4le et ont gagn\u00e9 du respect pour leur courage de faire les choses autrement et de prendre la responsabilit\u00e9 des activit\u00e9s dans leurs villages.  Les hommes ont d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019impliquer activement \u00e0 aider les autres apr\u00e8s qu\u2019ils ont appris, au cours des ateliers organis\u00e9s par l\u2019ONG Justice de genre Sonke au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, sur les st\u00e9r\u00e9otypes de genre, les conceptions du statut de l\u2019homme et de la paternit\u00e9. Actuellement, ils prennent soin des personnes vivant avec le VIH, lavent des personnes alit\u00e9es, donnent des conseils et \u00e9duquent sur la pr\u00e9vention et la transmission du VIH, facilitent l\u2019acc\u00e8s au traitement anti-r\u00e9troviral, orientent des patients vers les services sociaux et assistent des malades \u00e0 \u00e9crire leur testament.<\/p>\n<p>   Ils encouragent \u00e9galement les membres de la communaut\u00e9 \u00e0 faire le test du VIH, distribuent des pr\u00e9servatifs et aident des enfants \u00e9coliers d\u00e9favoris\u00e9s dans leurs travaux de maison et leur pr\u00e9parent \u00e0 manger.<\/p>\n<p> &#8220;Dans la plupart des endroits en Afrique du Sud, les st\u00e9r\u00e9otypes de genre sont pr\u00e9sents et pratiqu\u00e9s&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Patrick Godana, directeur de projet Sonke du Cap oriental. &#8220;Les r\u00f4les des hommes et des femmes sont divis\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9, et par cons\u00e9quent, les hommes sont souvent exclus des initiatives communautaires, notamment l\u2019entretien et l\u2019\u00e9ducation des enfants&#8221;.<\/p>\n<p> En Afrique du Sud, des \u00e9tudes montrent que les femmes continuent de faire dix fois les travaux d\u2019entretien que les hommes, a ajout\u00e9 Dean Peacock, co-directeur de Sonke, mais il est convaincu que ce d\u00e9s\u00e9quilibre est en train d\u2019\u00eatre progressivement tourn\u00e9 vers une approche plus \u00e9quitable pour l\u2019entretien et l\u2019\u00e9ducation. &#8220;Il y a peu d\u2019hommes qui sont devenus des mod\u00e8les de r\u00f4le et pratiquent l\u2019\u00e9galit\u00e9 de genre. Pas beaucoup, mais ils sont l\u00e0&#8221;, a-t-il dit.<\/p>\n<p> Maintenant, presque le tiers du personnel de Siyakhanyisa, qui \u00e9tait une organisation exclusivement dirig\u00e9e par des femmes, est masculin. &#8220;Depuis que les hommes s\u2019impliquent dans l\u2019entretien du m\u00e9nage, nous avons vu beaucoup de bienfaits et un grand changement de la dynamique sociale dans notre communaut\u00e9&#8221;, a soulign\u00e9 Siphokazi Makaula, coordonnatrice du projet Siyakhanyiasa.   Elle a d\u00e9clar\u00e9 que le nombre de personnes venant pour des conseils et le test volontaires (CTV) du VIH a augment\u00e9 et les enfants, en particulier les orphelins, \u00e9taient bien entretenus : &#8220;Ces hommes constituent un grand exemple pour d\u2019autres hommes&#8221;.  Des hommes prenant soins des autres est un ph\u00e9nom\u00e8ne relativement nouveau en Afrique du Sud et ailleurs sur le continent. &#8220;Dans la soci\u00e9t\u00e9 africaine, ce n\u2019est pas culturellement correct d\u2019impliquer les hommes dans les activit\u00e9s de soins. Les hommes sont vus comme des pourvoyeurs financiers, alors que les femmes sont suppos\u00e9es \u00eatre les nourrici\u00e8res de la communaut\u00e9&#8221;, a expliqu\u00e9 Godana. &#8220;Les hommes ne prennent m\u00eame pas soin de leur propre sant\u00e9. Aller \u00e0 la clinique est consid\u00e9r\u00e9 comme un signe de faiblesse, \u2018ne pas \u00eatre suffisamment un homme\u2019&#8221;.  C\u2019est pourquoi il est &#8220;tr\u00e8s \u00e9trange&#8221; de voir des hommes travailler comme des pourvoyeurs de soins, a affirm\u00e9 Godana, &#8220;mais l\u2019histoire des hommes de Qumbu montre que les hommes peuvent changer. C\u2019est un progr\u00e8s&#8221;.<\/p>\n<p> Les hommes, qui auparavant \u00e9taient au ch\u00f4mage et contribuaient peu aux activit\u00e9s de leurs familles et leurs communaut\u00e9s, sont devenus maintenant des dirigeants de communaut\u00e9. &#8220;Au d\u00e9but, les gens \u00e9taient sceptiques par rapport aux hommes s\u2019impliquant dans des activit\u00e9s d\u2019entretien, mais lorsqu\u2019ils ont vu l\u2019impact positif que leur implication avait sur la communaut\u00e9, ils ont rapidement chang\u00e9 leurs attitudes&#8221;, a-t-il ajout\u00e9.   Le premier homme \u00e0 suivre une formation sur le genre de Sonke, \u00e0 adh\u00e9rer au groupe de soutien Siyakhanyisa et \u00e0 devenir un pourvoyeur de soins \u00e9tait Qathula. Il y a quelques ann\u00e9es, cet homme a perdu sa femme du fait des maladies li\u00e9es au VIH, il est par la suite tomb\u00e9 bri\u00e8vement malade et s\u2019est rendu compte, comme sa femme, qu\u2019il \u00e9tait s\u00e9ropositif apr\u00e8s avoir fait le test du virus. Il a d\u00e9cid\u00e9 de chercher de l\u2019aide, est devenu un membre du groupe de soutien, et peu apr\u00e8s, a trouv\u00e9 une opportunit\u00e9 d\u2019\u00eatre non seulement aid\u00e9, mais d\u2019aider les autres \u00e9galement.  Aujourd\u2019hui, Qathula d\u00e9voile publiquement son statut de s\u00e9ropositif et \u00e9duque les autres sur le virus, sur l\u2019importance de faire son test et de mener une vie positive. Au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es, il \u00e9tait le seul homme \u00e0 travailler avec Siyakhanyisa, jusqu\u2019\u00e0 ce que, par un exemple positif, il ait r\u00e9ussi \u00e0 convaincre six autres de rejoindre l\u2019organisation \u00e0 la mi-2008.  Qathula d\u00e9clare qu\u2019au d\u00e9but, il a l\u2019objet des remarques d\u00e9sobligeantes d\u2019autres hommes dans sa communaut\u00e9 qui doutaient de son statut d\u2019homme parce qu\u2019il faisait &#8220;des travaux de femmes&#8221;. &#8220;Ce n\u2019\u00e9tait pas facile d\u2019accepter de tels commentaires, mais je ne me suis jamais d\u00e9courag\u00e9&#8221;, a-t-il expliqu\u00e9.<\/p>\n<p> Actuellement, Qathula, qui a indiqu\u00e9 qu\u2019il avait l\u2019habitude d\u2019\u00eatre un homme &#8220;traditionnel&#8221; qui n\u2019avait jamais fait des travaux de m\u00e9nage toute sa vie durant, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 porter un tablier pour pr\u00e9parer, \u00e0 laver la vaisselle et \u00e0 aider d\u2019autres femmes dans la cuisine.<\/p>\n<p> Avec le temps, ceux qui le tournaient en ridicule ont pris note de l\u2019impact positif de son travail et ont commenc\u00e9 par le respecter. &#8220;L\u2019attitude des gens commence par changer. Je suis respect\u00e9 par le directeur de l\u2019\u00e9cole, le chef de la zone et beaucoup d\u2019hommes et femmes dans ma communaut\u00e9&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Qathula. &#8220;\u00catre capable d\u2019aider les gens me rend fier et c\u2019est ce qui m\u2019am\u00e8ne \u00e0 continuer&#8221;.  Ses sentiments sont repris en \u00e9cho par Mzolisi Nyembezi, 31 ans, un autre des sept hommes qui travaillent comme pourvoyeurs de soins pour Siyakhanyisa. Nyembezi a indiqu\u00e9 qu\u2019au d\u00e9but, il doutait que le travail de soins \u00e9tait pour lui : &#8220;Au d\u00e9but, je ne voyais pas pourquoi un homme doit faire ce type de travail. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9galement l\u2019objet de beaucoup de commentaires d\u00e9sobligeants. Les gens disaient que je faisais le travail des femmes et se moquaient de moi&#8221;.  Mais apr\u00e8s avoir parl\u00e9 \u00e0 Qathula, Nyembezi a chang\u00e9 d\u2019avis et a vu la valeur de prendre soin des autres. &#8220;Je venais d\u2019\u00eatre lib\u00e9r\u00e9 de prison et pour la premi\u00e8re fois dans ma vie, j\u2019ai appris sur le genre et la paternit\u00e9. J\u2019ai toujours pens\u00e9 que c\u2019\u00e9tait la responsabilit\u00e9 des femmes de donner des soins&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MTHATHA, Afrique du Sud, 3 jan (IPS) &#8211; Sonwabo Qathula porte son tablier et commence par \u00e9plucher une pile de noisettes de beurre, alors qu\u2019une marmite de riz cuit sur le four \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui. 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