{"id":4194,"date":"2008-12-29T13:40:01","date_gmt":"2008-12-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/12\/29\/droits-afrique-le-moment-pour-une-action-contre-les-violences-faites-aux-femmes\/"},"modified":"2008-12-29T13:40:01","modified_gmt":"2008-12-29T13:40:01","slug":"droits-afrique-le-moment-pour-une-action-contre-les-violences-faites-aux-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/12\/29\/droits-afrique-le-moment-pour-une-action-contre-les-violences-faites-aux-femmes\/","title":{"rendered":"DROITS-AFRIQUE: Le moment pour une action contre les violences faites aux femmes"},"content":{"rendered":"<p>ADDIS ABEBA, 29 d\u00e9c (IPS) &#8211; Des violences constantes faites aux femmes constituent l\u2019un des objectifs d\u2019une rencontre continentale ayant examin\u00e9 les progr\u00e8s faits vers la r\u00e9alisation de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de genre en Afrique.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Les participants au sixi\u00e8me Forum africain sur le d\u00e9veloppement (African D\u00e9veloppement Forum &#8211; ADF VI) \u00e0 Addis Abeba, la capitale de l\u2019Ethiopie, sont en train de condamner leurs dirigeants pour leur refus d\u2019appliquer les d\u00e9clarations internationales adopt\u00e9es pour mettre fin aux violences faites aux femmes.  &#8220;Il y a trop de discussions et de signatures de ces choses, et moins d\u2019action&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Botha Mbuyiselo, du R\u00e9seau pour la justice de genre de Sonke, en Afrique du Sud en marge de la rencontre.<\/p>\n<p> &#8220;Nos politiciens doivent passer de la rh\u00e9torique \u00e0 l\u2019action. Ils doivent trouver une voie proactive et agir collectivement contre ces violences&#8221;, a-t-il remarqu\u00e9.  Girma Wolde-Giorgis, pr\u00e9sident de l\u2019Ethiopie, a exprim\u00e9 des sentiments similaires dans son discours d\u2019ouverture de la r\u00e9union de fin novembre. &#8220;Il est temps de passer de la parole \u00e0 l\u2019action. Il est temps pour nous de nous focaliser sur l\u2019application de ce que nous avons dit, et d\u2019\u00e9laborer des plans de suivi pour voir si nous faisons des progr\u00e8s&#8221;.  Certaines des d\u00e9clarations cit\u00e9es \u00e0 la r\u00e9union, et que les dirigeants du continent ont sign\u00e9es comprennent le Protocole de la charte africaine des droits de l\u2019Homme et des peuples. Adopt\u00e9 en 1998 \u00e0 Banjul en Gambie, l\u2019instrument est explicit sur comment faire face aux violences faites aux femmes.  Par ailleurs, les dirigeants ont accept\u00e9 la Convention sur l\u2019\u00e9limination de toutes les formes de discriminations faites aux femmes, adopt\u00e9e en 1979. Conform\u00e9ment \u00e0 cet instrument, il est attendu que les gouvernements mettent en place des structures pour lutter contre les violences faites aux femmes. Cependant, l\u2019image du continent est toujours ternie par des cas tr\u00e8s r\u00e9pandus de violences faites aux femmes.  La situation a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement perp\u00e9tu\u00e9e par des points faibles dans la l\u00e9gislation nationale qui ont ouvert la voie aux abus contre les femmes. Par exemple, la Loi du Kenya contre les abus sexuels, vot\u00e9e en 2006, contient une clause o\u00f9 beaucoup per\u00e7oivent des risques p\u00e9nalisant les femmes qui d\u00e9noncent les auteurs de violences sexuelles, compromettant l\u2019efficacit\u00e9 de la loi.<\/p>\n<p> &#8220;Elles peuvent \u00eatre condamn\u00e9es pour fausse accusation de viol \u00e0 cause du manque de preuves \u00e0 donner. Et il est clair que parfois, les femmes peuvent \u00eatre incapables de d\u00e9noncer imm\u00e9diatement un viol. Ainsi au moment o\u00f9 elles se d\u00e9cident \u00e0 d\u00e9noncer, les preuves peuvent avoir disparu&#8221;, a dit \u00e0 IPS, Jacintha Muteshi, ancienne pr\u00e9sidente de la Commission du Kenya sur le genre, \u00e0 la r\u00e9union d\u2019Addis-Abeba.  En outre, la loi a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9e pour avoir fix\u00e9 un maximum de condamnation pour le viol &#8212; l\u2019emprisonnement \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 \u2013- et pour n\u2019avoir pas mentionn\u00e9 la peine minimale, qui est laiss\u00e9e \u00e0 la discr\u00e9tion du juge. Une telle ambigu\u00eft\u00e9, estiment des activistes des droits de la femme, peut banaliser la gravit\u00e9 d\u2019un viol.  Bien que l\u2019Afrique du Sud dispose d\u2019une l\u00e9gislation stipulant un minimum de condamnation allant de 10 \u00e0 25 ans pour les viols, ces directives ne sont pas toujours respect\u00e9es, selon Mbuyiselo. &#8220;Nos gouvernements doivent assurer qu\u2019une telle loi est accept\u00e9e par tous afin d\u2019envoyer un message clair aux auteurs et d\u00e9courager les autres actes de violences faites aux femmes&#8221;, a-t-il indiqu\u00e9.   Son pays enregistre chaque ann\u00e9e plus de 55.000 cas de viol, selon les donn\u00e9es du gouvernement, faisant de lui l\u2019un de ceux ayant les plus nombreux cas de viol sur le continent.  Des am\u00e9liorations de la l\u00e9gislation sont au point mort dans plusieurs pays africains. Au Kenya, la Loi sur les violences au foyer (Protection familiale) est toujours en instance apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 introduite au parlement depuis huit ans. En Ouganda voisin, une loi similaire, la Loi sur les relations au foyer languit au parlement pendant plus d\u2019une d\u00e9cennie maintenant.<\/p>\n<p> L\u2019espoir est que l\u2019ADF VI aboutisse \u00e0 un plan d\u2019action qui stipule, entre autres, une application stricte des lois nationales et internationales sur les violences faites aux femmes et un suivi subs\u00e9quent de ce m\u00eame plan d\u2019action.  Mais la plupart des activistes \u00e0 la r\u00e9union estiment qu\u2019une meilleure l\u00e9gislation, \u00e0 elle seule, n\u2019est pas suffisante pour mettre fin aux violences faites aux femmes. Il ressort que la culture demeure l\u2019obstacle le plus grand qui doit \u00eatre affranchi. La croyance g\u00e9n\u00e9rale selon laquelle la femme africaine est la propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019homme et devrait par cons\u00e9quent \u00eatre battue, n\u2019est qu\u2019une norme culturelle cit\u00e9e comme d\u00e9sastreuse pour les femmes.  L\u2019histoire de Naisianoyi Parakuyo incarne cette observation. &#8220;Mon mari me battait tous les jours disant que j\u2019\u00e9tais sa propri\u00e9t\u00e9 puisqu\u2019il avait pay\u00e9 la dot, et qu\u2019il me traiterait comme cela lui plaisait. J\u2019ai endur\u00e9 cela pendant des ann\u00e9es, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019un jour il m\u2019a frapp\u00e9e avec une \u00e9p\u00e9e et j\u2019ai lev\u00e9 ma main pour prot\u00e9ger la poitrine qui \u00e9tait sa cible&#8221;, a-t-elle dit, montrant la grande cicatrice sur sa main gauche.    Dans un entretien avec IPS en marge de la r\u00e9union, Parakuyo, une Maasai du Kenya, a racont\u00e9 comment elle a eu la chance d\u2019\u00eatre en vie apr\u00e8s s\u2019\u00eatre \u00e9chapp\u00e9e des agressions de son mari, mais non sans que sa dignit\u00e9 n\u2019ait pris un coup. Elle est aujourd\u2019hui une activiste qui parle des violences de genre aux communaut\u00e9s.  Les autres pratiques qui encouragent les violences faites aux femmes comprennent l\u2019h\u00e9ritage de la femme, qui continue d\u2019\u00eatre bien enracin\u00e9 dans plusieurs soci\u00e9t\u00e9s africaines. Il s\u2019agit du fait que la veuve, \u00e0 la mort de son mari, est prise en h\u00e9ritage par un beau-fr\u00e8re ou un pr\u00e9tendant identifi\u00e9 par les anciens du village. Dans certains cas, les veuves sont prises en h\u00e9ritage de force; si elles refusent, elles sont souvent agress\u00e9es physiquement ou chass\u00e9es de la maison familiale.  De telles traditions et pratiques culturelles se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es difficiles \u00e0 briser quand on aborde les violences faites aux femmes. &#8220;Il est facile de dire que la culture constitue un grand d\u00e9fi pour la lutte contre les violences faites aux femmes. Mais s\u2019agissant des r\u00e9ponses que nous avons autour de la culture, je pense que c\u2019est un travail que nous n\u2019avons m\u00eame pas encore commenc\u00e9 par toucher&#8221;, a indiqu\u00e9 Muteshi \u00e0 IPS.  &#8220;Il sera vraiment important de commencer par rechercher s\u00e9rieusement les types d\u2019interventions requises pour faire face \u00e0 la culture parce que c\u2019est dans la culture qu\u2019est inscrit le script du genre. C\u2019est dans la culture que le texte autour des relations du pouvoir est jou\u00e9&#8221;, a-t-elle ajout\u00e9.  Certaines interventions pratiques, a sugg\u00e9r\u00e9 la r\u00e9union, devraient commencer au niveau de la famille avec les parents \u00e9duquant ou traitant \u00e9quitablement leurs gar\u00e7ons et leurs filles. &#8220;Nous ne devons pas montrer aux gar\u00e7ons qu\u2019ils sont sup\u00e9rieurs aux filles; nous ne devons pas diviser les r\u00f4les dans le foyer sous pr\u00e9texte que certains travaux peuvent \u00eatre faits uniquement par les gar\u00e7ons ou les filles. C\u2019est le d\u00e9but de la lutte contre les violences faites aux femmes&#8221;, a soulign\u00e9 Barry Bibita Niandou, ministre nig\u00e9rienne de la Promotion f\u00e9minine et de la Protection de l\u2019Enfant.  Organis\u00e9e par l\u2019Union africaine, la Commission \u00e9conomique des Nations Unies pour l\u2019Afrique et la Banque africaine de d\u00e9veloppement, la r\u00e9union avait pour th\u00e8me \u2018Action sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 de genre, autonomisation et la fin des violences faites aux femmes en Afrique\u2019.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ADDIS ABEBA, 29 d\u00e9c (IPS) &#8211; Des violences constantes faites aux femmes constituent l\u2019un des objectifs d\u2019une rencontre continentale ayant examin\u00e9 les progr\u00e8s faits vers la r\u00e9alisation de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de genre en Afrique.<\/p>\n","protected":false},"author":215,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,27,6,1,7,28,30,29],"tags":[],"class_list":["post-4194","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-east-africa","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-politique","category-southern-africa","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4194","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/215"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4194"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4194\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4194"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4194"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4194"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}