{"id":4185,"date":"2008-12-18T13:40:01","date_gmt":"2008-12-18T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/12\/18\/genre-kenya-campagne-renouvelee-pour-la-protection-des-droits-fonciers-des-femmes\/"},"modified":"2008-12-18T13:40:01","modified_gmt":"2008-12-18T13:40:01","slug":"genre-kenya-campagne-renouvelee-pour-la-protection-des-droits-fonciers-des-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/12\/18\/genre-kenya-campagne-renouvelee-pour-la-protection-des-droits-fonciers-des-femmes\/","title":{"rendered":"GENRE-KENYA: Campagne renouvel\u00e9e pour la protection des droits fonciers des femmes"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 18 d\u00e9c (IPS) &#8211; La pression s\u2019accentue pour inclure dans la nouvelle constitution du Kenya une Politique agraire nationale qui garantit un acc\u00e8s \u00e9quitable de l\u2019homme et de la femme \u00e0 la terre.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Il est important que la Politique agraire nationale soit incorpor\u00e9e dans la nouvelle constitution. Sous l\u2019ancienne constitution, les droits agraires et immobiliers des femmes ont \u00e9t\u00e9 plusieurs fois viol\u00e9s, notamment \u00e0 la suite d\u2019un divorce ou d\u2019une s\u00e9paration o\u00f9 les femmes mari\u00e9es perdent le contr\u00f4le des biens immobiliers ou re\u00e7oivent une part in\u00e9quitable de ces biens&#8221;, a observ\u00e9 Evelyn Opondo de la F\u00e9d\u00e9ration des femmes juristes &#8211; Section du Kenya (FIDA-Kenya), lors d\u2019un forum sur les droits agraires, tenu en novembre \u00e0 Nairobi, au Kenya.     L\u2019avant-projet de cette politique agraire, qui n\u2019attend actuellement que l\u2019approbation du gouvernement, souligne &#8220;de grandes disparit\u00e9s aussi bien en mati\u00e8re de d\u00e9tention de terre ainsi qu\u2019une discrimination dans la succession, le transfert de la terre et l\u2019exclusion des femmes des processus de pise de d\u00e9cisions relatives \u00e0 la terre&#8221;.  Dans ce pays d\u2019Afrique de l\u2019est, la terre est une question tr\u00e8s \u00e9pineuse. Pour la majorit\u00e9 des K\u00e9nyans, la terre est la principale source de vie et de richesse mat\u00e9rielle, et pr\u00e9sente une importance culturelle.  Malgr\u00e9 cela, le pouvoir de contr\u00f4ler les ressources du foyer, y compris la terre, est d\u00e9tenu par les hommes. Selon des analystes, ce probl\u00e8me est aggrav\u00e9 par un syst\u00e8me judiciaire largement conservateur qui continue de prendre des d\u00e9cisions qui p\u00e9nalisent les femmes.  Le cas de Jacinta Wanjiku Kamau contre son mari Isaac Kamau Mungai en est une illustration. Le mari de Wanjiku a vendu le terrain de la famille sans le consentement de sa femme ou de leurs huit enfants adultes. La famille vivait uniquement de cette terre sur laquelle ils produisaient des cultures commerciales et vivri\u00e8res, et vivaient dans une maison construite sur la propri\u00e9t\u00e9.   La vente de cette terre n\u2019a pas pris en compte les int\u00e9r\u00eats de Jacinta. A la fin de la transaction, Ndiragu Gatigi, l\u2019acheteur, a menac\u00e9 d\u2019expulser la famille de la terre, demandant \u00e0 Kamau d\u2019amener l\u2019affaire devant les tribunaux pour obtenir une protection.  La cour a d\u00e9clar\u00e9 cependant que &#8220;Cela n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 une pratique ni requis par la loi que le ou la propri\u00e9taire l\u00e9gal(e) d\u2019une portion de terre consulte une tierce partie, qu\u2019elle soit l\u2019\u00e9poux ou l\u2019\u00e9pouse, avant de la vendre&#8221;.  Peter Echaria, un fonctionnaire, s\u2019est mari\u00e9 \u00e0 sa femme Priscilla en 1964. Elle avait eu sa propre carri\u00e8re &#8212; d\u2019abord comme enseignante, puis comme consultante en management &#8212; mais devait cesser de travailler afin de suivre son mari \u00e0 l\u2019\u00e9tranger parce que ce dernier a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 \u00e0 un poste diplomatique. Ceci devait avoir des cons\u00e9quences f\u00e2cheuses.  Quand ils ont divorc\u00e9 en 2001, la cour devrait leur partager une terre de 118 hectares qui \u00e9tait leur propri\u00e9t\u00e9 commune. La cour dans sa d\u00e9cision a statu\u00e9 que &#8220;la part du bien matrimonial qui revient \u00e0 chacun des conjoints d\u00e9pend de sa contribution financi\u00e8re prouv\u00e9e, qu\u2019elle soit directe ou indirecte, dans l\u2019acquisition de la propri\u00e9t\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p> Priscilla Echaria n\u2019a eu droit qu\u2019au quart de la terre.<\/p>\n<p> Par ailleurs, la cour a d\u00e9clar\u00e9 que &#8220;&#8230; le statut du mariage n\u2019exige pas qu\u2019un conjoint jouisse seul du bien enregistr\u00e9 au nom de l\u2019autre, pas plus qu\u2019il ne doit assumer seul les charges du foyer. M\u00eame le fait que la femme ait permis de faire des \u00e9conomies dans les d\u00e9penses du m\u00e9nage, ne changera rien \u00e0 cela&#8221;.<\/p>\n<p> Cette interpr\u00e9tation, estiment les activistes du genre, ne reconna\u00eet pas les apports indirects des femmes dans leurs r\u00f4les au sein de la communaut\u00e9, tant en mati\u00e8re de production que de reproduction.<\/p>\n<p> Des cas comme ceux-ci sont nombreux dans le monde. La responsable du service de la client\u00e8le de FIDA-Kenya, Hilda Nguyai, indique que l\u2019organisation a re\u00e7u, de janvier \u00e0 fin octobre 2008, 400 cas d\u2019h\u00e9ritage dont la plupart sont li\u00e9s \u00e0 la terre. Et Les chiffres ne font qu\u2019augmenter au fil des ann\u00e9es.   &#8220;Beaucoup de femmes n\u2019ont pas droit \u00e0 la terre. Certaines d\u2019entre elles, \u00e0 la mort de leurs maris, se voient arracher, par la belle-famille, l\u2019h\u00e9ritage que leur ont laiss\u00e9 leurs \u00e9poux \u00e0 leur mort. D\u2019autres sont renvoy\u00e9es et sont interdites d\u2019acc\u00e8s \u00e0 tous les biens matrimoniaux&#8221;, a-t-elle dit dans un entretien avec IPS.<\/p>\n<p> La Loi sur la propri\u00e9t\u00e9 des femmes mari\u00e9es, qui r\u00e9git actuellement la fa\u00e7on dont les biens du couple doivent \u00eatre partag\u00e9s, a \u00e9t\u00e9 promulgu\u00e9e en 1882 par les colonisateurs britanniques. Actuellement, des organisations de d\u00e9fense des droits humains et des groupes de femmes demandent que cette loi soit abrog\u00e9e.  Leurs exigences sont inscrites dans la politique agraire propos\u00e9e qui stipule la n\u00e9cessit\u00e9 pour le gouvernement d\u2019\u00e9tablir un cadre l\u00e9gal qui permet de partager \u00e9quitablement, entre l\u2019homme et la femme, la terre et les autres biens du couple. La m\u00eame politique vise la protection des droits des veuves, des veufs et des divorc\u00e9s \u00e0 travers le vote d\u2019une loi sur la co-propri\u00e9t\u00e9 des biens du couple. Cela pourrait permettre de s\u2019opposer aux actes de vente et de location d\u2019une terre familiale sans l\u2019implication des conjoints.  Bien que des voies continuent de s\u2019\u00e9lever en faveur d\u2019une l\u00e9gislation qui s\u2019oppose \u00e0 la discrimination contre des femmes dans le partage de la terre et des autres biens du couple, la culture semble en \u00eatre un obstacle. &#8220;Il existe des pratiques coutumi\u00e8res respect\u00e9es dans tout le pays, qui sapent les efforts visant \u00e0 soutenir l\u2019acc\u00e8s des femmes \u00e0 la terre&#8221;, a observ\u00e9 Rosemary Wachira, coordinatrice de l\u2019avant-projet de la politique agraire.  A travers le Kenya et dans toute l\u2019Afrique, la culture et la tradition sont fr\u00e9quemment utilis\u00e9es pour attribuer aux hommes des droits sur les propri\u00e9t\u00e9s. Ces coutumes soutiennent m\u00eame que les femmes n\u2019ont pas le droit de poss\u00e9der ni d\u2019h\u00e9riter des terres.  Des activistes des droits de la femme et des droits humains pr\u00e9tendent que des campagnes de sensibilisation du public sont cruciales afin d\u2019encourager les communaut\u00e9s \u00e0 abandonner les pratiques interdisant \u00e0 la femme de poss\u00e9der et d\u2019h\u00e9riter des terres familiales. Mais, la question est de savoir combien de temps il faudra pour \u00e9roder de telles pratiques culturelles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 18 d\u00e9c (IPS) &#8211; La pression s\u2019accentue pour inclure dans la nouvelle constitution du Kenya une Politique agraire nationale qui garantit un acc\u00e8s \u00e9quitable de l\u2019homme et de la femme \u00e0 la terre.<\/p>\n","protected":false},"author":215,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,27,1,30],"tags":[],"class_list":["post-4185","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-east-africa","category-headlines","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4185","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/215"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4185"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4185\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4185"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4185"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4185"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}