{"id":4147,"date":"2008-11-14T13:40:01","date_gmt":"2008-11-14T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/11\/14\/sante-congo-bientot-du-lait-et-du-micro-credit-pour-des-meres-seropositives\/"},"modified":"2008-11-14T13:40:01","modified_gmt":"2008-11-14T13:40:01","slug":"sante-congo-bientot-du-lait-et-du-micro-credit-pour-des-meres-seropositives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/11\/14\/sante-congo-bientot-du-lait-et-du-micro-credit-pour-des-meres-seropositives\/","title":{"rendered":"SANTE-CONGO: Bient\u00f4t du lait et du micro-cr\u00e9dit pour des m\u00e8res s\u00e9ropositives"},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 14 nov (IPS) &#8211; Nicole Matendo*, 24 ans, est une jeune m\u00e8re s\u00e9ropositive de Brazzaville dont l&#39;enfant vient juste d&#39;avoir six mois. Rejet\u00e9e par sa famille \u00e0 la suite de sa contamination au VIH\/SIDA, elle vit dans une extr\u00eame pr\u00e9carit\u00e9, peinant au jour le jour \u00e0 \u00e9lever son enfant.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Pas de lait pour le nourrisson, encore moins de la nourriture pour elle-m\u00eame. &#8220;J&#39;ai tent\u00e9 de me d\u00e9brouiller par le petit commerce de sachets, mais je ne peux m&#39;en sortir \u00e0 cause de l&#39;enfant. Ce commerce exige qu&#39;on soit mobile dans le march\u00e9, malgr\u00e9 le soleil ou la pluie&#8221;, a-t-elle confi\u00e9 \u00e0 IPS dans la capitale congolaise.   Micheline Mpori*, une autre s\u00e9ropositive de 30 ans environ, d\u00e9clare \u00e0 IPS : &#8220;Je suis dans la rue avec mon b\u00e9b\u00e9 de deux mois. Mon mari m&#39;a chass\u00e9e avant m\u00eame la naissance de l&#39;enfant, pour lui avoir dit que j&#39;\u00e9tais s\u00e9ropositive. Je n&#39;ai rien pour m&#39;occuper de l&#39;enfant, m\u00eame mes propres parents ne me regardent pas. Ai-je encore des raisons de garder espoir?&#8221;, s&#39;interroge-t-elle. IPS l&#39;a rencontr\u00e9e au Centre de traitement ambulatoire de Brazzaville, o\u00f9 elle re\u00e7oit son traitement.  Ir\u00e8ne Mahoungou, pr\u00e9sidente de l&#39;Association &#39;Bomoyi&#39;, une organisation non gouvernementale (ONG) bas\u00e9e \u00e0 Brazzaville, (qui signifie &#39;la vie&#39; en Lingala, une langue nationale du Congo) et qui aide des m\u00e8res s\u00e9ropositives, explique \u00e0 IPS : &#8220;Dans notre association, il y a 80 m\u00e8res s\u00e9ropositives dont plusieurs d\u00e9munies. Elles dorment \u00e0 m\u00eame le sol et manquent de tout. Elles viennent nous demander de l&#39;aide, mais cela ne r\u00e9sout pas leur probl\u00e8me, car nous n&#39;avons pas assez de moyens&#8221;.  &#8220;Nous leur donnons du lait, de l&#39;eau min\u00e9rale, des v\u00eatements et de la nourriture comme le poisson sal\u00e9, l&#39;huile, le haricot. Mais tout cela d\u00e9pend des bailleurs qui nous financent&#8221;, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p> De son c\u00f4t\u00e9, la Fondation Congo Assistance (FCA), une ONG bas\u00e9e \u00e0 Brazzaville et dirig\u00e9e par l&#39;\u00e9pouse du chef de l&#39;Etat congolais, Antoinette Sassou Nguesso, a annonc\u00e9, le mois dernier, une assistance aux m\u00e8res s\u00e9ropositives en leur donnant du lait et des micro-cr\u00e9dits.<\/p>\n<p> Dans les centres de prise en charge des m\u00e8res s\u00e9ropositives et dans certaines associations, les gens attendent donc le lait et le financement promis pour des activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices des revenus, en vue d&#39;assurer la Pr\u00e9vention de la transmission du SIDA de la m\u00e8re \u00e0 l&#39;enfant (PTME). &#8220;Vous ne pouvez pas savoir la joie qui m&#39;anime depuis cette nouvelle. J&#39;ai trop souffert, rejet\u00e9e par tous comme un rien \u00e0 cause du SIDA. Vraiment, cette aide est n\u00e9cessaire pour moi et mon b\u00e9b\u00e9&#8221;, indique Matendo.   Plusieurs femmes concern\u00e9es sont venues r\u00e9clamer leur lait au si\u00e8ge du R\u00e9seau national des s\u00e9ropositifs du Congo (RENAPC), montrant \u00e0 quel point cet aliment leur manque. &#8220;Mais, nous avons expliqu\u00e9 \u00e0 ces mamans qu&#39;il fallait attendre encore un peu. Et depuis, elles ne passent presque plus&#8221;, indique \u00e0 IPS, Esther Pabou Mbaki, charg\u00e9e de la communication du RENAPC bas\u00e9 \u00e0 Brazzaville.  &#8220;Nous sommes en train de formaliser la partie administrative de l&#39;op\u00e9ration. Le lait est d\u00e9j\u00e0 sur place, ainsi que les kits d&#39;accouchement et les biberons; la garantie bancaire a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 remise \u00e0 la MUCODEC (Mutuelle congolaise des cr\u00e9dits). D&#39;ici \u00e0 la fin-novembre, tout va commencer&#8221;, affirme Dr Thalance Malonga, coordonnateur de projets \u00e0 la FCA. La MUCODEC est une institution priv\u00e9e de micro-finance bas\u00e9e dans la capitale.   La FCA a lanc\u00e9 une op\u00e9ration d\u00e9nomm\u00e9e &#39;PTME\/Micro-cr\u00e9dits&#39; qui aidera, dans un premier temps, 593 m\u00e8res s\u00e9ropositives. Selon l&#39;ONG, ces femmes pourront b\u00e9n\u00e9ficier des micro-cr\u00e9dits allant de 100 \u00e0 1.000 dollars. &#8220;Pour acc\u00e9der \u00e0 ces cr\u00e9dits, il suffit d&#39;\u00eatre m\u00e8re s\u00e9ropositive et de pr\u00e9senter un petit projet. Les taux d&#39;int\u00e9r\u00eat sont de l&#39;ordre de 5 \u00e0 6 pour cent&#8221;, explique Malonga \u00e0 IPS.   &#8220;Nous avons une petite exp\u00e9rience en la mati\u00e8re. Nous avons financ\u00e9 en 2006, gr\u00e2ce au Bureau de recherches, d&#39;\u00e9tudes et d&#39;appui au d\u00e9veloppement (bas\u00e9 \u00e0 Brazzaville), les projets de dix femmes s\u00e9ropositives aux m\u00eames taux d&#39;int\u00e9r\u00eat. Elles ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9es et cela n&#39;a pas pos\u00e9 de probl\u00e8mes, puisqu&#39;elles ont l&#39;obligation d&#39;\u00e9pargner dans cette banque&#8221;, affirme Claude Malonga de &#39;Bomoyi&#39;.  Selon Dr Malonga, la FCA fournira chaque mois 1.000 bo\u00eetes de lait dont la commande est d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9e. Il affirme \u00e0 IPS que quelque 500 bo\u00eetes sont d\u00e9j\u00e0 dans les entrep\u00f4ts de la fondation \u00e0 Pointe-Noire, la capitale \u00e9conomique de ce pays d&#39;Afrique centrale. &#8220;Nous avons plac\u00e9 la barre tr\u00e8s haut, en estimant que chaque ann\u00e9e, il y aura 500 nouvelles naissances des m\u00e8res s\u00e9ropositives. Avec 1.000 bo\u00eetes, on fait des r\u00e9serves&#8221;, dit-il.  &#8220;Pour une premi\u00e8re ann\u00e9e, nous avons command\u00e9 15.000 bo\u00eetes de lait. Chaque m\u00e8re s\u00e9ropositive recevra entre 35 et 40 bo\u00eetes l&#39;ann\u00e9e, en fonction des besoins&#8221;.<\/p>\n<p> La FCA a remis un ch\u00e8que de plus de 260.000 dollars \u00e0 la MUCODEC comme fonds de garantie, confirme son directeur g\u00e9n\u00e9ral, G\u00e9rard L\u00e9gier. Malgr\u00e9 sa rigidit\u00e9 dans l&#39;octroi des cr\u00e9dits \u00e0 sa client\u00e8le, la MUCODEC n&#39;exigera pas des conditions \u00e0 cette cat\u00e9gorie de clientes sp\u00e9ciales, aux termes de l&#39;accord pass\u00e9 entre la mutuelle et la FCA.   Selon des estimations du RENAPC, un nourrisson jusqu&#39;\u00e0 six mois consomme quatre \u00e0 six bo\u00eetes de lait par mois. Ce qui peut co\u00fbter 40 dollars \u00e0 la maman. &#8220;A la fin de l&#39;ann\u00e9e, il faudra une somme exorbitante, et ces femmes n&#39;ont pas de moyens&#8221;, souligne Mahoungou de &#39;Bomoyi&#39;.    Pour Dr Jean Angouono Mok\u00e9, responsable du projet Pr\u00e9vention de la transmission du SIDA de la m\u00e8re \u00e0 l&#39;enfant, cette initiative vient soulager beaucoup de m\u00e8res s\u00e9ropositives en situation d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e.  &#8220;A Brazzaville, il y a une dizaine de maternit\u00e9s dans les grands h\u00f4pitaux et certains centres de sant\u00e9 int\u00e9gr\u00e9s o\u00f9 se font des accouchements des femmes s\u00e9ropositives. On pr\u00e9pare les listes des b\u00e9n\u00e9ficiaires par rapport aux naissances&#8221;, indique Angouono Moke, ajoutant que pendant le premier semestre de cette ann\u00e9e, 88 femmes s\u00e9ropositives ont accouch\u00e9 \u00e0 la maternit\u00e9 de Talanga\u00ef, un arrondissement de la capitale. &#8220;Cela peut faire une moyenne de 100 \u00e0 110 femmes pour la m\u00eame p\u00e9riode \u00e0 Brazzaville&#8221;.   Mais les sp\u00e9cialistes attirent l&#39;attention des b\u00e9n\u00e9ficiaires sur le fait que le lait ne concerne que les femmes qui ont choisi volontairement de nourrir leurs b\u00e9b\u00e9s au lait artificiel. &#8220;Il est tr\u00e8s dangereux de faire l&#39;allaitement mixte, c&#39;est-\u00e0-dire le sein et le biberon&#8221;, avertit Dr Malonga.   &#8220;L&#39;enfant peut d\u00e9velopper des complications comme des diarrh\u00e9es, des gastrites. Au programme PTME, 70 pour cent de femmes nourrissent leurs enfants au lait artificiel. D&#39;autres, pour \u00e9viter parfois des stigmatisations, pr\u00e9f\u00e8rent allaiter leurs b\u00e9b\u00e9s, gr\u00e2ce aux anti-r\u00e9troviraux qui prot\u00e8gent l&#39;enfant de la contamination&#8221;, explique Dr Angouono Moke.  *(Ce sont des noms d&#39;emprunt pour prot\u00e9ger l&#39;identit\u00e9 des personnes concern\u00e9es).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 14 nov (IPS) &#8211; Nicole Matendo*, 24 ans, est une jeune m\u00e8re s\u00e9ropositive de Brazzaville dont l&#39;enfant vient juste d&#39;avoir six mois. 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