{"id":4125,"date":"2008-10-28T13:40:01","date_gmt":"2008-10-28T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/10\/28\/cameroun-nigeria-les-attaques-sur-bakassi-un-obstacle-a-la-normalisation\/"},"modified":"2008-10-28T13:40:01","modified_gmt":"2008-10-28T13:40:01","slug":"cameroun-nigeria-les-attaques-sur-bakassi-un-obstacle-a-la-normalisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/10\/28\/cameroun-nigeria-les-attaques-sur-bakassi-un-obstacle-a-la-normalisation\/","title":{"rendered":"CAMEROUN-NIGERIA: Les attaques sur Bakassi, un obstacle \u00e0 la normalisation?"},"content":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 28 oct (IPS) &#8211; La nouvelle attaque arm\u00e9e, survenue le 18 octobre sur la presqu&#39;\u00eele de Bakassi ainsi que les pr\u00e9c\u00e9dentes, continuent de d\u00e9frayer la chronique au Cameroun o\u00f9 des analystes se perdent en conjectures sur leurs auteurs et leurs objectifs r\u00e9els.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Cette attaque est survenue un peu plus de deux mois apr\u00e8s la r\u00e9trocession et le transfert d&#39;autorit\u00e9 sur la presqu&#39;\u00eele de Bakassi au Cameroun par le Nigeria le 14 ao\u00fbt 2008 \u00e0 Calabar, dans le sud-est du Nigeria.<\/p>\n<p> Selon un communiqu\u00e9 officiel publi\u00e9 par le lieutenant-colonel Mo\u00efse Adeck, chef de la division de la communication du minist\u00e8re camerounais de la D\u00e9fense, cette derni\u00e8re attaque \u00e9tait survenue aux environs de Jabane sur la presqu&#39;\u00eele de Bakassi. Un &#8220;chalutier a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 par deux flying boats pirates dans les eaux territoriales camerounaises&#8221;, indique le communiqu\u00e9, ajoutant que les forces camerounaises &#8220;ont r\u00e9agi en prenant en chasse les assaillants&#8221; et en coulant une de leur embarcation sans &#8220;aucune perte humaine ou mat\u00e9rielle&#8221; du c\u00f4t\u00e9 camerounais.<\/p>\n<p> Dans un premier temps, certains observateurs avaient soup\u00e7onn\u00e9 le &#39;Niger Delta Defense and Security Council&#39; (NDDSC), un groupe arm\u00e9 du delta du Niger, dans la r\u00e9gion d&#39;exploitation p\u00e9troli\u00e8re du sud-est du Nigeria, d&#39;\u00eatre l&#39;auteur de cette attaque. Cette r\u00e9gion est en proie \u00e0 la violence et \u00e9chappe au contr\u00f4le des autorit\u00e9s d&#39;Abuja.<\/p>\n<p> Cette attaque rappelle celles qui s&#39;\u00e9taient multipli\u00e9es \u00e0 l&#39;approche de la r\u00e9trocession de Bakassi symbolisant la fin du diff\u00e9rend frontalier entre le Cameroun et le Nigeria, deux pays voisins.<\/p>\n<p> Le 12 juin dernier, annon\u00e7ant son existence, le NDDSC (en fran\u00e7ais Conseil de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 du delta du Niger) avait d\u00e9j\u00e0 revendiqu\u00e9 une attaque meurtri\u00e8re qui avait fait 21 morts parmi les forces gouvernementales du Cameroun \u00e0 Bakassi, en novembre 2007.  Au cours de ce m\u00eame 12 juin, les autorit\u00e9s camerounaises avaient d\u00e9couvert, gisant dans la mangrove, les corps du sous-pr\u00e9fet d&#39;un arrondissement de Bakassi et de cinq soldats (membres de l&#39;op\u00e9ration Delta d\u00e9ploy\u00e9e par le Cameroun sur la p\u00e9ninsule). Ils avaient \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s quatre jours auparavant par un groupe d&#39;individus arm\u00e9s non identifi\u00e9s.  Mais, l&#39;attaque du 18 octobre a \u00e9t\u00e9 formellement revendiqu\u00e9e par un mouvement dont on entendait parler pour la premi\u00e8re fois. Il s&#39;agit de &#39;Bakassi Freedom Fighters&#39;, qui d\u00e9clare lutter pour l&#39;\u00e9mancipation de Bakassi, et exige des discussions avec les autorit\u00e9s de Yaound\u00e9 sur le sort des populations de la p\u00e9ninsule.<\/p>\n<p> &#8220;Il faut situer ces attaques meurtri\u00e8res dans l&#39;optique d&#39;un torpillage frontal d&#39;un processus de r\u00e9solution pacifique du conflit pour lequel le Nigeria n&#39;aurait pas pu avoir juridiquement la main haute&#8221;, estime Joseph Owona Ntsama, historien chercheur \u00e0 la Fondation Paul Ango Ela de g\u00e9opolitique en Afrique centrale, \u00e0 Yaound\u00e9, la capitale camerounaise.  &#8220;L&#39;Accord du 12 juin 2006 de Greentree, pass\u00e9 entre les pr\u00e9sidents Olusegun Obasanjo du Nigeria et Paul Biya du Cameroun, consacrera par ailleurs, et par la voie du droit international public, les modalit\u00e9s de la r\u00e9affirmation du transfert d&#39;autorit\u00e9 sur la p\u00e9ninsule de Bakassi pour la partie camerounaise&#8221;, a ajout\u00e9 Owona Ntsama \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Conclu sous l&#39;\u00e9gide de Kofi Annan, alors secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations Unies, en pr\u00e9sence des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne et de l&#39;Allemagne comme Etats t\u00e9moins, l&#39;Accord de Greentree (pr\u00e8s de New York) s&#39;inscrit dans la mise en \u0153uvre de l&#39;arr\u00eat rendu le 10 octobre 2002 par la Cour internationale de justice, bas\u00e9e \u00e0 La Haye aux Pays-Bas, reconnaissant la souverainet\u00e9 du Cameroun sur Bakassi, envahi en d\u00e9cembre 1993 par les forces nig\u00e9rianes.<\/p>\n<p> Pour sa part, Mathias Eric Owona Nguini, politologue chercheur \u00e0 la Fondation Paul Ango Ela et enseignant \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 II, souligne qu&#39;&#8221;il existe un certain flou dans l&#39;identification des groupes politico-militaires ou militaro-criminels qui ont perp\u00e9tr\u00e9 des coups de main contre les forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 du Cameroun&#8221; \u00e0 Bakassi.  &#8220;Pour l&#39;instant, si les attaques sont r\u00e9p\u00e9titives, on n&#39;est pas assur\u00e9 qu&#39;elles soient effectivement commises avec une perspective stable, celle d&#39;une organisation effectivement structur\u00e9e dans le sens de contester la souverainet\u00e9 camerounaise sur Bakassi par la voie des armes&#8221;, dit-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Selon Owona Nguini, le NDDSC et le &#39;Bakassi Freedom Fighters&#39; constituent certes &#8220;deux identifications plus ou moins pertinentes&#8221;, mais &#8220;ces identifications n&#39;en demeurent pas moins sujettes \u00e0 caution, parce qu&#39;elles peuvent d\u00e9guiser une instrumentalisation ext\u00e9rieure ou m\u00eame de l&#39;int\u00e9rieur&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Que ce soit le &#39;Freedom Bakassi Fighters&#39; dont la d\u00e9nomination transcrit sans ambigu\u00eft\u00e9 l&#39;objectif militaro-terroriste et politique, le Conseil de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 du delta du Niger&#8230;, tous ces groupes ont tr\u00e8s bien per\u00e7u l&#39;int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique qu&#39;il y a, pour la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale du Nigeria, \u00e0 s&#39;approprier, m\u00eame par la force, tout le mouvant complexe estuarien du Rio Del Rey dont Bakassi fait partie&#8221;, affirme Owona Ntsama.<\/p>\n<p> Selon Owona Ntsama, cet appel plus ou moins direct de la part de ces mouvements au gouvernement nig\u00e9rian se fonde sur la richesse du sous-sol de Bakassi en r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res. Une \u00e9tude publi\u00e9e en 2003 par la Banque mondiale rapporte que Bakassi rec\u00e8le les 10 pour cent des r\u00e9serves mondiales de p\u00e9trole et de gaz.  En septembre dernier, le gouvernement camerounais a pr\u00e9sent\u00e9 un programme de d\u00e9veloppement de la p\u00e9ninsule, qui implique la construction d&#39;infrastructures sociales telles que des routes, des \u00e9coles, et des centres de sant\u00e9. Ce programme incluait \u00e9galement le renforcement du dispositif s\u00e9curitaire.<\/p>\n<p> Des observateurs estiment qu&#39;une v\u00e9ritable paix dans la p\u00e9ninsule, qui s&#39;\u00e9tend sur une superficie de 1.000 kilom\u00e8tres carr\u00e9s, passe par une coop\u00e9ration franche avec le Nigeria en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 transfrontali\u00e8re. Owona Nguini sugg\u00e8re que le Cameroun propose \u00e0 son voisin &#8220;un cadre formalis\u00e9&#8221; \u00e0 cet effet, incluant un accord fiscal et douanier, voire un trait\u00e9 d&#39;amiti\u00e9.  Le 11 octobre dernier, \u00e0 l&#39;issue de trois jours de travaux de la quatri\u00e8me session de la Commission mixte \u00e0 Yaound\u00e9, les deux Etats ont notamment affirm\u00e9 leur volont\u00e9 de travailler en synergie pour vaincre l&#39;ins\u00e9curit\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re commune.  Joseph Vincent Ntuda Ebod\u00e9, politologue et coordonnateur du master en strat\u00e9gie, d\u00e9fense, s\u00e9curit\u00e9, gestion des conflits et des catastrophes, \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 II, compare les deux pays \u00e0 &#8220;deux scorpions enferm\u00e9s dans une bouteille&#8221;, pour signifier que &#8220;la vie de l&#39;un d\u00e9pend de celle de l&#39;autre&#8221;.  Ntuda Ebod\u00e9 n&#39;exclut toutefois pas le risque que, dans la perspective de l&#39;intensification de la coop\u00e9ration bilat\u00e9rale, &#8220;le Nigeria finisse par obtenir pacifiquement ce qu&#39;il n&#39;a pas pu obtenir par les armes&#8221;. Ce qui voudrait dire &#8220;d\u00e9placer le centre de gravit\u00e9 du Cameroun de l&#39;avant vers l&#39;arri\u00e8re, avec un risque de d\u00e9s\u00e9quilibre de l&#39;Afrique centrale \u00e0 l&#39;avantage de l&#39;Afrique de l&#39;ouest&#8221;.  N\u00e9anmoins, Owona Ntsama soutient qu&#39;il &#8220;est imp\u00e9rieux pour les deux Etats de travailler en bonne intelligence pour la r\u00e9ussite compl\u00e8te de l&#39;apr\u00e8s-Greentree&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 28 oct (IPS) &#8211; La nouvelle attaque arm\u00e9e, survenue le 18 octobre sur la presqu&#39;\u00eele de Bakassi ainsi que les pr\u00e9c\u00e9dentes, continuent de d\u00e9frayer la chronique au Cameroun o\u00f9 des analystes se perdent en conjectures sur leurs auteurs et&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/10\/28\/cameroun-nigeria-les-attaques-sur-bakassi-un-obstacle-a-la-normalisation\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":623,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,11,26,1,7,3,29],"tags":[],"class_list":["post-4125","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-developpement","category-energy","category-headlines","category-politique","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4125","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/623"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4125"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4125\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4125"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4125"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4125"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}