{"id":4071,"date":"2008-09-10T13:40:01","date_gmt":"2008-09-10T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/09\/10\/droits-zimbabwe-lactivite-des-ong-toujours-limitee\/"},"modified":"2008-09-10T13:40:01","modified_gmt":"2008-09-10T13:40:01","slug":"droits-zimbabwe-lactivite-des-ong-toujours-limitee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/09\/10\/droits-zimbabwe-lactivite-des-ong-toujours-limitee\/","title":{"rendered":"DROITS-ZIMBABWE: L&#39;activit\u00e9 des ONG toujours limit\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>HARARE, 10 sep (IPS) &#8211; Malgr\u00e9 la lev\u00e9e de l&#39;interdiction du 29 ao\u00fbt sur les op\u00e9rations des organisations non gouvernementales (ONG) au Zimbabwe, des repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile rapportent qu&#39;ils ne peuvent toujours pas mener leurs activit\u00e9s librement.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Au moins cinq millions de Zimbabw\u00e9ens ont actuellement besoin d&#39;aide alimentaire suite \u00e0 la mauvaise r\u00e9colte dans la derni\u00e8re saison agricole. Des denr\u00e9es alimentaires ont disparu de la plupart des points de vente.   Selon l&#39;Association nationale des organisations non gouvernementales (NANGO) &#8212; qui repr\u00e9sente les ONG, y compris les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile au Zimbabwe &#8212; le gouvernement a en r\u00e9alit\u00e9 resserr\u00e9 sa mesure.  Le 1er septembre, Lancaster Museka, le secr\u00e9taire permanent du minist\u00e8re de la Fonction publique, du Travail et du Bien-\u00eatre social, a convoqu\u00e9 une r\u00e9union g\u00e9n\u00e9rale des ONG &quot;pour clarifier les modalit\u00e9s d&#39;op\u00e9ration&quot; sur la lev\u00e9e de l&#39;interdiction. Des repr\u00e9sentants de la Police r\u00e9publicaine du Zimbabwe (ZRP), des Nations Unies et de diverses ONG ont pris part \u00e0 cette rencontre.  Museka a d\u00e9clar\u00e9 aux ONG que &quot;la r\u00e9union a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9e pour donner aux ONG une m\u00e9thodologie de r\u00e9engagement et de r\u00e9introduction apr\u00e8s la suspension&quot;.  Il a ensuite dit \u00e0 IPS que le gouvernement allait maintenant surveiller de tr\u00e8s pr\u00e8s les op\u00e9rations des ONG.  &quot;La suspension a \u00e9t\u00e9 rendue n\u00e9cessaire par des all\u00e9gations selon lesquelles plusieurs ONG travaillaient en dehors des conditions de leurs mandats accr\u00e9dit\u00e9s. Certaines ne suivaient pas les directives op\u00e9rationnelles et d&#39;autres t\u00e2taient de la politique partisane. Un certain nombre d&#39;ONG devront r\u00e9pondre de leurs iniquit\u00e9s&quot;, a affirm\u00e9 Museka.   Il ne serait pas entr\u00e9 dans les d\u00e9tails sur quelles organisations rendraient des comptes.<\/p>\n<p> Museka a indiqu\u00e9 que seules les organisations impliqu\u00e9es dans l&#39;assistance humanitaire &#8212; l&#39;aide alimentaire, les secours, la relance et le d\u00e9veloppement, les soins et la protection des familles et des enfants, les soins et la protection des personnes plus \u00e2g\u00e9es, les droits et l&#39;autonomisation des personnes handicap\u00e9es, le traitement du VIH\/SIDA, les soins et les services de soutien y aff\u00e9rents &#8212; seraient autoris\u00e9es \u00e0 reprendre les op\u00e9rations.  &quot;Le gouvernement introduira certaines mesures pour s&#39;assurer que les organisations ex\u00e9cuteront uniquement ces t\u00e2ches pour lesquelles elles sont enregistr\u00e9es. Ces mesures comprennent un instrument de surveillance et d&#39;\u00e9valuation&quot;, a ajout\u00e9 Museka.  Ceci, a d\u00e9clar\u00e9 Fambai Ngirande, directeur du plaidoyer et des politiques publiques de la NANGO, rendra le travail plus difficile aux ONG.  &quot;Sur papier, l&#39;interdiction a \u00e9t\u00e9 lev\u00e9e, mais en pratique, le gouvernement a en r\u00e9alit\u00e9 resserr\u00e9 les vis sur les op\u00e9rations des ONG&quot;, a affirm\u00e9 Ngirande.  &quot;Par exemple, les milices qui bloquaient le personnel des ONG dans les villages sont toujours sur le terrain. La lev\u00e9e de la suspension est s\u00e9lective et exclut des milliers d&#39;organisations, soit enregistr\u00e9es comme des trusts, soit comme des universit\u00e9s, de m\u00eame que des organisations enregistr\u00e9es comme des PVO (organisations b\u00e9n\u00e9voles priv\u00e9es), mais qui ne font pas le travail humanitaire, de d\u00e9veloppement ou d&#39;assistance sociale&quot;.   La plupart des organisations dont les activit\u00e9s demeurent suspendues sont \u00e0 base communautaire; leur exclusion est doublement significative parce que de plus grandes organisations op\u00e9raient principalement \u00e0 travers leurs structures.  Toutefois, Ngirande a soulign\u00e9 que cette exigence \u00e9tait contre les dispositions de la loi. Elle semblait plut\u00f4t aller plus dans le sens de la l\u00e9gislation &#8212; abandonn\u00e9e en 2005 qui aurait resserr\u00e9 le contr\u00f4le du gouvernement sur l&#39;accr\u00e9ditation des ONG et les emp\u00eachait de recevoir un financement ext\u00e9rieur pour leur travail.<\/p>\n<p> &quot;C&#39;est une id\u00e9e bien con\u00e7ue de la NANGO que les nouvelles exigences rendent essentiellement op\u00e9rationnel le Projet de loi sur les ONG de 2005 contest\u00e9, \u00e0 un moment o\u00f9 le Zimbabwe a besoin d&#39;une relation positive Etat-soci\u00e9t\u00e9 civile pour s&#39;attaquer aux conditions humanitaires d\u00e9sastreuses dans le pays&quot;, a ajout\u00e9 Ngirande.  Un responsable d&#39;une importante organisation humanitaire, ayant requis l&#39;anonymat, a d\u00e9clar\u00e9 que les milices alli\u00e9es \u00e0 l&#39;Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF) les emp\u00eachaient de distribuer de l&#39;aide de fa\u00e7on ind\u00e9pendante.  &quot;C&#39;est maintenant tr\u00e8s difficile d&#39;op\u00e9rer. Le probl\u00e8me est que si vous exprimez votre inqui\u00e9tude, vous serez accus\u00e9s de travailler avec les ennemis de l&#39;Etat, et on pourrait retirer notre accr\u00e9ditation&quot;, a indiqu\u00e9 ce responsable.   Il est demand\u00e9 maintenant, entre autres, aux ONG d&#39;op\u00e9rer dans le cadre des structures fix\u00e9es par le gouvernement. Ceci signifie que la distribution de la nourriture sera supervis\u00e9e par des Comit\u00e9s de d\u00e9veloppement des villages et des quartiers, des chefs et conseillers traditionnels, qui serviraient \u00e9galement d&#39;\u00e9cran aux b\u00e9n\u00e9ficiaires. Dans le pass\u00e9, des ONG distribuaient de l&#39;aide \u00e0 travers leurs propres travailleurs sur le terrain, avec la collaboration de l&#39;administration locale.  &quot;Des exp\u00e9riences montrent que les structures fix\u00e9es par le gouvernement sont partisanes et excluent une grande partie des Zimbabw\u00e9ens indigents&quot;, a ajout\u00e9 le responsable.  Les restrictions permanentes affectent davantage les villageois des districts lointains du pays. Lors d&#39;une r\u00e9cente visite aux communaut\u00e9s \u00e9loign\u00e9es dans la Province de Matabeleland South, IPS a constat\u00e9 que certains villageois survivent \u00e0 pr\u00e9sent avec des racines et fruits sauvages puisqu&#39;ils manquent de la nourriture de base, le ma\u00efs.  &quot;Pour nous, c&#39;est l&#39;enfer sur terre. Nous avons essay\u00e9 par tous les moyens possibles de survivre, mais rien ne semble marcher. Ils nous ont dit que l&#39;interdiction a \u00e9t\u00e9 lev\u00e9e, mais comme vous pouvez le constater, nous n&#39;avons rien re\u00e7u. Nous ne savons pas quand nous aurons de la nourriture&quot;, a dit Tawana Phuti, originaire des terres communales de Masendu, pr\u00e8s de la ville frontali\u00e8re de l&#39;ouest, Plumtree.  Masendu, \u00e0 l&#39;instar de la plupart des r\u00e9gions de Matabeleland South, est caract\u00e9ris\u00e9 par des conditions essentiellement semi-arides.  &quot;Cela fait des jours que nous avons eu un repas correct&#8230; Cette ann\u00e9e, les choses semblent hors de notre port\u00e9e. Mes deux enfants ont quitt\u00e9 l&#39;\u00e9cole et sont depuis all\u00e9s en Afrique du Sud pour essayer de joindre les deux bouts. Ils n&#39;ont pas commenc\u00e9 \u00e0 m&#39;envoyer des \u00e9piceries, mais j&#39;esp\u00e8re qu&#39;ils commenceront \u00e0 le faire une fois qu&#39;ils se seront install\u00e9s&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Lulamile Ncube, \u00e2g\u00e9 de 59 ans et originaire aussi de Masendu.  Ncube a indiqu\u00e9 que certains hommes et femmes d&#39;affaires et des fonctionnaires du gouvernement \u00e9taient en train de tirer profit de la situation critique des villageois.  &quot;Ils \u00e9changent leur ma\u00efs contre le b\u00e9tail tel que les bovins et les ch\u00e8vres. On obtient seulement trois sacs de 50 kg de ma\u00efs en \u00e9change d&#39;un animal. J&#39;ai d\u00e9j\u00e0 perdu trois vaches. Nous savons qu&#39;ils sont en train de nous escroquer, mais il n&#39;y a rien que nous puissions faire. C&#39;est le seul moyen d&#39;obtenir de la c\u00e9r\u00e9ale&quot;, a soulign\u00e9 Ncube.  Il \u00e9tait r\u00e9ticent \u00e0 nommer les fonctionnaires qui escroquent les villageois.  La situation critique des villageois est devenue si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e que certains d&#39;entre eux survivent actuellement avec des fruits de papaye verte bouillie.<\/p>\n<p> &quot;Nous les pelons vertes et ensuite les bouillons comme des pommes. Cela a un bon go\u00fbt; nous en sommes maintenant habitu\u00e9s. Le probl\u00e8me est que les papayes manqueront bient\u00f4t&quot;, a dit un autre villageois.   La NANGO a appel\u00e9 le gouvernement \u00e0 rel\u00e2cher les exigences pour le bien des Zimbabw\u00e9ens qui souffrent.  &quot;Etant donn\u00e9 le r\u00f4le essentiel que les ONG doivent jouer dans l&#39;environnement actuel caract\u00e9ris\u00e9 par l&#39;effondrement \u00e9conomique, la d\u00e9tresse sociale et la crise humanitaire, la NANGO appelle d&#39;urgence le minist\u00e8re de la Fonction publique, du Travail et du Bien-\u00eatre social et d&#39;autres structures de l&#39;Etat \u00e0 cr\u00e9er un environnement favorable \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile pour aider les millions de Zimbabw\u00e9ens qui souffrent&quot;, a soulign\u00e9 l&#39;organisation dans une d\u00e9claration.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>HARARE, 10 sep (IPS) &#8211; Malgr\u00e9 la lev\u00e9e de l&#39;interdiction du 29 ao\u00fbt sur les op\u00e9rations des organisations non gouvernementales (ONG) au Zimbabwe, des repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile rapportent qu&#39;ils ne peuvent toujours pas mener leurs activit\u00e9s librement.<\/p>\n","protected":false},"author":568,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,7,3,28],"tags":[],"class_list":["post-4071","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-population-refugies","category-southern-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4071","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/568"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4071"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4071\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4071"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4071"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4071"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}