{"id":4016,"date":"2008-07-28T13:40:01","date_gmt":"2008-07-28T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/07\/28\/sante-swaziland-le-sida-cree-une-societe-en-detresse\/"},"modified":"2008-07-28T13:40:01","modified_gmt":"2008-07-28T13:40:01","slug":"sante-swaziland-le-sida-cree-une-societe-en-detresse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/07\/28\/sante-swaziland-le-sida-cree-une-societe-en-detresse\/","title":{"rendered":"SANTE-SWAZILAND: Le SIDA cr\u00e9e une soci\u00e9t\u00e9 en d\u00e9tresse"},"content":{"rendered":"<p>MANZANI, 28 juil (IPS) &#8211; Dans une vall\u00e9e \u00e9troite et encore brune \u00e0 cause de l&#39;hiver, plus petite qu&#39;une crevasse entre des montagnes rocheuses, Gogo Ndlovu s&#39;occupe de ses cinq jeunes petits-enfants orphelins.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Cette grand-m\u00e8re mince, vo\u00fbt\u00e9e s&#39;appuie sur son b\u00e2ton au bord d&#39;un champ plant\u00e9 de ma\u00efs, avec l&#39;aide des voisins. Les tiges sont fragiles et d\u00e9fra\u00eechies et les \u00e9pis de ma\u00efs sont rabougris.   &quot;La pluie est venue mais s&#39;est arr\u00eat\u00e9e. Le ma\u00efs a cess\u00e9 de pousser. Nous n&#39;avons rien, rien. Je ne sais pas quoi faire. Lorsque vous allez au magasin pour avoir des vivres, ils veulent de l&#39;argent&quot;, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9.   Les gar\u00e7ons, Famuza (9 ans), Sifiso (11 ans), Sandla (11 ans) et Mbuso (10 ans), et leur s\u0153ur Nelisiwe (12 ans) ont peu d&#39;habits \u00e0 porter pour aller \u00e0 l&#39;\u00e9cole. Deux gar\u00e7ons partagent une paire de chaussures tandis que les autres sont pieds nus. Ils vont d&#39;habitude \u00e0 l&#39;\u00e9cole affam\u00e9s, et attendent un d\u00e9jeuner du Fonds des Nations Unies pour l&#39;enfance (UNICEF).   La prog\u00e9niture de Ndlovu a relativement de la chance en ce qu&#39;elle est sur le radar des agences humanitaires, pendant que certains m\u00e9nages ne le sont pas. La famille re\u00e7oit des rations alimentaires d&#39;urgence du Programme alimentaire mondial (PAM) et les enfants fr\u00e9quentent l&#39;\u00e9cole, leurs frais de scolarit\u00e9 pay\u00e9s par un programme gouvernemental.  Cette famille n&#39;est que l&#39;une des nombreuses qui sont confront\u00e9es \u00e0 la m\u00eame situation dans ce petit royaume montagneux d&#39;Afrique australe. Avec une pr\u00e9valence du VIH de 19 pour cent &#8212; la plus \u00e9lev\u00e9e au monde &#8212; le SIDA a un impact sans pr\u00e9c\u00e9dent sur le Swaziland. L&#39;esp\u00e9rance de vie est tomb\u00e9e, passant de 60 ans \u00e0 31 ans, le chiffre le plus bas du monde, et un enfant sur trois est orphelin ou laiss\u00e9 vuln\u00e9rable par le SIDA. L&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, environ 40 pour cent de la population avait besoin d&#39;aide alimentaire.   &quot;Le SIDA a contribu\u00e9 \u00e0 la p\u00e9nurie alimentaire. Des familles perdent leurs chefs de m\u00e9nage, les hommes et les femmes valides. Ceux qui restent sont des grands-parents qui sont au moment de leur vie o\u00f9 ils attendent de prendre leur retraite et ils ont souvent besoin eux-m\u00eames d&#39;attention, mais ils doivent de nouveau \u00e9lever une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d&#39;enfants. Ces grands-parents sont trop \u00e2g\u00e9s pour cultiver les champs, et les enfants sont trop petits&quot;, a expliqu\u00e9 Abdoulaye Bald\u00e9, le repr\u00e9sentant du pays pour le PAM.  Les terres sont en jach\u00e8re, ce qui, selon la coutume swazie, met les enfants en p\u00e9ril. Sur les Terres du domaine public o\u00f9 80 pour cent des Swazis vivent comme des agriculteurs de subsistance, des chefs allouent des fermes aux familles pour y vivre tant que les terres seront utilis\u00e9es. Certains chefs ont expuls\u00e9 d&#39;anciens et de nouveaux r\u00e9sidents d&#39;une propri\u00e9t\u00e9 apr\u00e8s que la g\u00e9n\u00e9ration interm\u00e9diaire est morte du SIDA. Soit le reste de la famille est introduit dans les propri\u00e9t\u00e9s des parents, soit ils sont laiss\u00e9s pauvres et sans abri.  La branche de Swaziland de &#39;Women in Law in Southern Africa&#39; a fait du droit \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 des orphelins une priorit\u00e9. Une organisation des femmes s\u00e9ropositives &#39;Swazis for Positive Living (SWAPOL)&#39;, de m\u00eame que l&#39;UNICEF, travaillent pour garantir que les enfants ne soient pas d\u00e9tach\u00e9s des lieux qu&#39;ils appellent maison.  Siphiwe Hlope, fondatrice du SWAPOL a d\u00e9clar\u00e9 : &quot;Nous nous lan\u00e7ons dans des projets pour aider des personnes affect\u00e9es par le SIDA. Depuis que nous avons commenc\u00e9 en 2003, au moins un quart de l&#39;argent que nous gagnons de nos projets agricoles et de couture va vers des orphelins&quot;.   Une autre femme membre du SWAPOL, une veuve couturi\u00e8re \u00e2g\u00e9e de 45 ans nomm\u00e9e Sunshine Kunene, a affirm\u00e9 : &quot;Le danger auquel sont confront\u00e9s (les orphelins) est l&#39;abandon, parce leur nombre est tellement \u00e9lev\u00e9. Une personne sur cinq dans ce pays sera un enfant de moins de 15 ans, orphelin apr\u00e8s que les deux parents sont morts du SIDA, et ce sera seulement dans deux ou trois ans. O\u00f9 sont les ressources pour s&#39;occuper d&#39;eux&quot;?  L&#39;assistante sociale Agnes Khumalo a ajout\u00e9 : &quot;Le Swaziland ne peut pas s&#39;en sortir seul. Comment peut-il? Aucun pays ne pourrait g\u00e9rer une crise du SIDA en plus d&#39;une crise alimentaire et humanitaire. Presque la moiti\u00e9 des femmes enceintes au Swaziland sont s\u00e9ropositives&quot;.  Ses opinions sont reprises par une r\u00e9cente recherche r\u00e9alis\u00e9e par la Division de la recherche sur l&#39;\u00e9conomie de la sant\u00e9 et le VIH\/SIDA, bas\u00e9e \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 du KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud. Elle a attir\u00e9 l&#39;attention sur le fait que bien que le Swaziland soit en train d&#39;\u00eatre d\u00e9vast\u00e9 par le SIDA, il n&#39;obtient pas la priorit\u00e9 dont il a besoin de la part de la communaut\u00e9 internationale.  Le pays est handicap\u00e9 parce que les succ\u00e8s \u00e9conomiques du pass\u00e9 signifient qu&#39;il est class\u00e9 comme un pays \u00e0 revenu interm\u00e9diaire, et ne peut donc pas acc\u00e9der au soutien que les pays \u00e0 faibles revenus re\u00e7oivent de la communaut\u00e9 internationale des donateurs.   Le rapport intitul\u00e9, &#39;R\u00e9examiner les urgences pour le Swaziland&#39; (2007), indique qu&#39;au moment o\u00f9 l&#39;\u00e9conomie en d\u00e9clin rapide du Swaziland le plonge dans la cat\u00e9gorie des pays \u00e0 revenus interm\u00e9diaires, cela peut \u00eatre trop tard pour qu&#39;une intervention soit efficace. Des taux de d\u00e9c\u00e8s d\u00e9passent maintenant les seuils de mortalit\u00e9 quotidienne utilis\u00e9s par les agences comme indicateur d&#39;une urgence, souligne le rapport, et une nouvelle r\u00e9ponse est n\u00e9cessaire.  Malgr\u00e9 la mise en \u0153uvre de plusieurs programmes d&#39;appui, leur capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre au besoin g\u00e9n\u00e9ral est apparente.  Pendant que les agences internationales discutent des conditions, Ndlovu continue de lutter. Ses petits-enfants marchent p\u00e9niblement sur un sentier rocheux de deux kilom\u00e8tres pour aller \u00e0 un centre de sant\u00e9 communautaire pour des orphelins. Ils s&#39;asseyent contre un affleurement de pierres avec d&#39;autres enfants, pendant qu&#39;une marmite de pur\u00e9e bouillonne sur un feu de bois.  Une femme sert la pur\u00e9e \u00e0 la louche dans des bols, et les enfants soufflent l\u00e0-dessus pour la refroidir parce qu&#39;ils n&#39;ont pas de cuill\u00e8res et doivent manger avec leurs doigts.  Le silence dure quelques minutes, ensuite un ballon de football fait de sacs en plastique envelopp\u00e9s couche apr\u00e8s couche, est fabriqu\u00e9. Ils jouent sur un lopin de terre, en criant.   R\u00e9curant la grande marmite m\u00e9tallique, la cuisini\u00e8re les regarde. &quot;Il faut vraiment si peu pour les rendre normaux, n&#39;est-ce pas?&quot; *(Avec d&#39;autres reportages de Kathryn Strachan \u00e0 Johannesburg).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MANZANI, 28 juil (IPS) &#8211; Dans une vall\u00e9e \u00e9troite et encore brune \u00e0 cause de l&#39;hiver, plus petite qu&#39;une crevasse entre des montagnes rocheuses, Gogo Ndlovu s&#39;occupe de ses cinq jeunes petits-enfants orphelins.<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,1,3,4,28,30],"tags":[],"class_list":["post-4016","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-population-refugies","category-sante","category-southern-africa","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4016","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4016"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4016\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4016"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4016"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4016"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}