{"id":4015,"date":"2008-07-27T13:40:01","date_gmt":"2008-07-27T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/07\/27\/developpement-afrique-du-sud-les-petits-fermiers-presses-de-planter-des-graines-ogm\/"},"modified":"2008-07-27T13:40:01","modified_gmt":"2008-07-27T13:40:01","slug":"developpement-afrique-du-sud-les-petits-fermiers-presses-de-planter-des-graines-ogm","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/07\/27\/developpement-afrique-du-sud-les-petits-fermiers-presses-de-planter-des-graines-ogm\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-AFRIQUE DU SUD: Les petits fermiers press\u00e9s de planter des graines OGM"},"content":{"rendered":"<p>DURBAN, 27 juil (IPS) &#8211; Baphethile Mntambo a eu une exploitation biologique depuis cinq ans parce qu&#39;elle sait qu&#39;\u00e9viter les produits chimiques sera, dans le long terme, b\u00e9n\u00e9fique \u00e0 sa production. Elle a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas planter des semences d&#39;organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s (OGM) parce qu&#39;elle a entendu dire qu&#39;elles ne pouvaient pas \u00eatre conserv\u00e9es pour la prochaine saison et qu&#39;ils pouvaient \u00e9ventuellement \u00e9puiser sa terre.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais elle ne sait pas trop comment ni pourquoi. &#8220;J&#39;ai entendu parler des OGM, mais je ne comprends pas ce que c&#39;est exactement&#8221;, d\u00e9clare-t-elle. &#8220;La seule chose que je sais est que \u00e7a co\u00fbtera beaucoup d&#39;argent pour acheter les graines, les engrais et les pesticides&#8221;.<\/p>\n<p> Mntambo fait partie des 50 petits fermiers de la Vall\u00e9e des mille collines, dans la province natale de KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud, qui ont appris comment faire une plantation biologique, gr\u00e2ce \u00e0 l&#39;organisation non gouvernementale (ONG) &#39;Valley Trust&#39;. Les fermiers apprennent \u00e0 planter des produits de saison qui fourniront \u00e0 leurs familles une s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et l&#39;opportunit\u00e9 de g\u00e9n\u00e9rer des revenus en vendant leurs produits dans des march\u00e9s locaux.<\/p>\n<p> &#8220;Nous avons d\u00e9cid\u00e9 de promouvoir la culture biologique pour cr\u00e9er une viabilit\u00e9 pour les petits fermiers. Nous pensons que c&#39;est le seul moyen de leur donner la souverainet\u00e9 de la nourriture et une stabilit\u00e9&#8221;, explique Nhlanhla Vezi, un facilitateur de &#39;Valley Trust&#39; pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<p> Le &#39;Valley Trust&#39; a l&#39;habitude de coop\u00e9rer avec le minist\u00e8re de l&#39;Agriculture, selon Vezi, mais la collaboration a cess\u00e9 lorsque ce d\u00e9partement a commenc\u00e9 \u00e0 mettre la pression sur les petits fermiers pour former des coop\u00e9ratives s&#39;ils voulaient son soutien. &#8220;Le minist\u00e8re fait des offres tr\u00e8s attractives pour fournir des \u00e9quipements de culture, des canalisations d&#39;eau et des semences. Mais c&#39;est une strat\u00e9gie pour pousser \u00e0 utiliser des OGM \u00e0 cause de certains accords qu&#39;ils ont sign\u00e9s avec des multinationales d\u00e9tentrices de graines g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es&#8221;, affirme Vezi.<\/p>\n<p> Des fermiers ruraux sont toujours attir\u00e9s vers la plantation de semences d&#39;OGM, par les promesses du minist\u00e8re de l&#39;Agriculture pour des pr\u00eats bancaires substantiels et par la perspective de gains \u00e9lev\u00e9s, confirme Lesley Liddell, directeur de Biowatch, une ONG qui fait la promotion d&#39;alternatives \u00e0 la culture d&#39;OGM en encourageant les fermiers \u00e0 s&#39;associer, \u00e0 utiliser des engrais naturels et des produits non-chimiques. &#8220;Mais \u00e0 la fin, la plupart des fermiers se retrouvent avec de grosses dettes parce qu&#39;ils ne peuvent pas conserver les semences et sont oblig\u00e9s d&#39;acheter l&#39;ensemble des engrais et pesticides pour les OGM&#8221;.<\/p>\n<p> Jusqu&#39;ici, les petits fermiers sont souvent si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s pour un soutien financier qu&#39;ils consid\u00e8rent que planter des produits OGM apr\u00e8s une meilleure connaissance, est comme s&#39;ils se voyaient offrir les semences gratuitement. &#8220;Je sais que les OGM ne sont pas bons sur le long terme, mais si quelqu&#39;un me donne ces semences, je les planterai quand m\u00eame&#8221;, d\u00e9clare Tholani Bhengu, un autre petit fermier qui travaille avec le Valley Trust. &#8220;Pour moi, la chose la plus importante est de ramener de la nourriture sur la table chaque semaine. Je ne peux pas me permettre de penser maintenant \u00e0 ce qui se passera l&#39;ann\u00e9e prochaine&#8221;.<\/p>\n<p> Parce que les petits fermiers de l&#39;Afrique rurale ont toujours peu ou pas d&#39;instruction, ils sont souvent incapables de faire des choix \u00e9tudi\u00e9s sur la culture d&#39;OGM. &#8220;Nous les encourageons \u00e0 assister \u00e0 des comit\u00e9s qui d\u00e9battent de la r\u00e9glementation des OGM, mais les connaissances des fermiers sont tr\u00e8s limit\u00e9es, il est donc difficile pour eux de contribuer. Ils comprennent le probl\u00e8me, mais pas la l\u00e9gislation&#8221;, explique Liddell.<\/p>\n<p> L&#39;Afrique du Sud est le seul pays de la Communaut\u00e9 de d\u00e9veloppement d&#39;Afrique australe (SADC) qui fait la culture commerciale de produits OGM pour le ma\u00efs, le coton et le soja. Depuis 1997, la culture d&#39;OGM est r\u00e9glement\u00e9e par la Loi sur les organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s.<\/p>\n<p> &#8220;L&#39;adoption des cultures d&#39;OGM en Afrique du Sud a progress\u00e9 ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es et est \u00e9galement parvenue petit \u00e0 petit aux petits fermiers&#8221;, confirme Priscilla Seehole, directrice de la communication au minist\u00e8re de l&#39;Agriculture.  Comme avec n&#39;importe quelle autre technologie, il y a des risques potentiels associ\u00e9s \u00e0 la technologie OGM et ceci inclut ceux li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9 des humains et des animaux et aussi \u00e0 l&#39;environnement&#8221;, admet-elle. &#8220;Par cons\u00e9quent, la r\u00e9glementation de toutes les activit\u00e9s impliquant les OGM est sujette \u00e0 un processus de s\u00e9curit\u00e9 scientifique qui \u00e9value les risques potentiels&#8221;.  Seehole affirme que le minist\u00e8re sud-africain de l&#39;Agriculture aimerait harmoniser les politiques des OGM \u00e0 travers la SADC pour &#8220;\u00e9liminer quelques-unes des barri\u00e8res techniques qui entravent (actuellement) le commerce dans la r\u00e9gion&#8221;.<\/p>\n<p> Mais des activistes anti-OGM, comme le Centre africain de bios\u00e9curit\u00e9, sont oppos\u00e9s \u00e0 cette approche. &#8220;L&#39;industrie OGM fait pression pour harmoniser la l\u00e9gislation parce que cela facilitera le commerce des cultures OGM \u00e0 travers les pays. Mais ceux concern\u00e9s par la bios\u00e9curit\u00e9 doutent qu&#39;une harmonisation r\u00e9gionale (d&#39;une l\u00e9gislation sur bios\u00e9curit\u00e9) soit un avantage&#8221;, d\u00e9clare Mariam Mayet, directrice du Centre africain de bios\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;En ce moment, chaque pays de la SADC a sa propre politique et toutes ces lois sont tr\u00e8s diff\u00e9rentes les unes des autres. Ce qui veut dire que chaque demande d&#39;OGM doit passer \u00e0 travers un syst\u00e8me d&#39;approbation et une consultation publique de chaque pays, ce qui est bon pour la transparence et la responsabilit\u00e9&#8221;, explique-t-elle.<\/p>\n<p> &#8220;Quand l&#39;Afrique du Sud a fait passer la l\u00e9gislation OGM en 1997, la plupart des gens ignoraient \u00e0 quel point cette technologie deviendrait controvers\u00e9e. Mais maintenant, il n&#39;y pas de retour en arri\u00e8re possible. Une fois que vous \u00eates dedans, vous \u00eates dedans&#8221;, souligne Mayet.<\/p>\n<p> L&#39;industrie alimentaire d&#39;Afrique du Sud est d\u00e9j\u00e0 satur\u00e9e avec les produits OGM, affirme-t-elle : &#8220;Tout est contamin\u00e9, et pour empirer les choses, marquer sur le produit qu&#39;il est OGM n&#39;est pas obligatoire. Nous avons besoin d&#39;une r\u00e9forme politique s\u00e9rieuse, et mettre en \u0153uvre un syst\u00e8me de test qui indique quels aliments contiennent des OGM et lesquels n&#39;en contiennent pas.<\/p>\n<p> &#8220;Depuis ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, l&#39;Afrique du Sud a pass\u00e9 des accords commerciaux avec de grandes multinationales de biotechnologie agricole comme Monsanto, qui &#8212; dans une tentative de contr\u00f4ler la production agricole mondiale &#8212; promeut le financement de semences OGM brevet\u00e9es. A travers un syst\u00e8me incitatif de support de monocultures, les petits fermiers sont syst\u00e9matiquement int\u00e9gr\u00e9s dans l&#39;agriculture commerciale, principalement pour l&#39;exportation, et sont encourag\u00e9s \u00e0 mettre ensemble leurs terres.  &#8220;Tout a l&#39;air beau sur le papier, mais en fait, c&#39;est un stratag\u00e8me intelligent pour avoir acc\u00e8s aux terres des gens. Les petits fermiers, qui ont sign\u00e9 rapidement des accords sur les OGM, ont perdu le contr\u00f4le sur la gestion de leur semence, la production et de leurs terres en fin de compte. Ce qui signifie qu&#39;ils perdent leur souverainet\u00e9 alimentaire&#8221;, d\u00e9clare Mayet. &#8220;Les OGM marginalisent les pauvres petits fermiers. Nous vivons des temps difficiles et avons besoin de lutter pour le droit pour des gens de poss\u00e9der des terres et des ressources. Mais nous n&#39;abandonnerons pas&#8221;.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DURBAN, 27 juil (IPS) &#8211; Baphethile Mntambo a eu une exploitation biologique depuis cinq ans parce qu&#39;elle sait qu&#39;\u00e9viter les produits chimiques sera, dans le long terme, b\u00e9n\u00e9fique \u00e0 sa production. 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