{"id":3999,"date":"2008-07-19T13:40:01","date_gmt":"2008-07-19T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/07\/19\/economie-zimbabwe-des-denrees-de-base-sont-devenues-des-produits-de-luxe\/"},"modified":"2008-07-19T13:40:01","modified_gmt":"2008-07-19T13:40:01","slug":"economie-zimbabwe-des-denrees-de-base-sont-devenues-des-produits-de-luxe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/07\/19\/economie-zimbabwe-des-denrees-de-base-sont-devenues-des-produits-de-luxe\/","title":{"rendered":"ECONOMIE-ZIMBABWE: &#39;&#39;Des denr\u00e9es de base sont devenues des produits de luxe&#39;&#39;"},"content":{"rendered":"<p>BULAWAYO, 19 juil (IPS) &#8211; Les affaires n&#39;ont jamais \u00e9t\u00e9 aussi mauvaises, a d\u00e9clar\u00e9 Nomathemba Nkomo, une femme commer\u00e7ante \u00e2g\u00e9e de 37 ans \u00e0 Bulawayo, la deuxi\u00e8me ville du Zimbabwe, situ\u00e9e dans le sud du pays.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, cette femme a fait des projections pour son commerce. Augmenter le nombre des membres du personnel \u00e9tait un indice qu&#39;elle utilisait comme indicateur de succ\u00e8s. Elle voulait cr\u00e9er de l&#39;emploi pour des bacheliers \u00e0 un moment o\u00f9 l&#39;\u00e9conomie en difficult\u00e9 du pays ne pouvait pas les absorber dans le secteur formel.  Des \u00e9conomistes ind\u00e9pendants estiment que l&#39;\u00e9conomie zimbabw\u00e9enne s&#39;est r\u00e9tr\u00e9cie \u00e0 hauteur de 70 pour cent depuis 2000 lorsque les partisans du pr\u00e9sident Robert Mugabe se sont lanc\u00e9s dans l&#39;expropriation violente des fermes commerciales qui appartenaient aux Blancs.  &quot;Je g\u00e8re deux \u00e9ventaires de march\u00e9 aux puces dans ce qui \u00e9tait l&#39;un des sites commerciaux les plus lucratifs de la ville. Mais c&#39;est devenu de plus en plus difficile de garder la t\u00eate hors de l&#39;eau. J&#39;ai d\u00fb demander \u00e0 certaines des jeunes femmes qui travaillaient pour moi de rester \u00e0 la maison&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Nkomo \u00e0 IPS.   Tout en se battant, elle demeure l&#39;une des quelques femmes qui ont pu pers\u00e9v\u00e9rer pendant ces moments \u00e9prouvants, traverser m\u00eame les fronti\u00e8res pour apporter des biens des pays voisins.   &quot;Certains ont ferm\u00e9 compl\u00e8tement boutique, comme vous pouvez le constater, certains des \u00e9ventaires sont stock\u00e9s avec seulement quelques articles vestimentaires. Les gens ne peuvent plus s&#39;en sortir&quot;, a affirm\u00e9 Nkomo.  Tabeth Muronza (33 ans) doit se lever t\u00f4t chaque jour et marcher environ 10 kilom\u00e8tres pour aller \u00e0 un march\u00e9 de l\u00e9gumes. La crise actuelle aggrave le travail quotidien, la laissant fatigu\u00e9e.  La m\u00e8re de deux enfants, visiblement fatigu\u00e9e, a avou\u00e9 \u00e0 IPS : &quot;J&#39;ai maintenant appris par moi-m\u00eame \u00e0 m&#39;attendre \u00e0 ce que chaque jour soit pire que le jour pr\u00e9c\u00e9dent&quot;.  Dans cette ville de plus de deux millions de personnes, elle fait partie des nombreuses femmes qui vendent des l\u00e9gumes. Son point de vente est \u00e0 l&#39;ext\u00e9rieur d&#39;un hall de bi\u00e8re locale. Le prix d&#39;une tomate va jusqu&#39;\u00e0 dix milliards de dollars zimbabw\u00e9ens (environ 0,25 euros).  Muronza ach\u00e8te ses marchandises des march\u00e9s de l\u00e9gumes dans le centre-ville. Peu de ces march\u00e9s sont rest\u00e9s apr\u00e8s que les fermiers blancs ont fui les v\u00e9t\u00e9rans de la guerre de lib\u00e9ration du pays, au plus fort des invasions des fermes.  Les terres autrefois productives sont maintenant en jach\u00e8re dans la plupart des parties australes du pays, plongeant la vie des vendeurs comme Muronza dans des difficult\u00e9s accrues, avec aucune source de revenu.  Dans le pass\u00e9, son revenu payait l&#39;essentiel comme du lait, du pain et de la viande pour ses deux enfants qui vont \u00e0 l&#39;\u00e9cole. Maintenant, d\u00e9plore-t-elle, ces denr\u00e9es de base sont devenues des produits de luxe.  &quot;Les enfants savent maintenant que nous ne pouvons pas nous offrir ces choses, bien que dans le pass\u00e9, ils auraient demand\u00e9 un petit d\u00e9jeuner convenable avant de partir \u00e0 l&#39;\u00e9cole&quot;, a-t-elle dit.   Voici un autre exemple de la situation critique des millions d&#39;enfants dans un pays o\u00f9 le Programme alimentaire mondial (PAM) et d&#39;autres agences humanitaires estiment que jusqu&#39;\u00e0 la moiti\u00e9 de la population aura besoin d&#39;aide alimentaire pour cette ann\u00e9e seulement. Les enfants de Muronza doivent maintenant se contenter des restes froids de la nuit pr\u00e9c\u00e9dente.   Le personnel de sant\u00e9 dans les dispensaires des conseils locaux d\u00e9clare qu&#39;il voit un accroissement du nombre d&#39;enfants de moins de cinq ans qui souffrent des maladies li\u00e9es \u00e0 la malnutrition. &quot;Il y a beaucoup d&#39;enfants trop maigres qui viennent ici&quot;, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS, Greater Basuthu, une infirmi\u00e8re travaillant dans un dispensaire de l&#39;administration locale.   &quot;Bien que nous ayons en r\u00e9alit\u00e9 un programme alimentaire pour les enfants de moins de cinq ans, dirig\u00e9 par l&#39;une des quelques organisations non gouvernementales (ONG) restantes dans la ville, (il incombe) aux m\u00e8res de nourrir leurs b\u00e9b\u00e9s \u00e0 la maison o\u00f9 ils sont suppos\u00e9s obtenir une meilleure alimentation&quot;, a-t-elle dit. Toutefois, sp\u00e9cialement des femmes c\u00e9libataires sans d&#39;autres sources de revenu se battent pour le faire.<\/p>\n<p> Leur situation critique a \u00e9t\u00e9 aggrav\u00e9e par une interdiction du gouvernement sur la distribution de l&#39;aide alimentaire des ONG avant le second tour contest\u00e9 de l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle du 27 juin.   Les autorit\u00e9s zimbabw\u00e9ennes ont accus\u00e9 ces organisations de travailler avec le parti politique, le Mouvement pour le changement d\u00e9mocratique, pour causer de la d\u00e9saffection parmi les \u00e9lecteurs et les retourner contre Mugabe.  Dans le pass\u00e9, Muronza achetait de devise \u00e9trang\u00e8re, sp\u00e9cialement le rand sud-africain, pour essayer de g\u00e9rer le taux d&#39;inflation end\u00e9mique du pays o\u00f9 le prix des denr\u00e9es alimentaires augmente presque tous les jours.   Mais actuellement, a-t-elle expliqu\u00e9, ceci est devenu presque impossible comme la monnaie locale est en chute libre par rapport aux monnaies principales, rendant difficile l&#39;achat de devise de change \u00e0 partir de son revenu en tant que vendeuse de l\u00e9gumes.  &quot;Les taux de change sont juste incroyables de nos jours. Toute planification est devenue presque impossible. Vous ne pouvez pas garder le dollar zimbabw\u00e9en, toutefois, vous ne pouvez pas encore acheter de devise&quot;, a-t-elle dit.<\/p>\n<p> M\u00eame pour des futurs entrepreneurs plus astucieux qui font des voyages r\u00e9guliers vers le Botswana et l&#39;Afrique du Sud pour leurs approvisionnements, comme Nkomo, le dollar zimbabw\u00e9en instable a fait de la planification une t\u00e2che hercul\u00e9enne : &quot;Nous ne savons pas quand tout cela finira&quot;.  Les autorit\u00e9s zimbabw\u00e9ennes envisagent le secteur informel comme celui qui soutiendrait l&#39;\u00e9conomie. Mais l&#39;hyper-inflation du pays a d\u00e9truit tout espoir pour des millions de personnes ici qui vivotent \u00e0 partir des initiatives d&#39;auto emploi.  D&#39;autres fuient l&#39;emploi, avec plus de 80 pour cent de la main-d&#39;\u0153uvre sans emplois, selon le Congr\u00e8s des syndicats zimbabw\u00e9ens (ZCTU). &quot;Ceci n&#39;est pas du tout surprenant&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Howard Thuso, un expert du travail dans une agence locale de recrutement.  &quot;Au Zimbabwe, les salaires ne peuvent pas suivre le taux d&#39;inflation. Le principal \u00e9l\u00e9ment motivant pour le travail, ce sont les salaires eux-m\u00eames &#8212; pas n\u00e9cessairement les conditions de travail. Si les salaires sont tr\u00e8s maigres, de jeunes gens resteront simplement \u00e0 la maison m\u00eame s&#39;ils n&#39;ont aucune autre source de revenu&quot;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BULAWAYO, 19 juil (IPS) &#8211; Les affaires n&#39;ont jamais \u00e9t\u00e9 aussi mauvaises, a d\u00e9clar\u00e9 Nomathemba Nkomo, une femme commer\u00e7ante \u00e2g\u00e9e de 37 ans \u00e0 Bulawayo, la deuxi\u00e8me ville du Zimbabwe, situ\u00e9e dans le sud du pays.<\/p>\n","protected":false},"author":490,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,6,1,7,3,28],"tags":[],"class_list":["post-3999","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-politique","category-population-refugies","category-southern-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3999","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/490"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3999"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3999\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3999"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3999"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3999"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}