{"id":3981,"date":"2008-07-09T13:40:01","date_gmt":"2008-07-09T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/07\/09\/environnement-tchad-des-soldats-de-maintien-de-la-paix-essaient-davancer-doucement\/"},"modified":"2008-07-09T13:40:01","modified_gmt":"2008-07-09T13:40:01","slug":"environnement-tchad-des-soldats-de-maintien-de-la-paix-essaient-davancer-doucement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/07\/09\/environnement-tchad-des-soldats-de-maintien-de-la-paix-essaient-davancer-doucement\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT-TCHAD: Des soldats de maintien de la paix essaient d&#39;avancer doucement"},"content":{"rendered":"<p>IRIBA, est du Tchad, 9 juil (IPS) &#8211; Le lieutenant-colonel de l&#39;arm\u00e9e polonaise, Marc Gryga, ne s&#39;est pas rendu compte qu&#39;il envisageait de construire la principale base de son pays ici dans l&#39;est du Tchad au-dessus d&#39;un cimeti\u00e8re. &quot;Elle ne ressemblait \u00e0 aucun cimeti\u00e8re que vous voyez aux Etats-Unis ou en Europe&quot;, d\u00e9clare-t-il, se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l&#39;absence de pierres tombales.   <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais les responsables locaux de cette ville lointaine, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re soudanaise n&#39;avaient pas peur de dire \u00e0 Gryga qu&#39;il avait y foutu de la merde &#8212; et l&#39;EUFOR, la force de maintien de la paix de l&#39;Union europ\u00e9enne forte de 4.000 soldats, d\u00e9ploy\u00e9e au Tchad pour prot\u00e9ger les r\u00e9fugi\u00e9s venus du Darfour et les travailleurs humanitaires, a rapidement accept\u00e9 de construire la base de la &quot;North Star&quot; ailleurs. Heureusement, les troupes de Gryga n&#39;avaient pas encore commenc\u00e9 \u00e0 construire, alors le changement de cap n&#39;a pas \u00e9t\u00e9 pas drastique.  L&#39;incompr\u00e9hension au sujet de la base polonaise \u00e9tait juste la premi\u00e8re d&#39;une s\u00e9rie de d\u00e9saccords mineurs entre l&#39;EUFOR et les Tchadiens. En plus du choix d&#39;un endroit pour la base, l&#39;acc\u00e8s aux approvisionnements en eau locaux et les d\u00e9g\u00e2ts que les v\u00e9hicules militaires de l&#39;EUFOR causent aux routes fragiles du pays sont \u00e9galement \u00e0 l&#39;origine des frictions.  Une question &#8212; l&#39;eau &#8212; pourrait justement s&#39;av\u00e9rer trop controvers\u00e9e pour un compromis durable.  L&#39;est du Tchad aride a toujours connu des p\u00e9nuries d&#39;eau. En 2004, un quart de million de r\u00e9fugi\u00e9s du Darfour se sont install\u00e9s dans la r\u00e9gion, exer\u00e7ant plus de pression sur les sources d&#39;eau locales. Le travail intense d&#39;un grand nombre de groupes humanitaires &#8212; le forage de nouveaux puits, la construction de barrages pour capter l&#39;eau pluviale, l&#39;ouverture de canaux pour alimenter les r\u00e9servoirs souterrains en eau de pluie &#8212; a att\u00e9nu\u00e9, mais pas \u00e9limin\u00e9 le probl\u00e8me.   Actuellement, l&#39;EUFOR est en train de d\u00e9ployer des milliers de soldats et de tonnes d&#39;\u00e9quipements, n\u00e9cessitant tous des dizaines de milliers de litres d&#39;eau par jour &#8212; et les p\u00e9nuries d&#39;eau sont devenues une crise d&#39;eau.  C&#39;est certain, l&#39;EUFOR savait que l&#39;eau serait un probl\u00e8me. Lorsque les 100 soldats de Gryga \u00e9taient d\u00e9ploy\u00e9s en avril pour commencer \u00e0 construire la &#39;North Star&#39;, ils ont affr\u00e9t\u00e9 un avion-cargo de fabrication russe, Antonov, &#8212; le deuxi\u00e8me type d&#39;avion le plus grand au monde &#8212; pour transporter de l&#39;eau en bouteilles au Tchad. Mais cette eau n&#39;a pas dur\u00e9 longtemps. Aujourd&#39;hui, les Polonais &#8212; et 100 Fran\u00e7ais, Irlandais et Belges qui ont travaill\u00e9 avec eux &#8212; re\u00e7oivent des convois hebdomadaires d&#39;eau en bouteilles du centre logistique fran\u00e7ais \u00e0 Ab\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<p> L&#39;eau que ces convois fran\u00e7ais apportent ne provient pas des sources tchadiennes &#8212; elle est exp\u00e9di\u00e9e de sources \u00e9trang\u00e8res, alors dans un sens, elle ne fait pas du mal aux villes orientales dess\u00e9ch\u00e9es. Mais les camions doivent voyager sur des routes jamais con\u00e7ues pour une telle utilisation dense dans le but de fournir de l&#39;eau.  Ces routes sont sp\u00e9cialement fragiles l\u00e0 o\u00f9 elles traversent les milliers de lits fluviaux secs du pays, ou &#39;wadis&#39;. Pendant la longue saison pluvieuse du Tchad, \u00e0 peu pr\u00e8s de juin en octobre, le gouvernement tchadien place des barrages routiers pour emp\u00eacher les v\u00e9hicules de traverser les &#39;wadis&#39; et d&#39;endommager les routes. Ceux qui doivent absolument traverser payent des frais.  Mais le sergent d&#39;\u00e9tat-major de l&#39;arm\u00e9e fran\u00e7aise, Alexandre Barbet, dont le travail consiste \u00e0 escorter les convois, d\u00e9clare que les Fran\u00e7ais conduisent tout droit sans payer. &quot;Que feront-ils&quot;?, demande-t-il de fa\u00e7on rh\u00e9torique. L&#39;EUFOR consid\u00e8re ces frais comme des pots-de-vin.<\/p>\n<p> La construction actuelle au Camp de la North Star est un travail qui demande beaucoup d&#39;eau, n\u00e9cessitant des milliers de litres d&#39;eau pour damer et niveler la terre, par exemple. Pour cela, les troupes de Gryga ont for\u00e9 leur propre puits. Mais la nappe phr\u00e9atique dans cette partie du Tchad est en train de s&#39;affaisser du fait de l&#39;utilisation abusive et de la pluviom\u00e9trie en baisse, et le puits de Gryga s&#39;est av\u00e9r\u00e9 une d\u00e9ception. Il ne reste qu&#39;une seule option : les puits locaux.<\/p>\n<p> &quot;Nous essayons d&#39;\u00e9viter de prendre de l&#39;eau p\u00e9riodique des puits locaux&quot;, affirme Gryga. &quot;Mais parce les ressources d&#39;eau sont si limit\u00e9es ici, nous devons prendre cette eau de temps en temps. Nous voulons vraiment \u00e9viter de donner l&#39;impression que nous sommes en train de mettre en danger la population locale en prenant trop d&#39;eau&quot;.  &quot;Nous devons partager&quot;, a indiqu\u00e9 le ministre polonais de la D\u00e9fense, Bogdan Kilch, lors d&#39;une visite du 28 juin \u00e0 Iriba, dans l\u2019est du Tchad, faisant allusion \u00e0 l&#39;eau de la r\u00e9gion.  Bakhit Abdaraman, le sultan d&#39;Iriba, est du m\u00eame avis, mais a soulign\u00e9 que les approvisionnements en eau seuls ne satisferont pas aux besoins de tout le monde. &quot;Nous devons rechercher (de nouvelles sources)&quot;, a-t-il dit. Des ing\u00e9nieurs travaillant pour des organisations humanitaires \u00e0 Iriba indiquent qu&#39;il devient de plus en plus difficile de creuser de nouveaux puits viables \u00e0 cause de la nappe phr\u00e9atique qui s&#39;affaisse du fait d&#39;une utilisation abusive.  Pendant ce temps, l&#39;EUFOR continue de beaucoup compter sur les ressources d&#39;eau existantes. Le matin du 27 juin, une \u00e9quipe logistique fran\u00e7aise en provenance de la &#39;North Star&#39; a rendu une visite \u00e0 Help, un groupe humanitaire ayant des bureaux dans l&#39;est du Tchad, pour tirer de l&#39;eau de leur puits. Ils sont partis avec 8.000 litres d&#39;eau &#8212; assez pour satisfaire aux besoins de 500 familles tchadiennes moyennes par jour. Cette eau, stock\u00e9e dans de grandes outres en caoutchouc, approvisionnera la cuisine, les douches et la lessive de la &#39;North Star&#39; pendant deux semaines.   La m\u00eame \u00e9quipe fran\u00e7aise conna\u00eet tr\u00e8s bien l&#39;impression que l&#39;EUFOR fait sur la population locale. Plusieurs de ces Tchadiens qui sont inform\u00e9s de la mission de l&#39;EUFOR de prot\u00e9ger les r\u00e9fugi\u00e9s et les travailleurs humanitaires approuvent g\u00e9n\u00e9ralement la situation. Mais lorsqu&#39;il s&#39;agit de d\u00e9tails int\u00e9ressants, la pr\u00e9sence militaire \u00e9trang\u00e8re reste sur le c\u0153ur de certains.   Le 26 juin, l&#39;\u00e9quipe fran\u00e7aise est arriv\u00e9e \u00e0 Iriba dans deux camions dans le but d&#39;acheter des boissons non alcoolis\u00e9es et des cigarettes pour un petit bar que l&#39;\u00e9quipe g\u00e8re apr\u00e8s des heures \u00e0 la &#39;North Star&#39;. Le commandant Mendi Bouland a invit\u00e9 ce journaliste de le suivre, mais a soulign\u00e9, adoptant une attitude discr\u00e8te : certains quartiers d&#39;Iriba n&#39;aimaient pas voir des \u00e9trangers, a-t-il dit.  En effet, dans le march\u00e9 \u00e0 plein \u00e0 air grouillant de monde d&#39;Iriba, des hommes criaient et soulevaient leurs poings jusqu&#39;\u00e0 ce que l&#39;\u00e9quipe se cache dans un coin. Trouvant un boutiquier amical devant un \u00e9ventaire interne, Bouland a achet\u00e9 du savon, a ensuite \u00e9chang\u00e9 des num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone et a promis de revenir bient\u00f4t.   &quot;Les relations sont en r\u00e9alit\u00e9 assez bonnes, en ce qui concerne les Fran\u00e7ais&quot;, d\u00e9clare Bouland, ajoutant que la longue histoire de la France au Tchad &#8212; d&#39;abord en tant que colonisateur, maintenant comme un supporter ferme du r\u00e9gime du pr\u00e9sident Idriss Deby &#8212; a laiss\u00e9 de profonds liens linguistiques et culturels. Mais les Polonais, dit-il, sont un autre probl\u00e8me.   Gryga est conscient de son probl\u00e8me de relations publiques. Il indique qu&#39;il rencontre une fois ou deux par semaine l&#39;administration locale et des chefs tribaux dans le but de les tenir inform\u00e9s des activit\u00e9s de l&#39;EUFOR et de demander leurs opinions. Et il tend un rameau d&#39;olivier pour compenser la prise d&#39;eau et les routes endommag\u00e9es.  Une fois que le contingent polonais complet viendra en ao\u00fbt, Gryga affirme qu&#39;il reconstruira les routes des &#39;wadis&#39; et donnera des provisions aux \u00e9coles primaires locales. La s\u00e9curit\u00e9 sera toujours sa mission principale, dit-il, &quot;mais la s\u00e9curit\u00e9 n&#39;est pas tout&quot;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>IRIBA, est du Tchad, 9 juil (IPS) &#8211; Le lieutenant-colonel de l&#39;arm\u00e9e polonaise, Marc Gryga, ne s&#39;est pas rendu compte qu&#39;il envisageait de construire la principale base de son pays ici dans l&#39;est du Tchad au-dessus d&#39;un cimeti\u00e8re. &quot;Elle ne&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/07\/09\/environnement-tchad-des-soldats-de-maintien-de-la-paix-essaient-davancer-doucement\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":598,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,34,11,27,12,1,3,29],"tags":[],"class_list":["post-3981","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-desert-rampant","category-developpement","category-east-africa","category-environnement","category-headlines","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3981","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/598"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3981"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3981\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3981"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3981"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3981"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}