{"id":3900,"date":"2008-05-07T13:40:01","date_gmt":"2008-05-07T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/05\/07\/droits-afrique-les-lois-seules-ne-suffisent-pas-pour-combattre-les-mgf-selon-la-societe-civile\/"},"modified":"2008-05-07T13:40:01","modified_gmt":"2008-05-07T13:40:01","slug":"droits-afrique-les-lois-seules-ne-suffisent-pas-pour-combattre-les-mgf-selon-la-societe-civile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/05\/07\/droits-afrique-les-lois-seules-ne-suffisent-pas-pour-combattre-les-mgf-selon-la-societe-civile\/","title":{"rendered":"DROITS-AFRIQUE: Les lois seules ne suffisent pas pour combattre les MGF, selon la soci\u00e9t\u00e9 civile"},"content":{"rendered":"<p>DAKAR, 7 mai (IPS) &#8211; &quot;La sensibilisation, l&#39;apport des ONG, l&#39;\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9 et ce qui se fait dans les autres pays nous am\u00e8nent \u00e0 abandonner petit \u00e0 petit la pratique de l&#39;excision&quot;, affirme \u00e0 IPS Barnab\u00e9 Coulibaly, un jeune informaticien du Service de d\u00e9veloppement int\u00e9gr\u00e9 (SDI) du Mali.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Coulibaly est venu participer \u00e0 un symposium sur les mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines (MGF), organis\u00e9 par l&#39;organisation non gouvernementale (ONG) Enda Tiers-Monde, \u00e0 Dakar, au d\u00e9but de ce mois.  La rencontre, qui regroupait des jeunes venus du Burkina Faso, du Mali et du S\u00e9n\u00e9gal, portait sur les MGF et les technologies de l&#39;information et de la communication. Mais l&#39;impact des lois sur la pratique des MGF a \u00e9t\u00e9 l&#39;un des sujets discut\u00e9s au cours des travaux.<\/p>\n<p> Certains pays d&#39;Afrique &#8212; comme le Nigeria, le S\u00e9n\u00e9gal, la Somalie, le Burkina Faso, l&#39;Ouganda, la Centrafrique, la Tanzanie, le Togo, le B\u00e9nin, &#8212; se sont engag\u00e9s, par des lois prises entre le milieu des ann\u00e9es 1990 et le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, \u00e0 barrer la route aux MGF. Mais ces lois, accompagn\u00e9es de programmes de sensibilisation, sont encore loin de constituer la parade aux MFG.  Dans ces conditions, les autres pays o\u00f9 ces lois n&#39;existent pas, les MGF restent pratiqu\u00e9es \u00e0 une large \u00e9chelle. Au Mali par exemple, &quot;les mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines sont pratiqu\u00e9es \u00e0 un pourcentage tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9&quot;, selon Coulibaly.  Le Mali est l&#39;un des pays d&#39;Afrique, qui ne se sont pas encore dot\u00e9s de dispositif juridique interdisant les MGF. Mais, le combat contre les MGF a n\u00e9anmoins enregistr\u00e9 une &quot;\u00e9volution positive&quot; gr\u00e2ce \u00e0 la contribution des pouvoirs publics, des autorit\u00e9s communautaires ou villageoises, de chefs coutumiers, affirme \u00e0 IPS, Lanceny Diallo, directeur des programmes du SDI au Mali, qui a particip\u00e9 \u00e9galement au symposium de Dakar, du 2 au 4 mai.   En d\u00e9pit de l&#39;absence d&#39;une l\u00e9gislation les interdisant, les MGF ont toutefois recul\u00e9 au Mali o\u00f9 98 pour cent des filles \u00e9taient excis\u00e9es en 1998. Aujourd&#39;hui, ce sont 91,5 pour cent d&#39;entre elles qui subissent encore l&#39;excision, selon une enqu\u00eate d\u00e9mographique du SDI publi\u00e9e en 2007.  Au Burkina Faso o\u00f9 une loi sur les MGF est vot\u00e9e en 1998, &quot;l&#39;excision est encore pratiqu\u00e9e, mais dans la clandestinit\u00e9&quot;, explique Toussaint Sankara, membre de l&#39;association &#39;Mousso Damb\u00e9&#39; (Dignit\u00e9 de la femme, en langue dioula), une ONG bas\u00e9e au Burkina Faso. &quot;Ceux qui la pratiquent encore ignorent les d\u00e9g\u00e2ts &#8212; h\u00e9morragies, accouchements difficiles, infections sexuellement transmissibles, fistules, entre autres &#8212; que cela cause \u00e0 la femme. Ils n&#39;en connaissent pas les cons\u00e9quences r\u00e9elles&quot;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Toutefois des exciseuses r\u00e9cidivistes ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9es et condamn\u00e9es \u00e0 plusieurs ann\u00e9es d&#39;emprisonnement dans ce pays. En septembre 2004, Adama Barry, une femme de 55 ans, avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e au Burkina Faso \u00e0 trois ans de prison ferme pour avoir excis\u00e9 16 fillettes \u00e2g\u00e9es de deux \u00e0 dix ans, malgr\u00e9 l&#39;interdiction des MGF par la loi. Selon le tribunal, elle \u00e9tait une &quot;r\u00e9cidiviste notoire&quot; pour avoir \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e dans le pass\u00e9 \u00e0 quatre reprises par la justice \u00e0 des peines d&#39;emprisonnement allant de quatre \u00e0 six mois.<\/p>\n<p> Mais il a fallu une campagne de 12 ans de sensibilisation (1992-2004), men\u00e9e par le Comit\u00e9 national de lutte contre la pratique de l&#39;excision (CNLPE) pour faire reculer s\u00e9rieusement le fl\u00e9au dans le pays. &quot;La sensibilisation serait plus porteuse que la r\u00e9pression par la loi&quot;, estime Sankara de l&#39;ONG Mousso Damb\u00e9.   L&#39;excision consiste \u00e0 enlever partiellement ou totalement le clitoris de la femme. Dans certaines r\u00e9gions du Burkina ou dans d&#39;autres pays africains, on pratique l&#39;infibulation qui consiste \u00e0 coudre les grandes l\u00e8vres du vagin de la fille et \u00e0 ne r\u00e9server qu&#39;un petit orifice pour l&#39;urine et les menstruations. L&#39;objectif de l&#39;op\u00e9ration est d&#39;emp\u00eacher les relations sexuelles.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;objectif de la loi contre les MGF n&#39;est pas de remplir les prisons, mais de dissuader les gens et les amener \u00e0 changer de comportement&quot;, explique \u00e0 IPS, Mamadou Gu\u00e8ne, encadreur du club Education \u00e0 la vie familiale (EVF), une association non gouvernementale bas\u00e9e \u00e0 Tambacounda, dans l&#39;est du S\u00e9n\u00e9gal.  &quot;Une loi anti-MGF est un \u00e9l\u00e9ment qui manque \u00e0 l&#39;arsenal juridique malien, mais nous sommes inspir\u00e9s par l&#39;exp\u00e9rience des pays qui nous entourent. Ils disposent de lois parfois tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8res, qui n&#39;apportent pas grand-chose \u00e0 la campagne contre l&#39;excision&quot;, d\u00e9clare Diallo, citant, par exemple, le S\u00e9n\u00e9gal et la Guin\u00e9e.  En Guin\u00e9e, l&#39;excision continue son petit bonhomme de chemin, malgr\u00e9 la loi qui pr\u00e9voit m\u00eame la prison \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 pour les auteurs, souligne le site Internet de &#39;Wikipedia&#39;.<\/p>\n<p> Au Mali, les pouvoirs publics &quot;ont peur de prendre des lois qui interdisent cette pratique. L&#39;Etat redoute un bouleversement, une r\u00e9percussion sur la stabilit\u00e9 du pays&quot;, estime Coulibaly, La pratique de l&#39;excision est largement ancr\u00e9e dans les m\u0153urs du pays, a-t-il dit \u00e0 IPS.  &quot;Certains pays qui ne se sont pas dot\u00e9s de disposition l\u00e9gale contre les MGF ouvrent la voie \u00e0 cette pratique. Des gens passent la fronti\u00e8re de leur pays o\u00f9 une loi l&#39;interdit, pour aller faire exciser leurs filles dans d&#39;autres, o\u00f9 ce n&#39;est pas interdit&quot;, explique Marie-H\u00e9l\u00e8ne Mottin Sylla, de l&#39;ONG Enda Tiers-Monde bas\u00e9e \u00e0 Dakar.  &quot;Si certains abandonnent l&#39;excision gr\u00e2ce \u00e0 la loi, d&#39;autres la contournent et vont en milieu rural o\u00f9 ils ont plus de chances d&#39;\u00e9chapper \u00e0 la vigilance des gardiens de la loi. Du Burkina Faso, d&#39;autres encore am\u00e8nent leurs enfants au Mali pour les faire exciser&quot;, confirme Tago Haoua Kon\u00e9 de l&#39;ONG Mousso Damb\u00e9.   Il ne suffit pas de voter une loi, observe Sylla, estimant que les pouvoirs publics et les parlementaires en premier lieu doivent faire en sorte que les lois interdisant les MGF &quot;soient vulgaris\u00e9es, discut\u00e9es, valid\u00e9es et adopt\u00e9es par tous les citoyens&quot; pour leur meilleure application.  &quot;Le seul effet de la l\u00e9gislation, c&#39;est de sanctionner les gens. C&#39;est une vision tr\u00e8s limit\u00e9e, tr\u00e8s n\u00e9gative, assez parcellaire&quot;, d\u00e9plore-t-elle, plaidant en faveur d&#39;une &quot;d\u00e9marche plus positive et plus constructive qui doit pr\u00e9valoir sur la loi&quot;.   Mais, Kon\u00e9 croit que la loi burkinab\u00e9 &quot;a eu un impact positif. Des gens ont eu peur et ont abandonn\u00e9&quot; la pratique. Selon elle, les lois anti-MGF &quot;peuvent \u00eatre fructueuses si elles sont accompagn\u00e9es d&#39;un programme de sensibilisation sur les cons\u00e9quences des MGF pour ne pas donner l&#39;impression d&#39;enfreindre les droits des exciseuses et des peuples qui se croient en bon droit de pratiquer l&#39;excision&quot;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAKAR, 7 mai (IPS) &#8211; &quot;La sensibilisation, l&#39;apport des ONG, l&#39;\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9 et ce qui se fait dans les autres pays nous am\u00e8nent \u00e0 abandonner petit \u00e0 petit la pratique de l&#39;excision&quot;, affirme \u00e0 IPS Barnab\u00e9 Coulibaly, un&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/05\/07\/droits-afrique-les-lois-seules-ne-suffisent-pas-pour-combattre-les-mgf-selon-la-societe-civile\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":578,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,13,11,10,1,4,30,29],"tags":[],"class_list":["post-3900","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3900","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/578"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3900"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3900\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3900"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3900"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3900"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}