{"id":3897,"date":"2008-05-05T13:40:01","date_gmt":"2008-05-05T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/05\/05\/kenya-la-reinstallation-des-commercants-a-nairobi-toujours-confrontee-a-des-problemes\/"},"modified":"2008-05-05T13:40:01","modified_gmt":"2008-05-05T13:40:01","slug":"kenya-la-reinstallation-des-commercants-a-nairobi-toujours-confrontee-a-des-problemes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/05\/05\/kenya-la-reinstallation-des-commercants-a-nairobi-toujours-confrontee-a-des-problemes\/","title":{"rendered":"KENYA: La r\u00e9installation des commer\u00e7ants \u00e0 Nairobi toujours confront\u00e9e \u00e0 des probl\u00e8mes"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 5 mai (IPS) &#8211; Le commerce de Jackson Gitonga a souffert pendant les r\u00e9centes violences post-\u00e9lectorales. Il ne pouvait pas quitter sa maison pour vendre ses marchandises &#8212; des chaussures d&#39;occasion qui, dit-il, sont de grande qualit\u00e9. Il a enregistr\u00e9 une perte pour la premi\u00e8re fois depuis qu&#39;il avait commenc\u00e9 \u00e0 travailler en tant que commer\u00e7ant informel, il y a trois ans.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais ce revers ne l&#39;a pas d\u00e9courag\u00e9. &quot;Voici une bonne affaire&quot;, souligne l&#39;homme mari\u00e9 \u00e2g\u00e9 de 30 ans. En moyenne, il r\u00e9alise un profit de 2.000 shillings kenyans par jour (30 dollars). &quot;Un jour tr\u00e8s chanceux, je pouvais m\u00eame obtenir un profit de 5.000 shillings (76 dollars). J&#39;ai achet\u00e9 une voiture et un terrain par le colportage&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Gitonga \u00e0 IPS.  &quot;Je conduisais une charrette \u00e0 bras vers et en provenance du march\u00e9 de Gikomba. Mais un ami \u00e0 moi m&#39;a montr\u00e9 ce commerce lucratif qui me donne actuellement mon pain quotidien&quot;. Gitonga vend des chaussures qui sont &quot;presque aussi bonnes que des neuves&quot;, ce qui fait qu&#39;elles sont co\u00fbteuses.   Il est l&#39;un des colporteurs qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9s du quartier central d&#39;affaires (CBD) de Nairobi vers le nouveau march\u00e9 pour les commer\u00e7ants informels appel\u00e9 march\u00e9 de Muthurwa. Il ne se plaint pas puisque son commerce continue de prosp\u00e9rer.   Toutefois, la plupart des colporteurs luttaient contre ce d\u00e9m\u00e9nagement depuis plusieurs ann\u00e9es, comme \u00e9tant mauvais pour leurs affaires d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9caires. Joel Maina sent que son \u00e9ventaire \u00e9tait plus anim\u00e9 dans le CBD. Il ne voulait pas se d\u00e9placer, en partie parce que le terminus de l&#39;autobus au march\u00e9 de Muthurwa n&#39;\u00e9tait pas pr\u00eat, ce qui signifiait qu&#39;il n&#39;y avait pas assez de clients.  &quot;Cela fait 10 ans que je colporte et j&#39;ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 plusieurs fois par (la s\u00e9curit\u00e9) du conseil municipal. Au moins maintenant, j&#39;ai une pause pour ce jeu du chat et de la souris&quot;, affirme Maina, se r\u00e9f\u00e9rant au fait qu&#39;il a d\u00fb fuir les autorit\u00e9s pendant ces ann\u00e9es.<\/p>\n<p> Cette r\u00e9installation a \u00e9t\u00e9 en partie controvers\u00e9e \u00e0 cause de la m\u00e9thode du &quot;premier venu, premier servi&quot; utilis\u00e9e pour attribuer les \u00e9ventaires, ce que les commer\u00e7ants ont rejet\u00e9. Des colporteurs ont d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 le mois dernier, avec la question de places qui demeure une b\u00eate noire.  &quot;Nous dire de venir ici et de rivaliser pour obtenir la place, c&#39;est inviter la guerre. M\u00eame dans les rues, nous avons nos emplacements habituels et tous les colporteurs respectent cela&quot;, d\u00e9clare un colporteur de v\u00eatements connu sous le nom de Munge.  Le 17 mars, des troubles ont \u00e9clat\u00e9 entre des colporteurs et le personnel de s\u00e9curit\u00e9 du conseil municipal au sujet de l&#39;attribution des places. Les commer\u00e7ants ont exig\u00e9 un agrandissement du march\u00e9.<\/p>\n<p> Le march\u00e9 de Muthurwa est situ\u00e9 \u00e0 environ un kilom\u00e8tre et demi du CBD. Il s&#39;\u00e9tend sur une r\u00e9gion de deux kilom\u00e8tres carr\u00e9s, qui comprend \u00e9galement un terminus de l&#39;autobus. Le conseil municipal de Nairobi rapporte que ce march\u00e9 peut abriter jusqu&#39;\u00e0 8.000 colporteurs.<\/p>\n<p> Mais actuellement, plus de 12.000 personnes font le commerce dans ce march\u00e9. Il est \u00e9vident que le manque de place est un grand probl\u00e8me que conna\u00eet le march\u00e9.<\/p>\n<p> Lorsque la date limite pour les colporteurs de quitter le CBD est arriv\u00e9e \u00e0 expiration \u00e0 la mi-mars, des fonctionnaires du conseil municipal de Nairobi ont connu des moments difficiles dans l&#39;attribution des \u00e9ventaires \u00e0 cause d&#39;un nombre \u00e9crasant de colporteurs. A l&#39;aube, tous les \u00e9ventaires disponibles avaient \u00e9t\u00e9 pris.  Hosea Mole est arriv\u00e9 trop tard. &quot;Je me suis lev\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t pour \u00eatre au march\u00e9 \u00e0 six heures du matin. A ma grande surprise, des gens avaient en r\u00e9alit\u00e9 pass\u00e9 la nuit l\u00e0. Les places \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 longtemps prises \u00e0 l&#39;aube&quot;.   John Mwaura, qui colporte des bonbons et diff\u00e9rents articles, affirme : &quot;Depuis que j&#39;ai termin\u00e9 le cours secondaire il y a huit ans, je suis un colporteur. Je n&#39;ai jamais eu un autre emploi, parce que je n&#39;ai jamais eu une chance ailleurs. J&#39;ai une famille et gagne environ 3.000 shillings (environ 40 dollars) par mois&quot;.<\/p>\n<p> &quot;Pourquoi nous dire de venir ici, o\u00f9 nous ne pouvons m\u00eame pas obtenir une place? Comment obtenir cet argent? Veulent-ils que j&#39;aille voler pour gagner ma vie?&quot;, demande Mwaura.<\/p>\n<p> Anthony Wanyonyi est un p\u00e8re de deux enfants qui gagne jusqu&#39;\u00e0 5.000 shillings (76 dollars) par mois en vendant de petits produits \u00e9lectroniques. &quot;Il n&#39;y a pas assez de places \u00e0 Muthurwa pour nous abriter tous&quot;, d\u00e9plore-t-il.  &quot;Une place attribu\u00e9e pour 100 shillings (1,5 dollar) ne peut pas abriter toutes mes marchandises, alors je dois acheter deux autres places. Ceci est tr\u00e8s cher et me co\u00fbtera mes profits. Je serai oblig\u00e9 de payer 300 shillings (4,5 dollars) par jour pour \u00eatre en mesure d&#39;exposer toutes mes marchandises&quot;, a dit ce vendeur de petits produits \u00e9lectroniques.   Il ne peut payer que jusqu&#39;\u00e0 25 shillings (environ 0,5 dollar). Le conseil municipal a depuis r\u00e9duit le montant \u00e0 50 shillings par jour apr\u00e8s que des commer\u00e7ants ont envoy\u00e9 une p\u00e9tition au gouvernement.  Des femmes commer\u00e7antes connaissent le harc\u00e8lement, ce qui effraie certaines. Elles ont vu leurs habits se d\u00e9chirer et d&#39;autres ont \u00e9t\u00e9 battues en r\u00e9clamant une place. Mama Maina est une vendeuse de v\u00eatements d&#39;occasion, qui gagne jusqu&#39;\u00e0 6.000 shillings (90 dollars) par mois.  Elle a \u00e9t\u00e9 harcel\u00e9e par un groupe d&#39;hommes dans le march\u00e9, lui faisant abandonner la place pour laquelle elle avait d\u00e9j\u00e0 pay\u00e9. Toutefois, elle continuera avec ce commerce dans le nouveau march\u00e9, mais elle ajoute vite que si on lui donnait l&#39;occasion, elle retournerait plut\u00f4t au CBD. Elle devra travailler plus dur pour payer la redevance de 50 shillings.   La corruption semble \u00e9galement avoir fait sa r\u00e9apparition. &quot;Des gens qui se font passer pour des colporteurs occupent jusqu&#39;\u00e0 huit \u00e9tals, qu&#39;ils sous-louent ensuite. Nous ne les reconnaissons pas&quot;, regrette Martin Mulwanza. &quot;Ils ne sont pas s\u00e9rieux. Des colporteurs se connaissent et nous ne connaissons pas certains de ces gens&quot;.  Cette situation va \u00e0 l&#39;encontre de l&#39;id\u00e9e fondamentale qui sous-tend ce march\u00e9. Lors du d\u00e9marrage des travaux de construction en d\u00e9cembre 2006, le ministre de l&#39;Administration locale d&#39;alors, Musikari Kombo, a d\u00e9clar\u00e9 que le march\u00e9 serait vraiment un &quot;bazar des colporteurs&quot;, d\u00e9pourvu de cartels, d&#39;interm\u00e9diaires et de courtiers.<\/p>\n<p> Pendant que les colporteurs r\u00e9solvent leurs probl\u00e8mes, des propri\u00e9taires d&#39;entreprises dans le CBD sont plus contents. Ils se plaignent d&#39;avoir \u00e9t\u00e9 pendant longtemps d\u00e9rang\u00e9s et consid\u00e8rent alors comme une am\u00e9lioration le fait que ces commer\u00e7ants aient \u00e9t\u00e9 &quot;chass\u00e9s&quot; des rues de la ville.  Mary Njeri, qui fait un commerce de v\u00eatements \u00e0 partir d&#39;un \u00e9ventaire dans la rue Ronald Ngala, estime que le d\u00e9m\u00e9nagement n&#39;aurait pas pu \u00eatre plus opportun. &quot;Ils bloquent le trottoir avec leurs marchandises, emp\u00eachant nos clients de s&#39;approcher. Plusieurs ne peuvent pas acc\u00e9der \u00e0 l&#39;endroit parce qu&#39;ils \u00e9talent leurs biens partout&quot;, d\u00e9plore-t-elle.  &quot;Ceci est injuste pour ceux d&#39;entre nous qui payent des taxes pour notre commerce. Le leur est un jeu du chat et de la souris pour se d\u00e9rober \u00e0 la taxe. Que le commerce soit juste&quot;, di-t-elle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 5 mai (IPS) &#8211; Le commerce de Jackson Gitonga a souffert pendant les r\u00e9centes violences post-\u00e9lectorales. Il ne pouvait pas quitter sa maison pour vendre ses marchandises &#8212; des chaussures d&#39;occasion qui, dit-il, sont de grande qualit\u00e9. 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