{"id":3890,"date":"2008-04-29T13:40:01","date_gmt":"2008-04-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/04\/29\/developpement-burkina-faso-le-riz-nerica-une-realite-dans-la-vallee-de-bagre\/"},"modified":"2008-04-29T13:40:01","modified_gmt":"2008-04-29T13:40:01","slug":"developpement-burkina-faso-le-riz-nerica-une-realite-dans-la-vallee-de-bagre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/04\/29\/developpement-burkina-faso-le-riz-nerica-une-realite-dans-la-vallee-de-bagre\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-BURKINA FASO: Le riz NERICA, une r\u00e9alit\u00e9 dans la vall\u00e9e de Bagr\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>BAGRE, sud-est du Burkina Faso, 29 avr (IPS) &#8211; La vall\u00e9e de Bagr\u00e9, dans le sud-est du Burkina Faso, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 c\u00e9l\u00e8bre pour le riz local qui y est produit quand, en 2006, des chercheurs y ont introduit le &#39;New Rice for Africa&#39; (NERICA), imm\u00e9diatement adopt\u00e9 par la plupart des producteurs.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&quot;Les producteurs de Bagr\u00e9 commencent de plus en plus \u00e0 cultiver le NERICA parce qu&#39;au rendement, il est meilleur que les autres vari\u00e9t\u00e9s de riz. De plus, il est tr\u00e8s nourrissant&quot;, d\u00e9clare Ernest Yoda, pr\u00e9sident de l&#39;Union des groupements de producteurs de riz de Bagr\u00e9 (UGPRB) qui compte actuellement 1.630 membres.  Ce nouveau riz, issu du croisement d&#39;un riz asiatique et d&#39;un riz africain, donne en moyenne sept tonnes \u00e0 l&#39;hectare contre quatre \u00e0 cinq tonnes pour les autres vari\u00e9t\u00e9s, pr\u00e9cise Yoda.  Bagr\u00e9 est une immense vall\u00e9e irrigu\u00e9e qui d\u00e9pend du barrage du m\u00eame nom, \u00e9rig\u00e9 en 1994, sur le fleuve Nakamb\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la coop\u00e9ration ta\u00efwanaise.  Environ 600 hectares de terres sur la rive gauche du Nakamb\u00e9, 1.000 hectares sur la rive droite, sont irrigu\u00e9es et mises \u00e0 la disposition des producteurs de riz depuis 1996 par la Ma\u00eetrise d&#39;ouvrage de Bagr\u00e9, l&#39;autorit\u00e9 qui g\u00e8re le barrage de Bagr\u00e9. Depuis lors, Bagr\u00e9 est devenu une localit\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre pour son riz.  &quot;Les gens mettent d&#39;autres riz dans des sacs de riz de Bagr\u00e9, et les vendent sur le march\u00e9 comme \u00e9tant du riz (local) de Bagr\u00e9&quot;, raconte Yoda \u00e0 IPS, pour signifier que &quot;le riz de Bagr\u00e9 est un riz de bonne qualit\u00e9, adopt\u00e9 par toute la population du Burkina Faso&quot;.  Ils en \u00e9taient l\u00e0 quand, en 2006, les gens de Bagr\u00e9 d\u00e9couvrent le NERICA, et se mettent \u00e0 le cultiver progressivement. En 2008, soit deux ans apr\u00e8s son introduction \u00e0 Bagr\u00e9, le NERICA est d\u00e9j\u00e0 cultiv\u00e9 par un grand nombre de producteurs de la localit\u00e9, selon Yoda.  &quot;Nous, producteurs, sommes contents du NERICA. Presque tous les producteurs de Bagr\u00e9 ont d\u00e9j\u00e0 exp\u00e9riment\u00e9 le NERICA et nous sommes satisfaits du r\u00e9sultat&quot;, affirme Zacan\u00e9 Mahamoudou, producteur de riz \u00e0 Bagr\u00e9.  Ceci explique la forte demande de semences de NERICA. &quot;La demande en semences de NERICA ne fait qu&#39;augmenter chaque ann\u00e9e. En cette premi\u00e8re saison de 2008, nous les semenciers de Bagr\u00e9 avons produit environ 24 tonnes de semences&quot;, confie \u00e0 IPS, Gouba Bomini, pr\u00e9sident de l&#39;association des semenciers de Bagr\u00e9.  A raison de 45 kilogrammes de semences pour emblaver une superficie d&#39;un hectare de riz, explique-t-il avec IPS, on peut dire que les producteurs de Bagr\u00e9 ont cultiv\u00e9, pour la premi\u00e8re saison de 2008, environ 533 hectares de NERICA.  Au regard du rendement moyen du NERICA qui est de sept tonnes \u00e0 l&#39;hectare, les producteurs peuvent r\u00e9colter mieux s&#39;ils ont utilis\u00e9 les engrais sp\u00e9cifiques. Ils peuvent esp\u00e9rer, pour la premi\u00e8re r\u00e9colte de 2008 &#8212; ils en font deux par an &#8212; un rendement minimum de 3.731 tonnes de NERICA. Une saison peut durer environ six mois, mais quatre mois suffisent \u00e0 cette vari\u00e9t\u00e9 pour m\u00fbrir.   Le NERICA se vend sur le march\u00e9 entre 250 et 300 francs CFA le kilo (entre 0,5 et 0,7 dollar environ) tout comme le riz import\u00e9. Pour un hectare de NERICA cultiv\u00e9, Kabin\u00e9 Dassouman\u00e9, un producteur de Bagr\u00e9 affirme qu&#39;il gagne un &quot;b\u00e9n\u00e9fice net d&#39;environ 200.000 FCFA&quot; (environ 476 dollars).<\/p>\n<p> &quot;A ce rythme, le Burkina Faso sera autosuffisant en riz d&#39;ici \u00e0 la fin 2009&quot;, affirme Dr Zacharie Segda, un p\u00e9dologue agro-\u00e9conomiste en service \u00e0 l&#39;Institut de l&#39;environnement et de recherches agricoles (INERA).  Le Burkina &quot;importe chaque ann\u00e9e environ 300.000 tonnes de riz pour sa consommation locale pour une d\u00e9pense chiffr\u00e9e \u00e0 quelque 40 milliards FCFA&quot; (environ 95,2 millions de dollars), a indiqu\u00e9 Segda, ajoutant : &quot;Un milliard (2,3 millions de dollars) seulement de cette somme suffirait pour d\u00e9velopper le NERICA et donner au Burkina son autosuffisance en riz&quot;.  L&#39;Etat burkinab\u00e9 pr\u00e9voit de porter les superficies irrigu\u00e9es, gr\u00e2ce au barrage de Bagr\u00e9, \u00e0 30.000 hectares, les \u00e9tendant jusqu&#39;\u00e0 la fronti\u00e8re avec le Ghana, au sud du pays, explique Segda.  Toutefois, le NERICA produit \u00e0 Bagr\u00e9 est une vari\u00e9t\u00e9 des bas-fonds, diff\u00e9rente de celle qui se cultive dans d&#39;autres pays voisins du Burkina Faso, en Afrique de l&#39;ouest. Par exemple au B\u00e9nin, le NERICA a enthousiasm\u00e9 les producteurs parce que la vari\u00e9t\u00e9 qui leur est propos\u00e9e n&#39;a pas besoin de bas-fonds pour pousser. Elle peut se cultiver sur une terre ferme arros\u00e9e par la pluie, comme le ma\u00efs.<\/p>\n<p> Les difficult\u00e9s de la fili\u00e8re du riz, selon Segda, c&#39;est qu&#39;elle &quot;n&#39;est pas encore tr\u00e8s bien organis\u00e9e comme la fili\u00e8re du coton, par exemple&quot;. Les producteurs ne disposent pas d&#39;engrais sp\u00e9cifiques au NERICA et la fili\u00e8re ne b\u00e9n\u00e9ficie pas encore de toute l&#39;attention requise de la part de l&#39;Etat burkinab\u00e9.  Le gouvernement burkinab\u00e9 a affect\u00e9 en 2008, par exemple, environ 15,4 millions de dollars au secteur du coton, et presque rien au NERICA, d\u00e9plore Segda.  En outre, la plupart des producteurs travaillent encore \u00e0 la main et les pieds nus dans les rizi\u00e8res. &quot;Seuls les plus fortun\u00e9s d&#39;entre nous travaillent \u00e0 la charrue et portent des bottes&quot;, se plaint Mahamoudou. &quot;Et quand la maladie arrive, on dit que c&#39;est Dieu qui l&#39;envoie; on ne pense pas que c&#39;est la rizi\u00e8re qui nous rend malades&quot;, ironise-t-il.  Et pourtant, les r\u00e9sultats obtenus \u00e0 Bagr\u00e9 ont d\u00e9j\u00e0 convaincu des institutions internationales qui comptent utiliser les r\u00e9alisations de Bagr\u00e9 pour plaider pour une meilleure assistance \u00e0 l&#39;Afrique, notamment au cours de la prochaine conf\u00e9rence des chefs d&#39;Etat d&#39;Afrique et du Japon, pr\u00e9vue \u00e0 Yokohama, au Japon, vers la fin de mai prochain.  &quot;Ce que j&#39;ai vu ici \u00e0 Bagr\u00e9 est tr\u00e8s impressionnant. Cela s&#39;inscrit parfaitement dans cette perspective d&#39;une Afrique qui gagne, une Afrique qui donne des r\u00e9sultats et qui montre qu&#39;elle est en marche&quot;, se r\u00e9jouit Nicholas Gouede, sp\u00e9cialiste de programme aupr\u00e8s de la Conf\u00e9rence internationale de Tokyo sur le d\u00e9veloppement de l&#39;Afrique (TICAD).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BAGRE, sud-est du Burkina Faso, 29 avr (IPS) &#8211; La vall\u00e9e de Bagr\u00e9, dans le sud-est du Burkina Faso, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 c\u00e9l\u00e8bre pour le riz local qui y est produit quand, en 2006, des chercheurs y ont introduit le &#39;New&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/04\/29\/developpement-burkina-faso-le-riz-nerica-une-realite-dans-la-vallee-de-bagre\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":122,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1,21,29],"tags":[],"class_list":["post-3890","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-science-technologie","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3890","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/122"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3890"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3890\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3890"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3890"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3890"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}