{"id":3826,"date":"2008-03-03T13:40:01","date_gmt":"2008-03-03T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/03\/03\/economie-kenya-au-milieu-de-la-crise-politique-des-penuries-de-vivres-menacent\/"},"modified":"2008-03-03T13:40:01","modified_gmt":"2008-03-03T13:40:01","slug":"economie-kenya-au-milieu-de-la-crise-politique-des-penuries-de-vivres-menacent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/03\/03\/economie-kenya-au-milieu-de-la-crise-politique-des-penuries-de-vivres-menacent\/","title":{"rendered":"ECONOMIE-KENYA: Au milieu de la crise politique, des p\u00e9nuries de vivres menacent"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 3 mars (IPS) &#8211; Elizabeth Mutai, une productrice du fruit de la passion dans le district de Keiyo dans la Vall\u00e9e du Rift, au Kenya, est pr\u00e9occup\u00e9e. Les ventes de cette culture ont consid\u00e9rablement baiss\u00e9 depuis l&#39;\u00e9clatement des violences suite \u00e0 l&#39;\u00e9lection tenue en d\u00e9cembre 2007.  <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&quot;J&#39;ai plant\u00e9 trois demi-hectares de fruit de la passion et maintenant, je dois jeter le fruit aux vaches&quot;, se lamente-elle.<\/p>\n<p> La baisse de la demande int\u00e9rieure a vu des commer\u00e7ants des pays voisins profiter de la crise.<\/p>\n<p> Selon Mutai, &quot;des commer\u00e7ants transfrontaliers profitent de la situation. Ils insistent pour acheter un kilogramme \u00e0 un prix perdu de 5 shillings (0,07 dollar). Ils vendent ensuite le fruit, r\u00e9ussissant un beau coup \u00e0 150 shillings (2,2 dollars) par kilogramme&quot;.<\/p>\n<p> Le r\u00e9sultat est que le m\u00e9nage de Mutai se bat pour acheter des vivres. L&#39;\u00e9ducation de ses enfants a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement affect\u00e9e. Elle a deux \u00e9tudiants \u00e0 l&#39;universit\u00e9 dans sa maison, qui doivent reprendre leurs \u00e9tudes, mais elle ne peut pas supporter les frais.<\/p>\n<p> Le producteur de ma\u00efs, Kimosop Kimetto, se plaint des co\u00fbts des intrants. &quot;L&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, le diesel co\u00fbtait 60 shillings le litre (0,9 dollar), mais maintenant, nous devons payer 81 shillings par litre (1,2 dollar)&quot;. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement touch\u00e9 durement par des prix d&#39;engrais \u00e9lev\u00e9s.  &quot;Si l&#39;engrais demeure ainsi cher, les agriculteurs se rabattront sur la m\u00e9thode traditionnelle de bouse de vaches qui r\u00e9duira le rendement&quot;, ajoute-il.<\/p>\n<p> Raymond Sande, un producteur de ma\u00cfs \u00e0 Keiyo, souffre d&#39;une situation similaire. &quot;Le prix des intrants agricoles a tripl\u00e9&quot; depuis le d\u00e9but du conflit, d\u00e9clare-t-il. &quot;Des agriculteurs d&#39;ici ne feront plus des affaires si quelque chose ne se fait pas de fa\u00e7on urgente&quot;.<\/p>\n<p> Il utilise l&#39;engrais du phosphate pour la culture du ma\u00efs. &quot;L&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, j&#39;ai d\u00e9pens\u00e9 1.500 shillings (20 dollars) sur l&#39;engrais. Cette ann\u00e9e, je suis en train de d\u00e9penser plus du double de cela. Il n&#39;y a aucun profit \u00e0 esp\u00e9rer. Le minist\u00e8re de l&#39;Agriculture devrait faire quelque chose dans l&#39;urgence&quot;, estime Sande.  &quot;Nous voulons un ministre qui r\u00e9soudra nos probl\u00e8mes&quot;, observe Francis Rono, un producteur de bl\u00e9 \u00e0 Kitale qui s&#39;\u00e9tend dans le nord de la Vall\u00e9e du Rift. Cette r\u00e9gion, une partie de la principale productrice de vivres du pays, est l&#39;une des r\u00e9gions affect\u00e9es par l&#39;instabilit\u00e9 politique.  Mais, les malheurs des agriculteurs sont davantage aggrav\u00e9s par le fait qu&#39;il n&#39;y a aucun ministre en charge de l&#39;agriculture actuellement. Apr\u00e8s l&#39;annonce des r\u00e9sultats de l&#39;\u00e9lection g\u00e9n\u00e9rale contest\u00e9e du 27 d\u00e9cembre, le pr\u00e9sident Mwai Kibaki a mis sur pied un petit cabinet avec 10 minist\u00e8res cl\u00e9s qui y sont repr\u00e9sent\u00e9s. L&#39;agriculture ne fait pas partie de ces 10 minist\u00e8res.<\/p>\n<p> Les statistiques montrent que les agriculteurs appr\u00eatent normalement plus de 30 pour cent de leurs terres pour le labour d\u00e8s janvier. Toutefois, seulement 10 pour cent sont actuellement pr\u00eats. Des expulsions des terres ainsi que l&#39;indisponibilit\u00e9 des intrants et \u00e9quipements agricoles ont conduit \u00e0 cette situation.<\/p>\n<p> Des p\u00e9nuries de vivres menacent comme la production du bl\u00e9 et du ma\u00efs a baiss\u00e9. Certains agriculteurs n&#39;avaient pas termin\u00e9 de moissonner la culture de la derni\u00e8re saison avant que les violences n&#39;\u00e9clatent. La destruction s&#39;est \u00e9largie aux magasins qui ont \u00e9t\u00e9 ras\u00e9s.<\/p>\n<p> Les r\u00e9serves de ma\u00efs sont insuffisantes. L&#39;Office national des c\u00e9r\u00e9ales et des produits alimentaires dispose de 430.000 tonnes de ma\u00efs dans ses r\u00e9serves strat\u00e9giques &#8212; assez pour survivre seulement au cours du premier trimestre de l&#39;ann\u00e9e.   Catherine Wanjiru, une habitante de Nairobi, a parl\u00e9 de choc par rapport \u00e0 la mani\u00e8re rapide dont les prix des vivres sont mont\u00e9s en fl\u00e8che.  &quot;J&#39;ai d\u00fb r\u00e9duire mon budget du mois pass\u00e9 parce que les prix de presque tous les produits de base ont augment\u00e9 de deux ou trois shillings&quot;, explique-t-elle.  Pendant que les rayons des cha\u00eenes de supermarch\u00e9s locaux \u00e0 Nairobi demeurent bien approvisionn\u00e9s, des rumeurs circulent que des commer\u00e7ants cachent leurs marchandises pour anticiper sur une inflation massive des prix. Des messages comme &quot;achetez assez de r\u00e9serves pour tenir jusqu&#39;\u00e0 la fin de vos jours comme vous ne savez jamais ce qui viendra par la suite&quot; sont en train de circuler.  Mama Mon&#39;gina, une commer\u00e7ante au march\u00e9 de Kawangware, l&#39;un des plus grands march\u00e9s de Nairobi, d\u00e9clare qu&#39;elle est en mesure d&#39;obtenir des biens comme d&#39;habitude. Cette m\u00e8re de six enfants vend des l\u00e9gumes verts traditionnels qu&#39;elle ach\u00e8te aux agriculteurs dans la p\u00e9riph\u00e9rie de la ville.  &quot;Je quitte t\u00f4t le matin pour Wangige o\u00f9 je fais les provisions. Elles sont fra\u00eeches. Les agriculteurs ne peuvent pas stocker leurs produits agricoles parce qu&#39;ils sont p\u00e9rissables. Ils sont seulement chanceux de nous avoir, nous les acheteurs, parce que leurs biens sont en train de pourrir dans les fermes. Il n&#39;y a personne pour acheter ces choses parce que des gens sont en train de limiter leurs mouvements suite aux violences post-\u00e9lectorales&quot;.<\/p>\n<p> Avec la perturbation des services de transport, il est plus difficile de se d\u00e9placer d&#39;un endroit \u00e0 un autre.<\/p>\n<p> Pendant ce temps, un rapport publi\u00e9 par le Programme alimentaire mondial, l&#39;Agence des Etats-Unis pour le d\u00e9veloppement international et le syst\u00e8me d&#39;avertissement du gouvernement au d\u00e9but de l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re ont averti que des pluies limit\u00e9es et la faible perspective de plus de pluies aggraveraient les p\u00e9nuries de vivres.<\/p>\n<p> La mise \u00e0 jour alimentaire de f\u00e9vrier indique qu&#39;il pourrait y avoir de s\u00e9rieuses p\u00e9nuries de vivres \u00e0 cause des violences post-\u00e9lectorales qui ont touch\u00e9 en grande partie les principales r\u00e9gions productrices de vivres de la Vall\u00e9e du Rift et des provinces de l&#39;ouest.<\/p>\n<p> Plus de 1.000 personnes sont mortes dans les \u00e9chauffour\u00e9es post-\u00e9lectorales qui ont \u00e9galement d\u00e9plac\u00e9 300.000 personnes. Les Kenyans appellent \u00e0 une rapide r\u00e9solution du probl\u00e8me.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 3 mars (IPS) &#8211; Elizabeth Mutai, une productrice du fruit de la passion dans le district de Keiyo dans la Vall\u00e9e du Rift, au Kenya, est pr\u00e9occup\u00e9e. 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