{"id":3823,"date":"2008-02-28T13:40:01","date_gmt":"2008-02-28T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/02\/28\/travail-congo-malgre-leurs-critiques-des-jeunes-affluent-sur-les-chantiers-chinois\/"},"modified":"2008-02-28T13:40:01","modified_gmt":"2008-02-28T13:40:01","slug":"travail-congo-malgre-leurs-critiques-des-jeunes-affluent-sur-les-chantiers-chinois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/02\/28\/travail-congo-malgre-leurs-critiques-des-jeunes-affluent-sur-les-chantiers-chinois\/","title":{"rendered":"TRAVAIL-CONGO: Malgr\u00e9 leurs critiques, des jeunes affluent sur les chantiers chinois"},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 28 f\u00e9v (IPS) &#8211; Tous les matins, un groupe de jeunes s&#39;agglutinent t\u00f4t \u00e0 l&#39;entr\u00e9e d&#39;une entreprise chinoise qui r\u00e9habilite le si\u00e8ge d\u00e9partemental de la Soci\u00e9t\u00e9 nationale des p\u00e9troles du Congo (SNPC), en plein centre de Brazzaville, la capitale du Congo.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;C&#39;est comme \u00e7a tous les matins. Nous ne savons pas si nous aurons du travail. Mais avec les Chinois, on peut toujours esp\u00e9rer faire quelque chose, et gagner un peu d&#39;argent&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Firmin Oyengu\u00e9, un jeune de 25 ans environ, sans emploi et sans qualification, conduit sur le chantier par un ami.  &#8220;Cela fait une semaine que je viens ici, on ne recrute que des ma\u00e7ons qualifi\u00e9s, je suis menuisier. Mais avec un peu de patience, je finirai bien par \u00eatre embauch\u00e9. J&#39;ai d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 dans une soci\u00e9t\u00e9 chinoise au palais des affaires \u00e9trang\u00e8res (\u00e0 Brazzaville)&#8221;, indique Alain Youlou, 40 ans, un ancien ouvrier des Chinois, aujourd&#39;hui en qu\u00eate d&#39;un nouvel emploi.<\/p>\n<p> &#8220;Les enfants sont malheureux! Comment se bousculent-ils avec ces salaires de mis\u00e8re (environ 30 dollars) par mois et en plus, ils n&#39;ont pas de s\u00e9curit\u00e9 sociale ni de retraite pay\u00e9e. Vraiment c&#39;est triste&#8221;, s&#39;exclame \u00e0 IPS, Josephine Ayou, une enseignante \u00e0 la retraite.<\/p>\n<p> Depuis la fin 2006, les Brazzavillois courent apr\u00e8s les chantiers chinois esp\u00e9rant trouver du travail. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est important tant dans la capitale que dans les provinces, \u00e0 cause du ch\u00f4mage qui touche la majorit\u00e9 des jeunes. &#8220;Le ch\u00f4mage touche jusqu&#39;\u00e0 35 pour cent des jeunes, et c&#39;est \u00e9norme pour un pays riche (en p\u00e9trole) comme le n\u00f4tre&#8221;, explique \u00e0 IPS, Jean Kimbembe, de l&#39;Office national de l&#39;emploi et de la main-d&#39;\u0153uvre (ONEMO).  Pourtant, r\u00e9cemment encore, les jeunes boudaient l&#39;embauche sur les chantiers chinois \u00e0 cause des maigres salaires et de la duret\u00e9 des t\u00e2ches. &#8220;Nous travaillons du matin au soir, et nous sommes relay\u00e9s par d&#39;autres qui bossent toute la nuit. A la fin du mois, c&#39;est 60 ou 80 dollars qu&#39;on vous tend&#8221;, se plaint Youlou qui ajoute : &#8220;C&#39;est mieux que rien&#8221;.<\/p>\n<p> Au Congo, le salaire minimum est de 84 dollars. Jusqu&#39;en 2006, 76,8 pour cent des fonctionnaires de l&#39;Etat avaient des salaires mensuels compris entre 80 et 300 dollars. Mais en d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e, le pr\u00e9sident congolais Denis Sassou Nguesso avait annonc\u00e9 la hausse du salaire minimum \u00e0 160 dollars.  &#8220;C&#39;est vrai que les Chinois donnent du travail aux jeunes, mais ils payent tr\u00e8s mal. Un ing\u00e9nieur des travaux, qui gagne 500 dollars \u00e0 la fonction publique ou plus dans certaines soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es, ne touche que 90 dollars par mois chez les Chinois&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Pierrette Moutsinga, \u00e9tudiante en sociologie \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 Marien Ngouabi de Brazzaville.  Le ch\u00f4mage end\u00e9mique, qui touche la population active du pays, ne laisse pas le choix aux jeunes. L&#39;embauche chez les Chinois se passe souvent sans trop d&#39;exigence. Plus de 65 pour cent des trois millions des Congolais sont actifs, selon une enqu\u00eate sur la pauvret\u00e9 dans les m\u00e9nages en juillet 2007, publi\u00e9e par le gouvernement.  Depuis la fin de la guerre civile de 1997-1998, les entreprises chinoises sont partout pr\u00e9sentes au Congo. Elles raflent les offres de march\u00e9s, notamment dans la construction de grands buildings et stades. D&#39;autres Chinois sont dans le commerce, l&#39;exploitation foresti\u00e8re et mini\u00e8re dans ce pays p\u00e9trolier d&#39;Afrique centrale.  S\u00e9raphin Malanda, chef des projets au minist\u00e8re du Plan, explique \u00e0 IPS : &#8220;Je crois que les Chinois ont deux atouts. Ils ont des offres plus basses o\u00f9 leur contre-partie d\u00e9passe m\u00eame ce que l&#39;Etat apporte&#8221;.  &#8220;Ensuite&#8221;, ajoute-t-il, &#8220;les Chinois sont \u00e0 la mode, ils sont capables de tout faire et en si peu de temps. C&#39;est le cas de la r\u00e9habilitation du si\u00e8ge de la SNPC o\u00f9 les Fran\u00e7ais ont voulu d\u00e9molir compl\u00e8tement l&#39;immeuble, et reconstruire un neuf avec 9 milliards de francs CFA (environ 20,2 millions de dollars). Mais les Chinois l&#39;ont r\u00e9habilit\u00e9 juste avec trois milliards (environ 6,7 millions de dollars)&#8221;.  Selon le rapport 2007 de l&#39;ONEMO, 19.586 jeunes ont demand\u00e9 un emploi, mais seuls 1.049 ont \u00e9t\u00e9 satisfaits, dont 126 dans des entreprises chinoises. &#8220;Il ne s&#39;agit que d&#39;un chiffre officiel car les soci\u00e9t\u00e9s chinoises s&#39;adressent rarement \u00e0 nous pour les embauches. Il y a assez du monde sur leurs chantiers et que nous ne contr\u00f4lons pas&#8221;, explique Kimbembe.  &#8220;Nous ne sommes au courant que quand ils (les ouvriers) sont victimes de violations du Code de travail, notamment les licenciements abusifs, l&#39;absence de contrat et de tr\u00e8s mauvaises conditions de travail&#8221;, souligne \u00e0 IPS, Azor Mahoungou, un inspecteur de travail. Les Chinois sont &#8220;tr\u00e8s n\u00e9gligents&#8221; en mati\u00e8re de l\u00e9gislation du travail. &#8220;Nous avons d\u00e9couvert des bas salaires de l&#39;ordre de 30 dollars&#8221;.  Selon Xu Xingyuan, le premier secr\u00e9taire du Bureau \u00e9conomique de l&#39;ambassade de Chine, environ 15 entreprises chinoises sont enregistr\u00e9es chez eux, dont deux dans les t\u00e9l\u00e9communications, et les autres dans le g\u00e9nie civil. &quot;Les maisons de commerce ne sont pas enregistr\u00e9es chez nous. Ce sont de petits particuliers qui se d\u00e9brouillent, ils ne repr\u00e9sentent rien en Chine&quot;, explique-t-il \u00e0 IPS.  &quot;Nous ne pouvons pas dire exactement le nombre des travailleurs congolais sur les chantiers chinois. Mais, nous avons une moyenne de cinq \u00e0 sept travailleurs congolais pour un travailleur chinois&quot;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> A Lout\u00e9t\u00e9, \u00e0 quelque 200 kilom\u00e8tres au sud-ouest de Brazzaville, les Chinois ont r\u00e9habilit\u00e9 en 2002 l&#39;usine de la Soci\u00e9t\u00e9 nouvelle des ciments du Congo. Dans cette usine d&#39;une capacit\u00e9 de 220.000 tonnes, les travailleurs sont quasiment trait\u00e9s comme des esclaves, affirme Jean Ndamba, un ancien syndicaliste de cette cimenterie. &#8220;Les manutentionnaires doivent soulever une tonne de ciment pour esp\u00e9rer gagner un dollar&#8221;.  &#8220;Le probl\u00e8me des Chinois \u00e0 Lout\u00e9t\u00e9 nous d\u00e9passe. Ils maltraitent les travailleurs; et quand on les interpelle, ils disent qu&#39;ils ne rendent compte qu&#39;aux hautes autorit\u00e9s. A ce moment-l\u00e0, on fait quoi?&#8221;, demande Jean-Marie Nkian, un inspecteur de travail et de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, \u00e0 Brazzaville.  Le chef de l&#39;Etat a visit\u00e9 en 2007 la cimenterie de Lout\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les travailleurs lui ont pos\u00e9 le probl\u00e8me des salaires, mais rien n&#39;a chang\u00e9 apr\u00e8s. Le Congo et la Chine ont sign\u00e9 en juin 2006 un accord cadre de partenariat.  Mais, Zhang Hui, un responsable de machines \u00e0 l&#39;usine chinoise de Lout\u00e9t\u00e9, rejette les all\u00e9gations port\u00e9es contre eux. &#8220;Tout ce qui se raconte n&#39;est pas vrai, nous payons les travailleurs r\u00e9guli\u00e8rement&#8221;, dit-il \u00e0 IPS, sans pr\u00e9ciser combien. &#8220;Les gens qui ne sont pas de l&#39;entreprise racontent trop de mauvaises choses contre nous, alors que quand il y a un probl\u00e8me, on le r\u00e8gle toujours ensemble&#8221;.<\/p>\n<p> La plupart des jeunes qui travaillent dans ces soci\u00e9t\u00e9s ont un niveau d&#39;\u00e9tude moyen ou sup\u00e9rieur acquis \u00e0 l&#39;universit\u00e9. Mais nombre d&#39;entre eux ne connaissant pas un m\u00e9tier pr\u00e9cis, ils apprennent rapidement sur le tas \u00e0 devenir ma\u00e7ons, m\u00e9caniciens, menuisiers ou ferrailleurs.  Pendant la campagne de l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2002, le pr\u00e9sident Sassou Nguesso avait promis de cr\u00e9er chaque ann\u00e9e 40.000 emplois pour les jeunes. Mais, le gouvernement annonce seulement le recrutement de 3.500 \u00e0 4.000 jeunes, et tous des dipl\u00f4m\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 28 f\u00e9v (IPS) &#8211; Tous les matins, un groupe de jeunes s&#39;agglutinent t\u00f4t \u00e0 l&#39;entr\u00e9e d&#39;une entreprise chinoise qui r\u00e9habilite le si\u00e8ge d\u00e9partemental de la Soci\u00e9t\u00e9 nationale des p\u00e9troles du Congo (SNPC), en plein centre de Brazzaville, la capitale&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/02\/28\/travail-congo-malgre-leurs-critiques-des-jeunes-affluent-sur-les-chantiers-chinois\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,11,10,1,20,29],"tags":[],"class_list":["post-3823","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-travail","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3823","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3823"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3823\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3823"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3823"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3823"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}