{"id":3764,"date":"2008-01-04T13:40:01","date_gmt":"2008-01-04T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/01\/04\/sante-congo-les-femmes-enceintes-redoutent-toujours-le-test-du-vih-sida\/"},"modified":"2008-01-04T13:40:01","modified_gmt":"2008-01-04T13:40:01","slug":"sante-congo-les-femmes-enceintes-redoutent-toujours-le-test-du-vih-sida","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/01\/04\/sante-congo-les-femmes-enceintes-redoutent-toujours-le-test-du-vih-sida\/","title":{"rendered":"SANTE-CONGO: Les femmes enceintes redoutent toujours le test du VIH\/SIDA"},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 4 jan (IPS) &#8211; Dans l&#39;unique couloir du Centre de sant\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 (CSI) de Bissita, situ\u00e9 dans le quartier Bacongo \u00e0 Brazzaville, la capitale du Congo, des femmes enceintes assises sur un long banc attendent le m\u00e9decin pour des consultations pr\u00e9natales. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Dans ce groupe bruyant, Sylvie Bakani (un nom d&#39;emprunt), visage inquiet, attend un b\u00e9b\u00e9 dans quelques semaines, alors que le test du VIH\/SIDA qu&#39;elle a r\u00e9alis\u00e9 depuis quelques mois s&#39;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 positif. &#8220;Je tiens \u00e0 sauver mon enfant&#8221;, dit-elle \u00e0 IPS, sans plus rien ajouter.<\/p>\n<p> &#8220;Le m\u00e9decin avait souhait\u00e9 qu&#39;elle fasse le test, lorsqu&#39;elle est arriv\u00e9e pour la premi\u00e8re fois au centre, \u00e0 trois mois de grossesse. Le test r\u00e9v\u00e9l\u00e9 positif, son mari l&#39;a rejet\u00e9e, l&#39;accusant d&#39;\u00eatre une prostitu\u00e9e. Avec le temps, elle a pris courage et vient quotidiennement aux pes\u00e9es&#8221;, explique \u00e0 IPS, Eug\u00e9nie Mbondji, la m\u00e8re de Sylvie.<\/p>\n<p> Mbondji assure que sa fille ne subissait pas de stigmatisation des autres femmes enceintes. Son cas de future m\u00e8re s\u00e9ropositive n&#39;est presque pas connu \u00e0 Bissita.  Dr Jean Angouono Moke, gyn\u00e9cologue et responsable national du projet de Pr\u00e9vention de la transmission de la m\u00e8re \u00e0 l&#39;enfant (PTME) explique \u00e0 IPS que ces femmes \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8res aux consultations pr\u00e9natales. &#8220;Il n&#39;y a pas de stigmatisation, elles sont toutes ensemble dans une parfaite ambiance. Nous ne pouvons pas \u00e9radiquer la contamination de la m\u00e8re \u00e0 l&#39;enfant, mais nous voulons r\u00e9duire le taux de transmission qui est encore de 6,2 pour cent chez nous&#8221;, dit-il.  Selon Angouono Moke, quelque 400 femmes s\u00e9ropositives enceintes ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7ues en 2006 dans les CSI du pays. &#8220;Il y a une pr\u00e9dominance des cas \u00e0 Brazzaville et \u00e0 Pointe-Noire, ville portuaire et capitale \u00e9conomique situ\u00e9e dans le sud de ce pays d&#39;Afrique centrale. Pour celles qui ont accouch\u00e9, le pourcentage de contamination des b\u00e9b\u00e9s varie entre 2 et 3 pour cent&#8221;, dit-il.<\/p>\n<p> Au Centre hospitalier de base de Talanga\u00ef, un quartier au nord de Brazzaville, 45 femmes enceintes s\u00e9ropositives sont suivies dans le service de maternit\u00e9. &#8220;Jusqu&#39;en novembre dernier, nous avons pu suivre 33 accouchements dont un seul b\u00e9b\u00e9 s\u00e9ropositif. La m\u00e8re de cet enfant n&#39;avait pas r\u00e9guli\u00e8rement suivi le traitement prescrit. Le b\u00e9b\u00e9 est actuellement suivi par le p\u00e9diatre de l&#39;h\u00f4pital pour 18 mois&#8221;, indique Dr Angouono Moke \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &#8220;Je n&#39;\u00e9tais pas s\u00fbre que mon enfant na\u00eetrait sans le SIDA. Aujourd&#39;hui, le petit a 10 mois, et se porte bien. Vraiment, si je n&#39;avais pas suivi les conseils des m\u00e9decins, je n&#39;aurais pas eu un enfant aussi jovial&#8221;, se satisfait Jeannine Obosso qui vient aux pes\u00e9es \u00e0 Talanga\u00ef.  Le Centre de traitement ambulatoire (CTA) de Brazzaville, qui ne re\u00e7oit que les malades du SIDA, a ouvert en 2007 un service PTME en raison de l&#39;affluence des cas. &#8220;Il s&#39;agit des femmes qui arrivent chez nous d\u00e9j\u00e0 enceintes. Nous sommes oblig\u00e9s de les suivre pour que le b\u00e9b\u00e9 ne soit pas contamin\u00e9&#8221;, explique \u00e0 IPS, une infirmi\u00e8re du CTA ayant requis l&#39;anonymat, en l&#39;absence des m\u00e9decins du centre en formation actuellement en France.  Le CTA suit actuellement 58 femmes enceintes s\u00e9ropositives. Jusqu&#39;en d\u00e9cembre, 16 accouchements ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s dans ce centre. &#8220;Tous les enfants sont s\u00e9ron\u00e9gatifs et nous continuons \u00e0 les suivre&#8221;, affirme l&#39;infirmi\u00e8re, ajoutant que le CTA a amorc\u00e9 les travaux de construction d&#39;un b\u00e2timent qui abritera la maternit\u00e9 des femmes s\u00e9ropositives. Le b\u00e2timent est financ\u00e9 par la Croix-Rouge fran\u00e7aise.  La prise en charge des femmes enceintes s\u00e9ropositives passe \u00e0 l&#39;\u00e9chelle nationale. On compte actuellement \u00e0 Brazzaville 14 CSI qui ont int\u00e9gr\u00e9 la prise en charge des femmes enceintes s\u00e9ropositives, de m\u00eame que dans les chefs-lieux des d\u00e9partements. Au total 98 m\u00e9decins prescripteurs et plus de 200 sages-femmes ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s pour suivre ces cas sp\u00e9cifiques dans les h\u00f4pitaux du pays.  Mais, plusieurs femmes enceintes h\u00e9sitent encore de se faire d\u00e9pister, redoutant de se retrouver s\u00e9ropositives et d&#39;\u00eatre rejet\u00e9es par leur mari, ou d&#39;\u00eatre victimes de stigmatisation dans leur quartier.  &#8220;Le pourcentage des femmes enceintes d\u00e9pist\u00e9es est tr\u00e8s faible. Nous voulons faire du cent pour cent. Malgr\u00e9 les sensibilisations, moins de 60 pour cent acceptent le d\u00e9pistage lors des consultations pr\u00e9natales, c&#39;est tr\u00e8s bas&#8221;, regrette Dr Angouono Moke. &#8220;Les femmes sont menac\u00e9es par leur mari au cas o\u00f9 elles feraient le d\u00e9pistage et que le test se r\u00e9v\u00e9lait positif. Malgr\u00e9 nos conseils, elles n&#39;acceptent pas, elles ont peur&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;J&#39;ai cinq mois de grossesse, mais je ne veux pas faire ce test. Je pr\u00e9f\u00e8re que cela se r\u00e9v\u00e8le plus tard \u00e0 l&#39;accouchement. Je ne supporterais pas \u00eatre enceinte et s\u00e9ropositive. En plus, mon mari et ses parents ne l&#39;admettront jamais&#8221;, avoue \u00e0 IPS, M\u00e9lanie Mbioka, une jeune institutrice \u00e0 Brazzaville.  Portant son b\u00e9b\u00e9, Obosso, s\u00e9ropositive, encourage les femmes \u00e0 faire le test de d\u00e9pistage. &#8220;Vraiment, j&#39;appelle les jeunes femmes enceintes \u00e0 faire le test. Si elles sont s\u00e9ropositives, les m\u00e9decins les suivront jusqu&#39;\u00e0 l&#39;accouchement. C&#39;est gr\u00e2ce \u00e0 leurs conseils que j&#39;ai eu cet enfant&#8221;, qu&#39;elle montre avec joie au reporter de IPS.  Depuis janvier 2007, le traitement du SIDA est gratuit au Congo-Brazzaville. D&#39;apr\u00e8s le gouvernement, quelque 150.000 malades ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s cette ann\u00e9e dans le pays. Selon une enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e en 2004 par la Banque mondiale, 4,2 pour cent des Congolais de Brazzaville sont malades du SIDA.  Malgr\u00e9 la gratuit\u00e9 des soins, certains examens de la PTME co\u00fbtent encore cher : entre 48 et 60 dollars pour le bilan biologique, alors que le traitement mensuel pendant la grossesse revient \u00e0 50 dollars. Et pour v\u00e9rifier la s\u00e9rologie de l&#39;enfant, il faut payer 20 dollars. Ces montants sont encore hors de port\u00e9e pour beaucoup de personnes au Congo.<\/p>\n<p> Selon une enqu\u00eate du gouvernement publi\u00e9e en juillet 2007, 51 pour cent des Congolais vivent avec moins d&#39;un dollar par jour. Ils \u00e9taient 70 pour cent, selon une \u00e9tude de la Banque mondiale en 2004. La population congolaise est estim\u00e9e \u00e0 environ trois millions d&#39;habitants.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 4 jan (IPS) &#8211; Dans l&#39;unique couloir du Centre de sant\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 (CSI) de Bissita, situ\u00e9 dans le quartier Bacongo \u00e0 Brazzaville, la capitale du Congo, des femmes enceintes assises sur un long banc attendent le m\u00e9decin pour des&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/01\/04\/sante-congo-les-femmes-enceintes-redoutent-toujours-le-test-du-vih-sida\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,13,11,1,4,30,29],"tags":[],"class_list":["post-3764","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-developpement","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3764","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3764"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3764\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3764"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3764"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3764"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}