{"id":3759,"date":"2007-12-31T13:40:01","date_gmt":"2007-12-31T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/12\/31\/sante-burkina-faso-des-associations-tentent-dassurer-leducation-des-enfants-seropositifs\/"},"modified":"2007-12-31T13:40:01","modified_gmt":"2007-12-31T13:40:01","slug":"sante-burkina-faso-des-associations-tentent-dassurer-leducation-des-enfants-seropositifs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/12\/31\/sante-burkina-faso-des-associations-tentent-dassurer-leducation-des-enfants-seropositifs\/","title":{"rendered":"SANTE-BURKINA FASO: Des associations tentent d&#39;assurer l&#39;\u00e9ducation des enfants s\u00e9ropositifs"},"content":{"rendered":"<p>BOBO-DIOULASSO, Burkina Faso, 31 d\u00e9c (IPS) &#8211; Elys\u00e9e Kon\u00e9 (un nom d&#39;emprunt), n\u00e9 s\u00e9ropositif, et aujourd&#39;hui \u00e2g\u00e9 de 17 ans, n&#39;a pas de souci de sant\u00e9. Dans la ville de Bobo-Dioulasso (sud-ouest du Burkina Faso) o\u00f9 il vit, il est plut\u00f4t tourment\u00e9 par un manque de moyens financiers qui pourrait le forcer \u00e0 rester \u00e0 la maison cette ann\u00e9e scolaire.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Je veux avoir des enfants et travailler; mais pour avoir des enfants, il faut une femme; pour avoir une femme, il faut des moyens d&#39;abord; pour avoir les moyens, il faut travailler; mais avant tout, il faut aller \u00e0 l&#39;\u00e9cole&#8221;, d\u00e9clare Elys\u00e9e \u00e0 IPS. &#8220;Apr\u00e8s l&#39;appel (\u00e0 l&#39;\u00e9cole), nous qui ne sommes pas inscrits par manque de moyens (financiers) sommes mis \u00e0 la porte. J&#39;ai pens\u00e9 \u00e0 prendre des cours du soir cette ann\u00e9e&#8221;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Elys\u00e9e fait partie des 140 enfants n\u00e9s s\u00e9ropositifs et pris en charge par l&#39;Association de lutte contre le SIDA R+ (R\u00eave plus) bas\u00e9e \u00e0 Bobo-Dioulasso, la deuxi\u00e8me ville de ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest. En tout 88 d&#39;entre eux sont sous traitement anti-r\u00e9troviral. Au total 693 enfants infect\u00e9s ou orphelins de SIDA &#8212; dont des nourrissons &#8212; sont pris en charge par l&#39;association.<\/p>\n<p> &#8220;Ce sont des enfants qui ont envie de vivre. Je suis choqu\u00e9e de savoir qu&#39;ils n&#39;ont pas les moyens qui pouvaient transformer leur destin en quelque chose de souhaitable pour tout enfant qui vient au monde&#8221;, se plaint Martine Somda, pr\u00e9sidente de l&#39;association R+. &#8220;Ils sont n\u00e9s dans un contexte et se sentent confront\u00e9s \u00e0 tous les d\u00e9fis en m\u00eame temps : la pauvret\u00e9, la maladie, l&#39;alimentation, l&#39;instruction&#8221;.<\/p>\n<p> Selon Somda, les moyens leur manquent et leur contexte de vuln\u00e9rabilit\u00e9 et de maladie fait que ce sont les parents qui sont malades, ou ce sont eux-m\u00eames qui sont concern\u00e9s ou menac\u00e9s.  Pour Jacques Sanogo, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&#39;Association espoir de demain (AED) bas\u00e9e \u00e0 Bobo-Dioulasso, la prise en charge des enfants s\u00e9ropositifs exige de gros budgets que les associations seules ne peuvent pas avoir \u00e0 leur disposition.  &#8220;Cette ann\u00e9e, on a eu des probl\u00e8mes de scolarit\u00e9 en dehors des enfants qui sont parrain\u00e9s. On a attendu des fonds des bailleurs qui ne sont pas arriv\u00e9s \u00e0 temps car ce sont les m\u00eames bailleurs qui donnent \u00e9galement l&#39;argent pour la gratuit\u00e9 des livres&#8221;, explique Sanogo faisant allusion \u00e0 la d\u00e9cision du gouvernement burkinab\u00e9 de distribuer gratuitement les manuels scolaires cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p> L&#39;AED qui b\u00e9n\u00e9ficie du soutien d&#39;organisations non gouvernementales (ONG) fran\u00e7aises, a d\u00e9velopp\u00e9 le parrainage comme une forme de gestion permettant une prise en charge dans le long terme des enfants s\u00e9ropositifs. L&#39;association s&#39;occupe de 445 enfants dont 248 \u00e2g\u00e9s de trois \u00e0 21 ans, qui vivent avec le VIH. Parmi eux, figurent 85 b\u00e9b\u00e9s dont les m\u00e8res sont sous traitement pour la pr\u00e9vention de la transmission m\u00e8re-enfant.<\/p>\n<p> Pour ce type de parrainage qualifi\u00e9 de th\u00e9rapeutique, 50 enfants infect\u00e9s, qui en b\u00e9n\u00e9ficient, re\u00e7oivent par mois quelque 30 euros (environ 44 dollars) chacun, qui servent \u00e0 payer la scolarit\u00e9 ou \u00e0 financer des activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices d&#39;emplois. Les enfants re\u00e7oivent individuellement environ 23 dollars par mois, et le reste est \u00e9pargn\u00e9 pour les parents qui montent des micro-projets.<\/p>\n<p> Au d\u00e9but de la pand\u00e9mie, l&#39;urgence, pour les responsables de la lutte contre le SIDA, \u00e9tait d&#39;offrir des soins aux adultes, mais aujourd&#39;hui, admettent-ils, de nouveaux d\u00e9fis d\u00e9coulent des progr\u00e8s d\u00e9j\u00e0 accomplis.  &#8220;Ils (les enfants) ont la vie et il faut qu&#39;ils vivent normalement. Avant, on pensait qu&#39;un enfant infect\u00e9 n&#39;allait pas atteindre les huit, neuf, dix ans; mais aujourd&#39;hui, ils arrivent \u00e0 vivre&#8221;, souligne Wamarou Traor\u00e9, coordonnateur du Fonds mondial contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme au Burkina. &#8220;C&#39;est une question de politique g\u00e9n\u00e9rale maintenant, car elle doit \u00eatre multisectorielle pour prendre en compte cette nouvelle donne&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Suivis et soign\u00e9s, les enfants grandissent et deviennent des citoyens, et doivent \u00eatre pris en compte dans les strat\u00e9gies car avec la pauvret\u00e9, ils sont expos\u00e9s. Si rien n&#39;est fait, tous les efforts sont vou\u00e9s \u00e0 l&#39;\u00e9chec&#8221;, avertit Sanogo.  Pour les associations, sans moyens, les efforts risquent d&#39;\u00eatre vains car les enfants s\u00e9ropositifs peuvent annihiler les acquis de la lutte.<\/p>\n<p> Au niveau de l&#39;AED, confie Sanogo \u00e0 IPS, une fille de 17 ans d\u00e9j\u00e0 s\u00e9ropositive &#8212; dont la m\u00e8re et les s\u0153urs directes \u00e9taient \u00e9galement infect\u00e9es &#8212; est tomb\u00e9e enceinte et son enfant a aujourd&#39;hui huit mois. &#8220;Malgr\u00e9 les conseils, elle est tomb\u00e9e en grossesse parce qu&#39;elle \u00e9tait abandonn\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame sans aucun soutien&#8221;.<\/p>\n<p> Les difficult\u00e9s de gestion de la scolarit\u00e9, au sein des associations, sont en grande partie dues \u00e0 l&#39;absence de diff\u00e9rentiation entre les enfants infect\u00e9s et les non-infect\u00e9s dont les parents sont infect\u00e9s ou d\u00e9j\u00e0 d\u00e9c\u00e9d\u00e9s.  &#8220;Lors du soutien scolaire, on ne sait pas qui est infect\u00e9 qui ne l&#39;est pas. Il n&#39;y a pas de discrimination entre ces enfants qui sont tous dans une situation difficile&#8221;, explique Sanogo.<\/p>\n<p> Sur un point purement \u00e9thique, il est difficile de cibler uniquement les orphelins infect\u00e9s, estime Simaga Fod\u00e9, coordonnateur du Programme d&#39;appui au monde associatif et communautaire (PAMAC) de lutte contre le SIDA et la tuberculose. Le PAMAC d\u00e9pend du Conseil national de lutte contre le SIDA et les infections sexuellement transmissibles (CNLS\/IST), une institution officielle.  &#8220;Nous sommes dans un contexte de pauvret\u00e9, nous avons des exp\u00e9riences o\u00f9 les orphelins et enfants vuln\u00e9rables ont plus d&#39;appui que les enfants de la famille d&#39;accueil&#8221;, souligne Fod\u00e9. &#8220;Ce qui n&#39;est pas supportable&#8221;.  Le PAMAC appuie par an environ 15.000 enfants en difficult\u00e9 dans le pays, pour la scolarisation essentiellement, mais avoue que beaucoup reste \u00e0 faire face aux besoins.  &#8220;La lutte contre la maladie n&#39;est pas l&#39;affaire isol\u00e9e d&#39;un minist\u00e8re, mais doit \u00eatre con\u00e7u dans un syst\u00e8me global; et aujourd&#39;hui, on se rend compte qu&#39;il y a des orientations \u00e0 faire dans les plans d&#39;action&#8221;, explique Traor\u00e9.  Un rapport sur l&#39;\u00e9volution de la pand\u00e9mie, publi\u00e9 en 2006 par le CNLS\/IST, indique une stabilisation du taux de pr\u00e9valence du SIDA \u00e0 2 pour cent au Burkina Faso. Selon le rapport qui fait le bilan de mise en \u0153uvre du plan national multisectoriel de lutte contre le VIH\/SIDA et les IST, 150.000 personnes, dont 140.000 adultes, vivent avec le VIH au Burkina.<\/p>\n<p> Le SIDA a d\u00e9j\u00e0 tu\u00e9 12.000 personnes et fait plus de 2.000 enfants orphelins dans le pays. Le Burkina a adopt\u00e9 en 2005 un plan 2006-2010 de lutte contre le SIDA et les IST dont l&#39;objectif est de ramener le taux de pr\u00e9valence autour d&#39;un pour cent, selon le CNLS\/IST. Le plan d&#39;environ 273 millions de dollars, est financ\u00e9 \u00e0 plus de 80 pour cent par des partenaires \u00e9trangers.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BOBO-DIOULASSO, Burkina Faso, 31 d\u00e9c (IPS) &#8211; Elys\u00e9e Kon\u00e9 (un nom d&#39;emprunt), n\u00e9 s\u00e9ropositif, et aujourd&#39;hui \u00e2g\u00e9 de 17 ans, n&#39;a pas de souci de sant\u00e9. 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