{"id":3739,"date":"2007-12-14T13:40:01","date_gmt":"2007-12-14T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/12\/14\/developpement-benin-la-presse-et-la-justice-entraveraient-la-lutte-contre-la-corruption\/"},"modified":"2007-12-14T13:40:01","modified_gmt":"2007-12-14T13:40:01","slug":"developpement-benin-la-presse-et-la-justice-entraveraient-la-lutte-contre-la-corruption","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/12\/14\/developpement-benin-la-presse-et-la-justice-entraveraient-la-lutte-contre-la-corruption\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-BENIN: La presse et la justice entraveraient la lutte contre la corruption"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 14 d\u00e9c (IPS) &#8211; La presse et la justice seraient les principaux obstacles \u00e0 la lutte contre la corruption au B\u00e9nin, selon Jean-Baptiste Elias, pr\u00e9sident de l&#39;Observatoire de lutte contre la corruption (OLC), une organisation officielle bas\u00e9e \u00e0 Cotonou, la capitale \u00e9conomique b\u00e9ninoise. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&quot;La presse b\u00e9ninoise ne nous rend pas service dans la lutte contre la corruption parce qu&#39;il y a encore, au sein de cette presse, des brebis galeuses qui se font, volontairement ou involontairement, consciemment ou inconsciemment, manipuler par les corrupteurs ou les corrompus pour diffuser des informations qui sont de nature \u00e0 d\u00e9mobiliser tous ceux qui m\u00e8nent la lutte&quot;, a confi\u00e9 Elias \u00e0 IPS cette semaine \u00e0 Cotonou.  Le week-end dernier, \u00e0 la veille de cette prise de position radicale, Elias \u00e9tait intervenu sur les antennes d&#39;un groupe de presse, Golf TV et Golf FM, o\u00f9 il avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9nonc\u00e9 &quot;certains journalistes qui se laissent encore manipuler par les corrompus et les corrupteurs&quot;.  Il n&#39;en a pas fallu plus pour que d\u00e8s le lendemain de son intervention, un quotidien b\u00e9ninois, &#39;Lib\u00e9ration&#39;, titre en manchette : &quot;Jean-Baptiste Elias persiste dans les contrev\u00e9rit\u00e9s&quot;.  Le journal reprochait notamment \u00e0 Elias d&#39;avoir soutenu, au cours de l&#39;\u00e9mission, l&#39;Inspection g\u00e9n\u00e9rale d&#39;Etat (IGE) qui a mis en cause des personnes impliqu\u00e9es dans des malversations sans les avoir \u00e9cout\u00e9es. Or, pour Elias, il n&#39;\u00e9tait plus n\u00e9cessaire de les \u00e9couter puisque l&#39;IGE d\u00e9tenait des papiers sign\u00e9s des mains de ces personnes reconnaissant les faits qui leur sont reproch\u00e9s.  Pour Elias, la cause est donc entendue : une certaine frange de la presse b\u00e9ninoise est encore sous l&#39;emprise des pouvoirs d&#39;argent qui ne souhaitent pas voir la lutte contre la corruption conna\u00eetre du succ\u00e8s dans ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest.  Elias est plus ou moins soutenu sur ce point par Agapit Maforikan, conseiller \u00e0 la Haute autorit\u00e9 de l&#39;audiovisuel et de la communication (HAAC) &#8212; instance officielle de r\u00e9gulation des m\u00e9dias au B\u00e9nin &#8212; qui trouve cependant que la faute doit \u00eatre recherch\u00e9e ailleurs.  &quot;Il (Elias) n&#39;a vraiment pas tort dans un certain sens, mais la presse n&#39;est pas l&#39;Inspection g\u00e9n\u00e9rale d&#39;Etat. Elle n&#39;est pas non plus la justice, encore moins le gouvernement&quot;, d\u00e9clare-t-il. S&#39;il y a des cas de corruption av\u00e9r\u00e9s, la presse a beau \u00e9crire du matin au soir le contraire de ce qui se passe, elle ne peut pas emp\u00eacher la justice de faire son travail, explique Maforikan \u00e0 IPS.  &quot;Est-ce la presse qui veut que des d\u00e9put\u00e9s sur qui p\u00e8sent des soup\u00e7ons de malversations continuent de b\u00e9n\u00e9ficier de l&#39;immunit\u00e9 parlementaire?&quot;, demande-t-il. Toutefois, ajoute-t-il, &quot;Je ne d\u00e9douane pas non plus la presse. Tout est une question de dosage&quot;.  Concernant la justice, elle n&#39;accompagne pas encore la lutte contre la corruption parce qu&#39;elle ne punit pas comme il faut, estime Elias. &quot;Tant que l&#39;impunit\u00e9 sera encore au rendez-vous, il sera difficile d&#39;obtenir des r\u00e9sultats importants. La lenteur de la justice fait que, parfois, les dossiers tra\u00eenent, et cela d\u00e9courage les populations \u00e0 continuer de mener la lutte&quot;.  Comme pour donner raison \u00e0 Elias, le ministre de la Justice, Gustave Cassa, allant au-del\u00e0 de l&#39;obligation de r\u00e9serve que lui impose sa fonction, pour soutenir quelqu&#39;un dont le combat vient en appui \u00e0 son travail, enfonce publiquement le clou.  &quot;Il existe des r\u00e9sistances au niveau de l&#39;appareil judiciaire. Si je dois me r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la date de transmission des dossiers \u00e0 la justice, ces dossiers devraient d\u00e9j\u00e0 \u00eatre envoy\u00e9s \u00e0 l&#39;instruction&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Cassa au cours d&#39;une conf\u00e9rence de presse, lundi \u00e0 Cotonou. &quot;L&#39;instruction \u00e9tant secr\u00e8te, je ne devrais m\u00eame pas en piper mot aujourd&#39;hui. Mais si je l&#39;ai dit, c&#39;est parce que le travail qui doit \u00eatre fait au niveau de mon d\u00e9partement n&#39;est pas fait&quot;.  Les dossiers \u00e9voqu\u00e9s par le ministre de la Justice concernent des cas de mauvaise gestion et de d\u00e9tournements de fonds survenus \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 b\u00e9ninoise d&#39;\u00e9nergie \u00e9lectrique (SBEE), une entreprise publique.  Ces dossiers impliquent 18 personnes, dont un ancien ministre de l&#39;Energie, Kamarou Fassassi, deux anciens directeurs g\u00e9n\u00e9raux de la SBEE, aujourd&#39;hui d\u00e9put\u00e9s \u00e0 l&#39;Assembl\u00e9e nationale, C\u00e9lestine Adjanohoun et Luc da Matha Sant&#39;Anna, ainsi que des prestataires de services.  Selon des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, le montant de ces malversations est estim\u00e9 \u00e0 environ 23 millions de dollars, juste pour la p\u00e9riode allant de janvier 2004 \u00e0 juillet 2007.  Le Conseil des ministres avait \u00e9tudi\u00e9 ces dossiers de la SBEE et d\u00e9cid\u00e9 de les transmettre \u00e0 la justice avec les 18 personnes impliqu\u00e9es, depuis le mois dernier. Mais l&#39;instruction de ces dossiers n&#39;\u00e9tait pas encore ouverte \u00e0 la date du 10 d\u00e9cembre alors que le ministre de la Justice a indiqu\u00e9 avoir saisi la justice depuis le 19 novembre.  Ce qui explique sa col\u00e8re face au constat que la justice b\u00e9ninoise n&#39;exprime pas le m\u00eame empressement que le gouvernement pour r\u00e9gler un probl\u00e8me dont tout le peuple b\u00e9ninois attend de voir l&#39;issue pour appr\u00e9cier la volont\u00e9 des autorit\u00e9s actuelles de lutter r\u00e9ellement contre la corruption.  Au total 53 dossiers de malversations seraient en attente d&#39;instruction \u00e0 la justice, avec plus de 60 personnes impliqu\u00e9es, selon Elias. Et il ne s&#39;agit l\u00e0 que des dossiers transmis depuis que l&#39;actuel chef de l&#39;Etat b\u00e9ninois, Boni Yayi, a pris le pouvoir en avril 2006.  Le pr\u00e9sident Yayi a effectu\u00e9 une marche symbolique de dix kilom\u00e8tres \u00e0 travers la ville de Cotonou, le 12 juillet 2007, pour marquer sa d\u00e9termination \u00e0 engager une lutte sans merci contre la corruption. Mais des critiques au sein de la soci\u00e9t\u00e9 civile, tout en saluant l&#39;action du chef de l&#39;Etat, ont soulign\u00e9 qu&#39;elle ne devait pas se limiter \u00e0 des marches, mais qu&#39;il faudra des sanctions exemplaires contre les coupables.   La corruption ferait perdre chaque ann\u00e9e \u00e0 ce pays pauvre environ 45 millions de dollars, selon une \u00e9tude sur la corruption au B\u00e9nin, men\u00e9e en 2005 par le Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement, et cit\u00e9e par le ministre de la R\u00e9forme administrative et institutionnelle, Bio Sina Gounou, au cours de la conf\u00e9rence de presse de lundi.  Pour sa part, Alidou Kouss\u00e9, le chef de l&#39;Inspection g\u00e9n\u00e9rale d&#39;Etat &#8212; la nouvelle institution officielle en mati\u00e8re de lutte contre la corruption au B\u00e9nin &#8211;, estime que le succ\u00e8s de la lutte contre la corruption ne d\u00e9pend en r\u00e9alit\u00e9 que des hommes. &quot;Cela ne d\u00e9pend que de nous. Si on veut que cela se passe r\u00e9ellement, il n&#39;y a que des d\u00e9cisions \u00e0 prendre, et il n&#39;y a que des hommes qui puissent les prendre&quot;, a-t-il d\u00e9clar\u00e9.  Il y a effectivement une r\u00e9elle r\u00e9sistance \u00e0 la lutte contre la corruption au B\u00e9nin, confirme Sina Gounou. &quot;Il y a beaucoup de gens qui s&#39;adonnent toujours \u00e0 cette vilaine pratique et qui ne veulent pas que la lutte r\u00e9ussisse. Nous devons absolument briser tous les obstacles si nous voulons \u00e9merger car la corruption fait perdre au B\u00e9nin \u00e0 peu pr\u00e8s 60 pour cent de ses investissements&quot;.  Mais le gouvernement en est conscient et y travaille, assure-t-il. &quot;Nous travaillons surtout \u00e0 am\u00e9liorer les proc\u00e9dures d&#39;attributions des march\u00e9s publics parce que ce sont-l\u00e0 les nids de la corruption&quot;, ajoute Sina Gounou.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 14 d\u00e9c (IPS) &#8211; La presse et la justice seraient les principaux obstacles \u00e0 la lutte contre la corruption au B\u00e9nin, selon Jean-Baptiste Elias, pr\u00e9sident de l&#39;Observatoire de lutte contre la corruption (OLC), une organisation officielle bas\u00e9e \u00e0 Cotonou,&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/12\/14\/developpement-benin-la-presse-et-la-justice-entraveraient-la-lutte-contre-la-corruption\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":122,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,6,1,7,29],"tags":[],"class_list":["post-3739","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-politique","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3739","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/122"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3739"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3739\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3739"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3739"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3739"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}