{"id":3688,"date":"2007-10-26T13:40:01","date_gmt":"2007-10-26T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/10\/26\/developpement-guerre-declaree-contre-la-contamination-des-eaux-a-ouagadougou\/"},"modified":"2007-10-26T13:40:01","modified_gmt":"2007-10-26T13:40:01","slug":"developpement-guerre-declaree-contre-la-contamination-des-eaux-a-ouagadougou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/10\/26\/developpement-guerre-declaree-contre-la-contamination-des-eaux-a-ouagadougou\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT: Guerre d\u00e9clar\u00e9e contre la contamination des eaux \u00e0 Ouagadougou"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 26 oct (IPS) &#8211; Issaka Ilboudo est le gardien des latrines d&#39;un march\u00e9 du quartier Pissy \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, o\u00f9 il encaisse entre 0,02 et 0,05 dollar pour les services rendus aux riverains et aux commer\u00e7ants.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Avant ces latrines, les gens du march\u00e9 avaient creus\u00e9 leur WC (toilettes) qu&#39;ils utilisaient \u00e0 l&#39;int\u00e9rieur du march\u00e9 m\u00eame&#8221;, explique Issaka Ilboudo \u00e0 IPS. &#8220;Maintenant ils ont ferm\u00e9 \u00e7a. Pendant les pluies, c&#39;\u00e9tait plein d&#39;eau. Nous sommes contents car c&#39;est propre&#8221; \u00e0 pr\u00e9sent, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Selon Oumar Ilboudo, un agent technique de la voirie de l&#39;arrondissement de Boulmiougou dont d\u00e9pend Pissy, des latrines ont \u00e9t\u00e9 construites pour chaque march\u00e9 de la zone, au total une dizaine.  &#8220;Le constat a \u00e9t\u00e9 fait que dans les march\u00e9s et les places publiques, les gens d\u00e9f\u00e9quaient autour des boutiques, dans des coins o\u00f9 les gens se reposaient&#8221;, souligne Oumar Ilboudo. &#8220;On s&#39;est dit que si les gens changent (de comportement) dehors, ils vont faire la m\u00eame chose \u00e0 la maison&#8221;, explique-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Les latrines traditionnelles qui \u00e9taient sur les voies ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9es lors de l&#39;am\u00e9nagement des routes. Pour encourager les populations \u00e0 adopter les latrines modernes, les autorit\u00e9s municipales exposent d\u00e9sormais les mat\u00e9riaux servant \u00e0 construire ces latrines \u00e0 la mairie o\u00f9 les populations int\u00e9ress\u00e9es viennent s&#39;informer sur le co\u00fbt.  Selon Oumar Ilboudo, la sensibilisation semble marcher car les services de la mairie re\u00e7oivent une vingtaine de visiteurs par jour qui viennent s&#39;enqu\u00e9rir des conditions d&#39;acquisition de ces latrines am\u00e9lior\u00e9es. Il faut une cinquantaine de latrines publiques pour le quartier de Pissy, et chaque latrine co\u00fbte environ 2.000 dollars.<\/p>\n<p> Les latrines am\u00e9lior\u00e9es font partie d&#39;un programme d&#39;assainissement de la ville de Ouagadougou, qui vise \u00e0 \u00e9liminer progressivement tous les risques de contamination des eaux par des d\u00e9chets liquides et solides. Le co\u00fbt global du projet est de quelque 19,5 millions de dollars, et doit permettre \u00e9galement un meilleur drainage des eaux pluviales et des eaux us\u00e9es, indique Arzouma Zombr\u00e9, directeur des infrastructures et des transports de la capitale.<\/p>\n<p> Pour d\u00e9courager la r\u00e9alisation des puits tr\u00e8s profonds o\u00f9 les chances de rencontrer l&#39;eau sont souvent incertaines, qui malheureusement deviennent des latrines et constituent une menace pour la nappe phr\u00e9atique dans certains quartiers de Ouagadougou, la mairie a inclus un programme de r\u00e9alisation de bornes fontaines. Au total 120 bornes ont \u00e9t\u00e9 construites notamment \u00e0 Pissy, l&#39;un des quartiers o\u00f9 l&#39;on rencontre fr\u00e9quemment ces puits traditionnels profonds en raison de la nature aride de la terre, explique Zombr\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Au m\u00eame moment, la commune de Ouagadougou exp\u00e9rimente des toilettes amovibles dans un quartier pilote de la ville et compte les diss\u00e9miner dans des coins strat\u00e9giques des zones p\u00e9riph\u00e9riques. Une seule toilette amovible co\u00fbte environ 1.700 dollars, dit-il.<\/p>\n<p> La ville de Ouagadougou pr\u00e9voit d&#39;injecter environ 565.200 dollars pour accompagner la voirie avec des latrines dans les lieux de distraction et places publiques, ajoute Zombr\u00e9.  &#8220;Le probl\u00e8me d&#39;eau a \u00e9galement fait ressortir la n\u00e9cessit\u00e9 d&#39;accompagner toute politique d&#39;assainissement avec la r\u00e9alisation des points d&#39;eau dans cette zone aride&#8221;, d\u00e9clare Oumar Ilboudo.<\/p>\n<p> L&#39;am\u00e9nagement des quartiers p\u00e9riph\u00e9riques est primordial car ils sont plus touch\u00e9s par la pollution des eaux, des sols \u00e0 Ouagadougou \u00e0 cause de la pauvret\u00e9 des populations, mais \u00e9galement de l&#39;absence d&#39;assainissement lors des lotissements de Ouagadougou, selon Mahamoudou Ciss\u00e9, directeur de la propret\u00e9 de la ville.<\/p>\n<p> &#8220;En fait, la majorit\u00e9 de la population ne dispose pas d&#39;ouvrage hygi\u00e9nique acceptable, mais des ouvrages pr\u00e9caires extr\u00eamement sommaires qui g\u00e9n\u00e8rent beaucoup de nuisance et de maladies&#8221;, explique Arba Jules Ou\u00e9draogo, directeur de l&#39;assainissement de l&#39;Office national de l&#39;eau et de l&#39;assainissement (ONEA).<\/p>\n<p> &#8220;Notre ville est confront\u00e9e \u00e0 des d\u00e9chets solides et liquides qui, pendant la saison pluvieuse, sont charri\u00e9s vers les retenues d&#39;eau, et les d\u00e9chets liquides s&#39;infiltrent dans la nappe pratique&#8221;, souligne Ciss\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Le gouvernement s&#39;est engag\u00e9 r\u00e9cemment \u00e0 faire progresser le taux d&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;assainissement \u00e0 Ouagadougou \u00e0 59 pour cent. Selon l&#39;ONEA, seulement 10 pour cent des habitants au Burkina Faso disposent d&#39;ouvrages qu&#39;on peut juger de qualit\u00e9 acceptable. En dehors de Ouagadougou et Bobodioulasso, les deux principales villes de ce pays sah\u00e9lien d&#39;Afrique de l&#39;ouest, ce taux tourne autour de deux pour cent.<\/p>\n<p> &#8220;La ville a grandi avec un fort taux d&#39;urbanisation, cela n\u00e9cessite un calibrage des \u00e9gouts. Le taux d&#39;imperm\u00e9abilit\u00e9 change avec le taux d&#39;urbanisation car avec un fort taux d&#39;urbanisation, quand les eaux ne s&#39;arr\u00eatent pas, elles s&#39;infiltrent&#8221;, explique Zombr\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s le dernier recensement de la population cette ann\u00e9e, la r\u00e9gion du centre dont fait partie Ouagadougou affiche un fort taux d&#39;urbanisation avec 77,5 pour cent, ajoute-t-il.  Pour mieux curer la ville, qui g\u00e9n\u00e8re environ 800 tonnes d&#39;ordures par jour, la mairie a construit un centre de traitement des d\u00e9chets et 35 centres de collecte d&#39;environ 7,6 millions de dollars, en 2005. Cependant, seule une partie des d\u00e9chets transite par ce centre d&#39;une capacit\u00e9 de six millions de m\u00e8tres cubes.  Les latrines constituent un accompagnement de toutes les infrastructures d&#39;assainissement depuis l&#39;adoption d&#39;un grand projet visant \u00e0 \u00e9quiper la capitale d&#39;ouvrages pour assainir la ville. Ce projet comprend des caniveaux, un syst\u00e8me de collecte des eaux pluviales, selon Zombr\u00e9.  Selon Ou\u00e9draogo, les probl\u00e8mes graves d&#39;assainissement que conna\u00eet Ouagadougou sont li\u00e9s au manque de planification d\u00e8s les premiers lotissements de la ville. &#8220;En milieu urbain, on n&#39;a pas consid\u00e9r\u00e9 l&#39;assainissement comme des infrastructures structurantes d&#39;une ville; on a mis l&#39;accent sur l&#39;eau potable, l&#39;\u00e9lectricit\u00e9, le t\u00e9l\u00e9phone, les grandes routes en oubliant que tout ce qu&#39;on b\u00e2tissait autour de cela aurait forcement besoin d&#39;\u00e9vacuer leurs eaux us\u00e9es et \u00e9galement toutes les productions d&#39;ordures m\u00e9nag\u00e8res&#8221;, explique-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &#8220;L&#39;assainissement est souvent consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 la fin du processus de construction. Si vous prenez un m\u00e9nage qui r\u00e9alise sa maison, c&#39;est vers la fin qu&#39;on songe \u00e0 mettre un ouvrage d&#39;assainissement qui ne r\u00e9pond \u00e0 aucune norme&#8221;, ajoute Ou\u00e9draogo.<\/p>\n<p> La ville de Ouagadougou recherche actuellement environ huit millions de dollars pour la r\u00e9alisation de caniveaux devant connecter les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques au r\u00e9seau d&#39;\u00e9vacuation des eaux us\u00e9es de la capitale, d\u00e9clare Zombr\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Il faut anticiper lorsqu&#39;il y a des am\u00e9nagements de la ville. Le probl\u00e8me se pose dans certaines parties de la ville qui est en pleine expansion o\u00f9 il n&#39;y a ni accompagnement ni pr\u00e9vision d&#39;assainissement collectif&#8221;, indique Ou\u00e9draogo.  &#8220;L&#39;assainissement co\u00fbte cher, mais ce n&#39;est pas un luxe, c&#39;est une obligation. Comment pouvons-nous sentir un d\u00e9veloppement r\u00e9el dans nos villes si par-ci par-l\u00e0, on a des probl\u00e8mes pour s&#39;asseoir, ou faire des affaires autour des ordures avec des nuisances?&#8221;, demande-t-il.  Par ailleurs, la ville de Ouagadougou est \u00e0 la recherche de quelque 16 autres millions de dollars depuis 2003 pour la r\u00e9alisation de canaux dans la capitale pour l&#39;\u00e9vacuation des eaux us\u00e9es. Seulement 200 kilom\u00e8tres de caniveaux ont \u00e9t\u00e9 construits, soit pr\u00e8s du dixi\u00e8me de ce qu&#39;il faudrait pour le drainage des eaux. &#8220;Nous avons fait des requ\u00eates aupr\u00e8s des bailleurs de fonds et attendons toujours la r\u00e9ponse&#8221;, affirme Zombr\u00e9.  Selon lui, 180 km de rues attendent d&#39;\u00eatre bitum\u00e9es dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques afin qu&#39;ils ne soient pas coup\u00e9s du r\u00e9seau de drainage des eaux de la ville pendant les pluies.  &#8220;Tant qu&#39;on ne peut pas faire ces am\u00e9nagements avec un syst\u00e8me d&#39;assainissement fiable, ce n&#39;est pas la peine, car tout syst\u00e8me qui n&#39;a pas de drainage est d\u00e9truit par la suite par la stagnation des eaux&#8221;, explique Ciss\u00e9. &#8220;Nous enlevons environ 450 tonnes d&#39;ordures par jour, le reste se retrouve dans des caniveaux, sur des terrains vagues, dans des r\u00e9serves administratives&#8221;, regrette-t-il.  Les camions de la mairie, qui enl\u00e8vent les ordures, consomment environ 450 litres de carburant tous les deux jours. Des d\u00e9penses \u00e9lev\u00e9es pour les ressources de la commune de Ouagadougou qui alloue chaque ann\u00e9e 20 pour cent de son budget, soit environ trois millions de dollars, pour la gestion des d\u00e9chets, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Pour ne pas continuer de payer cher pour l&#39;assainissement, les autorit\u00e9s ont commenc\u00e9 \u00e0 appliquer un nouveau code de l&#39;urbanisme qui interdit tout lotissement \u00e0 Ouagadougou sans assainissement. &#8220;On voit qu&#39;on a fait des erreurs en structurant ces quartiers sans tenir compte de l&#39;\u00e9tat de la voirie et de l&#39;assainissement&#8221;, d\u00e9clare Zombr\u00e9.  (* Cet article fait partie d&#39;une s\u00e9rie de papiers sur le d\u00e9veloppement durable r\u00e9dig\u00e9s par IPS-Inter Press Service et IFEJ-F\u00e9d\u00e9ration internationale des journalistes environnementalistes).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 26 oct (IPS) &#8211; Issaka Ilboudo est le gardien des latrines d&#39;un march\u00e9 du quartier Pissy \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, o\u00f9 il encaisse entre 0,02 et 0,05 dollar pour les services rendus aux&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/10\/26\/developpement-guerre-declaree-contre-la-contamination-des-eaux-a-ouagadougou\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":525,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,12,1,4,29],"tags":[],"class_list":["post-3688","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-environnement","category-headlines","category-sante","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3688","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/525"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3688"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3688\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3688"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3688"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3688"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}