{"id":3621,"date":"2007-08-30T13:40:01","date_gmt":"2007-08-30T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/08\/30\/politique-cameroun-les-femmes-peinent-a-simposer-aux-postes-de-maires\/"},"modified":"2007-08-30T13:40:01","modified_gmt":"2007-08-30T13:40:01","slug":"politique-cameroun-les-femmes-peinent-a-simposer-aux-postes-de-maires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/08\/30\/politique-cameroun-les-femmes-peinent-a-simposer-aux-postes-de-maires\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-CAMEROUN: Les femmes peinent \u00e0 s&#39;imposer aux postes de maires"},"content":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 30 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Dix-huit femmes seulement ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lues maires sur les 360 communes du Cameroun, au terme de la premi\u00e8re session des nouveaux conseils municipaux issus des \u00e9lections municipales coupl\u00e9es avec les l\u00e9gislatives organis\u00e9es le 22 juillet.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Dans le lot des femmes \u00e9lues maires, figurent quelques dames issues de familles remarquables du Cameroun. Par exemple, Rosette Mboutchou &#8212; la m\u00e8re de la premi\u00e8re dame du pays, Chantal Biya &#8212; est \u00e9lue maire de la commune de Bangou, dans la province de l&#39;Ouest du pays.  Il y a \u00e9galement l&#39;\u00e9lection de Oumoul Koultchoumi-Ahidjo comme maire de la commune de Garoua II, dans la province du Nord, qui \u00e9tait dirig\u00e9e auparavant par son mari Mohamadou Ahidjo &#8212; un fils du premier pr\u00e9sident du Cameroun, Ahmadou Ahidjo &#8212; qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 \u00e0 l&#39;Assembl\u00e9e nationale.<\/p>\n<p> En outre, Marie-H\u00e9l\u00e8ne Ngoa, professeur de math\u00e9matiques d&#39;origine fran\u00e7aise, mari\u00e9e \u00e0 un sociologue camerounais d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans les ann\u00e9es 1970, est \u00e9lue maire d&#39;Akono, dans le centre de ce pays d&#39;Afrique centrale (Voir son interview sur le site Internet de IPS).  En attendant la validation des r\u00e9sultats par la Cour supr\u00eame, les proc\u00e8s-verbaux de vote indiquent 18 femmes \u00e9lues maires les 30 et 31 juillet, au terme de la premi\u00e8re session des 360 nouveaux conseils municipaux. Ces 18 femmes maires sont r\u00e9parties comme suit : 17 pour le Rassemblement d\u00e9mocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir; et un seul pour l&#39;Union nationale pour la d\u00e9mocratie et le progr\u00e8s (UNDP), un parti membre de la majorit\u00e9 pr\u00e9sidentielle.  Juliette Claudine Ngono-Etoundi Ayissi, \u00e9lue maire de la commune de Yaound\u00e9 V, est consid\u00e9r\u00e9e comme activiste par certains et comme une femme entreprenante par d&#39;autres. Elle a une particularit\u00e9 sur la sc\u00e8ne politique \u00e0 Yaound\u00e9, la capitale camerounaise : \u00e9lue d\u00e9put\u00e9e en 1997 au parlement pour cinq ans, elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9lue maire de sa commune en 2002. Et elle vient de remporter un second mandat cons\u00e9cutif. Elle est \u00e9galement pr\u00e9sidente de la section OFRDPC (Organisation des femmes du RDPC) de Yaound\u00e9 V, l&#39;un des six arrondissements de la capitale.<\/p>\n<p> &#8220;Le gouvernement ne peut pas descendre jusqu&#39;au niveau des populations pour les pousser \u00e0 voter sp\u00e9cialement pour les femmes lors des \u00e9lections. C&#39;est \u00e0 force de travail que l&#39;on s&#39;impose. La lutte est \u00e2pre. Il faut beaucoup travailler pour y arriver&#8221;, affirme Ngono-Etoundi Ayissi \u00e0 IPS.  Elle ajoute : &#8220;Il faut que la femme camerounaise se lib\u00e8re psychologiquement afin de mieux se lancer dans le combat. Etant donn\u00e9 que nous sommes dans un pays pauvre, les actions comptent, notamment les r\u00e9alisations sociales en faveur des populations. Il est indispensable de rester \u00e0 l&#39;\u00e9coute de celles-ci, \u00e0 travers une politique de proximit\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p> Moins de dix femmes avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9lues maires pour diriger les conseils communaux lors de la mandature \u00e9coul\u00e9e (2002-2007).  &#8220;En constatant qu&#39;il y a plus de femmes \u00e9lues d\u00e9put\u00e9es (23) que maires (18), l&#39;on en vient \u00e0 conclure que le syst\u00e8me politique au Cameroun demeure phallocratique, c&#39;est-\u00e0-dire que le pouvoir masculin continue de dominer le jeu&#8221;, commente Joseph Vincent Ntuda Ebod\u00e9, politologue et vice-doyen de la Facult\u00e9 des sciences politiques et juridiques de l&#39;Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 II.  &#8220;La r\u00e9alit\u00e9 montre plut\u00f4t qu&#39;au suffrage universel direct, les femmes ont plus de chances d&#39;\u00eatre \u00e9lues que dans un suffrage universel indirect&#8221;, ajoute-t-il, expliquant que les \u00e9lections &#8212; au sein des conseils municipaux &#8212; sont domin\u00e9es par les hommes qui sont souvent plus nombreux.  Toutefois, presque chacun des 360 conseils municipaux compte au moins une femme parmi les adjoints au maire. Cela montre que &#8220;la femme est bonne quand elle est confin\u00e9e au second r\u00f4le derri\u00e8re un grand homme&#8221;, estime Ntuda Ebod\u00e9, indiquant que c&#39;est une &#8220;\u00e9volution marginale&#8221;.  Selon Ntuda Ebod\u00e9, &#8220;Le RDPC est le parti le plus conservateur. Il redoute plus la revanche des femmes que les autres formations. Alors que le pr\u00e9sident Paul Biya dit qu&#39;il faut accorder plus de places aux femmes et aux jeunes, l&#39;on observe qu&#39;\u00e0 toutes les \u00e9lections, ce sont toujours les vieux qui sont \u00e9lus&#8221;.  D&#39;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, comme au parlement, les nouveaux conseils municipaux sont majoritairement contr\u00f4l\u00e9s par le RDPC. &#8220;Comme le RDPC a gagn\u00e9, je m&#39;attendais \u00e0 voir beaucoup de femmes maires et d\u00e9put\u00e9es. Ce n&#39;est pas, h\u00e9las, le cas!&#8221;, note B\u00e9atrice Anembom Munjo, secr\u00e9taire nationale \u00e0 la communication du &#39;Social Democratic Front&#39; (SDF), le principal parti de l&#39;opposition.<\/p>\n<p> &#8220;J&#39;\u00e9tais candidate aux \u00e9lections l\u00e9gislatives, j&#39;ai \u00e9t\u00e9 battue&#8221;, souligne-t-elle, affirmant que &#8220;le syst\u00e8me politique en place ne favorise pas l&#39;\u00e9volution des femmes&#8221;. Elle explique \u00e0 IPS : &#8220;Dans mon parti, il y a des femmes plus dynamiques que moi. Mais, \u00e0 cause des fraudes (attribu\u00e9es au RDPC), elles n&#39;ont pas pu gagner&#8221;.  Pour sa part, Hubert Mono Ndjana, ancien secr\u00e9taire \u00e0 la communication et \u00e0 la culture du Comit\u00e9 central du RDPC, a exprim\u00e9 une opinion plus nuanc\u00e9e : &#8220;Toutes proportions gard\u00e9es, et compte tenu de notre niveau d&#39;\u00e9volution politique, il y a leu de dire que la voix, la place et le r\u00f4le de la femme sont en train d&#39;aller crescendo&#8221;.  &#8220;Quand la d\u00e9mocratie renaissait (au Cameroun) dans les ann\u00e9es 1990, il y avait z\u00e9ro femme maire. De par notre anthropologie n\u00e9gro-africaine, et en dehors de l&#39;Antiquit\u00e9 \u00e9gyptienne, il n&#39;est pas courant d&#39;admettre au commandement public la gent f\u00e9minine&#8221;, a-t-il dit. &#8220;Les femmes elles-m\u00eames ne se bousculent pas aux portes du pouvoir&#8221;.  Mono Ndjana ajoute : &#8220;Personnellement, je souhaite qu&#39;elles s&#39;affirment parce qu&#39;\u00e0 la gestion des communes, elles commettront moins de crimes que les hommes. Donc, leur accession \u00e0 la gestion de la chose publique peut apporter un souffle nouveau, avec des mentalit\u00e9s nouvelles. Elles savent mieux conserver le patrimoine que les hommes&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 30 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Dix-huit femmes seulement ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lues maires sur les 360 communes du Cameroun, au terme de la premi\u00e8re session des nouveaux conseils municipaux issus des \u00e9lections municipales coupl\u00e9es avec les l\u00e9gislatives organis\u00e9es le 22 juillet.<\/p>\n","protected":false},"author":476,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,36,13,10,1,7,30,29],"tags":[],"class_list":["post-3621","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-afrique-dune-election-a-une-election","category-culture-religion-sport","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3621","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/476"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3621"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3621\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3621"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3621"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3621"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}