{"id":3606,"date":"2007-08-21T13:40:01","date_gmt":"2007-08-21T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/08\/21\/malawi-le-commerce-informel-essentiel-pour-la-creation-demploi\/"},"modified":"2007-08-21T13:40:01","modified_gmt":"2007-08-21T13:40:01","slug":"malawi-le-commerce-informel-essentiel-pour-la-creation-demploi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/08\/21\/malawi-le-commerce-informel-essentiel-pour-la-creation-demploi\/","title":{"rendered":"MALAWI: Le commerce informel essentiel pour la cr\u00e9ation d&#39;emploi"},"content":{"rendered":"<p>BLANTYRE, 21 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Chaque jour un autobus, souvent bond\u00e9 au-del\u00e0 de sa capacit\u00e9, quitte le Malawi pour l&#39;Afrique du Sud. La plupart des passagers sont des commer\u00e7ants, en partance pour aller vendre des bibelots en bois dans les principales villes d&#39;Afrique du Sud telles que Johannesburg, Durban et Le Cap. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Quelques arr\u00eats \u00e0 Harare, au Zimbabwe, avec des morceaux de tissu et des produits alimentaires tels que la farine et le sucre.<\/p>\n<p> De l&#39;Afrique du Sud, les commer\u00e7ants ram\u00e8nent des v\u00eatements, des chaussures, des accessoires personnels et des produits de l&#39;\u00e9lectronique. Ceux qui vont au Zimbabwe ach\u00e8tent du beurre, de la confiture et de la sauce tomate pour vendre au Malawi.  Certains commer\u00e7ants traversent \u00e9galement les fronti\u00e8res pour aller au Mozambique, en Zambie et en Tanzanie pour ramener des marchandises. Ceux qui ont des sommes d&#39;argent importantes voyagent en avion m\u00eame jusqu&#39;au Kenya, \u00e0 Hong Kong, \u00e0 Duba\u00ef et en Tha\u00eflande pour ramener des produits de l&#39;\u00e9lectronique et des habits.<\/p>\n<p> Maria Kachale, 32 ans, s&#39;est engag\u00e9e dans le commerce transfrontalier depuis 1999. Avec ses recettes, elle a construit une maison \u00e0 trois chambres et a achet\u00e9 une voiture d&#39;occasion.<\/p>\n<p> Kachale d\u00e9clare que ce n&#39;est pas facile d&#39;\u00eatre dans les affaires. Elle passe beaucoup de temps sur la route. &quot;Cela prend deux jours pleins pour aller en voiture du Malawi en Afrique du Sud et cela seul est tr\u00e8s fatiguant&quot;. La femme d&#39;affaire qui r\u00e9side \u00e0 Lilongwe, la capitale du Malawi, parcourt \u00e9galement de longues distances \u00e0 la recherche des clients pour acheter sa marchandise et des biens \u00e0 ramener au Malawi.   Elle dit qu&#39;avant les probl\u00e8mes \u00e9conomiques au Zimbabwe, des commer\u00e7ants avaient le choix entre aller dans ce pays actuellement affect\u00e9 par la pauvret\u00e9 ou en Afrique du Sud. &quot;Le Zimbabwe est un peu plus proche du pays, mais maintenant, nous n&#39;avons pas d&#39;autre choix que de faire tout le chemin vers l&#39;Afrique du Sud puisque c&#39;est une destination commerciale plus lucrative&quot;.  Une autre personne impliqu\u00e9e dans le commerce transfrontalier informel est Zalimba Khoviwa, un homme de 27 ans qui r\u00e9side \u00e0 Mulanje, un district dans le sud du Malawi qui partage la fronti\u00e8re avec le Mozambique. Depuis l&#39;\u00e2ge de 19 ans, Khoviwa traverse la fronti\u00e8re \u00e0 v\u00e9lo pour acheter du ma\u00efs, des p\u00e2tes, de la p\u00e2te dentifrice et du savon au Mozambique, lesquels il revend dans sa r\u00e9gion.  &quot;Quelques-uns d&#39;entre nous aident \u00e0 fournir du ma\u00efs, qui est une nourriture de base dans ma r\u00e9gion. La plupart du temps, nous n&#39;en cultivons pas assez pour nous nourrir nous-m\u00eames&quot;, indique Khoviwa.  Khoviwa fait partie des quelque 500 commer\u00e7ants transfrontaliers informels dans sa r\u00e9gion, selon une enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e en novembre 2006 par l&#39;Association nationale des femmes d&#39;affaires (NABW) qui assure la promotion de petites activit\u00e9s \u00e9conomiques au Malawi.<\/p>\n<p> Le coordonnateur national au cr\u00e9dit de la NABW, Lackson Kapito, d\u00e9clare que la capitale du pays et la principale cit\u00e9 \u00e9conomique, Blantyre, abritent approximativement 10.000 de ces commer\u00e7ants tandis que Mzuzu, la troisi\u00e8me ville plus grande du pays, et le district lacustre de Mangochi en contiennent 2.000 chacun.  Kapito a estim\u00e9 qu&#39;au moins cent personnes en provenance des 23 autres districts du pays sont impliqu\u00e9es dans le commerce transfrontalier. Le pays a une population de 12 millions d&#39;habitants dont 65 pour cent vivent en dessous du seuil de pauvret\u00e9 avec moins d&#39;un dollar par jour.<\/p>\n<p> L&#39;analyste \u00e9conomique Mavuto Bamusi dit beaucoup de bien du r\u00f4le effectif que les commer\u00e7ants transfrontaliers informels sont en train de jouer dans l&#39;\u00e9conomie malawite. Il souligne que ce type de commerce offre des opportunit\u00e9s \u00e9conomiques aux femmes et aux jeunes du pays qui autrement seraient sans emploi.  &quot;La pr\u00e9occupation est qu\u2019ils font habituellement face \u00e0 toute sorte d&#39;injustices sociales et \u00e9conomiques telles que le harc\u00e8lement de la part des autorit\u00e9s publiques, sp\u00e9cialement le service des imp\u00f4ts. Ils subissent des contr\u00f4les inutiles qui ne sont pas r\u00e9glementaires et ils sont oblig\u00e9s de payer des taxes exorbitantes&quot;, explique Bamusi.  Il d\u00e9clare que l&#39;autre d\u00e9savantage est que la plupart des commer\u00e7ants ne sont pas lettr\u00e9s et ignorent les taux d&#39;imp\u00f4ts sur les diff\u00e9rents types de biens. &quot;Malheureusement, il n&#39;y a pas un regroupement formel qui s&#39;occupe des int\u00e9r\u00eats de ces commer\u00e7ants, ainsi ils ne peuvent pas lutter pour leurs droits&quot;, observe Bamusi.  Ces exp\u00e9riences sont en contradiction avec la d\u00e9claration de mission des services de recettes du pays, l&#39;Autorit\u00e9 des recettes du Malawi, qui indique qu&#39;elle contribue au d\u00e9veloppement national \u00e0 travers la mise en vigueur rentable, \u00e9quitable et effective des lois de l&#39;imp\u00f4t sur le revenu et \u00e0 la fourniture continue des services de qualit\u00e9 \u00e0 toutes les parties prenantes.  Un autre analyste \u00e9conomique, Abel Mwanyungwe, est d&#39;accord avec Bamusi sur le r\u00f4le du commerce transfrontalier informel. Il affirme que ce commerce est important pour le pays puisqu&#39;il procure du travail informel \u00e0 beaucoup de personnes qui, en fin de compte, contribuent \u00e0 l&#39;\u00e9conomie du pays parce qu&#39;elles payent des taxes et sont capables de maintenir leurs moyens de subsistance et ceux de leurs familles.  Mwanyungwe s&#39;inqui\u00e8te du manque d&#39;\u00e9tudes de march\u00e9 et d&#39;information sur le commerce informel qui, d\u00e9clare-t-il, fait que la majorit\u00e9 des commer\u00e7ants ne connaissent pas la demande pour leurs marchandises.  &quot;L&#39;environnement \u00e9conomique du pays ne leur est pas favorable&quot;, souligne-t-il, expliquant que des banques exigent le nantissement, h\u00e9sitant \u00e0 accorder des pr\u00eats aux commer\u00e7ants informels. D&#39;o\u00f9 la difficult\u00e9 pour les commer\u00e7ants d&#39;acc\u00e9der aux cr\u00e9dits pour le capital.<\/p>\n<p> Mwanyungwe estime \u00e9galement que m\u00eame si les commer\u00e7ants avaient facilement acc\u00e8s aux pr\u00eats, ils seraient confront\u00e9s aux taux d&#39;int\u00e9r\u00eat prohibitifs, se situant actuellement entre 23 et 26 pour cent.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BLANTYRE, 21 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Chaque jour un autobus, souvent bond\u00e9 au-del\u00e0 de sa capacit\u00e9, quitte le Malawi pour l&#39;Afrique du Sud. 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