{"id":3582,"date":"2007-07-29T13:40:01","date_gmt":"2007-07-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/07\/29\/environnement-la-province-la-plus-verte-du-burkina-faso-se-desertifie\/"},"modified":"2007-07-29T13:40:01","modified_gmt":"2007-07-29T13:40:01","slug":"environnement-la-province-la-plus-verte-du-burkina-faso-se-desertifie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/07\/29\/environnement-la-province-la-plus-verte-du-burkina-faso-se-desertifie\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT: La province la plus verte du Burkina Faso se d\u00e9sertifie"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 29 juil (IPS) &#8211; Dans la Kompienga, la province la plus verte du Burkina Faso, situ\u00e9e \u00e0 l\u2019est du pays, les formations foresti\u00e8res naturelles ont recul\u00e9 de 1.600 kilom\u00e8tres carr\u00e9s en 15 ans, r\u00e9v\u00e8lent des chercheurs.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, les savanes bois\u00e9es ont r\u00e9gress\u00e9 de 76 pour cent.<\/p>\n<p>  \u2018\u2019Nous avons constat\u00e9 que la d\u00e9gradation des sols est importante dans la r\u00e9gion de la Kompienga \u00e0 cause de l\u2019action de l\u2019homme, notamment la migration (et) l\u2019agriculture\u2026\u2019\u2019, explique Ardjouma Ouattara, coordonnateur de l\u2019\u00e9quipe de chercheurs.<\/p>\n<p>  Selon ces chercheurs, essentiellement des Burkinab\u00e9, l\u2019\u00e9tendue occup\u00e9e par la savane arbustive a augment\u00e9 de pr\u00e8s de 31 pour cent entre 1984 et 2007, ce qui traduit, de fa\u00e7on \u00e9vidente, une d\u00e9gradation de la savane bois\u00e9e et arbor\u00e9e.<\/p>\n<p>  Les recherches, rendues publiques en ce mois de juillet, ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es par le D\u00e9partement des sciences de la population du Centre national de recherches scientifiques et technologiques.<\/p>\n<p>  Elles se sont simultan\u00e9ment d\u00e9roul\u00e9es, pendant trois ans (2004-2007), dans une vingtaine de pays du Sud &#8212; et ont \u00e9t\u00e9 financ\u00e9es par l\u2019Organisation des Nations Unies pour l\u2019\u00e9ducation, la science et la culture et le Fonds des Nations Unies pour les activit\u00e9s en mati\u00e8re de population.<\/p>\n<p>  Cette r\u00e9gion du Burkina, frontali\u00e8re avec le B\u00e9nin, recelait de tant de ressources naturelles par rapport au reste du pays, qu\u2019elle \u00e9tait devenue un pole de migration pour les populations venant du plateau central, sec et dur, et du reste du pays, pr\u00e9cise Ouattara.<\/p>\n<p>  Mais aujourd\u2019hui, \u00e0 force d\u2019accueillir des migrants, les for\u00eats de la Kompienga sont devenues des clairi\u00e8res. \u2018\u2019Les populations se sont install\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ces formations foresti\u00e8res\u2019\u2019, indique \u00e0 IPS Hallahidi Diallo, Haut commissaire de la province du Noumbiel, dans le sud-Ouest.<\/p>\n<p>  Toutefois, \u2018\u2019des actions sont en cours pour les faire sortir de la for\u00eat et les r\u00e9installer ailleurs\u2019\u2019, souligne Diallo.<\/p>\n<p>  Sidiki Ganaba, actuel directeur de l\u2019Environnement de la province de la Kompienga, qui a effectu\u00e9 son stage de fin d\u2019\u00e9tudes dans cette zone, en 1991, se souvient que la Kompienga \u00e9tait une zone tr\u00e8s verte en ce temps-l\u00e0.<\/p>\n<p>  \u2018\u2019Il y avait une v\u00e9g\u00e9tation touffue autour des cours d\u2019eau. Cette v\u00e9g\u00e9tation est aujourd\u2019hui partie. Il n\u2019y reste que de petites herbes\u2019\u2019, d\u00e9clare-t-il.<\/p>\n<p>  M\u00eame le seul barrage de la r\u00e9gion, situ\u00e9 sur le fleuve du m\u00eame nom, la Kompienga, subit terriblement les affres de la d\u00e9sertification.<\/p>\n<p>  \u2018\u2019Par rapport au niveau de l\u2019eau, c\u2019est la catastrophe actuellement. Le barrage ne re\u00e7oit plus assez d\u2019eau \u00e0 cause du manque de pluies, mais aussi en raison de l\u2019action de l\u2019homme\u2019\u2019, rapporte Ganaba.<\/p>\n<p>  Le fleuve \u00e9tait \u00e0 moins de 200 m\u00e8tres du campement de p\u00eache de la r\u00e9gion, en 1991. Il est aujourd\u2019hui \u00e0 plus d\u2019un kilom\u00e8tre des m\u00eames lieux, signe que le cours d\u2019eau aussi perd de plus en plus en plus ses eaux.<\/p>\n<p>  Selon les chercheurs, la Kompienga n\u2019est pas la seule province du Burkina \u00e0 devenir victime de sa verdeur.<\/p>\n<p>  Les provinces du Poni et du Noumbiel, dans le sud-ouest du pays, ont \u00e9galement perdu plus de 60 pour cent de l\u2019\u00e9tendue de leur savane arbor\u00e9e, aujourd\u2019hui devenue savane arbustive.<\/p>\n<p>  Les terres fertiles de la province du Noumbiel, autrefois sous-peupl\u00e9es et \u00e9vit\u00e9es, en raison de la pr\u00e9sence de la mouche ts\u00e9-ts\u00e9, vecteur de l\u2019onchocercose, sont aujourd\u2019hui prises d\u2019assaut par les \u00e9leveurs et les agriculteurs.<\/p>\n<p>  \u2018\u2019En raison de la proximit\u00e9 de la fronti\u00e8re avec la C\u00f4te d\u2019Ivoire, certains Burkinab\u00e9, en route pour ce pays, s\u2019y installent de fa\u00e7on provisoire au d\u00e9but, mais n\u2019en repartent plus jamais\u2019\u2019, pr\u00e9cise Diallo.<\/p>\n<p>  De la m\u00eame fa\u00e7on, pendant les ann\u00e9es de crise en C\u00f4te d\u2019Ivoire (1999-2005), plusieurs Burkinab\u00e9, chass\u00e9s de leur pays d\u2019accueil, sont revenus s\u2019installer dans cette province frontali\u00e8re. Certains parmi eux, en rentrant, sont revenus avec des tron\u00e7onneuses, qui comme chacun le sait, ne servent qu\u2019\u00e0 couper du bois. Ils se sont donc jet\u00e9s sur les arbres de la r\u00e9gion qu\u2019ils ont litt\u00e9ralement massacr\u00e9s, rapporte Diallo.<\/p>\n<p>  Dans la recherche de solutions \u00e0 cette d\u00e9gradation inqui\u00e9tante de l\u2019environnement, les autorit\u00e9s de la Kompienga ont d\u2019abord r\u00e9glement\u00e9 l\u2019\u00e9levage, l\u2019une des principales causes de cette situation.<\/p>\n<p>  La Kompienga, justement parce qu\u2019elle est tr\u00e8s verte et dispose de beaucoup d\u2019aires de p\u00e2turage, accueille de nombreux \u00e9leveurs des zones arides du pays du d\u00e9but de la longue saison s\u00e8che jusqu\u2019aux premi\u00e8res pluies.<\/p>\n<p>  \u2018\u2019On a essay\u00e9 de faire des pistes et n\u00e9goci\u00e9 des couloirs de conduite du b\u00e9tail avec les populations. On d\u00e9limite, on mat\u00e9rialise et on marque la piste jusqu\u2019au point d\u2019eau, pour \u00e9viter que les animaux se baladent dans les champs ou dans des zones o\u00f9 ils ne doivent pas \u00eatre\u2019\u2019, explique Ganaba.<\/p>\n<p>  Des mesures ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement prises par les autorit\u00e9s de la province pour prot\u00e9ger les berges du fleuve. Des plantations sont am\u00e9nag\u00e9es en certains points le long du fleuve et la p\u00eache est \u00e9galement interdite par endroits pour permettre la reproduction des poissons.<\/p>\n<p>  Sur le plan agricole, un certain nombre de mesures ont \u00e9t\u00e9 prises, notamment la diversification des cultures, le riz \u00e0 la place de l\u2019igname par exemple, car l\u2019igname, selon les experts, appauvrit beaucoup plus les sols.<\/p>\n<p>  Toutefois, tout n\u2019\u00e9tant pas n\u00e9gatif dans cette situation, les chercheurs Burkinab\u00e9 ont relev\u00e9 \u2018\u2019des retomb\u00e9es \u00e9conomiques positives\u2019\u2019 de ce flux de migrants sur l\u2019\u00e9conomie de la Kompienga. Les nouvelles cultures introduites dans la province, notamment le coton, rapportent de substantiels b\u00e9n\u00e9fices aux producteurs qui les ont adopt\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 29 juil (IPS) &#8211; Dans la Kompienga, la province la plus verte du Burkina Faso, situ\u00e9e \u00e0 l\u2019est du pays, les formations foresti\u00e8res naturelles ont recul\u00e9 de 1.600 kilom\u00e8tres carr\u00e9s en 15 ans, r\u00e9v\u00e8lent des chercheurs.<\/p>\n","protected":false},"author":463,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,34,11,6,12,1,29],"tags":[],"class_list":["post-3582","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-desert-rampant","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-environnement","category-headlines","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3582","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/463"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3582"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3582\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3582"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3582"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3582"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}