{"id":3546,"date":"2007-07-01T13:40:01","date_gmt":"2007-07-01T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/07\/01\/afrique-de-louest-sunir-pour-sauver-les-ecosystemes-aux-frontieres-communes\/"},"modified":"2007-07-01T13:40:01","modified_gmt":"2007-07-01T13:40:01","slug":"afrique-de-louest-sunir-pour-sauver-les-ecosystemes-aux-frontieres-communes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/07\/01\/afrique-de-louest-sunir-pour-sauver-les-ecosystemes-aux-frontieres-communes\/","title":{"rendered":"AFRIQUE DE L&#39;OUEST: S\u2019unir pour sauver les \u00e9cosyst\u00e8mes aux fronti\u00e8res communes"},"content":{"rendered":"<p>NIAMEY, 30 juin (IPS) &#8211; \u2018\u2019La d\u00e9gradation des terres est avanc\u00e9e dans les bassins transfrontaliers du Niger et du Nigeria \u00e0 telle enseigne qu\u2019elle handicape les \u00e9conomies locales et r\u00e9gionales et accro\u00eet la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des populations rurales\u2019\u2019, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Souley Aboubacar, coordonnateur nig\u00e9rien d\u2019un nouveau programme commun de sauvegarde des \u00e9cosyst\u00e8mes menac\u00e9s.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Tous les sp\u00e9cialistes interrog\u00e9s par IPS dans le cadre de cet article sont unanimes \u00e0 reconna\u00eetre que ces \u00e9cosyst\u00e8mes sont aujourd\u2019hui menac\u00e9s de disparition du fait de la forte pression des hommes sur les ressources naturelles, ce qui a donn\u00e9 comme cons\u00e9quence une acc\u00e9l\u00e9ration de la d\u00e9gradation des terres, une p\u00e9nurie de terres cultivables et la raret\u00e9 des aires de p\u00e2turage au niveau des r\u00e9gions transfrontali\u00e8res.<\/p>\n<p>  Originaire de Douchi, un village du nord du Nig\u00e9ria, frontalier le Niger, Mallam Tchiari Assouman, peut aujourd\u2019hui \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 comme une victime de cette d\u00e9gradation des terres aux fronti\u00e8res du Nig\u00e9ria et du Niger. Autrefois agriculteur et propri\u00e9taire d\u2019un champ de 1,5 hectare devenu improductif, il a d\u00fb immigrer vers Niamey, la capitale nig\u00e9rienne, o\u00f9 il vend aujourd\u2019hui du poivron pour survivre.<\/p>\n<p>  \u2018\u2019Le champ que j\u2019exploitais \u00e0 Douchi ne me rapportait plus grand chose. C\u2019est \u00e0 peine si j\u2019en ai tir\u00e9 quatre sacs de 100kg de mil au cours de ma derni\u00e8re campagne alors qu\u2019auparavant, j\u2019en tirais jusqu\u2019\u00e0 15 sacs\u2019\u2019.<\/p>\n<p>  La situation n\u2019a gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 meilleure pour Madou Boukary, originaire de Diffa, dans le sud du Niger. En d\u00e9pit de la d\u00e9gradation \u00e9vidente des sols de son village, il a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019y rester, mais a \u00e9t\u00e9 contraint de changer de culture. Il a abandonn\u00e9 son champ de mil pour s\u2019adonner exclusivement \u00e0 la culture du poivron.<\/p>\n<p>  \u2018\u2019A quoi bon continuer d\u2019exploiter une terre qui ne me rapporte m\u00eame pas cinq bottes de mil \u00e0 la r\u00e9colte ?\u2019\u2019, explique-t-il \u00e0 IPS au t\u00e9l\u00e9phone.<\/p>\n<p>  Ce sont quatre grands bassins fluviaux frontaliers du Niger et du Nigeria qui subissent les affres de la d\u00e9gradation, raison de la mise en route par les deux pays d\u2019un projet intitul\u00e9 \u2018\u2019Projet de gestion int\u00e9gr\u00e9e des \u00e9cosyst\u00e8mes\u2019\u2019 (PGIE) des r\u00e9gions transfrontali\u00e8res en vue d\u2019assurer la conservation, l\u2019utilisation durable et le partage \u00e9quitable de leurs ressources naturelles.<\/p>\n<p>  La mission du PGIE est de freiner le processus de d\u00e9sertification, faire r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer les \u00e9cosyst\u00e8mes et cr\u00e9er les conditions de leur meilleure exploitation par les populations des r\u00e9gions transfrontali\u00e8res partageant les quatre bassins fluviaux.<\/p>\n<p>  Les quatre bassins concern\u00e9s par le projet sont ceux de la Komadougou Yob\u00e9, du Tagwa\u00ef-El Fadama, du Gada-Goulbi, et de la Maggia-Lamido, rapporte Emmanuel Oladipo, coordonnateur r\u00e9gional du projet aupr\u00e8s de la Commission mixte nig\u00e9ro-nig\u00e9riane de coop\u00e9ration \u00e0 Niamey.<\/p>\n<p>  Les bassins couvrent une superficie de 102.627 kilom\u00e8tres carr\u00e9s et traversent les Etats du Borno, du Yob\u00e9, de Gigawa, de Katsina et de Sokoto, au Nigeria, et les r\u00e9gions de Tahoua, Diffa, Zinder et de Maradi, au Niger.<\/p>\n<p>  Le projet sera ex\u00e9cut\u00e9 dans 24 villages pilotes dans les deux pays, et touchera une population totale de 12.360.364 habitants, essentiellement des agriculteurs et des \u00e9leveurs.<\/p>\n<p>  Les populations seront directement impliqu\u00e9es dans la mise en \u0153uvre du projet \u00e0 travers des actions comme la restauration des terres d\u00e9grad\u00e9es, la gestion et la conservation de la biodiversit\u00e9, affirme Oladipo: \u2018\u2019Ces r\u00e9gions regorgeaient d\u2019une mosa\u00efque d\u2019\u00e9cosyst\u00e8mes avec une biodiversit\u00e9 vari\u00e9e, une flore constitu\u00e9e d\u2019environ 400 esp\u00e8ces adapt\u00e9es \u00e0 l\u2019environnement sah\u00e9lien\u2019\u2019.<\/p>\n<p>  La situation transfrontali\u00e8re a notamment provoqu\u00e9 une aggravation de la pauvret\u00e9 des populations des r\u00e9gions, et engendre souvent des frictions intercommunautaires autour de l\u2019exploitation des maigres ressources naturelles restantes, rench\u00e9rit Seidou Amadou, conseiller technique principal du PGIE.<\/p>\n<p>  Il est attendu de la mise en \u0153uvre de ce projet une am\u00e9lioration de 10 pour cent des revenus des m\u00e9nages de la zone d\u2019intervention, la r\u00e9habilitation de 48.000 hectares de terres d\u00e9grad\u00e9es, une meilleure gestion et conservation de la biodiversit\u00e9 sur 4.800 kilom\u00e8tres carr\u00e9s, et une r\u00e9duction du taux de s\u00e9dimentation dans les bassins de l\u2019ordre de 35 pour cent, indique le document de cadrage du projet.<\/p>\n<p>  Aboubacar chiffre le co\u00fbt global du projet \u00e0 29 millions de dollars. Il est conjointement financ\u00e9 par le Fonds pour l\u2019environnement mondial, puis les deux pays b\u00e9n\u00e9ficiaires, le Niger et le Nigeria.<\/p>\n<p>  \u2018\u2019D\u2019ici \u00e0 la fin du projet, en 2013, nous attendons \u00e9galement des populations la ma\u00eetrise, par au moins 50 pour cent d\u2019entre elles, des bonnes pratiques de gestion des ressources naturelles\u2019\u2019, pr\u00e9cise Oladipo.<\/p>\n<p>  Selon Aboubacar, ce projet, dont les phases pr\u00e9liminaires viennent de finir, et qui entre en ce mois de juin dans sa phase de terrain, \u2018\u2019traduit la volont\u00e9 politique des autorit\u00e9s des deux pays de garantir un partage \u00e9quitable et une meilleure gestion des ressources naturelles dans les quatre bassins fluviaux communs&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NIAMEY, 30 juin (IPS) &#8211; \u2018\u2019La d\u00e9gradation des terres est avanc\u00e9e dans les bassins transfrontaliers du Niger et du Nigeria \u00e0 telle enseigne qu\u2019elle handicape les \u00e9conomies locales et r\u00e9gionales et accro\u00eet la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des populations rurales\u2019\u2019, d\u00e9clare \u00e0 IPS,&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/07\/01\/afrique-de-louest-sunir-pour-sauver-les-ecosystemes-aux-frontieres-communes\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":299,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,34,11,12,1,29],"tags":[],"class_list":["post-3546","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-desert-rampant","category-developpement","category-environnement","category-headlines","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3546","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/299"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3546"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3546\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3546"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3546"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3546"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}