{"id":3497,"date":"2007-05-28T13:40:01","date_gmt":"2007-05-28T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/05\/28\/cote-divoire-les-deplaces-retournent-chez-eux-mais-leur-vie-est-a-refaire\/"},"modified":"2007-05-28T13:40:01","modified_gmt":"2007-05-28T13:40:01","slug":"cote-divoire-les-deplaces-retournent-chez-eux-mais-leur-vie-est-a-refaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/05\/28\/cote-divoire-les-deplaces-retournent-chez-eux-mais-leur-vie-est-a-refaire\/","title":{"rendered":"COTE D&#39;IVOIRE: Les d\u00e9plac\u00e9s retournent chez eux, mais leur vie est \u00e0 refaire"},"content":{"rendered":"<p>TOULEPLEU, ouest de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, 28 mai (IPS) &#8211; En attendant une saison pluvieuse, encore hypoth\u00e9tique, Drissa Par\u00e9, 43 ans, tente de r\u00e9habiliter sa petite case \u00e0 Zou, un village de la sous-pr\u00e9fecture de Toulepleu (ouest de la C\u00f4te d&#39;Ivoire), o\u00f9 il est revenu apr\u00e8s quatre ann\u00e9es pass\u00e9es dans un centre de d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 Guiglo, plus au sud.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Tout le temps pass\u00e9 au CATD (Centre d&#39;accueil temporaire des d\u00e9plac\u00e9s), je n&#39;ai jamais \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&#39;aise. C&#39;est comme si ma libert\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 confisqu\u00e9e&#8221;, raconte Par\u00e9, originaire du Burkina Faso, le visage froiss\u00e9 par une col\u00e8re qui le ronge en sourdine. Avec quatre ans au CATD de Guiglo, ce d\u00e9plac\u00e9 de guerre estime avoir perdu beaucoup de temps \u00e0 ne rien faire.<\/p>\n<p> &#8220;J&#39;ai mang\u00e9 au rythme des dons des organisations humanitaires, comme un malheureux. J&#39;avais de la peine \u00e0 me soigner. Mes enfants n&#39;ont pu aller \u00e0 l&#39;\u00e9cole. Je souhaite ne plus revivre cela&#8221;, a-t-il dit \u00e0 IPS, la semaine derni\u00e8re \u00e0 Zou.<\/p>\n<p> Au lendemain du d\u00e9clenchement de la crise ivoirienne, en septembre 2002, des affrontements inter-ethniques et inter-communautaires avaient \u00e9clat\u00e9 dans la r\u00e9gion ouest du pays, productrice de cacao, dont la C\u00f4te d&#39;Ivoire est le premier producteur mondial. Des milliers de ressortissants burkinab\u00e9 et maliens notamment avaient alors abandonn\u00e9 leurs habitations et plantations pour fuir les exactions. Ils avaient \u00e9t\u00e9 install\u00e9s plus tard dans un centre d&#39;accueil.<\/p>\n<p> Selon l&#39;Organisation internationale des migrations (OIM), le CATD de Guiglo a accueilli quelque 7.000 personnes recens\u00e9es en avril 2006. En outre, de nombreuses familles de Du\u00e9kou\u00e9, dans l&#39;ouest, avaient accueilli 8.426 familles de d\u00e9plac\u00e9s, soit 46.958 personnes.<\/p>\n<p> Comme Par\u00e9, quelque 500 familles (environ 2.500 personnes) sont retourn\u00e9es dans leurs anciennes localit\u00e9s gr\u00e2ce aux soins de l&#39;OIM. &#8220;Progressivement, les populations d\u00e9plac\u00e9es internes, majoritairement compos\u00e9es d&#39;allog\u00e8nes burkinab\u00e9 et maliens, regagnent leurs localit\u00e9s d&#39;origine&#8221;, indique \u00e0 IPS, Michel Tia, repr\u00e9sentant de l&#39;OIM \u00e0 Du\u00e9kou\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Ce retour dans les zones qu&#39;ils ont d\u00fb abandonner pour cause d&#39;ins\u00e9curit\u00e9, li\u00e9e au d\u00e9clenchement de la crise politico-militaire, s&#39;est av\u00e9r\u00e9 difficile en raison de l&#39;hostilit\u00e9 exprim\u00e9e par les autochtones gu\u00e9r\u00e9 (une ethnie locale de l&#39;ouest)&#8221;, reconna\u00eet le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). &#8220;Gr\u00e2ce \u00e0 plusieurs actions conjugu\u00e9es d&#39;organismes sp\u00e9cialis\u00e9s des Nations Unies, leur retour a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 par les autochtones&#8221;.<\/p>\n<p> Propri\u00e9taire de cinq hectares de cacao et trois hectares de caf\u00e9 dans le village de Zou, peu avant la crise, Par\u00e9 a retrouv\u00e9 son ancien site d&#39;habitation, sans la moindre portion de terre. Il se bat d\u00e9sormais pour sa survie.  &#8220;Ce qui importe pour moi maintenant, c&#39;est de retrouver mes plantations et reprendre mes activit\u00e9s. Il est certain que notre vie est \u00e0 refaire&#8221;, d\u00e9clare Par\u00e9. &#8220;Nous allons n\u00e9gocier avec nos tuteurs (les autochtones qui les avaient accueillis) afin qu&#39;ils nous c\u00e8dent quelques parcelles de terre et que nous puissions cultiver de quoi nous nourrir&#8221;, plaide-t-il pour sa famille de dix personnes dont trois enfants \u00e0 scolariser.<\/p>\n<p> Dans un jardin de 20 m\u00e8tres de long sur 10 m\u00e8tres de large dans les bas-fonds jouxtant sa nouvelle maison de P\u00e9h\u00e9, toujours dans la r\u00e9gion de Toulepleu, Karim Traor\u00e9, un Malien de 35 ans et sa femme disposent, eux, d&#39;une portion de terre o\u00f9 ils cultivent du piment, de haricot, de gombo et d&#39;aubergine.  Traor\u00e9 a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS : &#8220;Nous avons re\u00e7u les semences de la FAO (Fonds des Nations Unies pour l&#39;alimentation et l&#39;agriculture). Avec les r\u00e9coltes, nous allons consommer un peu, et le reste sera mis \u00e0 la vente&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Nous savons qu&#39;il ne sera pas facile de se procurer assez t\u00f4t de la terre \u00e0 cultiver. Nous sommes all\u00e9s visiter notre ancienne plantation, elle est occup\u00e9e. Nous n&#39;avons pas eu besoin de poser des questions&#8221;, dit-il. &#8220;En attendant, nous allons assurer le minimum avec ce qui est l\u00e0, et on verra la suite&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Pour moi, comme pour d&#39;autres, notre espoir r\u00e9side dans l&#39;application des accord de Ouagadougou. Si la paix revient, nous croyons que nos tuteurs accepteront notre installation. La vie redeviendra normale. J&#39;en suis certain&#8221;, esp\u00e8re Traor\u00e9.<\/p>\n<p> Face \u00e0 ces dol\u00e9ances, des autochtones restent ind\u00e9cis. &#8220;Nos parents restent ouverts aux n\u00e9gociations, mais il faut laisser les plaies se cicatriser un peu. Nous avons accept\u00e9 leur retour dans nos villages; maintenant, qu&#39;ils prennent patience pour la suite&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Firmin N&#39;goan, un autochtone lettr\u00e9 du village de P\u00e9h\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Nous pensons qu&#39;avec la crise, nous avons pris conscience de beaucoup choses. Donc, la question de nos terres ne sera plus g\u00e9r\u00e9e comme avant, elles ne seront plus c\u00e9d\u00e9es pour un franc symbolique (gratuitement)&#8221;, avertit-il.<\/p>\n<p> Selon N&#39;goan, les plantations \u00e9taient autrefois c\u00e9d\u00e9es gratuitement aux \u00e9trangers, tout juste pour \u00eatre exploit\u00e9es. Par la suite, les \u00e9trangers ont voulu en faire leurs propri\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es, ce qui a engendr\u00e9 depuis des conflits terriens entre eux et les autochtones. Des tensions qui ont \u00e9t\u00e9 raviv\u00e9es par la crise politico-militaire.<\/p>\n<p> De leur c\u00f4t\u00e9, les organisations non gouvernementales (ONG) soutiennent qu&#39;elles poursuivront la sensibilisation des diff\u00e9rentes communaut\u00e9s de la r\u00e9gion. &#8220;C&#39;est un processus qui est long avec des \u00e9cueils \u00e0 tout moment, mais nous pensons r\u00e9ussir \u00e0 r\u00e9installer les d\u00e9plac\u00e9s qui rentrent chez eux&#8221;, d\u00e9clare Clarisse Atta, de l&#39;ONG Vivre unis, bas\u00e9e \u00e0 Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne.<\/p>\n<p> &#8220;Pour l&#39;instant, les organisations humanitaires aident les d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 s&#39;assurer le minimum. Nous souhaitons que cela dure le temps qu&#39;il nous sera accord\u00e9 pour convaincre les autochtones de la n\u00e9cessit\u00e9 d&#39;accepter ces allog\u00e8nes. Sans soutien mat\u00e9riel et financier, les d\u00e9plac\u00e9s mourront de faim&#8221;, affirme Atta.<\/p>\n<p> Depuis le 19 septembre 2002, la C\u00f4te d&#39;Ivoire est coup\u00e9e en deux par une crise politico-militaire \u00e0 la suite d&#39;une tentative de coup d&#39;Etat manqu\u00e9. Des soldats de l&#39;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re sont entr\u00e9s en r\u00e9bellion arm\u00e9e et contr\u00f4lent la moiti\u00e9 nord du territoire ivoirien. Ils avaient d\u00e9clar\u00e9 avoir pris les armes pour lutter contre l&#39;exclusion pr\u00e9sum\u00e9e des populations de cette partie de ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest.<\/p>\n<p> Gr\u00e2ce \u00e0 un dialogue direct entre les deux principaux protagonistes de la crise, le pr\u00e9sident Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, le chef des ex-rebelles, un nouvel accord politique a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 le 4 mars dernier \u00e0 Ouagadougou, au Burkina Faso. Depuis lors, la C\u00f4te d&#39;Ivoire \u00e9volue progressivement vers la paix, en d\u00e9pit de quelques difficult\u00e9s dans le processus qui pr\u00e9voit \u00e9galement le retour des d\u00e9plac\u00e9s internes dans leurs localit\u00e9s d&#39;origine.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TOULEPLEU, ouest de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, 28 mai (IPS) &#8211; En attendant une saison pluvieuse, encore hypoth\u00e9tique, Drissa Par\u00e9, 43 ans, tente de r\u00e9habiliter sa petite case \u00e0 Zou, un village de la sous-pr\u00e9fecture de Toulepleu (ouest de la C\u00f4te&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/05\/28\/cote-divoire-les-deplaces-retournent-chez-eux-mais-leur-vie-est-a-refaire\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,1,7,3,29],"tags":[],"class_list":["post-3497","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3497","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3497"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3497\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3497"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3497"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3497"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}