{"id":3443,"date":"2007-04-13T13:40:01","date_gmt":"2007-04-13T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/04\/13\/politique-centrafrique-incertitude-sur-le-dialogue-de-la-paix\/"},"modified":"2007-04-13T13:40:01","modified_gmt":"2007-04-13T13:40:01","slug":"politique-centrafrique-incertitude-sur-le-dialogue-de-la-paix","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/04\/13\/politique-centrafrique-incertitude-sur-le-dialogue-de-la-paix\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-CENTRAFRIQUE: Incertitude sur le dialogue de la paix"},"content":{"rendered":"<p>BANGUI, 13 avr (IPS) &#8211; Le doute plane sur la tenue du dialogue inter-centrafricain tant attendu pour mettre un terme d&#39;une part aux activit\u00e9s de plusieurs mouvements de r\u00e9bellion dans le pays et, d&#39;autre part, r\u00e9duire la tension politique qui r\u00e8gne, depuis plus d&#39;un an, entre le pouvoir et l&#39;opposition \u00e0 Bangui, la capitale centrafricaine.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Les partis d&#39;opposition accusent le chef de l&#39;Etat, Fran\u00e7ois Boziz\u00e9, d&#39;\u00eatre \u00e0 l&#39;origine de la rupture du dialogue et de la mal gouvernance qui sont les cons\u00e9quences des crises politico-militaires en cours dans ce pays d&#39;Afrique centrale.<\/p>\n<p> Le pr\u00e9sident Boziz\u00e9 avait d\u00e9clar\u00e9 depuis environ un mois qu&#39;il prenait le dossier du dialogue en main alors que le Comit\u00e9 des sages, qui avait la charge de prendre des contacts avec les diff\u00e9rents groupes et personnalit\u00e9s politiques susceptibles de participer \u00e0 la rencontre, n&#39;avait pas encore boucl\u00e9 sa mission. Depuis lors, la date du dialogue n&#39;est pas fix\u00e9e et les observateurs s&#39;interrogent sur la volont\u00e9 r\u00e9elle des autorit\u00e9s de Bangui d&#39;organiser cette rencontre.<\/p>\n<p> Interrog\u00e9 par IPS sur le dialogue, Henri Pouz\u00e8re, pr\u00e9sident de l&#39;Union des forces vives de la nation, une coalition de partis politiques de l&#39;opposition, a d\u00e9clar\u00e9 que &#8220;l&#39;opposition politique reste et demeure convaincue que la seule voie de sortie de crise en Centrafrique, c&#39;est la tenue d&#39;un forum non exclusif avec les acteurs de la vie politique nationale ainsi que tous les responsables des groupes rebelles&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Ce que l&#39;opposition d\u00e9plore, c&#39;est le retard orchestr\u00e9 par le pouvoir quant \u00e0 la tenue de ces assises, car voil\u00e0 aujourd&#39;hui un an que nous r\u00e9clamons en vain un dialogue politique pour rechercher ensemble les solutions aux diff\u00e9rentes crises qui ont des cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur la majorit\u00e9 de nos compatriotes&#8221;, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p> L&#39;id\u00e9e d&#39;un dialogue inter-centrafricain est n\u00e9 juste cinq mois apr\u00e8s l&#39;\u00e9lection du pr\u00e9sident Boziz\u00e9, notamment \u00e0 la suite des attaques arm\u00e9es lanc\u00e9es par la r\u00e9bellion de l&#39;Union des forces d\u00e9mocratiques pour le rassemblement (UFDR), le 1er d\u00e9cembre 2005 \u00e0 Markounda, dans le nord du pays, contre les positions des forces r\u00e9guli\u00e8res, et le 31 d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e, \u00e0 Paoua (nord).  Le bilan officiel des \u00e9v\u00e8nements \u00e0 Paoua faisait \u00e9tat d&#39;une trentaine de morts parmi les civils alors que l&#39;Union des journalistes centrafricains, qui avait enqu\u00eat\u00e9 sur les combats, avait relev\u00e9 une soixantaine de d\u00e9c\u00e8s dont la responsabilit\u00e9 incombait \u00e0 la garde pr\u00e9sidentielle suite \u00e0 ses repr\u00e9sailles dans ces localit\u00e9s.<\/p>\n<p> Le gouvernement avait accus\u00e9 ouvertement les opposants politiques, notamment le Mouvement de lib\u00e9ration du peuple centrafricain, le parti de l&#39;ancien pr\u00e9sident Ange F\u00e9lix Patass\u00e9 en exil, d&#39;\u00eatre derri\u00e8re ces \u00e9v\u00e8nements.  En d\u00e9pit de multiples appels au dialogue lanc\u00e9s par des personnalit\u00e9s politiques et de la soci\u00e9t\u00e9 civile, les autorit\u00e9s se sont oppos\u00e9es \u00e0 toute n\u00e9gociation avec les assaillants qu&#39;elles traitent &#8220;d&#39;\u00e9l\u00e9ments \u00e9gar\u00e9s et de bandits affam\u00e9s&#8221;. Selon le gouvernement, la seule condition pour dialoguer est que ceux qui ont pris les armes cessent les attaques contre les populations civiles.<\/p>\n<p> &#8220;Le chef de l&#39;Etat a toujours a \u00e9t\u00e9 le partisan incontest\u00e9 du r\u00e8glement des diff\u00e9rends par voie du dialogue et il l&#39;a prouv\u00e9 r\u00e9cemment par la signature d&#39;un accord politique avec le chef rebelle Abdoulaye Miskine et sa suite ainsi que la d\u00e9cision de l&#39;arr\u00eat des poursuites judiciaires contre les deux leaders d&#39;un autre groupe rebelle, arr\u00eat\u00e9s \u00e0 Cotonou, au B\u00e9nin&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Cyriaque Gonda, porte-parole de la pr\u00e9sidence centrafricaine.<\/p>\n<p> Les deux chefs rebelles Michel Am Ndroko Djotodia et Abakar Sabone, de l&#39;UFDR \u00e9taient arr\u00eat\u00e9s et poursuivis en justice au B\u00e9nin pour &#8220;utilisation du territoire b\u00e9ninois afin de d\u00e9stabiliser le r\u00e9gime d\u2019un pays ami&#8221; (la Centrafrique), selon les autorit\u00e9s b\u00e9ninoises.  Gonda a ajout\u00e9 que &#8220;les contacts se poursuivent pour que toutes les parties acceptent de cesser les actions militaires afin que ces assises puissent se d\u00e9rouler dans un climat plus apais\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p> Sous l\u2019\u00e9gide du dirigeant libyen Mouhamar Kadhafi, les autorit\u00e9s centrafricaines avaient conclu, en f\u00e9vrier \u00e0 Syrte (Libye), un accord politique avec Miskine, proche de l&#39;ex-pr\u00e9sident Patass\u00e9 et leader d&#39;un mouvement rebelle dans le nord-est du pays. Cet accord pr\u00e9voyait, entre autres, la cessation imm\u00e9diate des activit\u00e9s de la r\u00e9bellion et l&#39;int\u00e9gration de ses membres dans les rangs des Forces arm\u00e9es centrafricaines (FACA).<\/p>\n<p> Malheureusement, l&#39;accord politique a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 par d&#39;autres mouvements rebelles, l\u2019UFDR notamment. Joint au t\u00e9l\u00e9phone par IPS, le lieutenant Florent Ndjadder, chef des op\u00e9rations de l\u2019UFDR, a indiqu\u00e9 que &#8220;L&#39;accord politique de Syrte n&#39;engage que les parties signataires et que l&#39;UFDR attend toujours la tenue du dialogue avant d&#39;envisager tout arr\u00eat des hostilit\u00e9s&#8221;.<\/p>\n<p> La derni\u00e8re attaque des rebelles de l&#39;UFDR, qui remonte aux 3 et 4 mars contre les positions des FACA et d&#39;un d\u00e9tachement fran\u00e7ais appel\u00e9 au soutien logistique des forces r\u00e9guli\u00e8res \u00e0 Birao, dans le nord-est, a provoqu\u00e9 le d\u00e9placement de plus de 13.000 habitants sur les 14.000 que compte la ville. Et 70 pour cent des habitations ont \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9s, selon Tobi Lazer, repr\u00e9sentant r\u00e9sident du Programme des Nations pour le d\u00e9veloppement en Centrafrique.<\/p>\n<p> Selon Ndjadder, la motivation de leur mouvement &#8220;s&#39;explique par l&#39;injustice sociale g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et accentu\u00e9e au sein de l&#39;arm\u00e9e nationale par les multiples promotions aux grades sup\u00e9rieurs dont b\u00e9n\u00e9ficient les \u00e9l\u00e9ments proches du chef de l&#39;Etat au d\u00e9triment des autres hommes de rang&#8221;.<\/p>\n<p> Une d\u00e9l\u00e9gation du Comit\u00e9 des sages, conduite par le pasteur Isaac Zokou\u00e9, avait tent\u00e9 sans succ\u00e8s, en mars, de convaincre Ndroko Djotodia et Sabone, les deux leaders de l&#39;UFDR arr\u00eat\u00e9s \u00e0 Cotonou, de signer l&#39;accord de Syrte, malgr\u00e9 la lev\u00e9e des poursuites judiciaires contre eux.  Toutefois, des sources diplomatiques indiquent \u00e0 Bangui, qu\u2019un accord de paix devrait \u00eatre sign\u00e9 ce vendredi \u00e0 Birao entre le pr\u00e9sident Boziz\u00e9 et les rebelles de l&#39;UFDR si leurs revendications \u00e9taient satisfaites, notamment la lib\u00e9ration de leurs leaders d\u00e9tenus au B\u00e9nin et la r\u00e9int\u00e9gration de leurs combattants dans les FACA.  Mais, des observateurs craignent que la signature de cet accord ne remette en cause la tenue du dialogue inter-centrafricain.   Interrog\u00e9e par IPS, Ir\u00e8ne Kobisso, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale du Mouvement de d\u00e9fense des droits de l&#39;Homme, estime que &#8220;le dialogue inter-centrafricain est non seulement urgent, mais s&#39;impose \u00e0 tous car c&#39;est l&#39;unique solution pour ramener la paix dans le pays&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Faute de dialogue, les conflits arm\u00e9s se sont accrus et ont affect\u00e9 des milliers de nos compatriotes dont les estimations font \u00e9tat de plus de 100.000 personnes d\u00e9plac\u00e9es dans les villes de l&#39;arri\u00e8re-pays et qui vivent en brousse dans des conditions humanitaires les plus atroces&#8221;, souligne Kobisso.  Selon elle, l&#39;opinion nationale ne comprend pas le grand retard du dialogue politique alors que la constitution centrafricaine de d\u00e9cembre 2004 a pr\u00e9vu, parmi les institutions r\u00e9publicaines, un Conseil national pour la m\u00e9diation, charg\u00e9 de r\u00e9gler les \u00e9ventuels conflits internes.<\/p>\n<p> Malheureusement, constatent les observateurs, cette institution n&#39;a jamais \u00e9t\u00e9 activ\u00e9e dans la crise politico-militaire que traverse le pays depuis plus d&#39;un an.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BANGUI, 13 avr (IPS) &#8211; Le doute plane sur la tenue du dialogue inter-centrafricain tant attendu pour mettre un terme d&#39;une part aux activit\u00e9s de plusieurs mouvements de r\u00e9bellion dans le pays et, d&#39;autre part, r\u00e9duire la tension politique qui&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/04\/13\/politique-centrafrique-incertitude-sur-le-dialogue-de-la-paix\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":318,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,7,3,29],"tags":[],"class_list":["post-3443","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-politique","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3443","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/318"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3443"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3443\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3443"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3443"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3443"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}