{"id":344,"date":"1998-07-29T13:40:01","date_gmt":"1998-07-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/1998\/07\/29\/economie-senegal-lesprit-dentreprise-se-developpe-chez-les-femmes\/"},"modified":"1998-07-29T13:40:01","modified_gmt":"1998-07-29T13:40:01","slug":"economie-senegal-lesprit-dentreprise-se-developpe-chez-les-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/1998\/07\/29\/economie-senegal-lesprit-dentreprise-se-developpe-chez-les-femmes\/","title":{"rendered":"ECONOMIE-SENEGAL: L&#39;esprit D&#39;entreprise Se D\u00e9veloppe Chez Les  Femmes."},"content":{"rendered":"<p>DAKA, 29 juill. (IPS) &#8211; Pourquoi les tissus &#39;wax&#39; du Mali ont-ils<br \/>\nsubitement disparu sur le march\u00e9 dakarois de Sandaga, un march\u00e9<br \/>\ntr\u00e8s prosp\u00e8re qui, en temps normal, a l&#39;une des meilleures<br \/>\ns\u00e9lections de tissus dans la r\u00e9gion ?<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&quot;Actuellement, nous ne vendons que le wax s\u00e9n\u00e9galais et le wax<br \/>\ngambien&quot;, d\u00e9clare Aminata Ndiaye, debout devant une \u00e9tag\u00e8re de<br \/>\ntissus multicolores.<br \/>\n Il y a quelques mois, elle et plusieurs douzaines de petites<br \/>\ncommer\u00e7antes de la capitale s\u00e9n\u00e9galaise, ont d\u00e9cid\u00e9 d&#39;arr\u00eater de<br \/>\nvendre l&#39;un des articles qu&#39;elles \u00e9coulent le plus. &quot;Le co\u00fbt des<br \/>\ntaxes et des pots-de-vin \u00e0 donner aux douaniers est simplement<br \/>\ntrop \u00e9lev\u00e9&quot;, explique Ndiaye.<br \/>\n Les hommes d&#39;affaires professionnels pensent que la d\u00e9cision des<br \/>\nfemmes est na\u00efve et, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 importer, eux-m\u00eames, le<br \/>\ntissu. &quot;Nous nous attendions \u00e0 cela&quot;, d\u00e9clare Ndiaye. &quot;Nous<br \/>\nsavions qu&#39;ils feraient plus de d\u00e9penses et fixeraient un prix<br \/>\nhors de la port\u00e9e des clients&quot;.<br \/>\n &quot;Cela a amen\u00e9 les clients \u00e0 acheter plut\u00f4t notre wax moins<br \/>\ncher&quot;, dit-elle. &quot;Maintenant, les affaires prosp\u00e8rent&quot;.<br \/>\n Les petites entrepreneuses africaines ont une jugeote comparable \u00e0<br \/>\ncelle des banquiers de Wall Street (New York). Tout en dirigeant<br \/>\nleurs propres foyers, elles font des \u00e9tudes du march\u00e9 pour savoir<br \/>\npr\u00e9cis\u00e9ment quel poisson les membres de la communaut\u00e9 mangent,<br \/>\nquels genres de broderie sont \u00e0 la mode et quels membres de la<br \/>\ncommunaut\u00e9 ont de l&#39;argent.<br \/>\n Au lieu d&#39;essayer d&#39;ouvrir les portes traditionnellement ferm\u00e9es<br \/>\naux femmes, plusieurs organisations africaines de d\u00e9veloppement<br \/>\nessaient maintenant de renforcer les syst\u00e8mes socio-\u00e9conomiques<br \/>\ndans lesquels les femmes op\u00e8rent.<br \/>\n Un projet d&#39;\u00e9pargne populaire chez les femmes africaines est connu<br \/>\nsous le nom de &quot;tontine&quot;. Les femmes y mettent de l&#39;argent ou<br \/>\nd&#39;autres formes de capitaux et tirent des pailles. Le gagnant<br \/>\nprend tout.<br \/>\n &quot;C&#39;est comme un projet de pyramide&quot;, explique Wendy Wilson Fall,<br \/>\ndirectrice r\u00e9gionale du conseil national des femmes noires (CNFN)<br \/>\npour l&#39;Afrique de l&#39;ouest, dont le si\u00e8ge est \u00e0 Washington.<br \/>\n &quot;Cela \u00e9choue rarement, car les groupes restent souvent ensemble<br \/>\npour que tout le monde gagne \u00e9ventuellement. C&#39;est tr\u00e8s<br \/>\nd\u00e9mocratique&quot;.<br \/>\n Gr\u00e2ce aux tontines, les femmes ach\u00e8tent des \u00e9quipements agricoles<br \/>\net cr\u00e9ent de petites entreprises; elles paient la scolarit\u00e9 des<br \/>\nenfants et am\u00e9liorent leurs foyers. Le projet peut \u00eatre organis\u00e9<br \/>\nau sein des grandes familles, des groupes ethniques, par des<br \/>\nfemmes de march\u00e9 ou des groupes religieux locaux.<br \/>\n Au S\u00e9n\u00e9gal, les tontines &quot;font partie d&#39;un syst\u00e8me complexe de<br \/>\ndons qui font que les gens se doivent mutellement et la soci\u00e9t\u00e9<br \/>\nest aussi soud\u00e9e&quot;, souligne Wilson Fall, anthropologue de<br \/>\nformation. &quot;Les femmes apprennent \u00e0 tenir les comptes&quot;.<br \/>\n Il y a cinq ans, le CNFN a aid\u00e9 les femmes du village de Dal Diam,<br \/>\ndans la r\u00e9gion aride du S\u00e9n\u00e9gal, \u00e0 transformer leur tontine en un<br \/>\ngroupe d&#39;investissement formel. En cinq ans, le revenu annuel du<br \/>\nvillage a presque doubl\u00e9.<br \/>\n Le CNFN est parmi les centaines d&#39;organisations africaines de<br \/>\nd\u00e9veloppement qui organisent de petits projets de cr\u00e9dit \u00e0<br \/>\npartir des tontines des femmes. Plusieurs organisations peuvent<br \/>\navoir des taux de remboursement de pr\u00e8s de 100 pour cent. Mais, il<br \/>\ny a quelques ann\u00e9es seulement, les sp\u00e9cialistes du d\u00e9veloppement<br \/>\nestimaient que ces groupes \u00e9conomiques informels \u00e9taient risqu\u00e9s.<br \/>\n &quot;Le probl\u00e8me est qu&#39;ils ont essay\u00e9 d&#39;organiser les femmes en<br \/>\ncoop\u00e9ratives, pensant que c&#39;est de cette fa\u00e7on que les femmes<br \/>\nafricaines op\u00e8rent&quot;, affirme Wilson Fall. &quot;Cependant, bien<br \/>\nqu&#39;elles puissent travailler collectivement, les femmes veulent<br \/>\ntoujours \u00eatre capables de faire leur profit individuel&quot;.<br \/>\n A Dal Diam, la ferme des femmes se trouvant sur le terrain<br \/>\ncommunal est divis\u00e9e en jardins individuels.<br \/>\n Les organisations financi\u00e8res luttent pour comprendre la dynamique<br \/>\ndes groupes de femmes, et les projets ne respectent pas toujours<br \/>\nleur programmation. Wilson Fall raconte l&#39;histoire d&#39;une<br \/>\norganisation donatrice internationale qui a tout r\u00e9cemment accord\u00e9<br \/>\ndes aides \u00e0 un groupe de femmes burkinab\u00e9s pour lui permettre de<br \/>\nremplacer le b\u00e9tail ayant p\u00e9ri au cours de<br \/>\nla saison s\u00e8che. Les femmes ont plut\u00f4t achet\u00e9 de l&#39;or avec les<br \/>\naides.<br \/>\n &quot;Il y a eu un grand toll\u00e9 lorsque les donateurs l&#39;ont su&quot;,<br \/>\nrapporte Wilson Fall, mais en fait les femmes avaient pris une<br \/>\nd\u00e9cision commerciale astucieuse. Le prix du b\u00e9tail \u00e9tait \u00e9lev\u00e9 \u00e0<br \/>\nl&#39;\u00e9poque. L&#39;or \u00e9tait simplement un meilleur investissement.<br \/>\n Elle cite le cas d&#39;une autre organisation de d\u00e9veloppement dans le<br \/>\nsud du S\u00e9n\u00e9gal, qui a essay\u00e9 de distribuer une nouvelle vari\u00e9t\u00e9 de<br \/>\ngraines de riz aux fermi\u00e8res uniquement, car elle croyait qu&#39;elles<br \/>\nla partageraient mieux que les hommes. &quot;Mais, les femmes sont de<br \/>\nnature humaine. Elles ont gard\u00e9 l&#39;essentiel des graines pour elles-<br \/>\nm\u00eames&quot;.<br \/>\n Un r\u00e9cent rapport des Nations Unies sur les femmes dans le<br \/>\nd\u00e9veloppement en Afrique, indique que bien que les hommes bloquent<br \/>\nles efforts des femmes, notamment dans les communaut\u00e9s rurales o\u00f9<br \/>\nla terre est la proprit\u00e9 des hommes, les femmes ont souvent leur<br \/>\nfa\u00e7on de conserver le pouvoir socio-\u00e9conomique, ce qui n&#39;est pas<br \/>\ntoujours apparent.<br \/>\n Au S\u00e9n\u00e9gal, par exemple, bien que les hommes soient les seuls \u00e0<br \/>\nconduire les taxis, les femmes en sont parfois les propri\u00e9taires.<br \/>\nLes hommes dominent \u00e9galement la politique locale et nationale<br \/>\npartout en Afrique, mais, dans les coulisses, les femmes ont<br \/>\nsouvent une surprenante parcelle de pouvoir.<br \/>\n &quot;L&#39;Afrique regorge de dirigeantes&quot;, affirme Soukeyna Ba,<br \/>\npr\u00e9sidente de l&#39;entreprise africaine de d\u00e9veloppement (EAD), une<br \/>\norganisation dakaroise.<br \/>\n &quot;Il ne leur manque que la formation et les moyens de<br \/>\ns&#39;\u00e9panouir&quot;.<br \/>\n Depuis la conf\u00e9rence de Beijing sur les femmes en 1995, la<br \/>\npolitique des Nations Unies s&#39;est concentr\u00e9e sur ce qu&#39;elles<br \/>\nappellent &quot;la priorit\u00e9 aux questions de genre&quot;.<br \/>\n Josephine Ouedraogo, directrice du centre africain<br \/>\ndes femmes, un service des Nations Unies, affirme qu&#39;elle<br \/>\nn&#39;aimerait plus voir un minist\u00e8re de la condition f\u00e9minine au sein<br \/>\ndes gouvernements africains.<br \/>\n &quot;Ce qui est r\u00e9ellement n\u00e9cessaire, c&#39;est l&#39;int\u00e9gration d&#39;un<br \/>\nprogramme de genres dans tous les principaux minist\u00e8res, notamment<br \/>\nles minist\u00e8res de l&#39;Agriculture, de l&#39;Education, du Commerce et<br \/>\ndes Finances, de la Sant\u00e9, ainsi de suite, et une v\u00e9ritable<br \/>\nparticipation ainsi que l&#39;\u00e9galit\u00e9 au niveau de toutes les<br \/>\nopportunit\u00e9s et des ressources&quot;, sugg\u00e8re Ouedraogo.<br \/>\n La politique des donateurs occidentaux \u00e0 l&#39;\u00e9gard des femmes<br \/>\nafricaines a chang\u00e9 par rapport aux ann\u00e9es 1970 o\u00f9 l&#39;on supposait<br \/>\nque les femmes africaines, tout comme les femmes occidentales de<br \/>\nla classe moyenne de l&#39;\u00e9poque, \u00e9taient des m\u00e9nag\u00e8res sans revenu.<br \/>\n Aujourd&#39;hui, l&#39;accent est mis sur le soutien des activit\u00e9s que les<br \/>\nfemmes africaines entreprennent d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAKA, 29 juill. 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