{"id":3413,"date":"2007-03-26T13:40:01","date_gmt":"2007-03-26T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/03\/26\/developpement-kenya-lacunes-dans-le-systeme-legal-fuites-dans-les-conduites-deau\/"},"modified":"2007-03-26T13:40:01","modified_gmt":"2007-03-26T13:40:01","slug":"developpement-kenya-lacunes-dans-le-systeme-legal-fuites-dans-les-conduites-deau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/03\/26\/developpement-kenya-lacunes-dans-le-systeme-legal-fuites-dans-les-conduites-deau\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-KENYA: Lacunes dans le syst\u00e8me l\u00e9gal, fuites dans les conduites d&#39;eau"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 26 mars (IPS) &#8211; La capitale du Kenya, Nairobi, tire son nom d&#39;une expression maasai signifiant &quot;lieu d&#39;eaux douces&quot;. Toutefois, dans certaines parties du pays, cette expression est moins descriptive qu&#39;ironique &#8212; puisque la demande en eau d\u00e9passe actuellement l&#39;offre.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le &#39;Athi Water Services Board&#39; (AWSB), une institution gouvernementale qui g\u00e8re la fourniture d&#39;eau \u00e0 Nairobi et dans ses r\u00e9gions environnantes, indique que la demande d&#39;eau s&#39;\u00e9l\u00e8ve actuellement \u00e0 337.487 m\u00e8tres cubes par jour, tandis que 248.000 m\u00e8tres cubes parviennent aux consommateurs.<\/p>\n<p> Pire, la demande va passer \u00e0 573.871 m\u00e8tres cubes par jour d&#39;ici \u00e0 2015; 728.229 m\u00e8tres cubes par jour vers 2020 &#8212; et plus d&#39;un million de m\u00e8tres cubes par jour vers 2030, selon un nouveau rapport de l&#39;ASWB, intitul\u00e9 &#39;Fourniture d&#39;eau et services d&#39;assainissement : Pr\u00e9vision de la demande pour la ville de Nairobi de 2005 \u00e0 2030&#39;.<\/p>\n<p> Le d\u00e9fi d&#39;\u00e9tendre toujours plus loin la fourniture d&#39;eau a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence le 22 mars, au moment o\u00f9 les pays du monde entier comm\u00e9moraient la Journ\u00e9e mondiale de l&#39;eau &#8212; cette ann\u00e9e sous le th\u00e8me &#39;S&#39;attaquer \u00e0 la crise de l&#39;eau&#39;.  Mais, amener l&#39;eau \u00e0 tous ceux qui en ont besoin \u00e0 Nairobi est rendu plus difficile par le fait que les lois actuelles ne reconnaissent pas les habitats informels, et emp\u00eachent ainsi une planification ad\u00e9quate dans la question de la fourniture d&#39;eau \u00e0 ces zones.<\/p>\n<p> Des statistiques gouvernementales indiquent qu&#39;environ 75 pour cent de la population de Nairobi, estim\u00e9e \u00e0 quelque 2,6 millions de personnes, vivent dans des habitats informels et non conformes aux normes.<\/p>\n<p> Si ce probl\u00e8me est ma\u00eetris\u00e9 et que la fourniture d&#39;eau est r\u00e9gl\u00e9e dans les bidonvilles, une autre difficult\u00e9 pourrait se pr\u00e9senter sous la forme de vendeurs d&#39;eau m\u00e9contents. &quot;Le ph\u00e9nom\u00e8ne de la vente d&#39;eau dans les bidonvilles est un r\u00e9sultat de l&#39;inefficacit\u00e9 du fournisseur formel d&#39;eau&quot;, affirme Patrick Owuori, un ing\u00e9nieur au service de la planification au ASWB.<\/p>\n<p> &quot;Ils vont saboter votre service. Ils essaieront de combattre le gouvernement, qu&#39;ils voient comme un concurrent. Ils essaieront d&#39;emp\u00eacher le gouvernement de voler leur affaire. C&#39;est une guerre de march\u00e9&quot;.<\/p>\n<p> Daniel Makau est l&#39;un des vendeurs en question. &quot;Je tire entre 58 et 72 dollars par mois de la vente d&#39;eau. Ceci nous a maintenus, ma famille et moi&quot;, a-t-il dit \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Makau est pr\u00e9sident de &#39;Maji Bora Kibera&#39; (Eau potable Kibera) un organisme regroupant des vendeurs d&#39;eau \u00e0 Kibera, une installation informelle de 700.000 habitants, situ\u00e9e \u00e0 quelques kilom\u00e8tres au sud-ouest de Nairobi &#8212; et qui serait le plus grand bidonville en Afrique subsaharienne. Environ 500 vendeurs sont inscrits \u00e0 &#39;Maji Bora Kibera&#39;; ils vendent l&#39;eau aux habitants du bidonville \u00e0 trois cents US les 20 litres.<\/p>\n<p> M\u00eame si ce prix pourrait para\u00eetre insignifiant pour certains, il est trop \u00e9lev\u00e9 pour bon nombre d&#39;habitants de Kibera, o\u00f9 le ch\u00f4mage est end\u00e9mique. &quot;J&#39;utilise environ 40 bidons (jerrycans de 20 litres) par mois avec ma famille de cinq membres. Ce n&#39;est pas suffisant, mais si j&#39;en veux plus, je dois d\u00e9penser plus, et je n&#39;ai pas cet argent&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Linus Sijenyi, l&#39;un des habitants.<\/p>\n<p> Selon le site Internet de l&#39;Organisation mondiale de la sant\u00e9, au moins 20 litres d&#39;eau devraient \u00eatre fournis \u00e0 chaque membre d&#39;un m\u00e9nage chaque jour. Ceci \u00e9quivaut \u00e0 3.000 litres par mois pour une famille de cinq personnes, plut\u00f4t que les 800 litres qu&#39;utilise Sijenyi, d&#39;apr\u00e8s ses propres estimations.<\/p>\n<p> Le prix de l&#39;eau dans les zones informelles est \u00e9galement \u00e9lev\u00e9 par rapport au prix de ce produit ailleurs. Une \u00e9tude publi\u00e9e l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, qui a utilis\u00e9 des donn\u00e9es du Centre de recherche sur la sant\u00e9 et la population africaine &#39;La place des eaux douces : Femmes et eau dans les bidonvilles de Nairobi, Kenya&#39;, note que les habitants des installations informelles paient environ huit fois plus pour l&#39;eau que ceux qui vivent dans des zones plus riches.<\/p>\n<p> Selon le rapport, les habitants des bidonvilles paient entre trois et treize cents environ pour un jerrycan de 20 litres d&#39;eau, selon la disponibilit\u00e9 du produit. Les habitants dans les zones plus hupp\u00e9es paient un taux standard d\u2019environ 1,7 dollar pour 10.000 litres d&#39;eau &#8212; soit moins d&#39;un cent pour 20 litres.<\/p>\n<p> L&#39;\u00e9tude note par ailleurs que l&#39;eau vendue aux habitants des bidonvilles n&#39;est pas toujours potable.<\/p>\n<p> Dans une toute autre ironie, les vendeurs sont \u00e9galement partiellement tenus pour responsables des p\u00e9nuries d&#39;eau dans des installations informelles dont ils tirent leurs moyens de subsistance. La plupart obtiennent leurs provisions \u00e0 travers des connexions ill\u00e9gales aux canalisations d&#39;eau, aux d\u00e9pens des consommateurs ailleurs.<\/p>\n<p> &quot;Nous sommes conscients du fait que les connexions cr\u00e9ent une p\u00e9nurie artificielle dans les bidonvilles, et nous sommes en train de nous attaquer \u00e0 cette question&quot;, affirme Mildred Ogendo de la &#39;Nairobi Water company&#39; (Soci\u00e9t\u00e9 d&#39;eau de Nairobi), qui a pass\u00e9 un contrat avec l&#39;ASWB pour \u00e9tendre la fourniture des services d&#39;eau dans la ville.<\/p>\n<p> La firme a invit\u00e9 les vendeurs d&#39;eau dans des installations informelles \u00e0 l\u00e9galiser leurs activit\u00e9s en demandant de nouvelles connexions, pour lesquelles des redevances mensuelles seront per\u00e7ues.<\/p>\n<p> Mais, &quot;certains de ces vendeurs ne veulent pas de la l\u00e9galit\u00e9 parce que la vente d&#39;eau est une grosse affaire dans les bidonvilles. C&#39;est notre plus grand d\u00e9fi&quot;, note Ogendo.<\/p>\n<p> Jusqu&#39;\u00e0 50 pour cent de l&#39;eau n\u2019est pas justifi\u00e9 \u00e0 Nairobi, quelque chose qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement imput\u00e9 aux fuites. Nombre de canalisations de la capitale ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es avant l&#39;ind\u00e9pendance en 1963, et commencent par faire signe de vieillesse.<\/p>\n<p> Les autorit\u00e9s ont commenc\u00e9 par \u00e9valuer l&#39;\u00e9tat de l&#39;\u00e9quipement utilis\u00e9 pour fournir l&#39;eau, mais tant que leurs efforts ne d\u00e9boucheront pas sur des fournitures r\u00e9guli\u00e8res d&#39;eau potable \u00e0 tout le monde dans la ville, des habitants comme Sijenyi seront peu rassur\u00e9s par l&#39;\u00e9tat actuel des affaires.<\/p>\n<p> &quot;Si vous voyez par o\u00f9 passent les canalisations d&#39;eau, vous vous demanderez comment nous pouvons \u00eatre encore en vie apr\u00e8s avoir bu l&#39;eau. Les conduites passent par des \u00e9gouts. Parfois, elles sont perc\u00e9es et les eaux us\u00e9es s\u2019y infiltrent, se m\u00e9langeant avec l&#39;eau. C&#39;est l&#39;eau que nous buvons et utilisons pour pr\u00e9parer&quot;, d\u00e9clare-t-il, attirant l&#39;attention sur une canalisation voisine qui se trouvait dans un \u00e9gout, et r\u00e9pandait de l&#39;eau dans toutes les directions.<\/p>\n<p> Amina Mustafa, coordonnatrice de &#39;Ushirika wa Usafi Kibera&#39; (Association pour la propret\u00e9 \u00e0 Kibera) souligne : &quot;A cause de ces conditions, des maladies comme la typho\u00efde, le chol\u00e9ra et la diarrh\u00e9e sont tr\u00e8s courantes ici \u00e0 Kibera&quot;.<\/p>\n<p> Mais maladie ou pas, l&#39;eau doit \u00eatre obtenue de quelque part &#8212; donc certains habitants de Kibera utilisent la canalisation proche de Sijenyi. En fait, des files de personnes munies de jerrycans attendent pour en tirer de l&#39;eau.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 26 mars (IPS) &#8211; La capitale du Kenya, Nairobi, tire son nom d&#39;une expression maasai signifiant &quot;lieu d&#39;eaux douces&quot;. 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