{"id":3412,"date":"2007-03-26T13:40:01","date_gmt":"2007-03-26T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/03\/26\/cote-divoire-des-femmes-qui-gerent-la-famille-face-au-chomage-des-maris\/"},"modified":"2007-03-26T13:40:01","modified_gmt":"2007-03-26T13:40:01","slug":"cote-divoire-des-femmes-qui-gerent-la-famille-face-au-chomage-des-maris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/03\/26\/cote-divoire-des-femmes-qui-gerent-la-famille-face-au-chomage-des-maris\/","title":{"rendered":"COTE D&#39;IVOIRE: Des femmes qui g\u00e8rent la famille face au ch\u00f4mage des maris"},"content":{"rendered":"<p>KORHOGO, nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, 26 mars (IPS) &#8211; T\u00f4t le matin, sur un p\u00e9rim\u00e8tre mara\u00eecher de 15 hectares, situ\u00e9 pr\u00e8s d&#39;un barrage d&#39;eau, des femmes en file indienne, avec des enfants au dos et des arrosoirs remplis d&#39;eau en mains, travaillent en chantant. Elles arrosent de jeunes plants de salades, carottes, oignons, choux et piments.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Pour ces femmes, la culture mara\u00eech\u00e8re est tr\u00e8s rentable pendant la saison s\u00e8che, malgr\u00e9 le probl\u00e8me d&#39;eau et les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par les animaux en divagation. &#8220;Nous gagnons, \u00e0 chaque r\u00e9colte, entre 100 et 200 dollars tous les deux mois&#8221;, raconte \u00e0 IPS, l&#39;une de ces femmes, Y\u00e9b\u00e9lesson Y\u00e9o, la cinquantaine environ.<\/p>\n<p> A l&#39;image de Y\u00e9o, ce sont des milliers de femmes du nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire qui se sont engag\u00e9es pour une autonomie financi\u00e8re. Elles le font non seulement pour leur \u00e9panouissement, mais surtout pour compenser le r\u00f4le de leurs \u00e9poux, en grande partie au ch\u00f4mage apr\u00e8s la fermeture de nombreuses entreprises, notamment apr\u00e8s le d\u00e9clenchement de la r\u00e9bellion dans ce pays, le 19 septembre 2002.<\/p>\n<p> &#8220;Malgr\u00e9 le ch\u00f4mage de mon \u00e9poux, mes revenus du mara\u00eecher m&#39;ont permis de m&#39;occuper de la scolarisation de nos huit enfants dont les plus \u00e2g\u00e9s sont dans l\u2019enseignement sup\u00e9rieur \u00e0 Abidjan (la capitale \u00e9conomique ivoirienne)&#8221;, explique Y\u00e9o, qui exploite une grande superficie de choux et de carottes.<\/p>\n<p> De son c\u00f4t\u00e9, coiff\u00e9e en masculin, A\u00efss\u00e9tou Ouattara, 40 ans, vient vendre de l&#39;atti\u00e9k\u00e9 (un mets local \u00e0 base de manioc), du jus de fruit et de l&#39;eau fra\u00eeche aux femmes mara\u00eech\u00e8res. Elle transporte ces marchandises dans des paniers superpos\u00e9s \u00e0 l&#39;arri\u00e8re de sa mobylette qu&#39;elle conduit avec prudence.  &#8220;Au d\u00e9but, mon mari se plaignait de mes rentr\u00e9es tardives \u00e0 la maison. Le fait de sillonner \u00e0 mobylette les march\u00e9s hebdomadaires pour vendre mes produits ne lui plaisait pas&#8221;, indique Ouattara, indiquant qu\u2019elle gagne en moyenne 120 dollars par mois.<\/p>\n<p> &#8220;Par la suite, il a compris que c&#39;est gr\u00e2ce \u00e0 cet argent de la vente que notre fils a\u00een\u00e9 a eu la vie sauve quand il a piqu\u00e9 une crise de hernie pour laquelle il fallait d\u00e9bourser 300 dollars pour une intervention chirurgicale. Lui, mon mari, \u00e9tait au ch\u00f4mage. Depuis ce temps, ses plaintes par rapport \u00e0 mes rentr\u00e9es tardives ont cess\u00e9&#8221;, affirme-t-elle \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> S\u00e9f\u00f4l\u00f4tenin Y\u00e9o et B\u00e9atrice Affou\u00e9 sont, elles, deux co\u00e9pouses dont le mari est \u00e0 la retraite depuis 2003. Les deux dames s&#39;occupent d\u00e9sormais de leurs 15 enfants gr\u00e2ce \u00e0 leurs activit\u00e9s commerciales dans un quartier de Bouak\u00e9, dans le centre du pays.<\/p>\n<p> &#8220;Ma co\u00e9pouse et moi achetons des produits mara\u00eechers et vivriers dans des villages \u00e9loign\u00e9s \u00e0 des prix abordables pour les revendre \u00e0 des prix int\u00e9ressants \u00e0 Abidjan et environs&#8221;, explique S\u00e9f\u00f4l\u00f4tenin \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &#8220;Avant la p\u00e9riode de la guerre, nous r\u00e9alisions par mois pr\u00e8s de 2,5 millions de francs CFA (environ 5.000 dollars) de chiffre d&#39;affaires annuel. Aujourd&#39;hui, nous avons chut\u00e9 \u00e0 un million de FCFA (2.000 dollars) \u00e0 cause de la guerre. Nous sommes s\u00fbres de faire remonter notre chiffre d&#39;affaires si tout revenait \u00e0 la normale, pour mieux prendre soin de notre famille&#8221;, affirme Affou\u00e9, d&#39;un air confiant.<\/p>\n<p> Pour sa part, Dj\u00e9n\u00e9ba Soro, pr\u00e9sidente de l&#39;association &#8220;Chiontenin&#8221; (qui signifie Vivre en bon voisinage, en langue locale s\u00e9noufo), bas\u00e9e \u00e0 Korhogo, dans le nord, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS : &#8220;Nous avions des membres qui faisaient du commerce ambulant dans les villages, et qui ont abandonn\u00e9 leurs activit\u00e9s, parce que le fonds du commerce a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour la survie de la famille pendant la crise&#8221;.  &#8220;Les maris, qui sont dans le secteur informel, ont des ateliers qui ne tournent plus. Ils ne peuvent plus faire face aux charges familiales. Or par manque d&#39;argent, des enfants ne vont plus \u00e0 l&#39;\u00e9cole et sont livr\u00e9s \u00e0 la d\u00e9linquance juv\u00e9nile&#8221;, constate-t-elle.  &#8220;Pire, des jeunes filles issues de ces familles pratiquent la prostitution au nez et \u00e0 la barbe des parents qui ont choisi le silence parce qu&#39;ils n&#39;assument plus leur responsabilit\u00e9 dans le foyer&#8221;, d\u00e9plore Yassongui Silu\u00e9, une commer\u00e7ante du march\u00e9 de Boundiali, une ville du nord.  Dans la sous pr\u00e9fecture de Karakoro, dans le nord du pays, 3.818 femmes r\u00e9put\u00e9es pour la production mara\u00eech\u00e8re, regroup\u00e9es en coop\u00e9ratives, ont re\u00e7u du Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement, cinq machines pour d\u00e9cortiquer du riz, ou transformer du ma\u00efs, du mil et la p\u00e2te d&#39;arachide. Elles sont encadr\u00e9es par le Bureau de formation et de conseil en d\u00e9veloppement, bas\u00e9 \u00e0 Korhogo, qui est un cabinet priv\u00e9 qui collabore avec des partenaires nationaux et internationaux dans la mise en \u0153uvre de programmes dans la formation et le d\u00e9veloppement durable en milieu rural.<\/p>\n<p> Par ailleurs, ces femmes ont construit un magasin de stockage des produits agricoles, financ\u00e9 par le Conseil g\u00e9n\u00e9ral de Korhogo qui comprend plusieurs communes de cette r\u00e9gion.<\/p>\n<p> &#8220;Nous sommes \u00e0 la recherche de potentiels acheteurs pour l&#39;oignon que les femmes produisent particuli\u00e8rement en quantit\u00e9 (plus de 1.000 tonnes) dans la r\u00e9gion. Pour l&#39;instant, chacune vend personnellement sa production et ne se plaint pas&#8221;, explique \u00e0 IPS, Fanta Tiawa Y\u00e9o, la g\u00e9rante de la coop\u00e9rative.<\/p>\n<p> La C\u00f4te d&#39;Ivoire est divis\u00e9e en deux depuis plus de quatre et demi par la r\u00e9bellion arm\u00e9e qui occupe la moiti\u00e9 nord du pays apr\u00e8s l&#39;\u00e9chec d&#39;une tentative de coup d&#39;Etat. Les rebelles estiment avoir pris les armes pour lutter contre l&#39;exclusion pr\u00e9sum\u00e9e des populations de cette partie du pays.  Apr\u00e8s l&#39;\u00e9chec de plusieurs tentatives de r\u00e8glement du conflit par la communaut\u00e9 internationale, un dialogue direct a permis la signature d&#39;un nouvel accord politique, d\u00e9but-mars, entre les principaux bellig\u00e9rants, sous la conduite du pr\u00e9sident du Burkina Faso, Blaise Compaor\u00e9, le nouveau m\u00e9diateur de la crise ivoirienne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KORHOGO, nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, 26 mars (IPS) &#8211; T\u00f4t le matin, sur un p\u00e9rim\u00e8tre mara\u00eecher de 15 hectares, situ\u00e9 pr\u00e8s d&#39;un barrage d&#39;eau, des femmes en file indienne, avec des enfants au dos et des arrosoirs remplis d&#39;eau&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/03\/26\/cote-divoire-des-femmes-qui-gerent-la-famille-face-au-chomage-des-maris\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":347,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1,7,30,20,29],"tags":[],"class_list":["post-3412","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-politique","category-special-culture-religion-et-genre","category-travail","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3412","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/347"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3412"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3412\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3412"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3412"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3412"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}