{"id":3395,"date":"2007-03-17T13:40:01","date_gmt":"2007-03-17T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/03\/17\/energie-congo-brazzaville-le-charbon-et-le-groupe-electrogene-une-alternative-aux-delestages\/"},"modified":"2007-03-17T13:40:01","modified_gmt":"2007-03-17T13:40:01","slug":"energie-congo-brazzaville-le-charbon-et-le-groupe-electrogene-une-alternative-aux-delestages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/03\/17\/energie-congo-brazzaville-le-charbon-et-le-groupe-electrogene-une-alternative-aux-delestages\/","title":{"rendered":"ENERGIE-CONGO-BRAZZAVILLE: Le charbon et le groupe \u00e9lectrog\u00e8ne, une alternative aux d\u00e9lestages"},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 17 mars (IPS) &#8211; Le gouvernement du Congo-Brazzaville regarde impuissant, depuis quelques ann\u00e9es, la d\u00e9vastation des for\u00eats et savanes de la capitale et du d\u00e9partement du Pool, dans le sud-ouest du pays, par des populations en qu\u00eate d&#39;une alternative face aux coupures d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 constantes. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>M\u00eame les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile semblent r\u00e9sign\u00e9es \u00e0 ce d\u00e9sastre \u00e9cologique. Face \u00e0 cette crise \u00e9nerg\u00e9tique croissante et persistante, les Brazzavillois ne trouvent aujourd&#39;hui leur salut que dans le charbon et le bois de chauffe pour faire la cuisine et d\u2019autres activit\u00e9s m\u00e9nag\u00e8res.<\/p>\n<p> &#8220;Chaque jour, nous voyons passer ici des camions pleins \u00e0 craquer de charbon. Ils viennent des environs de Brazzaville, des villages comme Case Barnier, Ntsouele, Loumou et sur la route de Mayama&#8221;, indique, \u00e0 IPS, un agent de police au poste de Nkombo, \u00e0 l&#39;entr\u00e9e nord de la capitale.  Jean Batamio, un agent des eaux et for\u00eats en poste au pont du Djou\u00e9, \u00e0 l&#39;entr\u00e9e sud de Brazzaville, rench\u00e9rit. &#8220;Tous les jours, nous pointons le passage de 10 \u00e0 15 v\u00e9hicules bourr\u00e9s de charbon et de bois. Il y en a qui passent dans la nuit, \u00e0 notre absence&#8221;.  &#8220;C&#39;est une situation qui date de longtemps. Et, il n&#39;y a pas que le courant qui manque, m\u00eame l&#39;absence du gaz \u00e0 Brazzaville fait que les populations se tournent vers le charbon et le bois. Le Pool d&#39;o\u00f9 sortent, chaque jour, ce charbon et ce bois, est devenu un d\u00e9sert&#8221;, explique \u00e0 IPS, Marcel Tati, directeur d\u00e9partemental de l&#39;environnement \u00e0 Brazzaville.  &#8220;M\u00eame les petites for\u00eats de Brazzaville ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites. C&#39;est difficile d&#39;arr\u00eater \u00e7a. Notre travail se limite \u00e0 sensibiliser les populations sur les effets n\u00e9fastes que comporte l&#39;exploitation abusive des for\u00eats. Mais, nous n&#39;avons toujours pas assez de moyens pour faire ce travail&#8221;, dit-il, ajoutant : &#8220;Aucune \u00e9tude n&#39;a encore \u00e9t\u00e9 men\u00e9e \u00e0 ce sujet&#8221; \u00e0 Brazzaville.  Pendant ce temps, le d\u00e9lestage continue, avec chaque jour, des quartiers entiers comme Moukoundzi Ngouaka, Nkombo, La Tsi\u00e8m\u00e9, Saboukoulou, La Foug\u00e8re, Makazou de Brazzaville, qui restent sans \u00e9lectricit\u00e9, alors que d&#39;autres re\u00e7oivent du courant d&#39;une tr\u00e8s faible tension.  &#8220;Ici, nos ampoules sont comparables \u00e0 la flamme de la bougie. Le courant ne nous sert \u00e0 rien. Tous les appareils \u00e9lectrom\u00e9nagers sont \u00e9teints depuis des mois&#8221;, d\u00e9plore un habitant de l&#39;avenue de l&#39;Intendance \u00e0 Mpila, un quartier de l&#39;est de Brazzaville.  Le courant fourni actuellement dans la ville est loin de satisfaire les consommateurs. &#8220;Pour l&#39;ensemble de Brazzaville, il faut 80 m\u00e9gawatts. Or actuellement, nous ne disposons que 50 \u00e0 60 m\u00e9gawatts, qui&#8230;nous viennent de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC). Le barrage de Djou\u00e9 (au sud de Brazzaville) est en panne, il ne peut plus fournir du courant&#8221;, indique \u00e0 IPS, Thomas Opoko, directeur de l&#39;\u00e9nergie au minist\u00e8re de l&#39;Energie et de l&#39;Hydraulique.  Chaque mois, le Congo-Brazzaville importe de sa voisine, la RDC, de l&#39;\u00e9nergie \u00e9lectrique pour plus de 2,5 millions de dollars, selon le gouvernement.<\/p>\n<p> Le barrage de Djou\u00e9, construit en 1955, ne fournissait plus que cinq \u00e0 sept m\u00e9gawatts avant d&#39;\u00eatre aujourd&#39;hui totalement d\u00e9fectueux. Dans le sud ouest du pays, le barrage de Moukoukoulou est en r\u00e9vision. L&#39;ouvrage construit gr\u00e2ce \u00e0 la coop\u00e9ration chinoise en 1978, a \u00e9t\u00e9 maintes fois sabot\u00e9 par des milices arm\u00e9es pendant la guerre civile de 1998-1999.  Dans le Pool, la principale centrale \u00e9lectrique et la ligne haute tension construite pour transporter l&#39;\u00e9nergie de Moukoukoulou vers Brazzaville, ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 ab\u00eem\u00e9es par des combattants pendant les conflits arm\u00e9s.<\/p>\n<p> Dans le Rapport sur le d\u00e9veloppement humain de 2004, les Nations Unies estimaient que les populations congolaises consommaient encore plus de 65 pour cent de l&#39;\u00e9nergie traditionnelle, notamment le bois de chauffe et le charbon. Le rapport indiquait qu&#39;un Brazzavillois consommait seulement 98 kilowatts\/heure (kwh) d&#39;\u00e9lectricit\u00e9 contre 168 kwh au Cameroun ou 950 au Zimbabwe.  Face \u00e0 cette crise d&#39;\u00e9lectricit\u00e9, les populations se sont r\u00e9solument tourn\u00e9s vers des sources d&#39;\u00e9nergie traditionnelles. La consommation du charbon de bois, utilis\u00e9 dans les foyers, a connu une hausse spectaculaire, selon les fabricants et les commer\u00e7ants qui le vendent.  &#8220;Avant, on vendait un sac de charbon \u00e0 1.500 francs CFA (environ trois dollars), et on pouvait attendre deux semaines pour \u00e9puiser un stock de 10 sacs. Mais aujourd&#39;hui, le sac co\u00fbte 5.000 FCFA (10 dollars) et en une journ\u00e9e, nous pouvons vendre jusqu&#39;\u00e0 20 sacs. Les clients passent m\u00eame des commandes bien avant l&#39;arriv\u00e9e du charbon&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Charlotte Makoundou, vendeuse au march\u00e9 Total, \u00e0 Brazzaville.  En fait, dans les localit\u00e9s p\u00e9riph\u00e9riques de Brazzaville, se d\u00e9veloppe une forte industrie du charbon depuis la fin de la guerre de 1998. Un peu partout, des \u00e9paisses fum\u00e9es blanches s&#39;\u00e9chappent des fours, au pied desquels attendent des commer\u00e7ants, avec des v\u00e9hicules.  &#8220;On ne peut plus attendre \u00e0 Brazzaville. Il y a trop de commer\u00e7ants maintenant. Nous achetons le sac ici \u00e0 2.200F CFA (environ cinq dollars)&#8221;, explique Makoundou, attendant le d\u00e9chargement d&#39;un four \u00e0 Ntsouele.  Les propri\u00e9taires fonciers, qui ont trouv\u00e9 l\u00e0 une bonne affaire, louent des terrains parsem\u00e9s de touffes d&#39;arbres \u00e0 ceux qui veulent faire du charbon. La valeur du terrain d\u00e9pend du nombre d&#39;arbres. &#8220;Apr\u00e8s l&#39;exploitation, ils laissent la terre. On peut alors faire des cultures. Il arrive que nous fassions nous-m\u00eames le charbon pour gagner un peu plus d&#39;argent&#8221;, d\u00e9clare Michel Ngahiya, fils d&#39;un propri\u00e9taire terrien \u00e0 Ntsouele, indiquant que ces terrains varient entre 80 et 150 dollars.  Au sud de Brazzaville, \u00e0 Linzolo ou \u00e0 Mabaya, m\u00eame de vieux manguiers ou avocatiers finissent souvent dans les fours pour \u00eatre transform\u00e9s en charbon.  Cyriaque Yabouna, un ancien directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&#39;environnement, explique \u00e0 IPS que jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980, le d\u00e9partement du Pool avait une for\u00eat dans laquelle on pouvait chasser toutes sortes d&#39;animaux. &#8220;Mais aujourd&#39;hui, je suis surpris de voir les for\u00eats du Pool s&#39;envoler en fum\u00e9e. Chaque jour, des camions de charbon et de bois sortent de l\u00e0 apr\u00e8s avoir ravag\u00e9 des espaces importants de savane. On n&#39;y peut m\u00eame plus chasser un rat&#8221;, d\u00e9plore-t-il.  Si pour les besoins de cuisine, les populations trouvent la solution dans les sources d&#39;\u00e9nergie traditionnelles, pour l&#39;\u00e9clairage par contre, les groupes \u00e9lectrog\u00e8nes s&#39;imposent comme une alternative. Avec 120 dollars, on peut s&#39;acheter un petit g\u00e9n\u00e9rateur de fabrication chinoise \u00e0 Brazzaville. Les groupes \u00e9lectrog\u00e8nes, qui \u00e9taient l&#39;apanage des commer\u00e7ants ouest-africains, sont devenus pour les Brazzavillois la solution aux coupures intempestives de courant.  Les petites entreprises de restauration, de vente d&#39;eau fra\u00eeche et de boissons gazeuses, survivent gr\u00e2ce \u00e0 ces groupes \u00e9lectrog\u00e8nes. &#8220;Sinon avec le courant qui vient une fois tous les trois jours, comment conditionner toutes ces boissons? Cela va se gaspiller&#8221;, souligne Gis\u00e8le Makita, m\u00e8re de famille dans un quartier de Brazzaville.  Le gouvernement pr\u00e9voit de mettre fin aux d\u00e9lestages du courant en construisant \u00e0 Brazzaville une centrale thermique gr\u00e2ce un pr\u00eat de 10,5 millions d&#39;euros (environ 12,6 millions de dollars) consenti en 2005 par la Belgique. L&#39;ouvrage, qui fournira 14 m\u00e9gawatts d&#39;\u00e9nergie, devrait \u00eatre livr\u00e9 &#8220;fin mai ou d\u00e9but juin&#8221;, selon le gouvernement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 17 mars (IPS) &#8211; Le gouvernement du Congo-Brazzaville regarde impuissant, depuis quelques ann\u00e9es, la d\u00e9vastation des for\u00eats et savanes de la capitale et du d\u00e9partement du Pool, dans le sud-ouest du pays, par des populations en qu\u00eate d&#39;une alternative&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/03\/17\/energie-congo-brazzaville-le-charbon-et-le-groupe-electrogene-une-alternative-aux-delestages\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,26,12,1],"tags":[],"class_list":["post-3395","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-energy","category-environnement","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3395","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3395"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3395\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3395"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3395"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3395"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}