{"id":3369,"date":"2007-02-27T13:40:01","date_gmt":"2007-02-27T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/27\/sante-maroc-le-cancer-se-feminise-t-il-dans-le-pays\/"},"modified":"2007-02-27T13:40:01","modified_gmt":"2007-02-27T13:40:01","slug":"sante-maroc-le-cancer-se-feminise-t-il-dans-le-pays","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/27\/sante-maroc-le-cancer-se-feminise-t-il-dans-le-pays\/","title":{"rendered":"SANTE-MAROC: Le cancer se f\u00e9minise-t-il dans le pays?"},"content":{"rendered":"<p>RABAT, 27 f\u00e9v (IPS) &#8211; Une femme sur dix au Maroc souffre du cancer de sein. Selon l&#39;Institut national d&#39;oncologie (INO) \u00e0 Rabat, la capitale, plus de 20 pour cent des cas de cancer au Maroc concernent des femmes et sur un nombre total de 5.100 cas de canc\u00e9reux, 1.054 sont des cancers de sein. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Ce n&#39;est pas si \u00e9vident et il est difficile d&#39;avancer que le cancer au Maroc a tendance \u00e0 se f\u00e9miniser, r\u00e9torque d&#39;embl\u00e9e \u00e0 une question de IPS, Abdelkader Acharqui, professeur de canc\u00e9rologie au Centre d&#39;oncologie Ibn Rochd (COIR) \u00e0 Casablanca (ouest du pays), ajoutant que personne n&#39;est \u00e0 l&#39;abri du cancer. Seulement, le cancer de sein est actuellement le plus fr\u00e9quent au monde entier et pas seulement au Maroc, dit-il.<\/p>\n<p> Selon Achargui, les causes de ce cancer r\u00e9sident notamment dans le changement de mode de vie des Marocains en g\u00e9n\u00e9ral. &#8220;L&#39;alimentation est un facteur parmi d&#39;autres&#8221;, dit-il. &#8220;Car si autrefois, le veau marocain ne pesait qu&#39;une centaine de kilogrammes, actuellement la manipulation hormonale fait que les viandes sont trop engraiss\u00e9es et du coup, l&#39;on court beaucoup de risque de surpoids&#8221;.<\/p>\n<p> Pour sa part, Layla La\u00e2lou, chirurgienne canc\u00e9rologue, exer\u00e7ant dans le secteur priv\u00e9 \u00e0 Rabat, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, qu&#39;il n&#39;y a pas longtemps, le cancer du col de l&#39;ut\u00e9rus ou &#8220;cancer du Tiers Monde&#8221;, \u00e9tait en t\u00eate des cancers affectant les femmes. Mais aujourd&#39;hui, ajoute-t-elle, avec le d\u00e9veloppement des conditions de vie et de l&#39;am\u00e9lioration des services sanitaires, le cancer de l&#39;ut\u00e9rus a diminu\u00e9, et le cancer de sein est de loin le plus fr\u00e9quent.<\/p>\n<p> Les deux sp\u00e9cialistes ont relev\u00e9 \u00e9galement d&#39;autres facteurs responsables de cette maladie au Maroc, tels que l&#39;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9, les anomalies g\u00e9n\u00e9tiques, les facteurs hormonaux, la pubert\u00e9 pr\u00e9coce, la m\u00e9nopause tardive, l&#39;absence d&#39;allaitement, l&#39;ob\u00e9sit\u00e9 et le mariage tardif.  Mais, Dr Acharqui a encore mis l&#39;accent sur un autre facteur, moins connu jusqu&#39;\u00e0 pr\u00e9sent par le public : le stress.<\/p>\n<p> Pour sa part, le professeur Mohamed Lagzaoui du service de la maternit\u00e9 gyn\u00e9cologique du Centre hospitalier universitaire Averro\u00e8s de Casablanca, affirme que malgr\u00e9 la fr\u00e9quence du cancer de sein, cela ne veut aucunement dire que la maladie se f\u00e9minise pour autant, notamment en l&#39;absence de statistiques unifi\u00e9es.  En fait, explique-t-il \u00e0 IPS, il existe un s\u00e9rieux probl\u00e8me au niveau des statistiques, qui r\u00e9side dans l&#39;absence d&#39;un registre national \u00e0 m\u00eame de donner une visibilit\u00e9 sur le d\u00e9veloppement du cancer en g\u00e9n\u00e9ral, et du cancer de sein en particulier.  Que ce soit \u00e0 l&#39;INO \u00e0 Rabat ou au COIR \u00e0 Casablanca &#8211; deux centres publics &#8211;, les registres sont partiels, mais plusieurs initiatives sont entreprises pour concevoir un seul registre national, indique une source du COIR.<\/p>\n<p> Selon des sp\u00e9cialistes, le cancer en g\u00e9n\u00e9ral, et celui des femmes en particulier, a des retomb\u00e9es sociales tr\u00e8s graves. Pour cela, plusieurs sensibilit\u00e9s, notamment f\u00e9minines, ont cr\u00e9\u00e9 une Association des amis de l&#39;Institut national d&#39;oncologie (AMINO) \u00e0 Rabat, avec pour objectif de pr\u00eater main forte \u00e0 cette institution de recherche, mais \u00e9galement aux patients sp\u00e9cialement aux plus pauvres d&#39;entre eux.<\/p>\n<p> &#8220;Il s&#39;agit de la maladie de l&#39;\u00e8re, nous constatons que le nombre des personnes affect\u00e9es est en croissance, mais aussi que les femmes et les hommes pauvres ne peuvent pas faire face aux co\u00fbts du traitement, d&#39;o\u00f9 notre r\u00f4le de les assister notamment au niveau param\u00e9dical&#8221;, affirme Fatima Boutaleb, membre du bureau de l&#39;AMINO.<\/p>\n<p> Selon Boutaleb, les efforts d\u00e9ploy\u00e9s jusqu&#39;\u00e0 pr\u00e9sent par les deux grands centres de canc\u00e9rologie, \u00e0 Rabat et \u00e0 Casablanca, s&#39;av\u00e8rent insuffisants, ce qui explique l&#39;intervention &quot;efficiente&quot; d&#39;organisations non gouvernementales, dont l&#39;Association Lalla Salma (pr\u00e9sid\u00e9e par la princesse Lalla Salma, \u00e9pouse du roi du Maroc).<\/p>\n<p> Soulignant les efforts d\u00e9ploy\u00e9s dans ce sens, la princesse Salma indique, dans un document publi\u00e9 sur le site Internet de l&#39;association, qu&#39;il s&#39;agit d&#39;un d\u00e9fi devenu un v\u00e9ritable enjeu de soci\u00e9t\u00e9. Selon elle, ce d\u00e9fi voit tomber, tous les jours, les unes apr\u00e8s les autres, les barri\u00e8res psychologiques qui ont trop longtemps frein\u00e9 le d\u00e9pistage du cancer et le diagnostic pr\u00e9coce, ralenti la pr\u00e9vention et priv\u00e9 beaucoup de malades des th\u00e9rapies dont ils avaient besoin.<\/p>\n<p> La cinquantaine, Rquia F., une patiente venue \u00e0 Rabat, il y a un mois depuis Guercif (est du pays) pour recevoir des soins \u00e0 l&#39;INO, relate, sur un ton amer, les difficult\u00e9s quotidiennes pour \u00eatre admis \u00e0 l&#39;institut. &quot;Pour disposer d&#39;un rendez-vous d&#39;admission au centre (INO), il faut au moins un \u00e0 deux mois et parfois plus&quot;, dit-elle \u00e0 IPS.  &quot;J&#39;avais de la chance d&#39;avoir une famille \u00e0 Rabat&quot;, ajoute-t-elle, &quot;car je connais des femmes et des hommes qui passent la nuit aux alentours de l&#39;INO, et leur pauvret\u00e9 fait que toutes leurs familles en p\u00e2tissent grandement&quot;.<\/p>\n<p> L&#39;Association Lalla Salma pr\u00e9cise que seul un tiers des malades est admis dans les deux centres, le reste devrait attendre la disponibilit\u00e9. Pour pallier ces d\u00e9ficits, des efforts des pouvoirs publics ont abouti \u00e0 la cr\u00e9ation de centres anti-canc\u00e9reux \u00e0 Oujda (est), Agadir (sud), Marrakech (centre-sud) alors que d&#39;autres encore sont pr\u00e9vus ult\u00e9rieurement \u00e0 Tanger (nord), F\u00e8s (centre-nord) et El Hoceima (nord-ouest).  Cette philosophie de d\u00e9centralisation des services d&#39;oncologie, explique Boutaleb, permettra d&#39;att\u00e9nuer les souffrances des populations des r\u00e9gions lointaines et all\u00e9gera la lourde t\u00e2che des deux centres principaux de Rabat et de Casablanca, avec plus d&#39;efficacit\u00e9 dans le d\u00e9pistage et le diagnostic.  Selon Dr Acharqui, la patiente per\u00e7oit une grosseur ou un nodule au niveau du sein; ce nodule qui augmente progressivement de taille est indolore, ce qui n\u00e9cessite une nomographie afin de d\u00e9tecter les tumeurs avant que ce ne soit trop tard.<\/p>\n<p> &#8220;Si en France&#8221;, a-t-il expliqu\u00e9, &#8220;les gens parlent de tumeurs \u00e0 quatre ou cinq millim\u00e8tres, au Maroc, nous sommes encore \u00e0 un stade o\u00f9 on mesure la tumeur par centim\u00e8tres. Ce qui est grave d&#39;abord et impose l&#39;obligation de la mammographie ensuite&#8221;.<\/p>\n<p> Le traitement du cancer de sein doit reposer sur un diagnostic pr\u00e9coce augmentant ainsi les chances de gu\u00e9rison et am\u00e9liorant de ce fait les r\u00e9sultats souhait\u00e9s tout en conservant le sein, conseillent souvent les m\u00e9decins sp\u00e9cialis\u00e9s au cours des \u00e9missions de radio ou de t\u00e9l\u00e9vision de sensibilisation.<\/p>\n<p> Pour le traitement de la maladie, Dr Acharqui n&#39;h\u00e9site pas \u00e0 affirmer : &#8220;Nous sommes heureusement loin des stades de d\u00e9veloppement effroyables des tumeurs constat\u00e9s en 1990-1995, gr\u00e2ce notamment aux diagnostics pr\u00e9coces et \u00e0 la sensibilisation qui gagne du terrain&#8221;.<\/p>\n<p> De son c\u00f4t\u00e9, Dr Lagzaoui a mis l&#39;accent sur les progr\u00e8s enregistr\u00e9s en mati\u00e8re de chirurgie, radioth\u00e9rapie et de traitement m\u00e9dical, notamment avec la chimioth\u00e9rapie et l&#39;hormonoth\u00e9rapie &#8212; traitement du cancer par des substances chimiques ou par des hormones.  Pour lutter contre le cancer de sein, une campagne de sensibilisation men\u00e9e par l&#39;Association Lalla Salma met l&#39;accent sur la n\u00e9cessit\u00e9, pour chaque femme, de recourir \u00e0 des auto-examens de ses seins une fois par mois et \u00e0 la mammographie \u00e0 partir de 40 ans.<\/p>\n<p> Le taux de cancer au Maroc varie entre 100 et 180 cas sur 100.000 personnes, alors que les nouveaux cas enregistr\u00e9s annuellement sont estim\u00e9s entre 30.000 et 45.000, a indiqu\u00e9 le ministre de la Sant\u00e9, Mohamed Cheikh Biadillah, lors d&#39;une r\u00e9cente rencontre autour du probl\u00e8me du cancer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RABAT, 27 f\u00e9v (IPS) &#8211; Une femme sur dix au Maroc souffre du cancer de sein. 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