{"id":3366,"date":"2007-02-27T13:40:01","date_gmt":"2007-02-27T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/27\/droits-cote-divoire-lexcision-a-la-peau-dure-dans-le-nord-et-louest\/"},"modified":"2007-02-27T13:40:01","modified_gmt":"2007-02-27T13:40:01","slug":"droits-cote-divoire-lexcision-a-la-peau-dure-dans-le-nord-et-louest","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/27\/droits-cote-divoire-lexcision-a-la-peau-dure-dans-le-nord-et-louest\/","title":{"rendered":"DROITS-COTE D&#39;IVOIRE: L&#39;excision a la peau dure dans le nord et l\u2019ouest"},"content":{"rendered":"<p>KORHOGO, nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, 27 f\u00e9v (IPS) &#8211; L&#39;excision est loin d&#39;\u00eatre abandonn\u00e9e par les populations du nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, occup\u00e9 par les rebelles, m\u00eame si certaines exciseuses se disent pr\u00eates \u00e0 cesser la pratique en \u00e9change de projets pouvant leur assurer un revenu suffisant.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>A N&#39;Bougnonkaha, un village de la commune de Korhogo (nord du pays), un jeune homme de 26 ans a \u00e9t\u00e9 surpris dans une case en train d&#39;exciser des filles de 10 et 18 ans, dans la matin\u00e9e du 13 f\u00e9vrier, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Minata Coulibaly, une animatrice du Programme de sant\u00e9 communautaire et de d\u00e9veloppement (PSCD), charg\u00e9e de la reproduction et de la vaccination.<\/p>\n<p> &#8220;Interrog\u00e9 apr\u00e8s avoir excis\u00e9 huit filles, il nous a dit qu&#39;il a h\u00e9rit\u00e9 cette pratique de son p\u00e8re qui lui a fait appel d&#39;Abidjan (la capitale \u00e9conomique du pays) o\u00f9 il \u00e9tait au ch\u00f4mage, pour b\u00e9n\u00e9ficier des pouvoirs mystiques que renferme l&#39;excision&#8221;, a ajout\u00e9 Coulibaly. &#8220;Apr\u00e8s explication des cons\u00e9quences de l&#39;excision, nous l&#39;avons menac\u00e9 de le conduire chez un responsable des Forces nouvelles (ex-r\u00e9bellion) s&#39;il reprenait son activit\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p> Chaque ann\u00e9e, des filles et jeunes femmes subissent l&#39;ablation rituelle du clitoris et des petites l\u00e8vres pour maintenir des traditions ancestrales.<\/p>\n<p>Selon Ez\u00e9kiel Tuo, du PSCD, plus d&#39;une trentaine de filles ont \u00e9t\u00e9 excis\u00e9es cette ann\u00e9e dans trois villages de la r\u00e9gion de Korhogo. L&#39;an dernier, elles \u00e9taient plus d\u2019une quarantaine dans cinq villages.<\/p>\n<p> A Solobley, dans la m\u00eame r\u00e9gion, des parents de plusieurs filles excis\u00e9es au cours de ce mois, ont affirm\u00e9 \u00e0 IPS que l&#39;ablation de ces organes g\u00e9nitaux permet aux jeunes excis\u00e9es de se pr\u00e9server et de rester fid\u00e8le \u00e0 leur mari.<\/p>\n<p> Ponontia S\u00e9kongo, 50 ans environ, est exciseuse depuis une vingtaine d&#39;ann\u00e9es. Elle a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS avoir h\u00e9rit\u00e9 ce m\u00e9tier de sa m\u00e8re, une ancienne renomm\u00e9e de son village. Pour elle, abandonner cette pratique signifierait aller contre la m\u00e9moire des anc\u00eatres de leur famille.  S\u00e9kongo reconna\u00eet n\u00e9anmoins que certaines filles meurent dans cette pratique qui se fait avec des instruments rudimentaires qui provoquent des h\u00e9morragies ou des infections mortelles. Mais elle lie ces d\u00e9c\u00e8s \u00e0 des &#8220;ennemis et des sorciers de la famille, qui profitent de l&#39;excision pour faire du mal \u00e0 leurs parents&#8221;. Avant de faire exciser une fille, ajoute-t-elle, &#8220;je conseille aux parents de consulter les charlatans et de faire des sacrifices afin de la prot\u00e9ger&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Contrairement aux milieux urbains o\u00f9 les populations luttent \u00e9nergiquement contre les Mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines (MGF), cette pratique est appr\u00e9ci\u00e9e en milieu rural&#8221;, affirme Awa Coulibaly, une animatrice rurale du d\u00e9veloppement,  bas\u00e9e \u00e0 Katiola dans le centre du pays.<\/p>\n<p> &#8220;Des peuples du nord et du centre de la C\u00f4te d&#39;Ivoire sont des populations tr\u00e8s traditionalistes qui pratiquent fortement l&#39;excision chaque ann\u00e9e. A ces populations, s&#39;ajoutent celles de l&#39;ouest&#8221;, confirme \u00e0 IPS, Marie-Louise Soro, de l&#39;organisation non gouvernementale &#39;Animation rurale de Korhogo (ARK), bas\u00e9e \u00e0 Korhogo.<\/p>\n<p> Selon les r\u00e9sultats des enqu\u00eates men\u00e9es par l&#39;ARK, pr\u00e8s de 80 pour cent de petites filles et de jeunes femmes sont excis\u00e9es chaque ann\u00e9e dans les villages du nord, du centre et de l&#39;ouest de ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest, d\u00e9chir\u00e9 par une r\u00e9bellion depuis quatre ans et demi.<\/p>\n<p> Selon Soro, les exciseuses se composent de deux cat\u00e9gories. &#8220;Les itin\u00e9rantes qui sont des professionnelles, g\u00e9n\u00e9ralement originaires des pays voisins comme le Mali, le Burkina Faso et la Guin\u00e9e-Conakry. Elles sont volontairement sollicit\u00e9es par les parents qui veulent faire exciser leurs filles. Ensuite, les autochtones, qui pr\u00e9tendent h\u00e9riter de p\u00e8re en fils ou de m\u00e8re en fille&#8221;.<\/p>\n<p> Toutefois, de plus en plus d&#39;exciseuses d\u00e9clarent vouloir laisser tomber ce m\u00e9tier fort d\u00e9cri\u00e9 partout \u00e0 pr\u00e9sent. Veuve et m\u00e8re de cinq enfants, Djeneba K\u00e9\u00efta, r\u00e9sidant \u00e0 Mankono (centre-ouest du pays) et exciseuse professionnelle d&#39;origine malienne, se dit favorable \u00e0 abandonner son couteau et ses lames \u00e0 une condition.<\/p>\n<p> &#8220;Je suis pr\u00eate \u00e0 abandonner pourvu que des personnes ou des associations me viennent en aide \u00e0 cr\u00e9er des activit\u00e9s qui pourront nourrir ma famille. Je gagne par enfant excis\u00e9e 5.000 francs CFA (environ 10 dollars) et des dons en nature (riz, ma\u00efs et des draps)&#8221;, a-t-elle confess\u00e9 \u00e0 IPS, la semaine derni\u00e8re \u00e0 Mankono. &#8220;Chaque ann\u00e9e, je parcours le d\u00e9partement pour faire l&#39;excision. Et cela me rapporte un peu d&#39;argent et de nourriture&#8221;.  Sylvie Gueu 28 ans, originaire du village de Gbapleu, dans le d\u00e9partement de Man (ouest du pays), veut le maintien de l\u2019excision, mais en limitant le nombre des organes \u00e0 couper. &#8220;Nous souhaitons que la mutilation se pratique uniquement sur l&#39;organe ext\u00e9rieur&#8230; Mais l&#39;abandonner serait aller contre les pratiques traditionnelles et culturelles&#8221;, a-t-elle dit \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Soulignant les nombreuses cons\u00e9quences n\u00e9fastes des MGF, Tuo du PSCD a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS que &#8220;lors de sessions de formation des accoucheuses traditionnelles, nous en profitons pour leur expliquer que la majorit\u00e9 des cas de mortalit\u00e9 maternelle est le fait de l&#39;excision&#8221;.  Cependant, a-t-il ajout\u00e9, &#8220;L&#39;abandon de cette pratique devient de plus en plus difficile dans les villages d&#39;autant qu&#39;elle est beaucoup li\u00e9e \u00e0 la tradition. Certains la pratiquent encore sous pr\u00e9texte que c&#39;est pour donner une propret\u00e9 intime et une \u00e9ducation normale \u00e0 la fille&#8221;.<\/p>\n<p>          Mais, pour Zana Sanogo, directeur du PSCD, le manque de financement de projets ne permet pas aux ONG de lutter efficacement contre les MGF, notamment dans les anciennes zones rebelles du pays.<\/p>\n<p> Toutefois, \u00e0 P\u00e9guekaha, un village du nord connu pour \u00eatre adepte des MGF, plus d&#39;une vingtaine d&#39;exciseuses ont accept\u00e9 de renoncer sans contrepartie, d\u00e9but-f\u00e9vrier, \u00e0 leur m\u00e9tier et ont publiquement remis \u00e0 l&#39;ONG ARK leurs couteaux et leur mat\u00e9riel d&#39;excision.<\/p>\n<p> Malgr\u00e9 les d\u00e9c\u00e8s et autres cons\u00e9quences graves enregistr\u00e9s, aucune exciseuse n&#39;a jamais \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e en C\u00f4te d&#39;Ivoire depuis l&#39;adoption d&#39;une loi en 1998 qui interdit les MGF. Elle pr\u00e9voit que toute atteinte n\u00e9faste \u00e0 l&#39;int\u00e9grit\u00e9 des organes g\u00e9nitaux d&#39;une femme, par voie de mutilation totale ou partielle, excision&#8230;, est passible d&#39;une peine d&#39;emprisonnement d\u2019un \u00e0 cinq ans, et d&#39;une amende de 720 \u00e0 4.000 dollars. La peine est port\u00e9e de cinq \u00e0 20 ans de prison si la victime meurt des suites de l\u2019op\u00e9ration.<\/p>\n<p> Depuis le 19 septembre 2002, la C\u00f4te d&#39;Ivoire est coup\u00e9e en deux par une r\u00e9bellion arm\u00e9e qui occupe la moiti\u00e9 nord du pays apr\u00e8s l&#39;\u00e9chec d&#39;une tentative de coup d&#39;Etat. Les rebelles estiment avoir pris les armes pour lutter contre une exclusion pr\u00e9sum\u00e9e des populations de cette partie du territoire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KORHOGO, nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, 27 f\u00e9v (IPS) &#8211; L&#39;excision est loin d&#39;\u00eatre abandonn\u00e9e par les populations du nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, occup\u00e9 par les rebelles, m\u00eame si certaines exciseuses se disent pr\u00eates \u00e0 cesser la pratique en&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/27\/droits-cote-divoire-lexcision-a-la-peau-dure-dans-le-nord-et-louest\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":347,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,13,11,10,1,4,30,29],"tags":[],"class_list":["post-3366","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3366","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/347"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3366"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3366\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3366"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3366"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3366"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}