{"id":3365,"date":"2007-02-26T13:40:01","date_gmt":"2007-02-26T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/26\/droits-congo-brazzaville-un-debut-de-solution-pour-les-enfants-de-la-rue\/"},"modified":"2007-02-26T13:40:01","modified_gmt":"2007-02-26T13:40:01","slug":"droits-congo-brazzaville-un-debut-de-solution-pour-les-enfants-de-la-rue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/26\/droits-congo-brazzaville-un-debut-de-solution-pour-les-enfants-de-la-rue\/","title":{"rendered":"DROITS-CONGO-BRAZZAVILLE: Un d\u00e9but de solution pour les enfants de la rue?"},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 26 f\u00e9v (IPS) &#8211; Bamanandoki Pitchou, 16 ans, est un enfant vivant \u00e0 Kinsoundi, un quartier au sud de Brazzaville, la capitale congolaise, n&#39;a pas encore fini son apprentissage de coiffeur, mais il a d\u00e9j\u00e0 un petit atelier de coiffure. Apr\u00e8s sa formation, le matin, il s&#39;occupe de ses clients l&#39;apr\u00e8s-midi. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Il a totalement chang\u00e9 en un peu de temps, ce n&#39;est plus cet enfant de la rue qu&#39;on a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 il y a quelques mois avec des habits en lambeaux. Il se prend en charge et s&#39;occupe de sa famille&#8221;, t\u00e9moigne \u00e0 IPS, Jean Didier Kibinda, chef du Projet de r\u00e9int\u00e9gration familiale des enfants de la rue.  Gildas Okoungou, 19 ans, \u00e9tait, lui aussi, un enfant de la rue. Son passage au centre priv\u00e9 Espace Jarot de Brazzaville, qui r\u00e9cup\u00e8re aussi des enfants de la rue, lui a rendu sa dignit\u00e9. Avec l&#39;appui financier du Fonds des Nations Unies pour l&#39;enfance (UNICEF) et de Don Bosco, une organisation d&#39;action sociale catholique, Okoungou a ouvert son atelier de fabrication de chaussures avec des tissus jeans ou de sacs us\u00e9s au march\u00e9 Total, l&#39;un des plus grands de Brazzaville.  &#8220;Avant que les s\u0153urs catholiques ne me r\u00e9cup\u00e8rent, je dormais sous le pont centenaire de Brazzaville. Je vivais de la mendicit\u00e9, de quelques travaux, et parfois de vol. Aujourd&#39;hui, je gagne environ 10 dollars par jour et je suis non seulement capable d&#39;aider ma grand-m\u00e8re, mais aussi certains enfants de la rue qui viennent mendier chez moi&#8221;, affirme Okoungou \u00e0 IPS. Il est orphelin de p\u00e8re et de m\u00e8re, tu\u00e9s pendant la guerre civile de 1997-1999, et \u00e9lev\u00e9 par sa grand-m\u00e8re qui n&#39;a pu assurer son \u00e9ducation, faute de moyens financiers, explique-t-il.  Officiellement, on compte plus de 3.000 enfants qui errent dans les rues des grands centres urbains comme Brazzaville, Pointe-Noire, une ville portuaire dans le sud du pays, et Dolisie, dans le sud-ouest.  Interrog\u00e9 par IPS, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&#39;Action sociale, Florent Niama, indique que &#8220;chaque jour, la rue recrutait des enfants. La seule enqu\u00eate men\u00e9e il y a trois ans les estimait \u00e0 1.900. Aujourd&#39;hui&#8230;, nous les estimons \u00e0 3.000 sinon plus, puisque le ph\u00e9nom\u00e8ne est croissant dans les villes&#8221;.<\/p>\n<p> Selon Niama, qui est \u00e9galement coordonnateur de tous les programmes d&#39;insertion, plusieurs enfants de la rue pass\u00e9s dans les centres d&#39;accueil ont r\u00e9ussi. &#8220;Ils sont nombreux, et nous avons beaucoup de t\u00e9moignages. Il y en a qui deviennent des taximen, des p\u00e2tissiers, des couturiers&#8221;.  &#8220;Avec le soutien de l&#39;UNESCO, nous avons, par exemple, soutenu 12 enfants qui ont tous aujourd&#39;hui un m\u00e9tier sous les bras&#8221;, dit-il, ajoutant que le projet en cours devra avoir un nombre de professionnels plus important en formation &#8212; vingtaine qui sortira des ateliers en groupe l&#39;ann\u00e9e prochaine.  L&#39;histoire de chaque enfant est autant diff\u00e9rente que les raisons qui les poussent dans la rue. &#8220;La raison fr\u00e9quente, c&#39;est que la plupart des enfants de la rue sont issus de couples divorc\u00e9s, et puis les orphelins de guerre et de SIDA qui frappe s\u00e9rieusement notre pays&#8221;, explique Kibinda \u00e0 IPS.  Le gouvernement a initi\u00e9 depuis 2004 deux programmes pour contenir le ph\u00e9nom\u00e8ne. Le Centre d&#39;insertion et de r\u00e9insertion des enfants vuln\u00e9rables (CIREV) accueille les enfants de la rue en leur proposant une prise en charge alimentaire, scolaire et professionnelle.  &#8220;Actuellement, nous nous occupons de 84 enfants que nous avons r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s dans la rue. Parmi eux, 32 externes qui vivent chez leurs parents, mais nous continuons \u00e0 faire la prise en charge scolaire et professionnelle. S&#39;ils ne passent pas au centre \u00e0 midi, la nourriture les suivra \u00e0 la maison le soir&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Martin Malanda, chef adjoint du CIREV.  &#8220;En dehors des enfants que nous ins\u00e9rons ou r\u00e9ins\u00e9rons \u00e0 l&#39;\u00e9cole, nous en avons une vingtaine inscrits dans des ateliers d&#39;apprentissage de petits m\u00e9tiers. Il y a, par exemple, six en maroquinerie, quatre en couture, quatre en p\u00e2tisserie&#8221;, affirme Malanda. &#8220;Il faut dire que ces enfants ayant moins de 18 ans ne peuvent aller travailler aussit\u00f4t, la loi nous l&#39;interdit. Nous prolongeons alors jusqu&#39;\u00e0 trois ans la dur\u00e9e de leur formation&#8221;.  Le CIREV ne re\u00e7oit que des gar\u00e7ons. Leur \u00e2ge varie entre huit et 17 ans. Le centre a commenc\u00e9 avec un financement de l&#39;UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l&#39;\u00e9ducation, la science et la culture) d&#39;environ 6.000 dollars en 2004.  &#8220;Aujourd&#39;hui, nous avons un budget de 84.000 dollars (2006). Mais, il faut dire que les m\u00e9canismes de d\u00e9caissement de cet argent sont tellement difficiles que nous n&#39;acc\u00e9dons pas \u00e0 tous les fonds. Il y a comme un manque d&#39;int\u00e9r\u00eat de la part des autorit\u00e9s&#8221;, indique Malanda.  &#8220;S&#39;il faut doubler le nombre d&#39;enfants \u00e0 r\u00e9int\u00e9grer cette ann\u00e9e, il faut aussi doubler l&#39;enveloppe. C&#39;est malheureusement le grand probl\u00e8me que nous avons. A c\u00f4t\u00e9 des 135.000 dollars que nous avons re\u00e7us (en 2006) de notre bailleur (l&#39;UNICEF), l&#39;Etat n&#39;a donn\u00e9 que 40.000 dollars&#8221;, souligne Niama \u00e0 IPS. &#8220;C&#39;est tr\u00e8s en-de\u00e7\u00e0 de ce que nous attendions. Nous sommes en train de frapper \u00e0 d&#39;autres portes pour voir comment nous allons mener correctement cette activit\u00e9&#8221;.  De son c\u00f4t\u00e9, le Projet de r\u00e9int\u00e9gration familiale des enfants de la rue a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 par le gouvernement en ao\u00fbt 2005, gr\u00e2ce au m\u00eame financement de l&#39;UNICEF.  &#8220;Notre but, c&#39;est d&#39;aller chercher les enfants dans leur &#39;ngunda&#39; (refuge) pour les remettre \u00e0 leurs parents, m\u00eame celui (le parent) du 8\u00e8me degr\u00e9, pourvu qu&#39;il accepte de reprendre l&#39;enfant&#8221;, explique Kibinda. &#8220;En phase pilote, nous avons r\u00e9ins\u00e9r\u00e9 60 enfants dont 40 \u00e0 Brazzaville et 20 \u00e0 Pointe-Noire o\u00f9 nous avons un centre Caritas (une organisation humanitaire) qui assure le relais&#8221;.  Toutefois, par manque de moyens pour le suivi, onze des enfants r\u00e9int\u00e9gr\u00e9s sont repartis dans la rue. Avec l&#39;arriv\u00e9e des 40.000 dollars en 2006, quelque 40 autres enfants ont rejoint leurs familles. Parmi eux, certains vont \u00e0 l&#39;\u00e9cole et d&#39;autres apprennent un m\u00e9tier dans des ateliers et garages de la ville qui passent des contrats avec le projet.  &#8220;Pour les familles qui re\u00e7oivent les enfants de la rue r\u00e9int\u00e9gr\u00e9s, nous leur apportons un appui financier (annuel) pour cr\u00e9er une activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ratrice de revenus afin d&#39;\u00eatre capables de soutenir le nouveau venu. Nous savons que les enfants dans la rue, c&#39;est un signe de pauvret\u00e9&#8221;, souligne Kibinda.  Le centre Espace Jarot de Brazzaville appuie \u00e9galement l&#39;action du gouvernement dans la prise en charge des enfants de la rue. Les autorit\u00e9s ont appuy\u00e9 ce centre dans le renforcement des capacit\u00e9s \u00e9conomiques de 60 familles ayant accueilli des enfants.  &#8220;L&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, nous avons travaill\u00e9 avec un budget de 40.000 dollars. En 2007, nous projetons de passer \u00e0 la phase d&#39;\u00e9chelle en r\u00e9int\u00e9grant peut-\u00eatre 400 enfants&#8221;, d\u00e9clare Kibinda. &#8220;Le ph\u00e9nom\u00e8ne des enfants de la rue est important et fait la honte de notre pays consid\u00e9r\u00e9 comme tr\u00e8s riche \u00e0 l&#39;ext\u00e9rieur par rapport \u00e0 son p\u00e9trole. Nous n&#39;allons peut-\u00eatre pas \u00e9radiquer ce ph\u00e9nom\u00e8ne, mais essayons de le r\u00e9duire&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 26 f\u00e9v (IPS) &#8211; Bamanandoki Pitchou, 16 ans, est un enfant vivant \u00e0 Kinsoundi, un quartier au sud de Brazzaville, la capitale congolaise, n&#39;a pas encore fini son apprentissage de coiffeur, mais il a d\u00e9j\u00e0 un petit atelier de&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/26\/droits-congo-brazzaville-un-debut-de-solution-pour-les-enfants-de-la-rue\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,2,1,7,3,29],"tags":[],"class_list":["post-3365","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-education","category-headlines","category-politique","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3365","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3365"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3365\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3365"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3365"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3365"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}