{"id":3344,"date":"2007-02-15T13:40:01","date_gmt":"2007-02-15T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/15\/commerce-la-cedeao-demande-trois-ans-pour-la-signature-des-ape-avec-lue\/"},"modified":"2007-02-15T13:40:01","modified_gmt":"2007-02-15T13:40:01","slug":"commerce-la-cedeao-demande-trois-ans-pour-la-signature-des-ape-avec-lue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/15\/commerce-la-cedeao-demande-trois-ans-pour-la-signature-des-ape-avec-lue\/","title":{"rendered":"COMMERCE: La CEDEAO demande trois ans pour la signature des APE avec l&#39;UE"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 15 f\u00e9v (IPS) &#8211; Les experts de la Commission de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des Etats de l&#39;Afrique de l&#39;ouest (CEDEAO) exigent un d\u00e9lai d&#39;au moins trois ans avant la signature des Accords de partenariat \u00e9conomique (APE) avec l&#39;Union europ\u00e9enne (UE), pour prot\u00e9ger leurs produits sensibles.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Les experts des 15 Etats membres de la CEDEAO et celui de la Mauritanie demandent \u00e9galement un traitement sp\u00e9cifique pour les produits agricoles sensibles des pays de la sous-r\u00e9gion. Selon la commission, les pays de la CEDEAO vont d\u00e9finir, dans les mois \u00e0 venir, une liste de produits sensibles qu&#39;ils voudront prot\u00e9ger dans ces accords de partenariat \u00e9conomique en n\u00e9gociation avec l&#39;UE.<\/p>\n<p> Pour la Commission de la CEDEAO, une revue \u00e0 mi-parcours du processus de n\u00e9gociations des APE avec l&#39;UE a mis en exergue la n\u00e9cessit\u00e9, pour les pays de la sous-r\u00e9gion, de d\u00e9finir leurs produits sensibles et un calendrier de leur lib\u00e9ralisation. Pour cette raison, les pays de la CEDEAO et la Mauritanie ont besoin d&#39;un d\u00e9lai minimum de trois ans avant de signer l&#39;accord, estiment les experts des 16 pays qui se sont r\u00e9unis ce mois \u00e0 Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.<\/p>\n<p> &#8220;Les d\u00e9bats ont montr\u00e9 que la r\u00e9gion a besoin d&#39;instruments de politique commerciale qui soient conformes aux priorit\u00e9s et options d\u00e9finies dans les politiques sectorielles&#8230;La priorit\u00e9 est donc de s&#39;assurer que la politique de commerce ext\u00e9rieur refl\u00e8te bien les enjeux et le compromis internes&#8221;, expliquent les experts dans leurs conclusions.<\/p>\n<p> Selon les experts, l&#39;agriculture demeure le premier secteur strat\u00e9gique dans lequel la sous-r\u00e9gion a un avantage comparatif, et r\u00e9alise 60 pour cent de ses exportations. Par ailleurs, 66 pour cent de la population exercent dans des activit\u00e9s agro-sylvo-pastorales.  &#8220;Nous devons faire de l&#39;APE non pas un accord commercial simple, mais un accord qui nous permet de nous d\u00e9velopper. Pour cela, nous devons op\u00e9rer une mise \u00e0 niveau de nos entreprises et industries, et c&#39;est contenu dans la feuille de route&#8221;, explique Gilles Hounkpatin, directeur en charge des questions douani\u00e8res et commerciales \u00e0 la Commission de la CEDEAO.<\/p>\n<p> La feuille de route des APE, sign\u00e9e en f\u00e9vrier 2004, stipule que l&#39;accent doit \u00eatre mis sur l&#39;approfondissement de l&#39;int\u00e9gration r\u00e9gionale, et ensuite sur l&#39;am\u00e9lioration de la comp\u00e9titivit\u00e9 de la r\u00e9gion; ce qui veut dire une mise \u00e0 niveau des entreprises, ajoute Hounkpatin.<\/p>\n<p> &#8220;Nous ne sommes pas contre les n\u00e9gociations avec l&#39;Union europ\u00e9enne, mais nous avons constat\u00e9 que nous ne gagnons rien dans le commerce mondial&#8221;, s&#39;insurge Mamadou Cissoko, pr\u00e9sident d&#39;honneur du R\u00e9seau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l&#39;Afrique de l&#39;ouest.<\/p>\n<p> Selon Cissoko, les Europ\u00e9ens ont d\u00e9j\u00e0 un march\u00e9 r\u00e9gional, des politiques sectorielles, agricoles mises en \u0153uvre alors qu&#39;en Afrique de l&#39;ouest, la politique agricole est au stade de pr\u00e9paratifs des programmes d&#39;investissement.<\/p>\n<p> La CEDEAO pr\u00e9vient que l&#39;arriv\u00e9e de produits europ\u00e9ens \u00e0 tr\u00e8s forte comp\u00e9titivit\u00e9 sur un march\u00e9 o\u00f9 on utilise encore des outils rudimentaires donnant des rendements faibles, d\u00e9couragera les paysans qui n&#39;auront plus aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 produire.<\/p>\n<p> &quot;Nous ne sommes pas au m\u00eame niveau de d\u00e9veloppement dans le secteur de l&#39;agriculture, et la sp\u00e9cificit\u00e9 de la sous-r\u00e9gion, c&#39;est qu&#39;elle est agricole et regorge d&#39;une population rurale \u00e9valu\u00e9e \u00e0 70 pour cent des actifs de la sous-r\u00e9gion&quot;, souligne Daniel Eklou, directeur de l&#39;agriculture et du d\u00e9veloppement \u00e0 la commission de la CEDEAO.  Les \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es en 2006 par la CEDEAO ont montr\u00e9 que la sous-r\u00e9gion ne pourra pas supporter une comp\u00e9tition avec l&#39;UE. Par exemple l&#39;oignon, la pomme de terre, le haricot vert ne seront plus produits car l&#39;UE va en d\u00e9verser dans les pays de la sous-r\u00e9gion. Les produits classiques comme les huiles, le riz, sont menac\u00e9s, de m\u00eame que les produits comme le bl\u00e9 vont concurrencer les c\u00e9r\u00e9ales produites sur place.<\/p>\n<p> &#8220;Il faut permettre \u00e0 nos agriculteurs de rester sur leur terroir pour continuer \u00e0 se nourrir, sinon, o\u00f9 iront-ils?&#8221;, demande Eklou. Il rappelle que la Politique agricole commune (PAC) de l&#39;UE est fond\u00e9e sur le principe de la pr\u00e9f\u00e9rence communautaire, ce qui se traduit par un privil\u00e8ge accord\u00e9 aux produits de l&#39;espace r\u00e9gional gr\u00e2ce \u00e0 des m\u00e9canismes appropri\u00e9s.  Par ailleurs, la commission de la CEDEAO souhaite la d\u00e9finition d&#39;un tarif ext\u00e9rieur commun (TEC) diff\u00e9rend de celui appliqu\u00e9 par l&#39;Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (UEMOA) jug\u00e9 &#8220;d\u00e9vastateur&#8221;. Ce tarif pourrait atteindre 50 pour cent, selon le ROPPA, contre 20 pour cent pratiqu\u00e9 actuellement \u00e0 l&#39;UEMOA qui comprend seulement huit pays de la sous-r\u00e9gion. Le TEC est une taxe per\u00e7ue sur tout produit entrant dans la zone UEMOA.    Pour Vincent Fautrel, du Centre technique pour la coop\u00e9ration agricole et rurale &#8212; une organisation paritaire UE\/ACP (Afrique, Cara\u00efbes, Pacifique) &#8211;, il y a un enjeu fiscal important. Il y aura une baisse des recettes douani\u00e8res avec l&#39;APE, pr\u00e9vient-il.  Les produits de l&#39;UE repr\u00e9sentant 40 pour cent des importations totales de l&#39;Afrique subsaharienne. S&#39;il faut \u00e9liminer les droits de douane sur les produits europ\u00e9ens, on r\u00e9duirait consid\u00e9rablement les recettes douani\u00e8res de ces pays, estime Fautrel. Selon le sc\u00e9nario le moins favorable, la Gambie et le Cap Vert perdraient pr\u00e8s de 20 pour cent de leurs recettes fiscales totales, tandis que le Ghana et le S\u00e9n\u00e9gal subiraient une chute de 10 \u00e0 11 pour cent de leurs revenus.  &#8220;L&#39;id\u00e9e est de pouvoir identifier les produits qui contribuent au budget des Etats et voir comment exclure ces produits, ou les mettre dans un calendrier progressif de lib\u00e9ralisation sur une p\u00e9riode de 10, 15 ou 18 ans&#8230;&#8221;, estime Fautrel.<\/p>\n<p> Depuis janvier 2005, les chefs d&#39;Etat de la CEDEAO ont adopt\u00e9 une politique agricole commune de la r\u00e9gion, d\u00e9nomm\u00e9e &#39;ECOWAP&#39;. Cette politique vise \u00e0 assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire de la population rurale et urbaine de la sous-r\u00e9gion, ainsi que la r\u00e9duction de la d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des importations en accordant la priorit\u00e9 aux productions alimentaires locales ainsi qu&#39;\u00e0 leur transformation.<\/p>\n<p> Les n\u00e9gociations APE ont \u00e9t\u00e9 suscit\u00e9es par l&#39;expiration des accords conclus pr\u00e9c\u00e9demment entre l&#39;UE et les pays ACP. Depuis 1975, les relations \u00e9conomiques entre L&#39;UE et les ACP \u00e9taient r\u00e9gies par une s\u00e9rie de conventions sign\u00e9es \u00e0 Lom\u00e9, au Togo, \u00e0 l&#39;\u00e9poque, couvrant chacune une p\u00e9riode de cinq ans.  Ces accords garantissaient des pr\u00e9f\u00e9rences commerciales et l&#39;aide de l&#39;UE aux pays ACP. Les exportateurs des pays ACP obtenaient ainsi un large acc\u00e8s aux march\u00e9s de l&#39;UE. L&#39;essentiel de ce traitement de faveur a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9 dans un nouvel accord sign\u00e9 en 2000 \u00e0 Cotonou, au B\u00e9nin. Mais, ces accords ne r\u00e9pondent plus aux normes de l&#39;Organisation mondiale du commerce, selon l&#39;UE.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 15 f\u00e9v (IPS) &#8211; Les experts de la Commission de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des Etats de l&#39;Afrique de l&#39;ouest (CEDEAO) exigent un d\u00e9lai d&#39;au moins trois ans avant la signature des Accords de partenariat \u00e9conomique (APE) avec l&#39;Union europ\u00e9enne&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/15\/commerce-la-cedeao-demande-trois-ans-pour-la-signature-des-ape-avec-lue\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1,7,29,32],"tags":[],"class_list":["post-3344","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-politique","category-west-africa","category-wto-conference-hong-kong"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3344","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3344"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3344\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3344"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3344"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3344"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}