{"id":3343,"date":"2007-02-14T13:40:01","date_gmt":"2007-02-14T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/14\/environnement-tchad-le-sud-de-ndjamena-est-menace-par-le-desert\/"},"modified":"2007-02-14T13:40:01","modified_gmt":"2007-02-14T13:40:01","slug":"environnement-tchad-le-sud-de-ndjamena-est-menace-par-le-desert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/14\/environnement-tchad-le-sud-de-ndjamena-est-menace-par-le-desert\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT-TCHAD: Le sud de N&#39;Djamena est menac\u00e9 par le d\u00e9sert"},"content":{"rendered":"<p>N&#39;DJAMENA, 14 f\u00e9v (IPS) &#8211; &quot;Il y a une trentaine d&#39;ann\u00e9es, il \u00e9tait encore fr\u00e9quent de rencontrer des troupeaux d&#39;\u00e9l\u00e9phants traversant la route \u00e0 la sortie sud de N&#39;Djamena&quot;, se rappelle Hassan Nago, 65 ans, fonctionnaire retrait\u00e9. Mais aujourd&#39;hui, la v\u00e9g\u00e9tation luxuriante d&#39;antan a laiss\u00e9 place au vide.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Au niveau du village Toukra, \u00e0 une dizaine de kilom\u00e8tres de la capitale tchadienne, sur la route nationale qui m\u00e8ne vers le sud du pays, la faune discutait la route aux voyageurs, souligne Nago.  &quot;La zone \u00e9tait tr\u00e8s bois\u00e9e, la v\u00e9g\u00e9tation luxuriante, et les \u00e9l\u00e9phants, les antilopes, les gazelles, les li\u00e8vres \u00e9taient souvent pr\u00e9sents sur la route&quot;, raconte-t-il, affal\u00e9 sur sa natte rapi\u00e9c\u00e9e. Nago vit dans le village de Malo-Gaga, \u00e0 14 km au sud-ouest de N&#39;Djamena.  Aujourd&#39;hui, toute cette for\u00eat, qui part de la sortie sud de N&#39;Djamena jusqu&#39;\u00e0 Koundoul, en passant par Malo-Gaga, Ka&#39;ab\u00e9, Toukra, Do-matelas, Ngueli, soit sur une distance de plus de 20 km, a totalement disparu, et les \u00e9l\u00e9phants avec, d\u00e9plore Nago.  &quot;De cette for\u00eat verte, il ne reste plus que quelques arbres \u00e9pineux, des jujubiers, des savonniers de type balamites aegyptiaca, des acacias albida, et des palmiers. De la faune, il ne reste que quelques li\u00e8vres, des varans, des \u00e9cureuils et autres rats malingres&quot;, raconte le vieux technicien agricole.  Le besoin croissant en bois de chauffe et en charbon de bois de la capitale N&#39;Djamena, l&#39;exode rural, qui a d\u00e9vers\u00e9 dans les villages p\u00e9riph\u00e9riques une importante population venue de l&#39;int\u00e9rieur du pays, la guerre civile de 1979-80, qui a d\u00e9structur\u00e9 les services forestiers, sont quelques-unes des causes de cette d\u00e9forestation plut\u00f4t rapide des alentours de N&#39;Djamena, selon Nago, un ancien fonctionnaire du minist\u00e8re de l&#39;Agriculture du Tchad.  La rapide d\u00e9forestation du sud de N&#39;Djamena a \u00e9galement ouvert la voie \u00e0 l&#39;inondation qui est l&#39;autre difficult\u00e9 \u00e0 laquelle font face aujourd&#39;hui les riverains de la capitale tchadienne.  &quot;Il n&#39;y avait pas d&#39;inondation ici avant&quot;, affirme Ada Titeina, une habitante du village Ka&#39;ab\u00e9. &quot;Mais aujourd&#39;hui, \u00e0 cause de la disparition des arbres, notre village est totalement inond\u00e9 quand il y a grosses pluies. Nous utilisons parfois m\u00eame des barques pour nous rendre \u00e0 N&#39;Djamena&quot;.  Lors de la derni\u00e8re saison des pluies \u00e0 Ka&#39;ab\u00e9, dont l&#39;activit\u00e9 principale est la riziculture, les villageois ont d\u00fb construire des digues g\u00e9antes pour se prot\u00e9ger de l&#39;inondation.  &quot;Ces digues nous ont prot\u00e9g\u00e9s pendant la saison. Nos maisons et nos champs \u00e9taient \u00e0 l&#39;abri de l&#39;eau&quot;, t\u00e9moigne Titeina.  Gr\u00e2ce \u00e0 ces digues, certaines pistes \u00e9taient praticables le long de la saison, m\u00eame si parfois, elles \u00e9taient boueuses par endroits, indique-t-elle.  Titeina ajoute que l&#39;inaccessibilit\u00e9 de leur village, pendant la saison des pluies, les emp\u00eache d&#39;\u00e9couler convenablement leurs produits agricoles vers N&#39;Djamena.  &quot;Nous avons bien tent\u00e9 de reboiser notre village, mais \u00e0 chaque fois, les troupeaux des \u00e9leveurs arabes, en manque de zones de p\u00e2turage dans les r\u00e9gions septentrionales du pays, venaient d\u00e9vorer les jeunes plants. Cela a souvent caus\u00e9 des affrontements entre villageois et pasteurs arabes&quot;, d\u00e9clare Ali S\u00e9id, un autre habitant de Malo-Gaga.  L&#39;absence d&#39;arbres autour de la capitale fait que tr\u00e8s souvent, pendant la saison s\u00e8che, la ville baigne dans la poussi\u00e8re.  &quot;La coupe abusive de bois est la cause premi\u00e8re de la d\u00e9t\u00e9rioration de l&#39;\u00e9cosyst\u00e8me autour de N&#39;Djamena&quot;, estime Dr Adoum Ngaba-Waye, directeur de l&#39;institut universitaire de formation des cadres sup\u00e9rieurs en environnement, bas\u00e9 \u00e0 Sarh, dans le sud du pays.  Selon lui, rien n&#39;est encore perdu. L&#39;espoir demeure. &quot;On peut tr\u00e8s bien encore reboiser N&#39;Djamena et sa p\u00e9riph\u00e9rie&quot;, dit-il.  Il suffira d&#39;y planter des esp\u00e8ces r\u00e9sistant \u00e0 la s\u00e9cheresse, telles que &quot;les acacias senegalensis, les tibecias et les palmiers&quot;. Certaines esp\u00e8ces r\u00e9sistant un peu moins \u00e0 la s\u00e9cheresse pourront m\u00eame y \u00eatre incluses puisque la localit\u00e9 est travers\u00e9e par deux fleuves importants, le Chari et le Logone.  &quot;On pourra tr\u00e8s bien aussi reboiser la localit\u00e9 avec des arbres fruitiers tels que les manguiers. Il suffit pour cela d&#39;utiliser des engrais non toxiques&quot;, indique Ngaba-Waye.  On constituera ainsi un cordon \u00e9cologique qui servira de brise vent autour de la capitale. Cette couverture v\u00e9g\u00e9tale est d&#39;autant plus importante que N&#39;Djamena se trouve dans une zone de turbulences climatiques.  &quot;Reboiser N&#39;Djamena et sa p\u00e9riph\u00e9rie demande aussi des moyens et surtout de la volont\u00e9 politique&quot;, ajoute Dr Ngaba-Waye.  La volont\u00e9 politique existe d\u00e9j\u00e0, semble lui r\u00e9pondre Kedallah Youssouf Hamid, le gouverneur du Chari Baguirmi, r\u00e9gion dont d\u00e9pendent les villages p\u00e9riph\u00e9riques de N&#39;Djamena. Son \u00e9quipe, dit-il, est tr\u00e8s consciente de la situation et a initi\u00e9 plusieurs projets pour reboiser la zone.  Le plus important de ces projets sera le reboisement de la zone Koundoul-Mand\u00e9lia, soit une cinquantaine de kilom\u00e8tres autour de la capitale. &quot;Ce reboisement constituera \u00e0 faire une ceinture verte autour de N&#39;Djamena&quot;, souligne le gouverneur.  Le gouvernement central du Tchad, pour sa part, a instaur\u00e9, depuis pr\u00e8s de 20 ans, une semaine nationale de l&#39;arbre, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e chaque ann\u00e9e au d\u00e9but du mois d&#39;ao\u00fbt. Lors de cette semaine organis\u00e9e \u00e0 l&#39;\u00e9chelle nationale, les autorit\u00e9s centrales et locales prennent la t\u00eate des populations pour planter des arbres.  Mais ces jeunes plants, souvent peu prot\u00e9g\u00e9s, sont tr\u00e8s vite ravag\u00e9s par des b\u00eates errantes. C&#39;est dire que la solution \u00e0 la d\u00e9sertification, qui menace N&#39;Djamena, r\u00e9side peut-\u00eatre en peu de chose, mais elle reste \u00e0 trouver.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N&#39;DJAMENA, 14 f\u00e9v (IPS) &#8211; &quot;Il y a une trentaine d&#39;ann\u00e9es, il \u00e9tait encore fr\u00e9quent de rencontrer des troupeaux d&#39;\u00e9l\u00e9phants traversant la route \u00e0 la sortie sud de N&#39;Djamena&quot;, se rappelle Hassan Nago, 65 ans, fonctionnaire retrait\u00e9. Mais aujourd&#39;hui, la&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/14\/environnement-tchad-le-sud-de-ndjamena-est-menace-par-le-desert\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":436,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,34,11,6,12,1,7,3,29],"tags":[],"class_list":["post-3343","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-desert-rampant","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-environnement","category-headlines","category-politique","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3343","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/436"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3343"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3343\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3343"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3343"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3343"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}