{"id":3339,"date":"2007-02-13T13:40:01","date_gmt":"2007-02-13T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/13\/sante-congo-brazzaville-les-deux-capitales-du-pays-frappees-par-une-epidemie-de-cholera\/"},"modified":"2007-02-13T13:40:01","modified_gmt":"2007-02-13T13:40:01","slug":"sante-congo-brazzaville-les-deux-capitales-du-pays-frappees-par-une-epidemie-de-cholera","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/13\/sante-congo-brazzaville-les-deux-capitales-du-pays-frappees-par-une-epidemie-de-cholera\/","title":{"rendered":"SANTE-CONGO-BRAZZAVILLE: Les deux capitales du pays frapp\u00e9es par une \u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra"},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 13 f\u00e9v (IPS) &#8211; Dans un coin du Centre hospitalier et universitaire  de Brazzaville (CHU), un hangar de 50 m\u00e8tres carr\u00e9s environ a \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9 rapidement ce mois pour accueillir les victimes du chol\u00e9ra qui s\u00e9vit dans la capitale politique du Congo.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Sous des arbres, le hangar, qui tient lieu de centre de prise en charge des cas de chol\u00e9ra \u00e0 Brazzaville, abrite quelques lits couverts de moustiquaires et sous lesquelles se torpillent des silhouettes de malades fatigu\u00e9s et d\u00e9shydrat\u00e9s par des diarrh\u00e9es et vomissements provoqu\u00e9s par le chol\u00e9ra.  Jusqu&#39;au 11 f\u00e9vrier, 40 cas avaient \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s, dont 17 intern\u00e9s pour chol\u00e9ra et 23 autres lib\u00e9r\u00e9s pour diarrh\u00e9es ordinaires.  Les malades intern\u00e9s sont isol\u00e9s depuis quelques jours et personne ne peut y acc\u00e9der. &#8220;C&#39;est interdit parce que les risques de contamination sont importants. Nous d\u00e9sinfectons tous les visiteurs. Les patients font les selles \u00e0 tout moment et boivent beaucoup de l&#39;eau&#8221;, explique \u00e0 IPS, une infirmi\u00e8re qui ressort du hangar, habill\u00e9e d&#39;une combinaison de protection.  Les patients qui ne sont pas contamin\u00e9s repartent chez eux apr\u00e8s une consultation rapide. &#8220;J&#39;ai fait la diarrh\u00e9e et des vomissements, puis mes parents m&#39;ont conduite \u00e0 ce centre de prise en charge. On m&#39;a pos\u00e9 quelques questions avant de me confirmer que ce n&#39;\u00e9tait pas le chol\u00e9ra&#8221;, t\u00e9moign\u00e9 \u00e0 IPS, D\u00e9olinda Lunda, une femme d&#39;environ 35 ans.  Certains parents de malades, debout \u00e0 une bonne distance du centre, saluent l&#39;initiative des autorit\u00e9s sanitaires, mais d\u00e9plorent les conditions dans lesquelles sont isol\u00e9s les patients.  &#8220;Ils sont suivis r\u00e9guli\u00e8rement, mais les conditions d&#39;hygi\u00e8ne ne sont pas respect\u00e9es. Le cas de mon p\u00e8re, par exemple, qui baigne totalement dans ses selles, mais nous, ses parents, ne pouvons pas le nettoyer. Les infirmi\u00e8res manifestent le d\u00e9go\u00fbt&#8221;, affirme un parent de malade \u00e0 IPS, \u00e0 l&#39;h\u00f4pital.  Interrog\u00e9s par IPS sur ce que leurs proches ont consomm\u00e9 avant de tomber malades, des parents ont donn\u00e9 des r\u00e9ponses vari\u00e9es. Le chol\u00e9ra est commun\u00e9ment appel\u00e9 la &quot;maladie des mains sales&quot;.  &#8220;On ne sait vraiment pas ce qui s&#39;est pass\u00e9. On a mang\u00e9 tous du poisson frit \u00e0 l&#39;oseille, et personne d&#39;autre que lui n&#39;a fait de diarrh\u00e9e depuis deux jours. On ne sait pas s&#39;il a mang\u00e9 quelque chose ailleurs&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Monique Mboko dont le fils est malade hospitalis\u00e9.<\/p>\n<p> Compl\u00e8tement d\u00e9sempar\u00e9e, une autre femme a affirm\u00e9 que son enfant, qui vend des articles divers au march\u00e9 Total de Brazzaville, aurait consomm\u00e9 des aliments infect\u00e9s. &#8220;Si ce n&#39;est pas l&#39;eau en sachet, c&#39;est la nourriture qu&#39;on vend dans les bassines&#8221;, indique Antoinette Djaba dont le fils est \u00e9galement intern\u00e9 au CHU.  L&#39;\u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra, qui s&#39;est d\u00e9clar\u00e9e \u00e0 Brazzaville il y a quelques jours, a fait d\u00e9j\u00e0 cinq morts. La maladie, qui se manifeste par une diarrh\u00e9e aigu\u00eb et des vomissements, est partie de Pointe-Noire, la capitale \u00e9conomique du pays, o\u00f9 l&#39;\u00e9pid\u00e9mie s\u00e9vissait depuis novembre dernier.  Le gouvernement a dress\u00e9, le 7 f\u00e9vrier, un bilan de plus de 60 d\u00e9c\u00e8s enregistr\u00e9s, principalement \u00e0 Brazzaville et Pointe-Noire.  &#8220;A ce jour, les chiffres sont les suivants : d\u00e9partement de Pointe-Noire, 3.197 cas pour 56 d\u00e9c\u00e8s; d\u00e9partement du Kouilou, 87 cas pour quatre d\u00e9c\u00e8s, d\u00e9partement de Brazzaville, six cas pour cinq d\u00e9c\u00e8s&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Alain Akoualat.  Ces chiffres ne sont pas stables. Le professeur Henri Joseph Para, pr\u00e9sident du Comit\u00e9 de coordination nationale de gestion de la crise de chol\u00e9ra, a indiqu\u00e9 que chaque jour, de nouveaux cas \u00e9taient enregistr\u00e9s. &#8220;Pour l&#39;instant \u00e0 Brazzaville, il n&#39;y a pas une forte affluence de cas. Mais, \u00e0 Pointe-Noire, nous avons encore enregistr\u00e9 74 cas et cinq autres d\u00e9c\u00e8s se sont ajout\u00e9s apr\u00e8s les chiffres publi\u00e9s par le gouvernement&#8221;, a-t-il dit \u00e0 IPS.  Selon Para, des actions sont en cours pour contenir la maladie, mais il manque de moyens financiers. &#8220;De l&#39;argent pour acheter les m\u00e9dicaments, les voitures, les produits de laboratoire, les blouses, les produits d&#39;assainissement et de protection. Le gouvernement a pris l&#39;engagement d&#39;alimenter notre budget, mais on attend toujours&#8221;, a-t-il d\u00e9clar\u00e9, pr\u00e9cisant que le premier budget, estim\u00e9 \u00e0 2,4 millions de dollars, a \u00e9t\u00e9 revu \u00e0 la hausse.  Selon une source des Nations Unies \u00e0 Brazzaville, le gouvernement aurait assur\u00e9, au cours d&#39;une r\u00e9union avec les partenaires internationaux, que les fonds devaient \u00eatre d\u00e9gag\u00e9s cette semaine pour Brazzaville, car Pointe-Noire avait d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u un d\u00e9but de financement de 120.000 dollars. Le gouvernement aurait \u00e9galement annonc\u00e9 que le budget passerait \u00e0 3,5 millions de dollars.  Le gouvernement se bat pour faire respecter des mesures \u00e9l\u00e9mentaires d&#39;hygi\u00e8ne, comme se laver les mains avant et apr\u00e8s les repas, bouillir de l&#39;eau avant de la boire, et ne pas consommer des aliments cuits vendus dans les places publiques. Les autorit\u00e9s ont \u00e9galement interdit la vente des boissons non st\u00e9rilis\u00e9es, des glaces et yaourts fabriqu\u00e9s de fa\u00e7on artisanale, destin\u00e9s \u00e0 la consommation.  Le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la sant\u00e9, Damase Bozongo, exclut l&#39;utilisation du vaccin contre le chol\u00e9ra, privil\u00e9giant les mesures pr\u00e9ventives. &#8220;Nous savons tous&#8230;que le vaccin du chol\u00e9ra ne dure que six mois. On ne va pas tout de m\u00eame vacciner tous les six mois les populations. C&#39;est pourquoi nous faisons la promotion des r\u00e8gles \u00e9l\u00e9mentaires d&#39;hygi\u00e8ne&#8221;, a-t-il soutenu.<\/p>\n<p> Pour sa part, le repr\u00e9sentant au Congo du Fonds des Nations Unies pour l&#39;enfance (UNICEF), Dr Koen Vanormelingen, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 IPS que l&#39;UNICEF avait d\u00e9gag\u00e9 100.000 dollars pour appuyer les autorit\u00e9s sanitaires dans la gestion de l&#39;\u00e9pid\u00e9mie.  Selon des t\u00e9moignages recueillis des habitants \u00e0 Pointe-Noire, l&#39;affluence des cas de diarrh\u00e9e dans les centres hospitaliers de cette ville \u00e9tait d&#39;abord attribu\u00e9e \u00e0 la consommation d&#39;un riz avari\u00e9. Pr\u00e8s d&#39;un mois apr\u00e8s, l&#39;\u00e9pid\u00e9mie a pris une grande ampleur.  &#8220;A Pointe-Noire, c&#39;\u00e9tait essentiellement d\u00fb \u00e0 la contamination de l&#39;eau des puits et des forages. Les pr\u00e9l\u00e8vements faits par le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 montrent que la nappe phr\u00e9atique \u00e9tait contamin\u00e9e. C&#39;est un grand probl\u00e8me, et il faut s&#39;assurer que toute l&#39;eau de consommation \u00e0 Pointe-Noire est potable&#8221;, a indiqu\u00e9 Vanormelingen.  M\u00e9decins sans fronti\u00e8res (MSF), une organisation non gouvernementale, qui appuie l&#39;\u00e9quipe des m\u00e9decins \u00e0 Pointe-Noire, estime par ailleurs que la situation pourrait \u00eatre ma\u00eetris\u00e9e \u00e0 Brazzaville, si la gestion de la crise se faisait normalement.  &#8220;A Brazzaville, la maladie vient de commencer. Et comme on a pris les choses trop t\u00f4t, avec un peu de mobilisation sociale, la disponibilit\u00e9 d&#39;eau potable et une bonne prise en charge, on \u00e9vitera le pire&#8221;, explique \u00e0 IPS, Judy McConnery, chef de MSF au Congo.  Elle met garde contre une aggravation de la situation. &#8220;S&#39;il a fallu attendre 2.000 cas pour donner l&#39;alerte \u00e0 Pointe-Noire, \u00e0 Brazzaville, par contre, les risques de g\u00e9n\u00e9ralisation de l&#39;\u00e9pid\u00e9mie sont importants&#8221;, a indiqu\u00e9 McConnery. &#8220;A cause des p\u00e9nuries constantes d&#39;eau potable et des d\u00e9bordements des \u00e9gouts pendant les pluies; et parfois les canalisations de distribution d&#39;eau potable sont expos\u00e9es \u00e0 l&#39;air libre, et donc \u00e0 des risques de contamination&#8221;.  Entre novembre et janvier, la pluie est tomb\u00e9e abondamment \u00e0 Pointe-Noire et Brazzaville, inondant des quartiers dans la capitale, faisant sept morts.<\/p>\n<p> La pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra a touch\u00e9 le Congo en 1998, pendant la guerre civile. La maladie, qui avait touch\u00e9 les sites des sinistr\u00e9s et des d\u00e9plac\u00e9s de guerre, avait pu \u00eatre jugul\u00e9e rapidement sans faire trop de d\u00e9g\u00e2ts.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 13 f\u00e9v (IPS) &#8211; Dans un coin du Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU), un hangar de 50 m\u00e8tres carr\u00e9s environ a \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9 rapidement ce mois pour accueillir les victimes du chol\u00e9ra qui s\u00e9vit dans la capitale&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/02\/13\/sante-congo-brazzaville-les-deux-capitales-du-pays-frappees-par-une-epidemie-de-cholera\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,1,3,4,29],"tags":[],"class_list":["post-3339","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-headlines","category-population-refugies","category-sante","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3339","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3339"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3339\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3339"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3339"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3339"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}