{"id":3231,"date":"2006-12-13T13:40:01","date_gmt":"2006-12-13T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/12\/13\/sante-burkina-faso-une-prise-en-charge-a-domicile-pour-combattre-le-paludisme\/"},"modified":"2006-12-13T13:40:01","modified_gmt":"2006-12-13T13:40:01","slug":"sante-burkina-faso-une-prise-en-charge-a-domicile-pour-combattre-le-paludisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/12\/13\/sante-burkina-faso-une-prise-en-charge-a-domicile-pour-combattre-le-paludisme\/","title":{"rendered":"SANTE-BURKINA FASO: Une prise en charge \u00e0 domicile pour combattre le paludisme"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 13 d\u00e9c (IPS) &#8211; Une \u00e9tude pilote, men\u00e9e au Burkina Faso depuis 2005, avec l&#39;aide de l&#39;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) pour r\u00e9duire de fa\u00e7on significative le nombre de 15.000 enfants tu\u00e9s par an par le paludisme, pr\u00e9sente des r\u00e9sultats satisfaisants, selon les autorit\u00e9s burkinab\u00e9. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Selon les autorit\u00e9s, l&#39;\u00e9tude vise, \u00e0 terme, \u00e0 mettre \u00e0 la disposition des populations rurales un syst\u00e8me de soins qui leur permet de disposer des m\u00e9dicaments contre le paludisme au sein d&#39;une communaut\u00e9.  Le m\u00e9dicament est subventionn\u00e9 dans le cadre du projet de prise en charge \u00e0 domicile et est vendu entre 20 et 40 cents US selon l&#39;\u00e2ge des enfants par des volontaires et leaders d&#39;opinion accept\u00e9s et d\u00e9sign\u00e9s par les villageois. Ces volontaires, recrut\u00e9s au sein de la communaut\u00e9, sont form\u00e9s pour une meilleure prise en charge des enfants d\u00e8s que les premiers signes apparaissent.  &#8220;Ce sont des villageois, des m\u00e8res, des leaders d&#39;opinion, d\u00e9sign\u00e9s et choisis par les populations et qui ont appris \u00e0 administrer des soins&#8221;, explique Dr Sodiomon Bienvenu Sirima, le coordonnateur national du projet de d\u00e9veloppement au Centre national de recherche et de formation sur le paludisme (CNRFP). &#8220;Nous nous sommes rendu compte que lorsque survient un cas de fi\u00e8vre, la premi\u00e8re d\u00e9cision est toujours faite au sein de la communaut\u00e9 m\u00eame quand il y existe un centre de sant\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p> Le projet de prise en charge \u00e0 domicile, qui est soutenu par l&#39;OMS \u00e0 travers le CNRFP, veut remplacer la chloroquine dont l&#39;inefficacit\u00e9 \u00e0 \u00e9t\u00e9 reconnue depuis 2005, et s&#39;assurer de l&#39;acceptation, par les populations rurales, d&#39;un nouveau m\u00e9dicament \u00e0 base de &#39;coartem&#39; (un antipalud\u00e9en \u00e0 base de plantes chinoises).  &#8220;Ce projet vise \u00e0 combattre le paludisme chez les enfants au sein de la communaut\u00e9 en permettant aux m\u00e8res, illettr\u00e9es dans leur majorit\u00e9, d&#39;administrer facilement le traitement&#8221;, d\u00e9clare Dr Sirima.<\/p>\n<p> Environ 41.000 personnes issues de 39 villages de la commune de Sapon\u00e9, situ\u00e9e \u00e0 30 kilom\u00e8tres de Ouagadougou, la capitale burkinab\u00e9, participent au projet et acc\u00e8dent au m\u00e9dicament \u00e0 travers les volontaires. Il existe un volontaire pour 50 enfants.<\/p>\n<p> Une ann\u00e9e apr\u00e8s le d\u00e9but du projet, des statistiques dans les villages qui participent \u00e0 l&#39;\u00e9tude, montrent qu&#39;en deux mois, 6.000 traitements ont \u00e9t\u00e9 administr\u00e9s \u00e0 des enfants et seulement 145 personnes ont rendu visite aux services de sant\u00e9. Par contre, dans les zones qui ne participent pas au projet, seuls 2.500 traitements ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s.  Malgr\u00e9 ces r\u00e9sultats satisfaisants, les responsables du projet veulent aller jusqu&#39;au bout des trois ann\u00e9es pr\u00e9vues pour l&#39;\u00e9tude avant son \u00e9valuation finale. &#8220;Nous continuons de collecter les donn\u00e9es et nous n&#39;allons pas les analyser maintenant pour \u00e9viter d&#39;\u00eatre tent\u00e9s de les modifier pour qu&#39;ils correspondent \u00e0 nos objectifs&#8221;, souligne Sirima.<\/p>\n<p> &#8220;Comme les produits co\u00fbtent moins cher, beaucoup de personnes viennent nous voir d\u00e8s que les enfants pr\u00e9sentent les premiers signes du paludisme; nous sommes fiers de notre r\u00f4le qui permet de sauver des vies humaines au sein de la communaut\u00e9 o\u00f9 nous vivons&#8221;, se r\u00e9jouit Jean Ouedraogo, g\u00e9rant de stocks de m\u00e9dicaments dans le village de Kossilcy, pr\u00e8s de Sapon\u00e9, dans le centre de ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest.<\/p>\n<p> Selon Ouedraogo, les patients sont plus r\u00e9guliers pendant les mois de mai et juin quand les cas de paludisme sont plus fr\u00e9quents avec la saison des pluies.<\/p>\n<p>Il vend les m\u00e9dicaments qu&#39;il re\u00e7oit du projet aux volontaires entre 12 et 24 cents le traitement respectivement pour les enfants de z\u00e9ro \u00e0 trois ans et ceux de trois \u00e0 six ans. Dans les pharmacies priv\u00e9es, le traitement co\u00fbte environ 10 dollars.  &#8220;Si c&#39;est le paludisme, l&#39;enfant est gu\u00e9ri en 24 heures, dans le cas contraire, la m\u00e8re doit aller au dispensaire. Puisque le m\u00e9dicament ne co\u00fbte pas cher et ne pr\u00e9sente aucune toxicit\u00e9, il n&#39;y a aucun probl\u00e8me&#8221;, ajoute Sirima.<\/p>\n<p> Selon les responsables de sant\u00e9, le projet facilitera l&#39;acc\u00e8s au traitement dans les zones rurales, notamment celles \u00e9loign\u00e9es des postes de sant\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Par exemple pendant la saison des pluies, les inondations des pistes rurales emp\u00eachent les parents qui peuvent attendre jusqu&#39;a trois jours pour se rendre dans les centres de sant\u00e9&#8221;, affirme Joseph Sawadogo, responsable de sant\u00e9 \u00e0 Kossilcy. &#8220;Souvent, les enfants nous arrivent tr\u00e8s tard ou avec des cas tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8res&#8221;.<\/p>\n<p> L&#39;approche du projet permet \u00e9galement de r\u00e9soudre le manque criant de personnels de sant\u00e9 dans la zone de Sapon\u00e9 o\u00f9 il existe un agent pour 2.500 habitants alors que et les centre de sant\u00e9 sont distants de cinq kilom\u00e8tres l&#39;un de l&#39;autre.  L&#39;un des r\u00e9sultats tangibles du projet est que dans les zones qui ne participent pas \u00e0 l&#39;\u00e9tude, les centres de sant\u00e9 re\u00e7oivent cinq fois plus de patients tandis que ceux des zones pilotes ont assez de temps pour s&#39;occuper d&#39;autres pathologies dont la prise en charge ne peut pas se faire \u00e0 domicile, au village.  Selon Sawadogo, l&#39;un des deux agents publics d&#39;un centre de Kossilcy, l&#39;approche de soins \u00e0 domicile, d\u00e9charge ainsi les services et leur permet de s&#39;occuper d&#39;autre chose comme la vaccination des enfants et les conseils prodigu\u00e9s aux parents. &#8220;Nous ne sommes que deux et certains parents repartent apr\u00e8s avoir attendu longtemps sans \u00eatre re\u00e7us&#8221;, reconna\u00eet-il.  &#8220;Etant membre de la communaut\u00e9, je vois que cela facilite l&#39;acc\u00e8s des soins aux enfants du village car malgr\u00e9 le prix r\u00e9duit, certains parents d\u00e9munis nous demandent souvent de le leur vendre \u00e0 cr\u00e9dit; mais ils remboursent toujours d\u00e8s qu&#39;ils ont l&#39;argent&#8221;, explique Adjaratou Sawadogo, une vendeuse volontaire du village de Kougpalga, dans le centre du Burkina Faso.  &#8220;Les petits b\u00e9n\u00e9fices que nous recevons nous encouragent \u00e0 poursuivre cette activit\u00e9 qui permet de sauver des vies&#8221;, ajoute Adjaratou dont le b\u00e9b\u00e9 de 12 mois a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 gu\u00e9ri gr\u00e2ce aux m\u00e9dicaments du projet.  Environ 46,2 pour cent des 13 millions d&#39;habitants du Burkina Faso vivent en dessous du seuil de pauvret\u00e9, avec moins d&#39;un dollar par jour, indique le rapport 2006 du Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p> Dr Sirima d\u00e9clare avoir d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u des assurances du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme pour une disponibilit\u00e9 des m\u00e9dicaments en vue de la vulgarisation de l&#39;approche du projet. Il \u00e9carte cependant l&#39;id\u00e9e d&#39;une gratuit\u00e9 des soins dans ce projet contre le paludisme.<\/p>\n<p> &#8220;Notre politique nationale en mati\u00e8re de sant\u00e9 interdit toute gratuit\u00e9 de prise en charge car cela peut avoir comme cons\u00e9quence la banalisation des soins et le manque d&#39;int\u00e9r\u00eat&#8221;, souligne-t-il.  Le paludisme constitue un probl\u00e8me de sant\u00e9 au Burkina o\u00f9 il demeure la premi\u00e8re cause de consultations dans les centres de sant\u00e9 et de d\u00e9c\u00e8s. Selon le minist\u00e8re de la Sant\u00e9, en 2004, il repr\u00e9sentait 41,5 pour cent des consultations, 57,34 pour cent des malades occupant les lits des h\u00f4pitaux et 32,36 pour cent des d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 13 d\u00e9c (IPS) &#8211; Une \u00e9tude pilote, men\u00e9e au Burkina Faso depuis 2005, avec l&#39;aide de l&#39;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) pour r\u00e9duire de fa\u00e7on significative le nombre de 15.000 enfants tu\u00e9s par an par le paludisme, pr\u00e9sente&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/12\/13\/sante-burkina-faso-une-prise-en-charge-a-domicile-pour-combattre-le-paludisme\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,25,11,1,3,4,29],"tags":[],"class_list":["post-3231","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-columnas","category-developpement","category-headlines","category-population-refugies","category-sante","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3231","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3231"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3231\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3231"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3231"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3231"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}