{"id":3227,"date":"2006-12-09T13:40:01","date_gmt":"2006-12-09T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/12\/09\/developpement-burkina-faso-incertitude-du-prix-du-coton-et-desarroi-chez-les-producteurs\/"},"modified":"2006-12-09T13:40:01","modified_gmt":"2006-12-09T13:40:01","slug":"developpement-burkina-faso-incertitude-du-prix-du-coton-et-desarroi-chez-les-producteurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/12\/09\/developpement-burkina-faso-incertitude-du-prix-du-coton-et-desarroi-chez-les-producteurs\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-BURKINA FASO: Incertitude du prix du coton et d\u00e9sarroi chez les producteurs"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 9 d\u00e9c (IPS) &#8211; Les producteurs de coton du Burkina Faso doivent encore attendre avant de voir le prix de leur produit repartir \u00e0 la hausse. Lors des rencontres annuelles pour pr\u00e9parer la prochaine campagne, la principale soci\u00e9t\u00e9 cotonni\u00e8re du pays a indiqu\u00e9 la semaine derni\u00e8re que la tendance du march\u00e9 suscitait des inqui\u00e9tudes.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Pour la premi\u00e8re fois, les cotonculteurs burkinab\u00e9 risquent de subir une troisi\u00e8me r\u00e9duction cons\u00e9cutive du prix de l&#39;or blanc en raison de la morosit\u00e9 du march\u00e9. De 42 cents US en 2003-2004, le prix du kilogramme de coton est pass\u00e9 \u00e0 35 cents en 2004-2005 et 33 cents pour la pr\u00e9sente campagne (2005-2006). Il pourrait tomber \u00e0 30 cents en 2006-2007, selon les pr\u00e9visions de la Soci\u00e9t\u00e9 des fibres et textiles du Burkina (Sofitex), la plus importante entreprise cotonni\u00e8re du pays.<\/p>\n<p> Les producteurs de coton sont actionnaires \u00e0 hauteur de 30 pour cent dans le capital de la Sofitex, puis \u00e0 20 pour cent et 10 pour cent dans les deux autres soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res, respectivement Faso coton et Socomat.<\/p>\n<p> La chute continue des prix du coton provoque un manque \u00e0 gagner aux soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res, elles aussi. La Sofitex seule a enregistr\u00e9 un d\u00e9ficit d&#39;environ 52,8 millions de dollars pour la campagne pass\u00e9e, tandis que l&#39;ensemble des trois soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res de ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest pr\u00e9sente un gap de quelque 116 millions de dollars pour la campagne actuelle et la pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n<p> Pour redonner confiance aux partenaires, les diff\u00e9rents actionnaires de la Sofitex que sont les producteurs, l&#39;Etat burkinab\u00e9 et la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise DaGris ont d\u00e9cid\u00e9 de la recapitaliser de 8,8 millions de dollars actuellement \u00e0 77,6 millions de dollars environ.<\/p>\n<p> &#8220;On veut construire trois usines, acheter des intrants et financer les futures campagnes; donc cette recapitalisation permet de donner confiance aux banques qui nous pr\u00eatent&#8221;, explique \u00e0 IPS, Georges Yam\u00e9ogo, directeur de la production de la Sofitex.  Selon lui, la Sofitex voudrait construire trois autres usines d&#39;\u00e9grenage pour faire face \u00e0 sa production grandissante. Elle attend une production record de 700.000 tonnes de coton dans sa zone cette ann\u00e9e sur une production nationale estim\u00e9e \u00e0 800.000 tonnes.<\/p>\n<p> &#8220;Nos soci\u00e9t\u00e9s sont malades du fait des pertes et on va faire des pertes encore. Si on ne veut pas dispara\u00eetre, il faut augmenter le capital&#8221;, pr\u00e9vient Yam\u00e9ogo. &#8220;Si le coton dispara\u00eet, il y aura une crise sociale; il faudra fermer toutes les unit\u00e9s industrielles ici&#8230;&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Le m\u00e9canisme de fixation du prix d&#39;achat au producteur est fond\u00e9 sur la tendance du march\u00e9 ext\u00e9rieur. Cette tendance se prononce plus \u00e0 la baisse de fa\u00e7on durable. Donc nous avons voulu leur dire que la tendance d&#39;un prix au producteur plus bas est \u00e9tablie&#8221;, indique \u00e0 IPS, Jonas Bayoulou, inspecteur g\u00e9n\u00e9ral de la Sofitex.  Depuis 2001, les soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res du Burkina Faso et des autres pays africains sont secou\u00e9es par une profonde crise li\u00e9e aux subventions des pays riches, qui entra\u00eenent une baisse continue des cours du coton sur le march\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Ce n&#39;est pas une bonne nouvelle pour nous. Cela ne nous arrange pas parce que si on regarde nos efforts, le coton \u00e0 150 francs CFA (environ 30 cents US) et l&#39;engrais qui augmente, cela ne nous arrange pas&#8221;, se plaint Drissa Fayama, un producteur de coton \u00e0 Siniena, dans l&#39;ouest du pays. &#8220;Nous, on compte arr\u00eater le coton un peu ou diminuer la production pour faire le ma\u00efs et le sorgho&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Si le coton n&#39;est plus rentable, il faut au moins qu&#39;on arrive \u00e0 manger. Je dois pouvoir nourrir ma famille et mes deux enfants n&#39;iront pas le ventre vide \u00e0 l&#39;\u00e9cole&#8221;, dit Fayama \u00e0 IPS, annon\u00e7ant qu&#39;il fera d\u00e9sormais deux hectares de coton au lieu de quatre.<\/p>\n<p> Selon l&#39;organisation non gouvernementale Oxfam, bas\u00e9e \u00e0 Londres, malgr\u00e9 la d\u00e9cision du conseil g\u00e9n\u00e9ral de l&#39;Organisation mondiale du commerce (OMC) de r\u00e9gler rapidement et de fa\u00e7on sp\u00e9cifique le dossier coton, les cotonculteurs am\u00e9ricains ont re\u00e7u environ un milliard de dollars de subventions entre 2004 et 2005.<\/p>\n<p> En revanche, les cotonculteurs de l&#39;Afrique subsaharienne ont perdu 450 millions de dollars. Cons\u00e9quence : les 20 millions de gens, qui d\u00e9pendent du coton, se sont appauvris davantage non pas parce qu&#39;ils ont moins travaill\u00e9, mais parce que la loi du plus fort continue de pr\u00e9valoir sur le march\u00e9.<\/p>\n<p> Francois Sirima, pr\u00e9sident d&#39;un groupement des producteurs de l&#39;ouest du Burkina Faso, souhaite que la lutte \u00e0 l&#39;OMC aboutisse et que les subventions baissent ou que les cotonculteurs africains re\u00e7oivent \u00e9galement des subventions.<\/p>\n<p> Pour les cotonculteurs burkinab\u00e9 et africains en g\u00e9n\u00e9ral, le r\u00e9cent \u00e9chec des n\u00e9gociations sur le cycle de d\u00e9veloppement de Doha signifie qu&#39;ils devront attendre longtemps pour des lendemains meilleurs.<\/p>\n<p> Selon Fran\u00e7ois Traor\u00e9, le pr\u00e9sident de l&#39;Union nationale des producteurs du Burkina, les derniers remous dans la fili\u00e8re vont avoir un impact sur les paysans.<\/p>\n<p> &#8220;Rassurez-vous que \u00e7a va jouer sur les producteurs car le chef de famille peut continuer de le faire&#8221;. Mais, ajoute-t-il, on ne pourra pas emp\u00eacher la jeunesse d&#39;abandonner si elle ne trouve pas un profit dans la production cotonni\u00e8re avec cette baisse prolong\u00e9e. &#8220;Il faut s&#39;attendre \u00e0 ce que la jeunesse s&#39;en aille&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Traor\u00e9 qui est \u00e9galement pr\u00e9sident de l&#39;Association des producteurs de coton africains.<\/p>\n<p> &#8220;Je continue d&#39;esp\u00e9rer en tant que pr\u00e9sident. Moi, en tant que producteur et responsable des producteurs, connaissant ce qui se passe sur le march\u00e9, la lutte doit \u00eatre permanente&#8221;, indique Traor\u00e9. &#8220;C&#39;est un syst\u00e8me commercial organis\u00e9 par les grands du monde et taill\u00e9 \u00e0 leur mesure; donc pour que les pays africains aient leur place, il faut la patience et le combat&#8221;.<\/p>\n<p> Les alternatives locales restent cependant limit\u00e9es en raison du manque de fili\u00e8res organis\u00e9es pour l&#39;\u00e9coulement des c\u00e9r\u00e9ales dont l&#39;instabilit\u00e9 du prix, sur les march\u00e9s nationaux, d\u00e9courage \u00e9galement les paysans.<\/p>\n<p> &#8220;Avec le ma\u00efs, m\u00eame s&#39;il y a un march\u00e9, on ne peut pas avoir l&#39;argent d&#39;un seul coup comme avec le coton&#8221;, explique Gaoussou Sako, producteur de coton \u00e0 D\u00e9dougou, dans l&#39;ouest du Burkina.  Le sac de 100 kilogrammes de ma\u00efs co\u00fbte aujourd&#39;hui environ cinq dollars le march\u00e9 local, soit moins d&#39;un cent US le kg contre 33 cents pour le coton.  Pour l&#39;instant, le coton g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9 appara\u00eet comme une alternative pour faire baisser les co\u00fbts de revient, et les autorit\u00e9s burkinab\u00e9 annoncent pour 2008 la vulgarisation du coton g\u00e9n\u00e9tique.  Selon les estimations des sp\u00e9cialistes, le coton g\u00e9n\u00e9tique permet de r\u00e9aliser de 2.500 \u00e0 3.000 kg de coton \u00e0 l&#39;hectare, contre une moyenne de 1.000 kg pr\u00e9sentement. Par ailleurs, la culture du coton g\u00e9n\u00e9tique \u00e9viterait quatre traitements des champs en intrants et permettrait d&#39;\u00e9conomiser 72 dollars par hectare.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 9 d\u00e9c (IPS) &#8211; Les producteurs de coton du Burkina Faso doivent encore attendre avant de voir le prix de leur produit repartir \u00e0 la hausse. Lors des rencontres annuelles pour pr\u00e9parer la prochaine campagne, la principale soci\u00e9t\u00e9 cotonni\u00e8re&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/12\/09\/developpement-burkina-faso-incertitude-du-prix-du-coton-et-desarroi-chez-les-producteurs\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1,29,32],"tags":[],"class_list":["post-3227","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-west-africa","category-wto-conference-hong-kong"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3227","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3227"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3227\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3227"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3227"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3227"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}