{"id":3164,"date":"2006-10-29T13:40:01","date_gmt":"2006-10-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/10\/29\/politique-rdc-le-gagnant-devra-partager-sa-victoire\/"},"modified":"2006-10-29T13:40:01","modified_gmt":"2006-10-29T13:40:01","slug":"politique-rdc-le-gagnant-devra-partager-sa-victoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/10\/29\/politique-rdc-le-gagnant-devra-partager-sa-victoire\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-RDC: &#39;&#39;Le gagnant devra partager sa victoire&#39;&#39;"},"content":{"rendered":"<p>KINSHASA, 29 oct (IPS) &#8211; Les Congolais retiennent leur souffle pour le second tour du scrutin pr\u00e9sidentiel qui a d\u00e9but\u00e9 ce dimanche en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), ce grand pays d&#39;Afrique centrale.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Pour la premi\u00e8re fois depuis 40 ans, ils peuvent choisir leur pr\u00e9sident. Mais le pays est marqu\u00e9 par de profondes divisions et la population craint des violences comme celles n\u00e9es apr\u00e8s l&#39;annonce des r\u00e9sultats du premier tour.  Jeudi, des accrochages entre des supporters du pr\u00e9sident sortant Joseph Kabila et des partisans de son challenger, Jean-Pierre Bemba &#8212; les deux candidats encore en lice apr\u00e8s le premier tour du 30 juillet &#8212; se sont d\u00e9j\u00e0 produits dans les rues de Kinshasa, la capitale congolaise, apr\u00e8s l&#39;annonce de l&#39;annulation du d\u00e9bat t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 contradictoire entre les deux adversaires.<\/p>\n<p> Ce second tour de scrutin marque la fin d&#39;un long processus de transition d\u00e9mocratique, apr\u00e8s des ann\u00e9es de conflits, qui ont fait des millions de morts entre 1996 et 2002. Mais, beaucoup de Congolais craignent que ces \u00e9lections plongent \u00e0 nouveau le pays dans la violence et exacerbent une nouvelle fois les divisions ethniques qui ont marqu\u00e9 le premier tour.<\/p>\n<p> &#8220;Nous sommes pr\u00eats \u00e0 voter, nous ne craignons pas cette journ\u00e9e d&#39;\u00e9lection&#8221;, d\u00e9clare Bila Kage, un Kinois sans emploi, &#8220;mais nous avons peur de ce qui se produira apr\u00e8s l&#39;annonce des r\u00e9sultats. C&#39;est difficile d&#39;imaginer comment le perdant acceptera le r\u00e9sultat&#8221;, ajoute-il.<\/p>\n<p> Malgr\u00e9 les craintes de tensions et de violences, le premier tour avait \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par l&#39;enthousiasme des \u00e9lecteurs et s&#39;\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9 dans le calme. Le pr\u00e9sident Kabila avait remport\u00e9 44,8 pour cent des voix, contre 20 pour cent \u00e0 son rival Bemba, l&#39;un des quatre vice-pr\u00e9sidents actuels. Un second tour \u00e9tait obligatoire, aucun des candidats n&#39;ayant remport\u00e9 la majorit\u00e9 absolue des voix.<\/p>\n<p> La publication des r\u00e9sultats du premier tour avait donn\u00e9 lieu \u00e0 de violents affrontements entre les partisans des deux camps dans la capitale congolaise, faisant environ 35 morts, de source polici\u00e8re officielle, et chacun s&#39;\u00e9tait rejet\u00e9 la responsabilit\u00e9 du d\u00e9but des hostilit\u00e9s.<\/p>\n<p> Ces affrontements, les plus violents qu&#39;ait connus Kinshasa depuis la fin de la guerre civile, avaient jet\u00e9 de l&#39;ombre sur le succ\u00e8s du premier tour, auquel avait pris part pr\u00e8s de 70 pour cent de la population.  Bemba avait accus\u00e9 le camp de Kabila d&#39;avoir truqu\u00e9 le vote. Ces accusations n&#39;avaient pas \u00e9t\u00e9 contest\u00e9es sur le plan l\u00e9gal, mais l&#39;un des porte-parole du vice-pr\u00e9sident a d&#39;ores et d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9 que toute irr\u00e9gularit\u00e9, lors du second tour, pourrait \u00eatre soumise \u00e0 la Cour supr\u00eame de justice, comp\u00e9tente en mati\u00e8re de contentieux \u00e9lectoraux.<\/p>\n<p> &#8220;Nous allions vers un deuxi\u00e8me tour, il n&#39;y avait donc aucune raison de contester les r\u00e9sultats&#8221;, note Dully Sesanga, un porte-parole du parti de Bemba. &#8220;Nous avons d\u00e9ploy\u00e9 des agents aupr\u00e8s de chaque bureau de vote, afin d&#39;\u00eatre certain que ce (second) tour de l&#39;\u00e9lection sera libre et transparent&#8221;, dit-il.  Des responsables en charge du processus \u00e9lectoral ont admis certaines irr\u00e9gularit\u00e9s intervenues au premier tour, mais expliquent qu&#39;ils ont encore davantage form\u00e9 leurs agents afin de faire face aux probl\u00e8mes logistiques rencontr\u00e9s en juillet dernier parmi les quelque 50.000 bureaux de vote du pays &#8212; ceci dans un pays ayant une infrastructure routi\u00e8re en mauvais \u00e9tat et une couverture t\u00e9l\u00e9phonique minimale.<\/p>\n<p> &#8220;Des agents ont \u00e9t\u00e9 surpris en train de modifier des r\u00e9sultats, mais ils ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s&#8221;, d\u00e9clare Desire Molekela, de la Commission \u00e9lectorale ind\u00e9pendante (CEI). &#8220;Nous sommes toujours en train d&#39;am\u00e9liorer les choses, tant au niveau de la s\u00e9curit\u00e9 des votes que de leur comptage&#8221;.  Le premier tour de ces \u00e9lections pr\u00e9sidentielles avait \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par des clivages ethniques entre l&#39;est du pays &#8212; bastion de Kabila o\u00f9 pr\u00e9domine la langue swahili &#8212; et l&#39;ouest, favorable \u00e0 Bemba, o\u00f9 le lingala est majoritaire. Les tensions ont \u00e9t\u00e9 exacerb\u00e9es dans la capitale Kinshasa (ouest), o\u00f9 Bemba \u00e9tait sorti favori du premier tour, bien qu&#39;il ait \u00e9t\u00e9 le candidat malchanceux \u00e0 l&#39;\u00e9chelle nationale.<\/p>\n<p> Depuis le premier tour, Kabila s&#39;est alli\u00e9 \u00e0 Antoine Gizenga, ancien collaborateur de Patrice Lumumba, arriv\u00e9 troisi\u00e8me au premier tour, et Nzanga Mobutu, fils de l&#39;ancien pr\u00e9sident qui a dirig\u00e9 le Za\u00efre pendant 32 ans, arriv\u00e9 quatri\u00e8me. Ces alliances devraient th\u00e9oriquement lui permettre de remporter le scrutin.<\/p>\n<p> Pour ce second tour, les deux candidats ont fait campagne en calomniant l&#39;adversaire, malgr\u00e9 les appels au calme lanc\u00e9s par les Nations Unies et la Haute autorit\u00e9 des m\u00e9dias (HAM), charg\u00e9e de veiller au respect du pluralisme dans les m\u00e9dias congolais.<\/p>\n<p> Un porte-parole du candidat Kabila a cependant tent\u00e9 d&#39;effacer les craintes li\u00e9es au second tour. &#8220;Les Nations Unies et le gouvernement ont pris toutes les dispositions n\u00e9cessaires pour assurer qu&#39;il n&#39;y aura pas de probl\u00e8me&#8221;, a affirm\u00e9 Kudura Kasongo. &#8220;Les armes ne devraient pas et ne seront pas utilis\u00e9es pour r\u00e9soudre les disputes politiques&#8221;, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p> Quelque 17.000 casques bleus de l&#39;ONU et 2.000 militaires des troupes de l&#39;Union europ\u00e9enne sont d\u00e9ploy\u00e9s en RDC pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 des \u00e9lections et surveiller la fragile transition d\u00e9mocratique du pays. La MONUC (Mission des Nations Unies au Congo) est la plus importante mission de maintien de la paix de l&#39;ONU, dont le budget annuel s&#39;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 plus d&#39;un milliard de dollars. Environ 458 millions de dollars sont consacr\u00e9s au processus \u00e9lectoral.  Sous l&#39;\u00e9gide de l&#39;ONU, un accord a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 entre les deux candidats pour faire de la capitale Kinshasa une zone sans arme. Des casques bleus sont positionn\u00e9s dans les rues de la ville et effectuent des patrouilles conjointes avec l&#39;arm\u00e9e congolaise.<\/p>\n<p> &#8220;Nous avons appel\u00e9 les deux candidats \u00e0 faire en sorte que le scrutin de dimanche se d\u00e9roule dans le calme&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 un repr\u00e9sentant de l&#39;ONU sur place, Jean-Tobias Okala. &#8220;Les Congolais ont clairement rejet\u00e9 la violence. Il appartient aux politiciens de respecter la volont\u00e9 du peuple&#8221;, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p> N\u00e9anmoins, des soldats arborant des mitraillettes sont toujours visibles dans la ville, y compris des hommes arm\u00e9s appartenant aux milices priv\u00e9es des deux candidats, bien que les nouvelles mesures prises en concertation avec l&#39;ONU soient d\u00e9j\u00e0 entr\u00e9es en vigueur.<\/p>\n<p> Quel que soit le r\u00e9sultat du scrutin de dimanche, le gouvernement de la RDC sera dirig\u00e9 par un ancien chef de guerre.<\/p>\n<p> Kabila \u00e9tait soldat dans l&#39;arm\u00e9e de son p\u00e8re Laurent-D\u00e9sir\u00e9, qui \u00e9tait entr\u00e9e dans Kinshasa \u00e0 partir de l&#39;est de l&#39;ancien Za\u00efre en 1997, chassant le r\u00e9gime de Mobutu. Bemba est un ancien chef de guerre, accus\u00e9 notamment de crimes de guerre pour des exactions commises par ses troupes dans le nord durant la guerre de 1998-2002.  Des diplomates occidentaux, s&#39;exprimant sous le couvert de l&#39;anonymat, ont indiqu\u00e9 que le perdant des \u00e9lections pourrait ne pas \u00eatre poursuivi en justice pour les crimes commis, y compris ceux perp\u00e9tr\u00e9s durant la guerre civile, en \u00e9change de la paix apr\u00e8s le scrutin, et de l&#39;assurance que les d\u00e9fis pos\u00e9s par cette \u00e9lection ne seront r\u00e9gl\u00e9s que par la Cour supr\u00eame.<\/p>\n<p> &#8220;Le gagnant devra partager sa victoire&#8221;, observe un diplomate. &#8220;Sans quoi, il y aura des probl\u00e8mes&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KINSHASA, 29 oct (IPS) &#8211; Les Congolais retiennent leur souffle pour le second tour du scrutin pr\u00e9sidentiel qui a d\u00e9but\u00e9 ce dimanche en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), ce grand pays d&#39;Afrique centrale.<\/p>\n","protected":false},"author":365,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,7],"tags":[],"class_list":["post-3164","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3164","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/365"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3164"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3164\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3164"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3164"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3164"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}