{"id":3157,"date":"2006-10-25T13:40:01","date_gmt":"2006-10-25T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/10\/25\/developpement-kenya-des-toilettes-volantes-toujours-en-lair\/"},"modified":"2006-10-25T13:40:01","modified_gmt":"2006-10-25T13:40:01","slug":"developpement-kenya-des-toilettes-volantes-toujours-en-lair","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/10\/25\/developpement-kenya-des-toilettes-volantes-toujours-en-lair\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-KENYA: Des toilettes volantes toujours en l&#39;air"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 25 oct (IPS) &#8211; Une fosse d&#39;aisances d\u00e9bordante rejette son contenu dans un \u00e9pais flot de salet\u00e9s infest\u00e9es de vers devant la porte de la maison de Catherine Kithuku \u00e0 Matopeni, un bidonville \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de la capitale k\u00e9nyane, Nairobi.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Moins de dix latrines de ce genre desservent une population de deux \u00e0 trois milliers d&#39;habitants dans cette zone. G\u00e9n\u00e9ralement, les latrines se trouvent dans des b\u00e2timents d\u00e9labr\u00e9s avec des sols dall\u00e9s fissur\u00e9s, des t\u00f4les rouill\u00e9es leur servant de murs, et des toits faits de plastiques d\u00e9chir\u00e9s et de cartons.<\/p>\n<p> Pas \u00e9tonnant alors que plusieurs habitants de Matopeni continuent d&#39;utiliser des &quot;toilettes volantes&quot; au moment de satisfaire leurs besoins. Sujet de beaucoup d&#39;articles de presse ces derni\u00e8res ann\u00e9es, ces &quot;toilettes&quot; sont des sachets plastiques dans lesquels les gens d\u00e9f\u00e8quent, les jettent ensuite aussi loin que possible. Hors de vue, loin des esprits, pourrait-on dire &#8212; n&#39;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 le fait que les toilettes restent rarement hors de vue.   Des tas de sachets plastiques bien attach\u00e9s ornent les toits des baraques en terre de barre, attirant des nu\u00e9es de mouches. Certains ont \u00e9clat\u00e9 en tombant par terre, tandis que d&#39;autres obstruent le syst\u00e8me d&#39;\u00e9gouts \u00e0 Matopeni. Des \u00e9gouts ouverts serpentent le bidonville, d\u00e9gageant une odeur naus\u00e9abonde et suffocante.<\/p>\n<p> &quot;C&#39;est la tendance (comme) il n&#39;y a pas suffisamment de toilettes pour desservir les gens ici. Par ailleurs, les latrines sont toutes pleines et il faudra un bout de temps avant que les habitants ne cotisent de l&#39;argent pour engager quelqu&#39;un charg\u00e9 de vider les latrines&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Kithuku \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> On craint beaucoup que les conditions insalubres n&#39;am\u00e8nent des maladies.<\/p>\n<p> &quot;Nous prions pour qu&#39;aucune \u00e9pid\u00e9mie ne nous rattrape. Nous avons particuli\u00e8rement peur pendant la saison pluvieuse parce que lorsqu&#39;il pleut, les eaux d&#39;\u00e9gouts remplies d&#39;excr\u00e9ments humains viennent dans nos maisons&quot;, a indiqu\u00e9 Teresia Kamene, une autre habitante de Matopeni. &quot;C&#39;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que les enfants jouent avec la crasse; certains nagent m\u00eame l\u00e0-dedans&quot;.<\/p>\n<p> Le manque d&#39;installations sanitaires constitue \u00e9galement un risque pour la s\u00e9curit\u00e9 des filles et des femmes.<\/p>\n<p> &quot;L\u00e0 o\u00f9 il n&#39;y a pas de latrines, les filles et les femmes doivent attendre la tomb\u00e9e de la nuit pour chercher un endroit o\u00f9 d\u00e9f\u00e9quer. Cela signifie qu&#39;elles doivent faire une longue distance, de 30 \u00e0 40 m\u00e8tres m\u00eame, pour se soulager &#8212; et elles pourraient \u00eatre viol\u00e9es ou agress\u00e9es ce faisant&quot;, a expliqu\u00e9 Vincent Njuguna, un responsable de projet au &#39;Network for Water and Sanitation&#39; (R\u00e9seau pour l&#39;eau et l&#39;hygi\u00e8ne publique &#8211; NETWAS), une institution r\u00e9gionale bas\u00e9e \u00e0 Nairobi.<\/p>\n<p> Il y a quatre ans, des dirigeants de la plan\u00e8te, qui s&#39;\u00e9taient r\u00e9unis en Afrique du Sud pour prendre part au Sommet mondial pour un d\u00e9veloppement durable, avaient promis de r\u00e9duire de moiti\u00e9 le nombre de personnes n&#39;ayant pas acc\u00e8s aux installations sanitaires de base, d&#39;ici \u00e0 2015. Selon les Nations Unies, plus de 2,4 milliards de personnes dans le monde entier manquent d&#39;installations sanitaires ad\u00e9quates.  Mais, cette promesse se traduit-elle en am\u00e9liorations tangibles pour des gens comme Kithuku et Kamene? Des d\u00e9veloppements, dans un autre bidonville de Nairobi, Kiambu, offrent des raisons d&#39;esp\u00e9rer.<\/p>\n<p> Les fosses d&#39;aisances d\u00e9labr\u00e9es dans ce secteur, avec une population de 40.000 \u00e0 50.000 habitants, sont maintenant en train d&#39;\u00eatre remplac\u00e9es par des blocs d&#39;installations sanitaires comprenant chacun quatre toilettes modernes et deux salles de bains, pour les hommes et les femmes respectivement.  Au total, trois blocs ont \u00e9t\u00e9 construits &#8212; ceci par le biais d&#39;un projet g\u00e9r\u00e9 par Maji na Ufanisi (&#39;Eau et d\u00e9veloppement&#39;, en swahili), une organisation non gouvernementale bas\u00e9e \u00e0 Nairobi. Un quatri\u00e8me bloc est en projet.<\/p>\n<p> Les habitants doivent payer un montant de six centimes pour utiliser la toilette, et trois centimes pour la salle de bain. Mais, cela ne semble pas avoir \u00e9mouss\u00e9 l&#39;enthousiasme pour le projet (selon des statistiques officielles, 56 pour cent de K\u00e9nyans vivent avec moins d&#39;un dollar par jour).<\/p>\n<p> &quot;Auparavant, les d\u00e9chets humains \u00e9taient \u00e9parpill\u00e9s partout parce qu&#39;il n&#39;y a pas d&#39;endroit o\u00f9 d\u00e9f\u00e9quer&quot;, a affirm\u00e9 Silas Okoth, pr\u00e9sident de &#39;Kiambiu Usafi Group&#39; (&#39;Propret\u00e9 \u00e0 Kiambiu&#39;).<\/p>\n<p> &quot;Les gens utilisaient des sachets plastiques ou des r\u00e9cipients plastique qu&#39;ils jetaient le plus loin possible la nuit. On marchait la nuit et il arrivait qu&#39;on soit touch\u00e9 par un sachet, ou m\u00eame deux&quot;, a-t-il dit \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &quot;Mais actuellement, les cas de toilettes volantes ont consid\u00e9rablement diminu\u00e9. Le syst\u00e8me d&#39;\u00e9gouts est maintenant plus propre, il n&#39;y a plus d&#39;obstruction. Par ailleurs, les \u00e9pid\u00e9mies &#8212; au nombre desquelles le chol\u00e9ra et la diarrh\u00e9e &#8212; \u00e9taient si courantes, mais plus maintenant&quot;.<\/p>\n<p> Des projets de blocs d&#39;installations sanitaires similaires sont \u00e9galement en train d&#39;\u00eatre r\u00e9alis\u00e9s dans le quartier de Kibera &#8212; \u00e0 Nairobi &#8212; consid\u00e9r\u00e9 couramment comme le plus grand bidonville en Afrique subsaharienne.<\/p>\n<p> N\u00e9anmoins, Patrick Bondo &#8212; un organisateur communautaire de Maji na Ufanisi &#8212; pr\u00e9vient que beaucoup reste \u00e0 faire.<\/p>\n<p> &quot;Les blocs ne sont qu&#39;une goutte d&#39;eau dans l&#39;oc\u00e9an. Il faut que le secteur priv\u00e9, le gouvernement et les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile travaillent ensemble pour am\u00e9liorer la vie de tous ceux qui vivent dans des bidonvilles&quot;, a-t-il d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p> Des r\u00e9flexions similaires sont venues de Njuguna du NETWAS. &quot;Le probl\u00e8me des toilettes volantes subsistera. Etant donn\u00e9 que les gens viennent des r\u00e9gions rurales pour s&#39;installer dans les villes, le probl\u00e8me persistera. Ceci, en plus des politiques insuffisantes sur la mani\u00e8re de s&#39;occuper des bidonvilles, (signifie que) le probl\u00e8me ne dispara\u00eetra pas aussi facilement&quot;, a-t-il soulign\u00e9.  M\u00eame le gouvernement reconna\u00eet une absence de politique claire sur les questions d&#39;hygi\u00e8ne publique concernant les bidonvilles du pays.<\/p>\n<p> &quot;Il n&#39;y a pas de politiques fermes r\u00e9gissant la fourniture des services dans les installations informelles, puisque les autorit\u00e9s les voient comme un moyen de l\u00e9gitimer l&#39;existence d&#39;habitats ill\u00e9gaux. Le gouvernement ne veut pas formaliser les installations informelles&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Betty Tett, ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e charg\u00e9 du Logement.<\/p>\n<p>                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              La r\u00e9ticence officielle \u00e0 reconna\u00eetre les installations se refl\u00e8te dans les lois r\u00e9gissant le Conseil municipal de Nairobi &#8212; un fournisseur cl\u00e9 de services d&#39;hygi\u00e8ne publique &#8212; qui ne l&#39;autorisent pas \u00e0 travailler avec des habitats informels, parce qu&#39;ils ne sont pas pr\u00e9vus. Des groupes de d\u00e9fense de droits humains disent que ces lois, datant d&#39;avant l&#39;ind\u00e9pendance en 1963, sont obsol\u00e8tes &#8212; et doivent \u00eatre r\u00e9vis\u00e9es pour que les autorit\u00e9s puissent faire face aux tendances actuelles.<\/p>\n<p> Sur une note plus optimiste, le gouvernement a initi\u00e9 le \u2018Kenya Slum Upgrading Programme\u2019 (Programme de modernisation des bidonvilles du Kenya &#8211; KENSUP) pour s&#39;attaquer aux conditions sanitaires dans les habitats informels. Ce projet est g\u00e9r\u00e9 conjointement avec le Programme des Nations Unies pour l&#39;habitat humain.<\/p>\n<p> Lanc\u00e9 en 2004, le KENSUP vise \u00e9galement \u00e0 construire des maisons appropri\u00e9es pour les habitants des bidonvilles. Il est mis en \u0153uvre actuellement \u00e0 Kibera; mais, il existe des plans pour l&#39;\u00e9tendre \u00e9galement \u00e0 d&#39;autres habitats informels.<\/p>\n<p> Actuellement, 52 pour cent des 30 millions de citoyens du Kenya n&#39;ont pas acc\u00e8s aux installations sanitaires ad\u00e9quates, selon des statistiques de 2006 du Fonds des Nations Unies pour l&#39;enfance.<\/p>\n<p> (* Cet article fait partie d&#39;une s\u00e9rie de papiers sur le d\u00e9veloppement durable r\u00e9dig\u00e9s par IPS &#8212; Inter Press Service &#8212; et IFEJ, la F\u00e9d\u00e9ration internationale des journalistes environnementalistes).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 25 oct (IPS) &#8211; Une fosse d&#39;aisances d\u00e9bordante rejette son contenu dans un \u00e9pais flot de salet\u00e9s infest\u00e9es de vers devant la porte de la maison de Catherine Kithuku \u00e0 Matopeni, un bidonville \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de la capitale&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/10\/25\/developpement-kenya-des-toilettes-volantes-toujours-en-lair\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":407,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,12,1,4,28,30],"tags":[],"class_list":["post-3157","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-environnement","category-headlines","category-sante","category-southern-africa","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3157","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/407"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3157"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3157\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3157"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3157"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3157"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}