{"id":3137,"date":"2006-10-10T13:40:01","date_gmt":"2006-10-10T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/10\/10\/developpement-rdc-une-lueur-despoir-pour-les-enfants-des-mines-katangaises\/"},"modified":"2006-10-10T13:40:01","modified_gmt":"2006-10-10T13:40:01","slug":"developpement-rdc-une-lueur-despoir-pour-les-enfants-des-mines-katangaises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/10\/10\/developpement-rdc-une-lueur-despoir-pour-les-enfants-des-mines-katangaises\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-RDC: Une lueur d&#39;espoir pour les enfants des mines katangaises"},"content":{"rendered":"<p>BRUXELLES, 10 oct (IPS) &#8211; Quelque 50.000 enfants travaillent dans des conditions dramatiques au fond des mines du Katanga, dans le sud-est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC).\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Avec le soutien du Fonds des Nations Unies pour l&#39;enfance (UNICEF), l&#39;organisation non gouvernementale (ONG) belge &#39;Groupe One&#39; tente de proposer une autre option \u00e0 ces jeunes &#39;creuseurs&#39;.  Raf Costermans, le repr\u00e9sentant de l&#39;ONG sur place, souligne cependant des changements prudents de la part des autorit\u00e9s locales, sans toutefois crier trop vite victoire.<\/p>\n<p> Le sous-sol de la province du Katanga regorge de minerais comme le cuivre, le cobalt et le coltan. L&#39;effondrement de l&#39;\u00e9conomie formelle et le d\u00e9clin de la G\u00e9camines &#8212; l&#39;entreprise mini\u00e8re d&#39;Etat &#8212; ont entra\u00een\u00e9 l&#39;explosion d&#39;une exploitation mini\u00e8re artisanale et du travail des enfants dans les gisements. En 1986, la G\u00e9camines produisait encore pr\u00e8s de 500.000 tonnes de cuivre, contre 15.000 tonnes en 2003.<\/p>\n<p> &#8220;Le d\u00e9clin de la G\u00e9camines a eu d&#39;\u00e9normes cons\u00e9quences&#8221;, note Costermans, &#8220;car elle poss\u00e9dait de nombreuses entreprises satellites et des fournisseurs qui ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 durement touch\u00e9s par la faillite&#8221;. Paternaliste, l&#39;entreprise finan\u00e7ait \u00e9galement des \u00e9coles, des h\u00f4pitaux et des minoteries. &#8220;Toutes ces initiatives ont connu d&#39;importantes difficult\u00e9s apr\u00e8s la chute de la G\u00e9camines et une \u00e9conomie parall\u00e8le s&#39;est ensuite d\u00e9velopp\u00e9e, dont la production mini\u00e8re artisanale&#8221;, explique-t-il.<\/p>\n<p> Le travail des enfants touche toute la r\u00e9gion de la &#8220;ceinture du cuivre&#8221;, qui s&#39;\u00e9tend depuis la Zambie et traverse la province du Katanga. &#8220;Les travailleurs mineurs en \u00e2ge sont pour l&#39;essentiel concentr\u00e9s dans les concessions situ\u00e9es autour de Kolwezi (sud), Likasi et Lubumbashi&#8221;, note le repr\u00e9sentant de Groupe One. Selon l&#39;ONG, entre 100.000 et 140.000 personnes creusent dans les mines de la province, dont environ 50.000 enfants. &#8220;Nous ne disposons pas de statistiques officielles et aucun d\u00e9partement de l&#39;administration ne s&#39;occupe de cette probl\u00e9matique&#8221;, d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n<p> Les jeunes mineurs ont entre sept et 18 ans. &#8220;Dans la r\u00e9gion de Lubumbashi, 65 pour cent des enfants occup\u00e9s dans les mines ne fr\u00e9quentent plus l&#39;\u00e9cole. Les autres tentent de partager leur temps entre les bancs de l&#39;\u00e9cole et le labeur \u00e0 la mine. Souvent, ce sont les a\u00een\u00e9s des familles qui doivent prendre en charge leurs fr\u00e8res et s\u0153urs. Si le p\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9, il y a davantage de risque que les enfants se retrouvent au fond de la mine&#8221;, constate Costermans.<\/p>\n<p> Le travail \u00e0 la mine a des cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses pour la sant\u00e9 des enfants. &#8220;C&#39;est un travail difficile. Ils doivent porter sur leurs dos des sacs \u00e9crasants, ils respirent les poussi\u00e8res de m\u00e9taux lourds. Les effets se font tr\u00e8s vite ressentir : maux en tous genres et irritations des yeux, sans compter les risques de cancer qu&#39;ils pourraient d\u00e9velopper \u00e0 plus long terme&#8221;, estime le responsable de Groupe One.<\/p>\n<p> Comme leurs coll\u00e8gues adultes, les enfants des mines katangaises creusent sans masque, sans gants et sans casque. Il n&#39;y pas de consignes de s\u00e9curit\u00e9 et les accidents sont fr\u00e9quents. &#8220;Les conditions sanitaires sont souvent d\u00e9plorables. S&#39;ils ont soif, les travailleurs doivent boire l&#39;eau des puits ou des rivi\u00e8res. Pour travailler plus vite, les mineurs consomment r\u00e9guli\u00e8rement de l&#39;alcool et de la marijuana. De jeunes filles viennent aussi se prostituer pr\u00e8s des mines, ce qui favorise la progression du HIV&#8221;, explique Costermans.<\/p>\n<p> A Shinkolobwe, pr\u00e8s de Likasi, se trouve le gisement dont a \u00e9t\u00e9 extrait, durant la Seconde Guerre mondiale, l&#39;uranium qui a permis aux Am\u00e9ricains de fabriquer la premi\u00e8re bombe atomique. Officiellement, plus personne n&#39;y travaille, mais la r\u00e9alit\u00e9 semble tout autre. Certains t\u00e9moins ont en effet rapport\u00e9 que des mineurs y ont \u00e9t\u00e9 hautement contamin\u00e9s par de la radioactivit\u00e9, \u00e0 tel point que leur pr\u00e9sence perturbait les appareils radio et de t\u00e9l\u00e9vision. Plusieurs enfants n\u00e9s dans la r\u00e9gion pr\u00e9sentent des malformations. &#8220;Certains enfants sont venus au monde sans cerveau&#8221;, remarque Costermans.<\/p>\n<p> Depuis peu, les autorit\u00e9s katangaises semblent davantage se pr\u00e9occuper du sort des enfants dans les mines. L&#39;implication d&#39;ONG comme Groupe One, les pr\u00e9occupations manifest\u00e9es par l&#39;Organisation internationale du travail (OIT) et divers reportages parus dans la presse internationale ont mis au jour leurs conditions de travail. &#8220;Mais on ne peut pas encore v\u00e9ritablement parler d&#39;un net recul du nombre d&#39;enfants actifs dans les mines&#8221;, indique Costermans.<\/p>\n<p> L&#39;an dernier, Groupe One et l&#39;OIT ont mis en place un projet commun de lutte contre le travail des enfants dans les mines artisanales du Sud-Katanga. L&#39;ONG, \u00e9tablie \u00e0 Bruxelles, a re\u00e7u le soutien de la direction g\u00e9n\u00e9rale belge de la Coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement. L&#39;objectif est de sensibiliser la population et les autorit\u00e9s locales \u00e0 cette question, mais \u00e9galement d&#39;arracher ces enfants des mines et de responsabiliser davantage les exploitants.<\/p>\n<p> Gr\u00e2ce \u00e0 ce projet, men\u00e9 en collaboration avec l&#39;UNICEF, un premier groupe de 250 enfants \u00e2g\u00e9s de moins de 15 ans a d\u00e9j\u00e0 pu quitter les gisements de la r\u00e9gion et retrouver les bancs de l&#39;\u00e9cole. &#8220;Nous soutenons les familles de ces enfants, nous essayons de faire en sorte qu&#39;elles puissent d\u00e9marrer d&#39;autres activit\u00e9s \u00e9conomiques afin que les parents puissent eux-m\u00eame, l&#39;an prochain, prendre en charge les frais de scolarit\u00e9 de leurs enfants&#8221;, ajoute Costermans.<\/p>\n<p> En novembre, un deuxi\u00e8me groupe de 250 enfants, \u00e2g\u00e9s cette fois de plus de 15 ans, devrait \u00e9galement \u00eatre pris en charge et suivre une formation de trois \u00e0 neuf mois leur permettant de devenir \u00e9lectriciens ou cordonniers. &#8220;A l&#39;issue de leur formation, ils seront encadr\u00e9s et orient\u00e9s vers un syst\u00e8me de cr\u00e9ation de micro-entreprises&#8221;, affirme le responsable de Groupe One. Gr\u00e2ce au Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies, ces adolescents recevront un repas par jour durant toute la dur\u00e9e de leur formation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRUXELLES, 10 oct (IPS) &#8211; Quelque 50.000 enfants travaillent dans des conditions dramatiques au fond des mines du Katanga, dans le sud-est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC).<\/p>\n","protected":false},"author":397,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,1],"tags":[],"class_list":["post-3137","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3137","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/397"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3137"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3137\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3137"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3137"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3137"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}