{"id":3099,"date":"2006-09-06T13:40:01","date_gmt":"2006-09-06T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/09\/06\/population-guinee-certains-refugies-sierra-leonais-preferent-aller-en-occident\/"},"modified":"2006-09-06T13:40:01","modified_gmt":"2006-09-06T13:40:01","slug":"population-guinee-certains-refugies-sierra-leonais-preferent-aller-en-occident","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/09\/06\/population-guinee-certains-refugies-sierra-leonais-preferent-aller-en-occident\/","title":{"rendered":"POPULATION-GUINEE: Certains r\u00e9fugi\u00e9s sierra l\u00e9onais pr\u00e9f\u00e8rent aller en Occident"},"content":{"rendered":"<p>CONAKRY, 6 sep (IPS) &#8211; Quelque 400 r\u00e9fugi\u00e9s sierra l\u00e9onais sur un millier install\u00e9s \u00e0 Kissidougou, une ville du sud de la Guin\u00e9e, refusent de rentrer chez eux dans l&#39;attente d&#39;une hypoth\u00e9tique r\u00e9installation dans d&#39;autres pays, notamment en Occident.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Ces r\u00e9fugi\u00e9s ont rejet\u00e9 \u00e9galement le programme d&#39;int\u00e9gration locale propos\u00e9 par le Haut commissariat des Nations Unies aux r\u00e9fugi\u00e9s (HCR), accept\u00e9 pourtant par les 600 autres. Les 400 r\u00e9fractaires au programme occupent, depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, le site de Boreah, un village situ\u00e9 en brousse, \u00e0 60 kilom\u00e8tres de Kissidougou qui se trouve, elle-m\u00eame, \u00e0 environ 600 km de Conakry, la capitale guin\u00e9enne.<\/p>\n<p> &quot;Je vivais en Sierra Leone o\u00f9 ma famille paternelle a \u00e9t\u00e9 harcel\u00e9e par des rebelles. J&#39;ai perdu beaucoup de mes parents dans ce conflit et je ne peux plus y retourner pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9&quot;, affirme \u00e0 IPS, Eric Boima, un ancien instituteur sierra l\u00e9onais install\u00e9 sur le site. &quot;Ici en Guin\u00e9e, j&#39;ai \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9 par des militaires avant d&#39;\u00eatre rel\u00e2ch\u00e9, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 d&#39;\u00eatre un collaborateur des rebelles. C&#39;est pourquoi je ne veux ni de l&#39;int\u00e9gration ni rentrer chez moi&quot;.<\/p>\n<p> Boima soul\u00e8ve ses habits pour montrer une grande cicatrice partant de ses clavicules jusqu&#39;au niveau de son ventre. &#8220;Nous demander d&#39;accepter ces solutions pr\u00f4n\u00e9es par le Haut commissariat aux r\u00e9fugi\u00e9s, c&#39;est nous obliger \u00e0 choisir le serpent ou le scorpion. Moi, je veux \u00eatre r\u00e9install\u00e9 dans n&#39;importe quel pays paisible o\u00f9 je pourrai mener tranquillement ma vie&#8221;, indique-t-il.<\/p>\n<p> Fatoumata Fofana, une femme r\u00e9fugi\u00e9e visiblement en col\u00e8re, rench\u00e9rit : &#8220;Jusqu&#39;\u00e0 pr\u00e9sent, les gens n&#39;ont fait que m&#39;exploiter. J&#39;ai m\u00eame fait un enfant pour un Guin\u00e9en qui ne s&#39;en occupe pas. Quand je vais me plaindre \u00e0 la gendarmerie, je ne trouve pas de solution alors que chez moi en Sierra Leone, j&#39;ai perdu pratiquement tous mes parents. Je veux \u00eatre r\u00e9install\u00e9e ailleurs&#8221;.<\/p>\n<p> Ces deux t\u00e9moignages illustrent le sentiment des 400 r\u00e9fugi\u00e9s sierra l\u00e9onais, install\u00e9s dans l&#39;ancien camp de Boreah, aujourd&#39;hui coup\u00e9 de l&#39;aide du HCR, et dont les pensionnaires ne veulent ni de l&#39;int\u00e9gration locale, ni retourner dans leur pays d&#39;origine.<\/p>\n<p> Ces r\u00e9fugi\u00e9s n&#39;en parlent pas ouvertement, mais la plupart pensent aux pays occidentaux, avec une pr\u00e9f\u00e9rence pour les Etats-Unis, l&#39;Angleterre ou l&#39;Australie.  &#8220;Ils se disent qu&#39;une fois les op\u00e9rations termin\u00e9es, on ne peut pas les abandonner et qu&#39;il faudrait bien qu&#39;on trouve une solution \u00e0 leur probl\u00e8me. Ils entendent ce que leurs parents qui viennent des pays occidentaux leur disent et ils pensent qu&#39;on a les moyens de les envoyer l\u00e0-bas&#8221;, a dit \u00e0 IPS Andr\u00e9 Abel Barry, administrateur du programme d&#39;int\u00e9gration locale au HCR, \u00e0 Kissidougou.<\/p>\n<p> Pourtant depuis mars 2004, le HCR a d\u00e9pens\u00e9 environ 150.000 dollars pour un programme d&#39;int\u00e9gration des r\u00e9fugi\u00e9s d\u00e9sirant rester en Guin\u00e9e.<\/p>\n<p> &#8220;Nous proc\u00e9dons d&#39;abord au recensement des diff\u00e9rentes familles et individus avant de proc\u00e9der aux v\u00e9rifications. Des calculs sont effectu\u00e9s suivant la taille des familles, la distance, le nombre d&#39;enfants&#8221;, d\u00e9clare Barry.<\/p>\n<p> Barry indique simplement que plusieurs milliers de dollars sont encore disponibles pour les r\u00e9fugi\u00e9s dans le cadre du programme d&#39;int\u00e9gration locale.<\/p>\n<p> Selon lui, les r\u00e9fugi\u00e9s qui acceptent le programme, b\u00e9n\u00e9ficient d&#39;une aide de trois mois fournie par le HCR, notamment pour le logement, la nourriture, et les produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Le minimum est de 450.000 francs guin\u00e9ens (environ 81 dollars) par r\u00e9fugi\u00e9, mais avec la distance, ce montant peut atteindre 550.000 FG (environ 100 dollars) par individu. Nous leur fournissons un kit, des ustensiles de cuisine, nous payons leur logement (pendant trois mois) et ils re\u00e7oivent un fonds de d\u00e9part pour d\u00e9buter une activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ratrice de revenus&#8221;, souligne Barry.<\/p>\n<p> En outre, poursuit-il, chaque enfant de moins de 16 ans re\u00e7oit une aide d&#39;environ 11 dollars pour acheter le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire \u00e0 sa scolarisation.<\/p>\n<p> &#8220;Nous consid\u00e9rons ces r\u00e9fugi\u00e9s de Boreah (les 400 r\u00e9fractaires) comme des int\u00e9gr\u00e9s spontan\u00e9s. Nous ne pouvons pas promettre quoi que ce soit concernant une \u00e9ventuelle r\u00e9installation dans des pays \u00e9trangers car dans ce domaine, ce sont les donateurs qui d\u00e9cident des quotas et tout&#8221;, explique Phillipe Creppy, le repr\u00e9sentant local du HCR \u00e0 Kissidougou.<\/p>\n<p> Par ailleurs, le HCR Kissidougou a rapatri\u00e9, la semaine derni\u00e8re, les derniers r\u00e9fugi\u00e9s lib\u00e9riens (environ 300 individus) dans leur pays d&#39;origine, portant \u00e0 plus de 16.000 le nombre de Lib\u00e9riens d\u00e9j\u00e0 rentr\u00e9s.<\/p>\n<p> Ces r\u00e9fugi\u00e9s, rapatri\u00e9s volontaires, ont regagn\u00e9 leur pays en traversant, par des navettes effectu\u00e9es dans cinq pirogues, la rivi\u00e8re Makona, \u00e0 la fronti\u00e8re en la Guin\u00e9e et le Liberia.<\/p>\n<p> &#8220;Ils \u00e9taient au total 18.000 personnes en mars 2005. Le reste des r\u00e9fugi\u00e9s va \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Nz\u00e9r\u00e9kor\u00e9 (sud de la Guin\u00e9e) avant le 15 septembre, car nous fermons d\u00e9finitivement nos bureaux (\u00e0 Kissidougou ) \u00e0 partir du 30 septembre&#8221;, indique Barry.<\/p>\n<p> &#8220;Avant le programme d&#39;int\u00e9gration, on s&#39;occupait de nous et on nous entourait d&#39;attention. Depuis que nous avons accept\u00e9 de rester, on ne voit plus personne, alors que nous avons toujours besoin d&#39;aide&#8221;, d\u00e9clare Sita Faya, une r\u00e9fugi\u00e9e sierra l\u00e9onaise int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 Kissidougou ville.  Elle vit dans une maison de trois pi\u00e8ces, sans son mari, avec ses sept enfants et sa m\u00e8re. &#8220;On m&#39;avait fait comprendre qu&#39;on allait m&#39;aider \u00e0 trouver des v\u00eatements pour mes enfants. Cette promesse n&#39;a jamais \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e&#8221;, dit-elle \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Cheikh Fofana, un autre r\u00e9fugi\u00e9 sierra l\u00e9onais int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 Gu\u00e9ck\u00e9dou, dans le sud-est du pays, affirme : &#8220;Personnellement, j&#39;aurais aim\u00e9 qu&#39;on m&#39;aide dans le domaine agricole. Je voudrais entretenir une plantation pour subvenir \u00e0 mes besoins&#8221;.<\/p>\n<p> Le HCR n&#39;a apparemment plus l&#39;intention de leur accorder une aide suppl\u00e9mentaire, mais il refuse de fournir des explications sur la question, a constat\u00e9 IPS sur place.  &#8220;Au niveau du HCR, nous faisons vraiment de notre mieux pour faciliter la vie aux r\u00e9fugi\u00e9s. Mais tous ceux qui acceptent les solutions qu&#39;on leur propose doivent quand m\u00eame comprendre qu\u2019\u00eatre r\u00e9fugi\u00e9 n&#39;est pas une profession. Il faut n\u00e9cessairement apprendre \u00e0 se prendre en charge&#8221;, explique Barry.<\/p>\n<p> De leur c\u00f4t\u00e9, les autorit\u00e9s guin\u00e9ennes se d\u00e9clarent attentives aux personnes circulant avec l&#39;\u00e9tiquette de r\u00e9fugi\u00e9s sans pi\u00e8ce d&#39;identit\u00e9 puisqu\u2019elles refusent de regagner leur pays, ni de s\u2019ins\u00e9rer dans le programme d\u2019int\u00e9gration locale du HCR.<\/p>\n<p> &#8220;Le gouvernement prendra s\u00fbrement les d\u00e9cisions qui s&#39;imposent en temps opportun&#8221;, d\u00e9clare Kema Samoura, coordinateur du Bureau national de coordination des r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Kissidougou, le repr\u00e9sentant de l&#39;Etat.<\/p>\n<p> Mais, le &#8220;HCR n&#39;abandonne jamais un r\u00e9fugi\u00e9&#8221;, affirme son repr\u00e9sentant \u00e0 Kissidougou.  La guerre au Liberia et en Sierra Leone a provoqu\u00e9 l&#39;afflux de 600.000 r\u00e9fugi\u00e9s en Guin\u00e9e au milieu des ann\u00e9es 1990, dont environ deux-tiers \u00e9taient d&#39;origine lib\u00e9rienne. En 2006, le HCR a recens\u00e9 un peu plus de 4.100 r\u00e9fugi\u00e9s sierra l\u00e9onais dont le maximum a \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9 en 2004.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CONAKRY, 6 sep (IPS) &#8211; Quelque 400 r\u00e9fugi\u00e9s sierra l\u00e9onais sur un millier install\u00e9s \u00e0 Kissidougou, une ville du sud de la Guin\u00e9e, refusent de rentrer chez eux dans l&#39;attente d&#39;une hypoth\u00e9tique r\u00e9installation dans d&#39;autres pays, notamment en Occident.<\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,3,29],"tags":[],"class_list":["post-3099","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3099","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3099"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3099\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3099"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3099"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3099"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}