{"id":3008,"date":"2006-06-26T13:40:01","date_gmt":"2006-06-26T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/06\/26\/developpement-cote-divoire-la-culture-du-coton-en-difficulte-dans-le-nord-faute-dintrants\/"},"modified":"2006-06-26T13:40:01","modified_gmt":"2006-06-26T13:40:01","slug":"developpement-cote-divoire-la-culture-du-coton-en-difficulte-dans-le-nord-faute-dintrants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/06\/26\/developpement-cote-divoire-la-culture-du-coton-en-difficulte-dans-le-nord-faute-dintrants\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-COTE D&#39;IVOIRE: La culture du coton en difficult\u00e9 dans le nord, faute d&#39;intrants"},"content":{"rendered":"<p>KORHOGO, C\u00f4te d&#39;Ivoire, 26 juin (IPS) &#8211; Alors que le calendrier agricole annonce la fin de la p\u00e9riode des semis du coton pour le 10 juillet prochain, les cotonculteurs du nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire n&#39;ont toujours pas d&#39;intrants (herbicides et engrais) pour commencer les semailles de la campagne 2006-2007.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Toujours confront\u00e9s au non-paiement de leurs arri\u00e9r\u00e9s de l&#39;ordre de 30 millions de dollars, qui date de quatre ans (2002-2006), les producteurs de coton de C\u00f4te d&#39;Ivoire ne peuvent pas se procurer les diff\u00e9rents intrants pour d\u00e9marrer les semis.  Ces arri\u00e9r\u00e9s sont dus par des soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res qui avaient achet\u00e9 le coton-graine aux producteurs pour l&#39;\u00e9grener. La cotonculture fait vivre plus d&#39;un million de personnes dans le nord de ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest.<\/p>\n<p> Pour la campagne 2006-2007, les fournisseurs d&#39;engrais et d&#39;herbicides ont d&#39;abord exig\u00e9 que soit pay\u00e9 les dettes de la campagne de semis 2005-2006.<\/p>\n<p> Le minist\u00e8re ivoirien de l&#39;Agriculture s&#39;\u00e9tait port\u00e9 garant pour payer ces dettes en cas de difficult\u00e9s de remboursement des soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS, Dossongui Diabat\u00e9, directeur de la coop\u00e9ration et du cr\u00e9dit \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 industrielle cotonni\u00e8re des savanes &#8212; une union r\u00e9gionale de coop\u00e9ratives de cotonculteurs devenus \u00e9greneurs.<\/p>\n<p> Entre 2002 et 2006, les entreprises de la fili\u00e8re coton de C\u00f4te d&#39;Ivoire, dont la principale zone de culture est le nord, ont perdu plus de 50 millions de dollars d&#39;intrants agricoles aux cotonculteurs dont elles attendaient d&#39;\u00e9grener une production d&#39;environ 300.000 tonnes de coton-graine. Mais elles n&#39;ont obtenu des producteurs que 82.000 tonnes de coton-graine, dont la valeur correspond \u00e0 30 millions de dollars d&#39;intrants, selon Diabat\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Le reste du coton (218.000 tonnes) a \u00e9t\u00e9 achemin\u00e9 vers les pays voisins parce que les soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res doivent aux producteurs et ceux-ci ont trouv\u00e9 n\u00e9cessaire de vendre le reste de leur production \u00e0 vil prix \u00e0 l&#39;ext\u00e9rieur o\u00f9 ils sont pay\u00e9s cash&#8221;, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS, Nadjin Ouattara, charg\u00e9 de l&#39;encadrement dans une union r\u00e9gionale de coop\u00e9ratives agricoles.<\/p>\n<p> Les cotonculteurs ivoiriens ont vendu les 218.000 tonnes au Mali et au Burkina Faso \u00e0 environ 200 dollars la tonne, qui leur sont pay\u00e9s cash, alors que les 82.000 tonnes ont \u00e9t\u00e9 achet\u00e9es \u00e0 au moins 360 dollars &#8211; mais \u00e0 cr\u00e9dit &#8211; par les soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res de C\u00f4te d&#39;Ivoire, explique Diabat\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Le gouvernement ivoirien a d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9bourser quelque neuf millions de dollars &quot;pour le bon d\u00e9roulement de la campagne cotonni\u00e8re&quot;, selon un communiqu\u00e9 du Conseil des ministres du 21 juin. Le conseil a notamment recommand\u00e9 de payer des arri\u00e9r\u00e9s \u00e0 une entreprise fournisseur d&#39;intrants, pour permettre aux paysans d&#39;acqu\u00e9rir de nouvelles livraisons &quot;d&#39;engrais indispensables \u00e0 leur culture&quot;.<\/p>\n<p> Cependant, selon le communiqu\u00e9, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a demand\u00e9 au ministre de l&#39;Agriculture d&#39;entamer une r\u00e9flexion sur une vision strat\u00e9gique globale qui int\u00e8gre un plan de restructuration financi\u00e8re de la fili\u00e8re, tout en tenant compte des r\u00e9sultats d&#39;un audit en cours de la fili\u00e8re coton.<\/p>\n<p> Selon Diabat\u00e9, les soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res s&#39;endettent d&#39;abord aupr\u00e8s des fournisseurs pour prendre des intrants qu&#39;elles distribuent \u00e0 cr\u00e9dit aux organisations des cotonculteurs avant les semis. Ensuite, pendant la commercialisation, les producteurs vendent leur coton-graine aux soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res qui l&#39;ach\u00e8tent en pr\u00e9levant imm\u00e9diatement les frais de ces intrants pour rembourser les fournisseurs.<\/p>\n<p> Mais, durant ces quatre derni\u00e8res ann\u00e9es de crise politico-militaire que traverse le pays, les cotonculteurs ont refus\u00e9 de vendre leurs productions aux soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res \u00e0 cause des arri\u00e9r\u00e9s de paiement de leur coton-graine, souligne Ouattara \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &#8220;Ils vendent cash, \u00e0 des prix d\u00e9risoires, \u00e0 l&#39;int\u00e9rieur du pays ou dans les pays frontaliers. Avec ces changements de comportement des cotonculteurs, les soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res se sont retrouv\u00e9es dans l&#39;incapacit\u00e9 de rembourser les fournisseurs d&#39;intrants&#8221;, affirme-t-il.<\/p>\n<p> Depuis le 19 septembre 2002, la C\u00f4te d&#39;Ivoire est divis\u00e9e en deux par une r\u00e9bellion cons\u00e9cutive \u00e0 une tentative de coup d&#39;Etat manqu\u00e9e. Des militaires insurg\u00e9s, qui occupent la moiti\u00e9 nord du pays, avaient pris les armes pour s&#39;opposer \u00e0 une exclusion pr\u00e9sum\u00e9e des populations du nord.<\/p>\n<p> N\u00e9anmoins, apr\u00e8s une reprise r\u00e9cente du dialogue, l&#39;arm\u00e9e gouvernementale et les rebelles ont annonc\u00e9 le d\u00e9marrage du d\u00e9sarmement qui devrait suivre le pr\u00e9-regroupement des combattants, effectu\u00e9 depuis la mi-mai. Mais, en d\u00e9pit de nombreuses m\u00e9diations internationales, le pays n&#39;est pas encore r\u00e9unifi\u00e9 alors que les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles sont pr\u00e9vues au plus tard le 30 octobre 2006.<\/p>\n<p> Le manque d&#39;engrais et d&#39;herbicides, constate IPS, se manifeste dans les grandes zones de production de coton, notamment dans le nord, le nord-est et le centre du pays o\u00f9 sont install\u00e9es les diff\u00e9rentes soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res.<\/p>\n<p> Parmi les cinq soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res que compte le pays, une seule a effectu\u00e9, depuis mai, la mise en place des engrais et herbicides dans ses r\u00e9seaux de producteurs. Les autres sont oblig\u00e9es de rembourser leurs fournisseurs avant de b\u00e9n\u00e9ficier d&#39;un autre cr\u00e9dit d&#39;intrants pour la campagne 2006-2007.<\/p>\n<p> Selon Ali Zerbo, commer\u00e7ant au march\u00e9 de Korhogo, dans le nord, des contrebandes de ces produits chimiques sont organis\u00e9es avec la complicit\u00e9 des cotonculteurs. &#8220;Les commer\u00e7ants vont \u00e0 Abidjan (la capitale \u00e9conomique ivoirienne) pour payer cash des intrants aupr\u00e8s des m\u00eames fournisseurs que les soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res. Ensuite, ils revendent ces produits \u00e0 des prix que les cotonculteurs trouvent raisonnables par rapport aux soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res qui vendent \u00e0 cr\u00e9dit mais plus cher&#8221;, r\u00e9v\u00e8le-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &#8220;Le sac d&#39;engrais (50 kilogrammes) co\u00fbte 10.250 francs CFA (environ 20,5 dollars) chez le commer\u00e7ant du quartier au lieu de 13.000 FCFA (26 dollars) \u00e0 cr\u00e9dit avec les soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res&#8221;, indique-t-il.<\/p>\n<p> &quot;Ensuite, pour des besoins d&#39;argent, les producteurs de coton revendent \u00e0 5.000 FCFA (environ 10 dollars) ces m\u00eames produits chimiques obtenus \u00e0 cr\u00e9dit&#8230;aux commer\u00e7ants ambulants (usuriers) qui sillonnent, pendant cette p\u00e9riode de culture, hameaux et villages avec des billets de banque&quot;, affirme \u00e0 IPS, Abdoudramane Sangar\u00e9 vendeur de produits chimiques au march\u00e9 de Boundiali (nord-est de Korhogo).<\/p>\n<p> Et, \u00e0 la saison prochaine, ces vendeurs ambulants revendent ces m\u00eames intrants aux cotonculteurs, peu plus cher, mais toujours en dessous des prix des soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Au cours d&#39;une r\u00e9union du Conseil g\u00e9n\u00e9ral de Korhogo, le mois dernier, le ministre de l&#39;Agriculture, Amadou Gon, avait annonc\u00e9 que son minist\u00e8re mettrait tout en \u0153uvre pour intervenir aupr\u00e8s des fournisseurs d&#39;intrants afin que les cotonculteurs puissent sauver la campagne 2006-2007.<\/p>\n<p> Selon D\u00e9sir\u00e9 Kambir\u00e9, pr\u00e9sident d&#39;une coop\u00e9rative de producteurs \u00e0 Ferkessedougou, dans le nord, &#8220;Le calendrier agricole qui file ne nous attend pas et jusqu&#39;\u00e0 pr\u00e9sent, nous sommes dans l&#39;incertitude. M\u00eame si l&#39;engrais arrive, ceux qui ont commenc\u00e9 le semis depuis le 2 mai auront une bonne production par rapport \u00e0 nous qui aurons nos engrais avec un grand retard&#8221;.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s la fin du mois de juin, l&#39;engrais sera d\u00e9pass\u00e9 car il ne pourra plus agir sur la plante, d\u00e9plore Ouattara. &quot;R\u00e9sultat : les productions des cotonculteurs vont consid\u00e9rablement baisser en quantit\u00e9 et en qualit\u00e9, et la fili\u00e8re coton de C\u00f4te d&#39;Ivoire ne fera que r\u00e9gresser&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KORHOGO, C\u00f4te d&#39;Ivoire, 26 juin (IPS) &#8211; Alors que le calendrier agricole annonce la fin de la p\u00e9riode des semis du coton pour le 10 juillet prochain, les cotonculteurs du nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire n&#39;ont toujours pas d&#39;intrants (herbicides&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/06\/26\/developpement-cote-divoire-la-culture-du-coton-en-difficulte-dans-le-nord-faute-dintrants\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":347,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1],"tags":[],"class_list":["post-3008","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3008","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/347"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3008"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3008\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3008"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3008"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3008"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}